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De villes en métropoles

De villes en métropoles - Glossaire

Publié le 10/01/2013

 

 

 De villes en métropoles
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Dernières entrées mises à jour ou introduites : Agglomération / Bidonville / Globales, mondiales (villes) / Statistiques et indicateurs

Agglomération

D'une manière simplifiée, une agglomération désigne un ensemble urbanisé en continuité, comprenant la ville-mère et sa banlieue. Mais la réalité est plus complexe. L'apparition du terme d'agglomération traduit les transformations consécutives à l'urbanisation généralisée, liées aux évolutions des moyens de transport, des centres commerciaux et autres zones d'activités en périphérie des villes-centres. L'étalement suburbain donne naissance à des formes urbaines diversifiées
L'Insee identifie des aires urbaines, ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain, et par des communes rurales ou des unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40% de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. Lorsque plusieurs communes, comptant au moins 2 000 habitants, présentent une continuité du tissu bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions), on a une agglomération multicommunale.
Pour les Nations Unies, une agglomération urbaine se compose de la ville proprement dite et de sa banlieue ou du territoire densément peuplé situé hors de ses limites mais dans la zone adjacente. Une grande agglomération urbaine peut comprendre plusieurs villes ou grandes villes et leur banlieue.

Voir :
- les informations statistiques sur les grandes agglomérations dans le monde par la division Population du département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies :
World Urbanization Prospects, http://esa.un.org/unpd/wup/index.htm

- le glossaire de l'Insee (définitions et méthodes) :
www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/unite-urbaine.htm

Mise à jour : mai 2010
Aire de chalandise, aire d'attraction

Zone dans laquelle se recrutent les clients des activités commerciales et de services d'une ville ou d'une métropole. L'aire est d'autant plus vaste que la ville ou la métropole a de l'influence. Elle est généralement limitée par une influence concurrente. En fonction des activités considérées, ces aires se superposent ou se recoupent.

Mise à jour : octobre 2003
Aire métropolitaine

Région urbaine constituée autour d'une ou plusieurs villes. Il s'agissait surtout, à l'origine, de désigner des unités statistiques rendant compte des phénomènes d'agglomération. L'expression fut introduite en France avec la création, en 1966, des OREAM ((Organisations d'études d'aménagement des aires métropolitaines).

Mise à jour : octobre 2003
Aires urbaines

Le découpage du territoire en aires urbaines (définition Insee) prit le relais, en 1990, des Zones de Peuplement Industriel et Urbain (ZPIU) en vigueur depuis 1954. Ainsi, une aire urbaine est-elle un ensemble de communes d'un seul tenant et sans enclave, constitué par :
- un pôle urbain, unité urbaine offrant au moins 5 000 emplois n'étant pas elle-même attirée à plus de 40% par une autre unité urbaine. En 1990, il y avait 361 pôles urbains en France métropolitaine. En 1999 ils devraient être au nombre de 354 ;
- une couronne périurbaine, composée de communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente possédant un emploi travaille dans le reste de l'aire urbaine.
Les pôles urbains constituent donc un sous-ensemble des unités urbaines, environ cinq fois moins important.
Aux États-Unis, les aires urbaines font l'objet de plusieurs définitions : les Standard Metropolitan Statistical Areas (SMSA) correspondent à peu près aux agglomérations et les Consolidated Metropolitan Statistical Area (CMSA) sont des conurbations regroupant plusieurs SMSA.

Voir :
- en page "savoir-faire"
- le glossaire de l'Insee (définitions et méthodes) :
www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/unite-urbaine.htm

Mise à jour : octobre 2003
Archipel Mégalopolitain Mondial (AMM)

Fernand Braudel décrivait l'apparition des grandes villes de l'économie-monde de la Méditerranée du XIIe siècle. Olivier Dollfus propose en 1996 la première théorisation rigoureuse de l'AMM constitué de "l'ensemble des villes qui contribuent à la direction du monde". Symboliques des processus de globalisation, elles favorisent la synergie entre les diverses formes du tertiaire supérieur et du "quaternaire" (recherche, innovation, activités de direction). Ces espaces urbains fonctionnent en système, d'où l'image d'un archipel constitué d'"îles" qui concentrent entre elles l'essentiel du trafic aérien et des flux de télécommunication : 90 % des opérations financières s'y décident et 80 % des connaissances scientifiques s'y élaborent. Olivier Dollfus en identifie une demi-douzaine.
Les villes de l'AMM sont donc d'abord des métropoles mondiales, des "villes mères", productrices d'activités et de richesse. Ainsi le PUB (Produit Urbain Brut) de l'agglomération de Tokyo est quasi égal au PIB de la France et il est deux fois supérieur à la richesse globale de la Chine, celui de New York est près de trois fois supérieur au PIB de l'Inde, etc. Voir des exemples à partir du corpus documentaire du dossier ("Hiérarchies, classifications et typologies").
L'idée d'archipel mondial se distingue de celle du "village global" popularisé par le Canadien Marshall MacLuhan (La Galaxie Gutenberg - 1962) qui pressentait l'émergence d'une "tribu mondiale" fondée sur la généralisation des moyens de communication électroniques. En effet, l'archipel suggère plutôt l'isolement et la fragmentation, et évoque, comme en négatif, les espaces laissés-pour-compte de la mondialisation.
La surconcentration constatée des activités dans les mégalopoles vient en partie contredire certaines prospectives dominantes des années 1960 à 1990 : elles insistaient alors sur la dispersion des activités, la montée en puissance des moyens de transport et de communication permettant, en théorie, un étalement des activités créatrices. Pourtant, le phénomène de dispersion n'a pas eu lieu. Car pour fonctionner, les activités des services avancés, "(...) la finance, l'assurance, l'immobilier, le conseil, l'assistance juridique, la publicité, le design industriel, le marketing, les relations publiques, la sécurité, la recherche d'informations et la gestion des systèmes d'informations, mais aussi la recherche, le développement et l'innovation scientifique (...)" (Miguel Castells) bénéficient d'économies d'agglomération, de synergies et externalités positives et dépendent de ressources qui sont de moins en moins génériques, transférables ou interchangeables.
Seuls les lieux combinant diversité et complexité sociales, proposant un tissu d'inter-relations intégrées et denses qui relèvent parfois de contacts hasardeux ou aléatoires, peuvent prétendre intégrer cet AMM.

