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Géographie
vivante, active
La géographie, nombreux sont ceux qui en
font sans le savoir ! Nous proposons ici des pistes
pour découvrir une géographie appliquée
et "hors les murs" qui incite à
:
- nouer des contacts avec des partenaires extérieurs
au monde de l'éducation : autres administrations,
entreprises, responsables politiques, associations,
etc.
- mettre les élèves en situation
active.
Le sondage d'opinion
: pratiques spatiales, identités et représentations
territoriales
L'Union européenne à l'identité
hésitante, entre volontarisme et tâtonnements,
s'interroge sur la légitimité et
l'acceptabilité de ses décisions.
À cet effet les instituts de sondage sont
largement sollicités à différents
niveaux d'échelle, de différentes
nature et initiative : commandes de la Commission,
des institutions nationales des États membres,
d'instituts privés, de médias, etc.
Tous ont des demandes qui, du point de vue des
problématiques, des méthodes et
des intervenants, ne sont guère distinctes
de celles du marché privé.
Sur le plan de la recherche, différentes
disciplines des sciences sociales ont largement
recours aux techniques d'enquête, parmil
lesquelles : la sociologie, l'anthropologie, les
sciences politiques. En géographie on sera
tout particulièrement attentif aux sondages
portant sur les questions de pratiques spatiales
d'une part, d'identités et de représentations
territoriales d'autre part.
Que ce soit pour des comportements ou des opinions,
il existe de larges similitudes de méthodes
et les mêmes interrogations critiques doivent
rester à l’esprit : la validité
et la pertinence de l’échantillon,
la qualité du questionnaire et des procédures
de l’enquête, sources de biais éventuels
; la qualité des traitements (méthodes
statistiques, analyse de contenus) ; la pertinence
de l’interprétation et du commentaire
des résultats.
Quelques pistes d'activité :
- étude de l'évolution de l'opinion
sur l'Europe communautaire à partir de
sondages comparables à différentes
dates.
- évolution des pratiques et des opinions
dans les régions frontalières, dans
les métropoles, dans tels types d'espace
(ruraux par exemple)
Quelques rappels et
précisions sur les sondages et les enquêtes
L'échantillonnage
Sonder, c’est choisir une partie (l’échantillon)
pour représenter le tout (la "population"
au sens statistique du terme). En effet, lorsque
l'on chercheà étudier une population
- personnes, ménages, entreprises, collectivités
dont on veut étudier les comportements
ou les opinions -, il n'est pas nécessaire,
et c'est souvent impossible, d'en examiner toutes
les unités ("individus" au sens
statistique) concernées. On prendra donc
un échantillon le mieux représentatif.
Au sens strict, en statistique mathématique,
un échantillon est représentatif
s'il a été obtenu selon les règles
qui font que tout membre de la population
a la même probabilité d'être
choisi pour en faire partie. Si
cette condition de représentativité
est peu ou mal remplie, l'enquête est dite
"biaisée".
Une méthode très employée
et qui, en pratique, donne de bons résultats,
est la méthode des quotas
qui consiste à reproduire volontairement
dans l'échantillon certaines caractéristiques
de la population cible. En géographie (aménagement,
urbanisme, mobilités, etc.), il est souvent
nécessaire d'utiliser des sondages
aréolaires : sur un document
spatialisé (carte, photo aérienne,
image satellitale, système d'information
géographique par exemple) on établit
un quadrillage numéroté et on tire,
au hasard, certaines de ces cases. On enquête
alors sur toutes les unités (municipalités
ou communes, entreprises, ménages, logements,
etc.) contenues dans ces cases.
Les formes d'enquêtes et de sondages
On distingue les différentes formes d'enquêtes
ou de sondages selon la rigidité des questions
et des réponses possibles. Un cas extrême
est constitué par l'entretien
non directif où l'on pose
une seule question, ou un seul thème, en
laissant la personne interrogée libre de
répondre comme elle l'entend. La non directivité
ne signifie pas non-intervention, elle se manifeste
par des interventions techniques destinées
à favoriser la libre expression de l’interviewé
: reformulation-clarification, écho ou
miroir, recentrage, demande d’éclaircissement,
marques d’écoutes, silences.
