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Rendement

Publié le 08/02/2022

Le rendement désigne la productivité de l’agriculture. Pendant des millénaires, il était exprimé sous la forme d’un rapport entre le nombre des grains semés et celui des grains récoltés. Aujourd’hui, on utilise plutôt (selon les types de production) le quintal (100 kilogrammes) ou la tonne par hectare (un carré de 100 mètres de côté). D’après les estimations de Mazoyer et Roudart (1997), les agricultures traditionnelles (de l’antiquité au début du XIXe siècle) dépassaient rarement les 10 quintaux à l’hectare. Le rendement actuel moyen pour le blé tendre en France est de 73 q/ha, il s’élève à 83 q/ha en moyenne dans la Brie (département de Seine-et-Marne, source Web-agri). Dans l’Eure-et-Loire, le référentiel fixé par la chambre d’agriculture est autour de 80 q/ha en agriculture conventionnelle et 42 q/ha en agriculture biologique. L’une des productions céréalière à plus haut rendement dans le monde est la riziculture irriguée, avec une moyenne de 40 à 60 q/ha mais un rendement potentiel de 100 à 110 q/ha (Poussin et al., 2005). Le rendement de la canne à sucre en Martinique se situe autour de 40 à 50 tonnes/ha (Richer, 2021).

L’augmentation des rendements a été, et reste encore, une dimension majeure de la transformation d’une agriculture destinée à nourrir une humanité en pleine explosion démographique depuis le XIXe siècle et probablement au moins jusqu’au milieu du XXIe siècle. Ce fut par exemple le premier objectif des différentes « révolutions vertes ». Mais jusqu’à présent, cette augmentation a été réalisée par des moyens ne prenant pas en considération des conséquences environnementales : mécanisation, motorisation, remembrement, augmentation des intrants (engrais, produits phytosanitaires), qui ont des effets négatifs importants sur les milieux. L’autre solution pour augmenter la production étant l’extension des surfaces, qui pose des problèmes non moins importants, l’équation reste difficile à résoudre. Le fait qu’une partie de l’augmentation des rendements ait bénéficié à une agriculture qui n’est pas nourricière (agrocarburants, textile, et de plus en plus alternative au plastique) accentue le problème.

En fait, l’équation se pose autrement qu’un rapport entre la quantité de nourriture produite par l’agriculture d’un côté, et celle des bouches à nourrir de l’autre. Les productions agricoles actuelles peuvent largement, sans augmenter les rendements ni les surfaces, nourrir toute la population mondiale. Mais ce ne peut être qu’au prix d’une réorganisation profonde des marchés agricoles et du fonctionnement du système de production agricole mondial, et la défense de système locaux ou territoriaux réellement nourriciers. Or, l’agriculture familiale, encore majoritaire dans le monde, continue de reculer sous la pression de la dérégulation commerciale, de l’accaparement des terres et des migrations rurales poussées par les faibles revenus.

(JBB), février 2022.


Références citées
Pour compléter

 

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