Mise à jour : octobre 2003
Avantage compétitif / comparatif

La principale distinction entre "avantage compétitif" et "avantage comparatif" est la suivante : un avantage compétitif est un avantage qui est construit et qui, pour être maintenu, doit être entretenu. La présence dans un lieu donné d'un système éducatif particulièrement performant en est un exemple. Un avantage comparatif a un caractère plus absolu et ne dépend pas des institutions ou des politiques locales : la présence d'un minerai par exemple. Il est clair que ces avantages n'en sont que s'il existe une demande et qu'ils ne sont pas pérennes. Au XXIe siècle, les avantages comparatifs liés à la localisation et à la ressource s'effritent. Selon Michael Porter (1990), certaines régions parviennent à se créer des avantages compétitifs qui semblent reposer, de fait, sur les avantages liés à l'agglomération d'activités économiques (accès à la main-d'œuvre, aux marchés et aux infrastructures) et aux capacités d'innovation.

Mise à jour : octobre 2003
Banlieue

Territoire urbanisé qui entoure une ville. Le terme provient de la juxtaposition des termes ban (interdiction et juridiction) et lieue : il s'agissait du territoire d'une lieue de distance autour d'une ville sur lequel s'exerçait le ban. La banlieue renvoyait donc à des idées de soumission et d'exclusion.
La banlieue désigne aujourd'hui des communes autonomes mais qui se sont urbanisées sous l'influence d'une ville-centre. Mais celle-ci peut avoir étendu son territoire et annexé tout ou partie de ses banlieues. Les relations entre les banlieues et leurs villes-centres sont souvent caractérisées par la ségrégation (dans un sens pas nécessairement péjoratif) et le desserrement.
Le mot générique "périphérie" tend à se substituer à celui de banlieue dont les limites sont floues :
- périphérie suburbaine pour les espaces contigus avec la ville-centre,
- périphérie périurbaine pour les espaces les plus extérieurs et relâchés de l'agglomération.

Mise à jour : octobre 2003
Bidonville

Les flux de populations, parfois démunies, attirées vers les grandes villes et les métropoles sont toujours alimentés par la croissance démographique et par la poursuite de l'exode rural. Ces populations peuvent alors s'installer dans des bidonvilles, terme qui désigne un ensemble d'habitations précaires, dans des secteurs non viabilisés, généralement faites de matériaux de récupération et dont les habitants ne possèdent pas de titre de propriété. À l'origine, il désignait les "maisons en bidons" bricolées par les migrants des campagnes vers les villes marocaines. Ailleurs dans le monde on parlera de shanty town ou slum (Etats-Unis), de favelas (Brésil), de barriadas (Pérou), barrios de ranchos (Venezuela), etc.
Le bidonville résulte d'une occupation de fait, illégale, du sol dans les secteurs des périmètres urbains ou suburbains considérés comme inutilisables, dangereux, plus ou moins insalubres (fortes pentes, zone inondable et lagunes, décharge, etc.) et laissés vacants. L'apparition de ces constructions est souvent rapide, parfois en une nuit, afin de prendre de court les autorités.
Mais le terme anglais fourre-tout de slum, utilisé par les instances internationales, ou les termes français de bidonville ou de taudis, cachent une réalité complexe et diversifiée. En effet, les bidonvilles réalisés en matériaux de récupération donnent souvent naissance, à plus ou moins long terme, à des quartiers consolidés aux habitations construites en dur et en voie progressive de reconnaissance et de viabilisation, avec toute une gradation de formes intermédiaires. Le terme de taudis, quant à lui, est plutôt réservé aux bâtiments anciens des quartiers centraux des villes fortement dégradés et devenus insalubres. On doit aussi tenir compte d'un habitat informel et nomade, sous tente parfois, de sans-abris en nombre croissants dans certaines grandes agglomérations.
De par leur nature même, les statistiques sur ces habitats précaires sont approximatives. Cependant, selon l'ONU-Habitat (UN Habitat), une quinzaine de villes auraient au moins un million d'habitants en bidonvilles (4 millions à Mexico, 2,2 à Caracas) et 1 milliard d'individus environ vivraient aujourd'hui dans des bidonvilles ou dans des taudis.

Voir :
- Virginie Baby-Collin et Emiliano Zapata, Caracas, entre métropolisation et fragmentation urbaine
- Samuel Rufat, Mexico, au risque de son développement (nouvelle fenêtre)

Mise à jour : mai 2010
Centralité

La centralité qualifie la capacité d'action d'un élément central (le centre urbain, la métropole) sur sa périphérie en termes de desserte, de services, d'attractivité, d'une manière générale, de polarisation. En matière urbaine, elle fut analysée par W.E. Christaller en 1933 : dans le cadre de son étude des lieux centraux il cherche à rendre compte de la taille, de l'espacement et du nombre des villes.
Comment mesurer une centralité dont le caractère est multidimensionnel ? Certains auteurs proposent un "indice simple de centralité", rapport entre la rente du centre-ville et la rente en banlieue. D'autres étudient l'évolution des gradients de densité ou proposent des critères socioculturels pour mesurer la qualité centrale d'un lieu.
La périurbanisation, le développement d'edge cities, n'a pas encore inversé le rapport ville-centre / périphérie : l'indice de centralité reste encore supérieur à 1 dans la plupart des grandes villes, y compris en Amérique du Nord où elles sont pourtant davantage polynucléarisées qu'en Europe.