À l'opposé, le questionnaire
fermé dans lequel les questions
sont strictement prévues.
Entre ces deux extrêmes on peut recourir
:
- aux questionnaires ouverts
où la formulation et l'ordre des questions
sont fixés mais où la personne interrogée
peut répondre comme elle le désire
- aux entretiens structurés
(ou semi-directifs) pour lesquels
l'enquêteur dispose d'une liste de thèmes
à aborder qu'il introduira en fonction
de la situation de communication. Il s’agit
ici de combiner attitude non directive et projet
directif. Il ne faut pas confondre ce type d’interview
avec la passation d’un questionnaire comportant
une série de question ouvertes. Un guide
d’entretien peut servir de "pense-bête"
répertoriant les
thèmes qui doivent être abordés
au cours de l’entretien.
Les questionnaires fermés sont particulièrement
bien adaptés au recueil d'informations
quantitatives et à la mise en évidence
de relations statistiques. Les entretiens non
directifs se prêtent en général
mal à une analyse quantitative : on utilise
alors des méthodes d'analyse
de contenu. Cette forme d'enquête,
si elle est surtout utilisée dans une phase
initiale de recherche, peut aussi être une
fin en soi, en particulier lorsqu'on souhaite
saisir des représentations qu'il est difficile
de faire entrer, sans les déformer, dans
le cadre rigide d'un questionnaire fermé.
Le questionnement : élaboration,
exploitation
D'une manière générale, l'enquête
fait appel à un langage élaboré.
Tant lors de sa préparation que lors de
son exploitation, il faudra prendre soin à
la précision du langage, aux risques de
polysémie, d'ambigüités qu'il
peut induire. L'idéal est de pouvoir le
tester auparavant. Il ne faut pas oublier que
l'on ne recueille pas directement l'information
recherchée (sur les comportements, les
sentiments par exemple) mais seulement ce
que la personne interrogée peut et veut
en dire.
Lorsqu'on veut utiliser l'enquête pour mesurer
des grandeurs précises (par exemple le
recours à des services, des infrastructures,
etc.), pour éviter les approximations (défauts
de mémoire, etc.) et la subjectivité,
on utilise de plus en plus souvent une technique
lourde et contraignante mais qui donne de bons
résultats, le "carnet
de bord" dans lequel on demande
aux personnes interrogées de noter les
renseignements voulus.
Le marché de l’enquête
et du sondage
L’enquête par sondage s'est banalisée,
facilitée par les moyens de télécommuncation
et par l'informatisation (logiciels, méthodes
de traitement automatisées). En France,
environ douze instituts se partagent 90% du marché,
la TN-SOFRES et IPSOS étant les deux plus
importants. Les effectifs du secteur s'élèvent
à plus de 3 600 salariés permanents
mais ils sont minoritaires : plus de 50% des salariés
relèvent de statuts plus ou moins précaires
(étudiants, CDD). Près de 50% du
chiffre d'affaires des instituts spécialisés
provient d'études destinées au secteur
de la grande consommation alors que les commandes
de l'administration ne représentent qu'environ
4%. Et 5 à 6% de leur chiffre d'affaires
concerne des sondages d’opinion réalisés
pour la classe politique ou les médias
: ce sont donc des "produits d’appel",
des vitrines pour les instituts de sondage.
Eléments pour
une réflexion critique sur les sondages
d'opinion
Le
succès des sondages d’opinion
s'affirme dès leur origine. Le premier
sondage Gallup de 1936 se montre efficace
pour prédire les résultats
des élections (la victoire de Roosevelt
sur Landon). À partir de là,
sondages et démocratie furent liés
dans les représentations du public
et des médias.
Cependant le succès de Gallup fut
fondé sur la prévision d’un
acte démocratique reposant non pas
sur des déclarations d’opinion,
mais sur des déclarations de comportement.