On remarque aussi que la centralité, aux niveaux supérieurs de la hiérarchie urbaine, s'affranchit de plus en plus des seuls rapports de proximité et de distance physique : elle tient davantage aux interactions immatérielles, aux rapports de pouvoir et de contrôle dans une société de plus en plus mondialisée.

Mise à jour : octobre 2003

Centre

Lieu de concentration dont le poids, la "taille" dépend d'un certain nombre de critères de nature socio-économiques, socioculturels. Le centre aura une capacité d'impulsion, de commandement qui dépendra de :
- sa population (densité, part/reste de la population), de son niveau de vie, de l'ancienneté de son développement,
- ses capacités de production (capitaux, qualifications,etc.),
- ses capacités d'autodéveloppement sur ses propres ressources humaines et financières,
- ses capacités de recherche et d'innovation : investissements en R&D, lieux de recherche.
Le poids d'un centre comporte aussi des éléments qualitatifs, subjectifs ("l'atmosphère de place" selon J. Labasse) c'est-à-dire l'attractivité de ses pratiques culturelles, de son mode de vie, des principales valeurs qui s'y trouvent représentées. Par la vertu de son centre, "la métropole contrôle, présente, distribue, rassemble" (J. Labasse).
"Parmi les nouvelles géographies construites à l'échelle planétaire autour du concept de centre, celle qui s'impose d'emblée relie entre eux les carrefours internationaux, les grandes places financières et les principaux centres d'affaires, à savoir : New York, Londres, Tokyo, Paris, Francfort, Zurich, Amsterdam, Los Angeles, Sydney et Hong-Kong entre autres auxquels s'ajoutent désormais des métropoles telles que Bangkok, Taipei, São Paulo et Mexico. Du fait du rôle joué par les marchés financiers, par le commerce des services et par les investissements, le volume des échanges entre ces métropoles a énormément augmenté, à un point tel que les ordres de grandeur en ont été complètement bouleversés" (Saskia Sassen).

Mise à jour : octobre 2003

Centre des affaires (CBD - Central Business District)

Il résulte de l'élimination progressive du centre-ville (downtown) de fonctions résidentielles, des activités industrielles et de certaines formes de commerce pour former un espace où se concentrent des activités à très forte valeur ajoutée financière (sièges sociaux, sociétés spécialisées dans les transactions, etc) et les services de proximité (commerces, restauration) qui leur sont attachés. La recherche de la centralité, les prix très élevés du foncier ont conduit urbanistes et architectes à concevoir des immeubles très élevés dont la surface de plancher rapportée au sol est très importante : les mouvements verticaux remplacent alors les déplacements horizontaux. D'où des paysages urbains dont le profil (la skyline) est caractéristique. Dans l'hypercentre du CBD se concentrent les activités qui ont le moins besoin d'espace pour le plus fort rendement financier.

Mise à jour : octobre 2003
Classement (ranking)

Classements et autres "ranking" se multiplient sous des formes de médiatisation variées, de la publication universitaire aux magazines à grand tirage. Pour ce qui concerne les villes, différents classements comparent leur qualité de vie, leur offre d'emploi, leur développement, etc. Lorsqu'ils sont favorables ces classements sont instrumentalisés par les chambres de commerce ou les gouvernements. Les méthodes adoptées sont diverses, en fonction des objectifs poursuivis et des niveaux d'échelle considérés. Ainsi, en ira-t-il différemment suivant que l'on se propose de comparer les villes entre elles à l'échelle européenne ou de les comparer dans le contexte de la globalisation des économies à l'échelle mondiale

Voir en page "corpus documentaire"


Mise à jour : octobre 2003
Communauté d'agglomération - Communauté urbaine (France)

La communauté d'agglomération est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) regroupant plusieurs communes formant, à la date de sa création un ensemble de plus de 50 000 habitants d'un seul tenant et sans enclave autour d'une ou plusieurs communes centre de plus de 15 000 habitants. Ce seuil de 15 000 habitants ne s'applique pas lorsque la communauté d'agglomération comprend le chef lieu du département.

La communauté urbaine a été instituée par la loi de 1966. C'est un EPCI regroupant plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave. Douze communautés urbaines existaient avant la loi de 1999. Depuis, la loi de 1999 toute nouvelle communauté urbaine doit comprendre à sa création au moins 500 000 habitants. C'est la forme la plus achevée de la coopération intercommunale où les communes s'associent au sein d'un espace de solidarité, pour élaborer et conduire ensemble un projet commun de développement urbain et d'aménagement de leur territoire.

- Voir le lexique proposé par la Datar :
www.datar.gouv.fr/fr_1/contenus_secondaires_714/glossaire_7/

Mise à jour : octobre 2003
Conurbation

Ensemble de villes devenues coalescentes par extension de leurs périphéries entre lesquelles s'établit une complémentarité et une répartition des fonctions. Par exemple : en France, l'ensemble Lille-Roubaix-Tourcoing ; en Allemagne, la Ruhr ; en Europe médiane, la Silésie, de Nowa Huta à Gliwice en passant par Cracovie, Katowice. On remarquera que de telles conurbations sont avant tout des héritages des "effets de gisement" (avantage comparatif) dans les localisations urbaines. Une conurbation est donc, par nature, multipolaire.

Mise à jour : octobre 2003
Culture et régénération (renouvellement) urbain(e)

La prise en compte du rôle de la culture dans le renouvellement (ou régénération) urbain(e) est une tendance contemporaine qui découle des dérives de nombreuses politiques d'aménagement des années 1960 et 1970 principalement qui, faute d'avoir tenu compte de la dimension culturelle de leurs initiatives, ont pu contribuer à la dégradation du tissu urbain. Les opérations de régénération urbaine mises en œuvre se sont parfois révélées contre-productives. Aussi, à partir des années 1980 et 1990, des villes aux héritages industriels marqués ont fait des activités économiques créatives et culturelles les fers de lance de leur régénération.
Loin d'être accessoires, les questions culturelles doivent se situer au cœur du développement et des projets urbains. La culture, sous des aspects très différents, peut avoir un effet régénérateur lorsqu'elle est intégrée aux autres dimensions, technique, économique et sociale, d'autant plus que les liens entre culture et économie apparaissent de plus en plus étroits.
L'économie culturelle et créative participe au développement de la ville, et de son agglomération, en lui conférant une image positive et dynamique susceptible d'attirer investissements, entreprises, populations et visiteurs. L'idée de ville ou d'agglomération créatives impliquent d'identifier des viviers et réseaux de compétence, des infrastructures et des équipements offrant un environnement favorable à l'activité culturelle.

Voir les articles de :

- Charles-Edouard Houllier-Guibert, Ville internationale, image internationale, le cas de Montréal
- Fabien Jeannier, Culture et régénération urbaine : le cas de Glasgow
- Jacques Fache et Marion Gobin,
> Des territoires métropolitains à l'heure de l'économie de la connaissance : Nantes et Sarrebruck, études comparées
> Dans le dossier "Territoires européens : régions, États, Union" (nouvelle fenêtre) : Innovation et territoire, enjeu essentiel des politiques d'aménagement en Europe

En corpus documentaire de ce dossier : Des villes en compétition : quelle place pour la culture ?

Mise à jour : septembre 2008
Densités urbaines

En milieu urbain et/ou métropolitain, on pourra établir le rapport du nombre d'habitants par unité de surface. D'autres mesures de densité peuvent être utiles comme la densité de logements, les densités résidentielles. Quant à la densité de construction, exprimée en mètres carrés construits par unité de surface, elle représente le coefficient d'occupation des sols (COS) très utilisé dans l'élaboration des plans d'urbanisme. Celle également de la .
Mais, pour établir ces mesures, quelle surface prendre en compte : la parcelle, l'îlot, le quartier ? Faut-il inclure ou exclure les équipements publics, la voirie, les espaces verts, les zones d'activité ? Ainsi est-on amené à distinguer différents types de densité, brute ou nette.

Mise à jour : octobre 2003
Durable (ville, métropole, développement)

Les ensembles urbains concentrent aujourd'hui plus de la moitié de la population mondiale absorbant 75% des ressources de la planète et elles sont responsables de 80% des émissions de CO2. Aussi, le projet de ville (ou de métropole) durable ne peut se comprendre en dehors de ce contexte, des mutations qui affectent l'habitat devenant urbain à une échelle et à un rythme sans précédent dans l'histoire. Simultanément, la ville s'étale et se disperse, des morphologies d'archipel se dessinent, les sentiments de solidarité collective tendent à se diluer. Dans ces conditions, le "durable" est au temps ce que le "global" est à l'espace et l'on peut définir la ville durable ainsi :
- une ville capable de se maintenir dans le temps, de garder une identité, un sens collectif, un dynamisme à long terme,
- une ville qui doit pouvoir offrir une qualité de vie acceptable en tous lieux et des différentiels maîtrisés entre les cadres de vie. Cette exigence appelle une mixité sociale et fonctionnelle, ou, à défaut, des stratégies pour favoriser l'expression de nouvelles proximités.
Une ville durable est, en conséquence, une ville qui se réapproprie un projet politique et collectif, renvoyant à grands traits au programme défini par l'"Agenda pour le XXIe" siècle" (Agenda 21) adopté lors de la Conférence de Rio en 1992.

Voir dans d'autres dossiers (nouvelles fenêtres)
- Manuel Appert : Les mobilités quotidiennes à Londres : aspects, impacts et régulations 
- Marie-Noëlle Carré : Buenos Aires, ou les territoires de la récupér-action
- Béatrice Bochet, Jean-Bernard Gay et Giuseppe Pini :
La ville dense et durable, un modèle européen pour la ville ?

- cérémonie du Grand prix de l'urbanisme 2009 en hommage au lauréat, François ascher (différents documents audio) :  www.developpement-durable.gouv.fr/Grand-Prix-de-l-urbanisme-2009,13674.html

- et aussi, d'après le texte de Cyria Emelianoff (thèse de troisième cycle de géographie à l'université d'Orléans : "La ville durable, un modèle émergeant" (Porto, Strasbourg, Gdansk) - 1999
www.environnement.gouv.fr/villedurable/intro/emelia.htm

Mise à jour : mai 2010
Économies - déséconomies d'agglomération  

Les économistes (depuis Pigou et Marshall), désignent les effets économiques liés à l'agglomération des facteurs de production sous le terme "d'économies externes d'agglomérations". Mais les avantages de la concentration urbaine ont des contre-parties telles que les phénomènes de congestion, de pollution : des déséconomies d'échelle. Les villes, à la recherche d'un modèle de développement durable, sont en quête d'un équilibre entre ces deux termes de l'équation.

Mise à jour : octobre 2003

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Edge city (ville-lisière)

Néologisme proposé par J. Garreau, parfois traduit par "ville-lisière" ce qui ne rend pas tout à fait compte de l'expression américaine. Elle renvoie à un positionnement spatial dans l'agglomération mais aussi à une dynamique spatiale de "front". Pour J. Garreau, une edge city est un lieu d'existence récente (20 ou 30 ans) qui rassemble surtout des emplois, des bureaux, des espaces commerciaux et d'hôtellerie, quelques sièges sociaux. Ils constituent ainsi de nouveaux lieux de vie dont les capacités d'auto-organisation concurrencent, en partie seulement, le noyau urbain principal. Ces villes-lisières participent à la polynucléarisation des espaces urbains.