Il y a une confusion fondamentale consistant
à faire l’amalgame entre déclaration
de comportements (passés ou avenirs)
et mesure d’opinions et d’attitudes
culturelles. C’est cette fragilité
tant pratique qu’épistémologique
qui est sans doute la cause de la vague
déferlante de critiques dont font
l’objet, depuis lors et aujourd’hui
encore, les sondages d’opinion. Recueillir
une opinion ne suffit pas pour prédire
une disposition à agir.
La critique théorique de la notion
d’opinion publique pose aussi la question
suivante : "un individu prélevé
dans un groupe social répond-il comme
son groupe social ?" Pour qu’il
en soit ainsi il faudrait identifier les
éléments socio-démographiques
sur la base desquels il pourrait être
démontré une relation mécanique
entre opinion et groupe social. Or, tout
au plus a-t-on à faire, dans le cadre
d’un sondage, à une relation
probabiliste entre un "profil"
et la "chance" d’adhérer
à une opinion. L’analyse statistique
d’un sondage fait donc l’hypothèse
de l’existence d'une "opinion
publique" sans pour autant poser a
priori l’universalité des conditions
selon lesquelles les différentes
opinions individuelles ont pu se forger.
Les sondages d’opinion tendent à
devenir un "genre" journalistique
à part entière. Ils interviennent
comme instance de légitimation du
journaliste qui devient alors un peu porte
parole du peuple, un peu sociologue, un
peu moraliste. C’est peut être
la logique du marché qui veut que
des chiffres, libres de tout sens, circulent
en masse et contribuent à créer
un amalgame entre notion "d’opinion
publique" et analyse simpliste. Le
sondage est une forme de discours et ce
discours ne peut être reçu
sans qu’on en comprenne les attendus
et les hypothèses. Aux journalistes
et autres utilisateurs des sondages de les
interpréter avec prudence et de prendre
en compte plus attentivement la complexité
des relations entre attitudes, opinions
et comportements.
Adaptation : R. Doutrelepont, F.
Heselmans, M. Vandekeere - Sondage d’opinion
& Stratégie de recherche -
Centre d'étude de l'opinion - Université
de Liège |
Sources principales
:
- Merlin P. et Choay F. - Dictionnaire de l'urbanisme
et de l'aménagement - PUF - 2000
- Sondage d’opinion & Stratégie
de recherche - R. Doutrelepont, F. Heselmans,
M. Vandekeere (Centre d'étude de l'opinion
- Université de Liège) www.smess.egss.ulg.ac.be/SO&SR.pdf
Des organismes
de sondage, des ressources en ligne, parmi d'autres
:
- Sofres, l'Europe en sondages : www.tns-sofres.com/etudes/dossiers/d_international.htm#europe
- Canal Ipsos : Les questions que vous vous posez
sur les sondages
www.ipsos.fr/CanalIpsos/cnl_static_content.asp?rubId=35
- L'Institut Français d'Opinion Publique
(Ifop), banque de sondage sur l'Europe :
www.ifop.com/europe/index.asp
et
www.ifop.com/europe/banque/resulbase.asp?THEME2=europe
- BVA : www.bva.fr
- Louis Harris : www.louis-harris.fr/version_f/autres_s/accueil%2004.htm
- Analyse de l'opinion publique sur Europa, le
site de la Commission européenne :
http://europa.eu.int/comm/public_opinion/index_fr.htm
- R. Doutrelepont, F. Heselmans, M. Vandekeere
- Sondage d’opinion & Stratégie
de recherche - Centre d'étude de l'opinion
- Université de Liège - www.smess.egss.ulg.ac.be/SO&SR.pdf
Mais aussi à partir des médias :
Planète Presse, guide mondial des journaux
et webzines en ligne du magazine Courrier
international : www.courrierinternational.com/planetepresse/planeteP_accueil.asp

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| Mise
à jour : 07-06-2004
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