Mise à jour : octobre 2003
Étalement urbain (urban sprawl) / Expansion urbaine

L'accroissement démographique des grandes aires urbaines s'accompagne de phénomènes d'étalement des cités sur les espaces périphériques, phénomènes favorisés par la mise à disposition de systèmes de transport individuels ou collectifs. L'étalement urbain peut correspondre à ce que les anglo-saxons désignent sous le nom d'"urban sprawl", introduisant ainsi une connotation négative pour désigner un mode d'expansion de la tache urbaine plutôt anarchique et peu contrôlé. Lorsque l'on prend en compte des variables clés telles que la densité, la forme urbaine, l'accessibilité, on peut distinguer l'étalement urbain de l'expansion urbaine. L'étalement produit des formes urbaines plus éparpillées sous forme de mitage des espaces périphériques à la ville. 
On parlera aussi, selon les cas, de périurbanisation (urbanisation continue aux franges des agglomérations), de rurbanisation (processus d'urbanisation rampante de l'espace rural par imbrication des zones urbanisées périphériques et des noyaux de l'habitat rural initial, sans tissu urbain continu), de suburbanisation (développement continu de l'espace autour des villes), etc.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale
- Manuel Appert, Les mobilités quotidiennes à Londres : aspects, impacts et régulations
- Natacha Aveline, Tôkyô, métropole japonaise en mouvement perpétuel
- Virginie Baby-Collin, Caracas, entre métropolisation et fragmentation urbaine
- Samuel Rufat, Mexico, au risque de son développement

Mise à jour : novembre 2010
 
Eurocités

Il s'agit d'identifier les métropoles qui, en Europe, sont susceptibles de disposer de fonctions métropolitaines complètes et de rang international : concentration des lieux de décision, concentration d'entreprises et/ou d'institutions internationales, présence de services tertiaires de niveau métropolitain, accessibilité, rôle de vitrine (expositions, foires), capacités d'innovation.
Une étude de l'ex-DATAR en 1989 (Roger Brunet - Les villes européennes - GIP Reclus) se proposait d'identifier les cités de "taille européenne" à partir de la notion de "masse critique" reposant sur des indicateurs de nature fonctionnelle. Aujourd'hui d'autres typologies sont fondées sur les dynamiques urbaines à l'œuvre et sur des caractéristiques structurelles qui associent métropolisation et internationalisation des échanges.
Ainsi les métropoles européennes entrent-elles en compétition pour atteindre le rang d'eurocité avec des fonctions métropolitaines complètes et de rang mondial.

Une typologie, des spécialisations apparaissent entre les grandes cités européennes. Antoine Bailly (Espace Géographique, n°1, 1995) proposait de distinguer trois modèles de croissance des métropoles européennes : le modèle "services" à l'image des régions Ile-de-France ou genevoise dont une part essentielle de l'emploi est consacré aux fonctions de régulation - circulation ; le modèle "industrie-services" comme en Lombardie ou dans le canton de Bâle ; le modèle "société de consommation" caractéristique des grandes métropoles régionales françaises (Marseille, Lyon), et de métropoles d'Europe du nord (Copenhague) ou du sud (Naples) qui se consacrent surtout aux services aux populations, à la distribution.

Voir dans la partie "corpus documentaire" du dossier

 



Mise à jour : octobre 2003
Externalités

Aux yeux des économistes, la ville est un lieu essentiel de production d'externalités, c'est-à-dire de transferts de valeur sans compensation monétaire : effets d'imitation et de diffusion rapide de l'information, élargissement du champ des choix, mises en synergie innovatrices, constituent par exemple d'importantes sources d'économies externes que l'on désigne aussi sous le terme d'économies d'agglomération.

Mise à jour : octobre 2003
Fonctions métropolitaines supérieures

Les fonctions de commandement et de pouvoir caractérisent les grandes métropoles et prennent appui sur les activités des secteurs tertiaire supérieur (ou avancé) et quaternaire qui y sont localisées : finances internationales, audit et conseil, etc.
Symboles de dynamisme, de décision, porteuses d'images positives, ces fonctions ont été précisées en France à la suite du recensement de la population de 1990 afin de compléter l'analyse traditionnelle par secteur d'activité et pour mettre en évidence les fonctions caractéristiques des plus grandes villes.

Les fonctions tertiaires sont caractéristiques des grandes métropoles. À la différence du tertiaire banal, domestique, le tertiaire supérieur comprend : le tertiaire industriel péri productif (services supérieurs aux entreprises dans les domaines des services financiers, logistiques, de l'information et de la communication, de l'ingénierie, etc.) ; le tertiaire directionnel et de régulation (contrôle et réglementation des systèmes politiques et administratifs, économiques, sociaux) ; le tertiaire de la formation et de la culture.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale

Mise à jour :novembre 2010
Gentrification

Les programmes de réhabilitation de certains quartiers ou ilôts des centres-villes, dont le bâti se trouve ainsi requalifié, provoquent souvent une hausse des prix du foncier, des loyers et favoriser ainsi la concentration de populations des catégories supérieures aux fortement liées aux spécialités des métropoles. Ce processus s'inscrit à l'encontre du délaissement des centres-villes par les populations aisées attirées par les périphéries urbaines. Mais il concerne plutôt les jeunes actifs sans enfants ou les populations plus âgées dont les enfants sont émancipés.

Mise à jour : octobre 2003
Globales / mondiales (villes)

Popularisée par Saskia Sassen, l'expression désigne les métropoles se situant au niveau supérieur de la hiérarchie urbaine à l'échelle mondiale. Lieux et milieux où se concentrent les pouvoirs centraux des entreprises et de l'économie mondiale, ils résultent d'une double et paradoxale dynamique de :
- dispersion (délocalisations - relocalisations des activités de productions de biens),
- centralisation des fonctions de coordination, de prévision et de gestion mondialisées. Ainsi, plus l'économie s'internationalise et plus les fonctions de contrôle des grandes firmes s'agglomèrent dans un petit nombre de sites.
Au regard des critères de S. Sassen, il n'y avait que trois villes globales à l'échelle mondiale : Tokyo, Londres et New York. Les autres grandes métropoles mondiales ne seraient "globales" qu'à des échelles régionales. Cette classification est certainement appelée à évoluer avec la montée en puissance des grandes métropoles des pays émergents.

- Charles-Edouard Houllier-Guibert, Ville internationale, image internationale, le cas de Montréal

Mise à jour : octobre 2003
Gouvernance urbaine

Dans l'usage devenu le plus courant, le terme général de gouvernance se rapporte aux relations entre les dirigeants et les dirigés, notamment entre l'État et la société civile. Il désigne l'ensemble des processus et des institutions qui participent de la gestion politique d'une société.
À l'échelle de la cité, de la métropole, géographes, économistes, sociologues et urbanistes nourrissent un débat autour de la notion de "gouvernance urbaine entrepreneuriale". Pour certains, cette notion souligne l'importance croissante des formes de partenariat entre les collectivités locales et le secteur privé en lieu et place des formes de régulation étatiques traditionnelles et différentes formes de partenariat public - privé tendent à s'imposer dans certaines villes et métropoles. Pour d'autres, l'affirmation des grandes cités ne signifie pas la relégation de l'État. Par ailleurs, les échelons administratifs des maillages intermédiaires (Régions en France, Länder en Allemagne, Junta des provinces espagnoles) peuvent entrer en concurrence avec les municipalités et restreindre leur autonomie.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale
- la page "informations scientifiques" du dossier.

Mise à jour : novembre 2010
 
Hiérarchie urbaine

La hiérarchie urbaine décrite par la loi rang-taille (de Zipf), ou par la théorie des lieux centraux fut longtemps perçue comme une forme particulièrement stable et universelle de l'organisation du peuplement et des activités sur un territoire.
Aujourd'hui, dans un contexte de mondialisation, au sommet de la hiérarchie des métropoles, des villes comme New York, Londres, Francfort, Sydney, Tokyo, etc., ont des niveaux de déterritorialisation tels qu'elles fonctionnent en quasi-apesanteur. Loin d'être rivales, elles s'inscrivent dans un même réseau planétaire qui transcende les frontières et ronge la souveraineté de leurs États respectifs. Le volume des échanges entre ces métropoles a énormément augmenté de telle sorte qu'émerge alors "la possibilité d'un lien systémique autre que la compétition - sorte de système urbain avec des points d'appui internationaux" (S. Sassen)

Voir en page "corpus documentaire"

Mise à jour : octobre 2003
Inégalités intramétropolitaines

De nouvelles formes d'inégalités accompagnent le développement des grandes métropoles. Elles se manifestent sous la forme d'une bipolarisation sociale des grandes cités : "haute noblesse" des activités de service et de contrôle supérieures (finance, gouvernance) vivant dans des quartiers huppés, parfois protégés d'une part ; sous-prolétariat de quartiers plus déshérités et populaires à forte proportion d'immigrés d'autre part. Saskia Sassen a plus particulièrement exploré ces incidences de la métropolisation au niveau supérieur de la hiérarchie mondiale, et, allant à contre courant des théories dominantes sur le développement des classes moyennes éduquées nécessaires au fonctionnement de la société de services, elle montre que la sociologie des villes globales fait plutôt apparaître "un accroissement de l'inégalité [...]. Actuellement les secteurs pilotes engendrent une forte proportion d'emplois à hauts salaires et d'emplois à bas salaires".
Cette analyse n'est pas toujours jugée fondée par ceux qui constatent que les couches moyennes occupent une place croissante dans la population et l'emploi métropolitains.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale
- Virginie Baby-Collin, Caracas, entre métropolisation et fragmentation urbaine

Mise à jour : novembre 2010
Innovation et économie de la connaissance

L'innovation est un processus complexe, qui apparaît par vagues ou "grappes" dans le temps (voir l'analyse schumpétérienne) et en "archipels" ou en "nappes" dans l'espace. Du fait de la concentration des activités, des individus, des allocations de ressources et grâce aux économies d'agglomération réalisables, les métropoles et leurs périphéries sont souvent des lieux privilégiés des processus de l'innovation qui mobilise une multiplicité d'acteurs et peut être considérée comme un marqueur pertinent des hiérarchies urbaines.

La mutation contemporaine du système économique autour de l'économie de la connaissance (que les anglo-saxons désignent sous le terme de knowledge economy repositionne les territoires dans le système productif et la centralité métropolitaine est alors un atout essentiel. Les milieux innovateurs sont particulièrement portés par les potentiels d'adaptation, de flexibilité, de créativité que l'on rencontre dans les grandes villes et les métropoles qui peuvent ainsi irriguer toute une "région apprenante" (learning region). Il est en effet essentiel de replacer cette centralité métropolitaine dans une dimension régionale dont la donne des relations ville-région ainsi que des relations ville-réseau urbain est naturellement changée.

Pour prolonger :
- Richard Shearmur, Métropoles et innovation
- Jacques Fache et Marion Gobin, Des territoires métropolitains à l'heure de l'économie de la connaissance : Nantes et Sarrebruck, études comparées
- les actes du Festival International de Géographie 2001 consacré à la Géographie de l'innovation : http://xxi.ac-reims.fr/fig-st-die/actes/actes_2001/default.htm

Mise à jour : mai 2008
Intercommunalité

La décentralisation de 1982 s'est accompagnée d'un élargissement du champ de compétences des villes et de leurs prérogatives fiscales. Ainsi les responsabilités des maires s'alourdissent et un certain nombre d'effets pervers et de conflits se révélent ou s'aggravent. Les villes-centres voient leurs charges de centralité s'alourdir. Elles prennent en charge, en partie ou totalité, bon nombre d'équipements qui bénéficient à l'ensemble de l'aire urbaine : équipements culturels, gestion d'infrastructures, etc. Inversement, certaines communes de la périphérie, bénéficiant de surfaces disponibles, accueillent entreprises industrielles et commerciales qui leur rapportent de la taxe professionnelle.
Aussi le mouvement de coopération intercommunale a-t-il été relancé à partir de 1992 par la loi dite "loi d'orientation relative à l'administration de la République" (6 février 1992) qui crée de nouvelles structures, les communautés de communes et de villes qui se superposent aux précédentes. La loi dite "loi Chevènement" de 1999 clarifie et simplifie les formes de la coopération intercommunale à travers trois types d'"établissements publics de coopération intercommunale" (EPCI) : communautés de communes, communautés d'agglomération, communautés urbaines. Elle impose aussi une taxe professionnelle unique (TPU) sur tout le territoire des EPCI.

 



Mise à jour : octobre 2003
Lieux centraux (théorie des ...) , centralité

La théorie des lieux centraux s'efforce de rendre compte de l'espacement et des inégalités de la taille des villes (leur organisation spatiale et hiérarchique) par leurs fonctions économiques (commerce et services). Initialement énoncée par Christaller (1933) et Lösch (1940), elle fut ensuite l'objet d'autres formalisations dans le cadre de modèles développés aussi par des mathématiciens et des économistes.
Le concept-clef en est la centralité : l'offre et la demande de biens et de services se rencontrent et s'échangent dans des "lieux centraux" privilégiés par leur accessibilité. Une position centrale permet de minimiser les coûts : les activités qui ne sont pas liées à des ressources localisées recherchent de telles situations. La centralité n'est pas seulement fonctionnelle : elle explique le rôle symbolique que tiennent les villes.
Un débat contemporain porte sur les effets, à moyen et plus long terme, que pourraient avoir les progrès des communications à distance, de la dématérialisation de nombreux échanges, des processus de mondialisation.

 



Mise à jour : octobre 2003
Littoralisation

Les grandes concentrations métropolitaines sont souvent en situation d'interface entre une façade maritime et son hinterland (arrière-pays).

Mise à jour : octobre 2003
Loi rang-taille

Voir loi de Zipf

Mise à jour : octobre 2003
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Mégalopole

Terme forgé sur des racines grecques, d'abord appliqué à la Megalopolis nord-américaine par J. Gottmann. On distingue habituellement deux autres megalopolis dans le monde, au Japon et en Europe. Le terme désigne des ensembles urbains reliés fonctionnellement (réseaux de transports, communications). La mégalopole se distingue d'une conurbation par ses dimensions spatiales et son poids démographique. Par ailleurs, l'urbanisation n'y est pas forcément continue : elle peut inclure des espaces ruraux, naturels (forêts, zones humides), des poches de marginalité.
À la différence de la métropole, la mégalopole ne relève plus d'une gestion locale, de proximité.

Mise à jour : octobre 2003
Mégapoles

"Super-métropoles" correspondant aux megacities de la terminologie des Nations-Unies, elles concentrent, selon les sources, des populations égales ou supérieures à 10 millions d'habitants, disposent d'aires d'influence d'ordre international, voire mondial. Elles ont tout particulièrement bénéficié des processus de mondialisation des dernières décennies.
En 2007, selon les statistiques de l'ONU, 19 mégapoles (megacities) dépassaient les dix millions d'habitants et les villes de cette catégorie devraient être 26 en 2025.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale

Mise à jour : novembre 2010
Métapoles

L'ensemble constitué par les villes-centres coalescentes, leurs nouveaux "centres périphériques" (edge-cities) forme des territoires que F. Ascher a proposé d'appeler métapoles, vastes aires urbaines de plus en plus peuplées mais aussi de plus en plus distendues, discontinues, hétérogènes et multipolaires. Il s'agit de prendre en compte le changement d'échelle et de forme des villes, lié à la révolution des transports et des télécommunications. La ville industrielle était monocentrée et radioconcentriques, caractérisée par une continuité du bâti urbain. La ville contemporaine est une vaste conurbation polycentrique et discontinue, c'est une ville hétérogène.

- Cérémonie du Grand prix de l'urbanisme 2009 en hommage au lauréat, François ascher (différents documents audio) :  www.developpement-durable.gouv.fr/Grand-Prix-de-l-urbanisme-2009,13674.html

Mise à jour : mai 2010
Métropole

La métropole est avant tout une place centrale, un lieu décisionnel. Ses services à forte valeur ajoutée irriguent une aire plus ou moins vaste selon les échelles considérés, de l'espace régional à l'espace mondial. Et elle anime un système urbain plus ou moins complexe à la hiérarchisation emboîtée. Elle peut être dotée de fonctions spécialisées dans les domaines politique, économique, de l'innovation.
Le poids et la croissance démographiques en sont-ils des critères déterminants ? On notera que certaines agglomérations africaines, multi-millionaires, n'ont pas forcément tous les attributs de la métropolisation. Une métropole de rang global, international, ne pourra être définie, analysée comme une simple métropole régionale.
En 2007, selon les statistiques de l'ONU, 19 mégapoles (megacities) dépassaient les dix millions d'habitants et les villes de cette catégorie devraient être 26 en 2025.
Une métropole internationale, de rang mondial, est dotée de fonctions directionnelles, de services supérieurs, de capacités d'innovation scientifique et technologique (technopôles). Elle entretient d'importants réseaux internationaux et bénéficie d'excellentes conditions d'accessibilité, d'accueil et d'hébergement et d'effets d'image positifs.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale
- Virginie Baby-Collin, Caracas, entre métropolisation et fragmentation urbaine


Mise à jour : novembre 2010
Métropolisation

La métropolisation désigne le mouvement de concentration de populations, d'activités, de valeur dans des ensembles urbains de grande taille. Il peut se faire au détriment de villes de niveau hiérarchique inférieur et l'on assiste bien souvent au renforcement des niveaux supérieurs (lieux centraux) du système urbain. Les facteurs de la métropolisation sont divers : économies d'échelle et d'agglomération, avantages comparatifs, besoins d'accessibilités aux réseaux (aux échelles nationales et mondiales), etc.
Le phénomène de métropolisation ne se réduit pas à sa dimension démographique. Il doit son ampleur et son originalité à la concentration spatiale des fonctions stratégiques du nouveau système productif : appareils de commandement et de contrôle ; foyers de l'innovation ; accessibilités aux réseaux de communication virtuels ou physiques ; attractivité et poids culturels.
La métropolisation peut se mesurer et s'apprécier à l'aide de toute une série de critères structurels, fonctionnels, ou encore dynamiques qui permettent d'établir hiérarchies, classifications, typologies. Mais l'approche du phénomène dépend des niveaux d'échelle considérés : une métropole de rang global, international, ne pourra être définie, analysée comme une simple métropole régionale. Au niveau supérieur de la hiérarchie, métropolisation rime avec mondialisation.

Pour prolonger :
- Antoine Fleury, Istanbul : de la mégapole à la métropole mondiale
- Charles-Edouard Houllier-Guibert, Ville internationale, image internationale, le cas de Montréal

Mise à jour : novembre 2010
Métropole d'équilibre

Géographes et aménageurs constatent les déséquilibres du développement du territoire français dès le début des "trente glorieuses" : Paris et le désert français de Jean-François Gravier date de 1947. Un rapport des géographes Hautreux et Rochefort (1963) permet à la DATAR d'identifier huit villes (ou villes en réseaux), désignées, à partir de 1964, comme métropoles d'équilibre : Lille-Roubaix-Tourcoing, Nancy-Metz, Strasbourg, Lyon-Grenoble-Saint-Etienne, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes-Saint-Nazaire. Par la suite, quatre autres villes furent associées : Rennes, Clermont-Ferrand, Dijon, Nice. Ces métropoles bénéficièrent d'une politique volontariste destinée à équilibrer le poids de Paris, à impulser des processus de développement régional plus autonomes, harmonieux. Elles furent dotées d'équipements, d'investissements publics renforcés. Mais, dès les années 1970, le bilan semblait mitigé et plutôt décevant : la croissance hypertrophique de l'Ile de France ne ralentissait guère et les métropoles d'équilibre gênaient plutôt le développement des villes moyennes de leur système urbain qui, en définitive, connaîtraient parfois une croissance plus rapide.

Mise à jour : octobre 2003

Métropolité

Au delà de l'urbanité, les métropoles peuvent avoir des identités et des modes de vie qui leur sont propres : multiculturarité faisant de la différence une source de richesse ; glocalité qui, selon la formule consacrée, conduit à "penser localement et agir globalement" ; mobilité, réactivité tant d'un point de vue mental que du point de vue des déplacements.

Mise à jour : octobre 2003

Mitage

Étalement, sans plan d'urbanisme réellement cohérent, d'infrastructures, de zones d'habitat, de zones d'activité, dans des espaces initialement ruraux (forestiers ou agricoles). Le phénomène de mitage s'observe en zone périurbaine, sous l'effet de fortes pressions foncières ou/et touristiques et en l'absence d'une réglementation d'occupation du sol suffisamment cohérente et contraignante.

Mise à jour : octobre 2003
Mobilités urbaines

Les structures territoriales qui se développent aujourd'hui sont celles qui croisent pouvoir et accessibilité. Ainsi, les grandes villes profitent de l'essor de la rapidité différenciée (J. Ollivro, 2000) pour s'imposer : via leurs plates-formes multimodales, elles offrent aux fonctions stratégiques une accessibilité généralisée aux autres villes importantes et s'imposent comme des carrefours planétaires. Les autres territoires ne parviennent pas à relever le défi. Stade avancé du processus d'urbanisation, la métropolisation repose, pour partie, sur la proximité de liens multimodaux de communication et sur la participation à des réseaux internationaux.
Mais, tension et contradictions sont réelles entre, d'une part, la liberté des déplacements que seules les grandes villes et les métropoles semblent permettre et, d'autre part, les contraintes urbaines de localisation.
Les grandes villes et les métropoles ont des problèmes de mobilité qui leur sont spécifiques. Le transport en site propre (TSP) exige des infrastructures spécifiques (métro, tramway, train). Elles sont confrontées aux problèmes suivants :
- les engorgements, les saturations, sources de déséconomies d'échelle et de dégradations environnementales,
- les conflits d'usage générés par la densité des populations et des activités,
- les conséquences de la péri-urbanité, de la polycentralité, les besoins spécifiques des navetteurs, etc.
Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, ont un rôle essentiel à jouer dans la définition des politiques d'aménagement des transports urbains en définissant des plans de déplacement urbains, des plans de mobilité. Dans certains cas les entreprises de transport privées sont très autonomes et jouent directement un rôle essentiel avec une régulation publique plus limitée, ainsi qu'on peut le voir à Tôkyô par exemple.

- Exemple de plans de déplacement urbain en région Ile-de-France : www.pduif.org/index.php
- Voir en complément les contributions de :
> Manuel Appert : Les mobilités quotidiennes à Londres : aspects, impacts et régulations
> Natacha Aveline : Tôkyô, métropole japonaise en mouvement perpétuel

Mise à jour : mars 2009
Périurbanisation

La périurbanisation, forme urbaine à part entière, ne doit pas être confondue avec ce que l'on appelle parfois rurbanisation qui désigne la progression de l'habitat des citadins dans les zones rurales autour des grandes villes.

Mise à jour : octobre 2003
Pôle urbain

En France, pour l'Insee, le pôle urbain est une unité urbaine offrant au moins 5 000 emplois et qui n'est pas située dans la couronne périurbaine d'un autre pôle urbain.
Par leurs déplacements quotidiens, les salariés façonnent des territoires "vécus", entre communes résidentielles et communes "pôles". Les pôles caractérisent ici des territoires offrant des emplois et captant des salariés dans un environnement plus ou moins proche. Leur niveau d'influence délimite des bassins de mobilité que doivent prendre en compte les politiques publiques de transport et d'urbanisme. Ces zones d'échanges et de circulation d'actifs mettent en évidence un vaste système, dépendant de la ville-centre, mais également organisé en pétales en périphérie et en bassins de vie dans les espaces ruraux.

Mise à jour : octobre 2003
Polycentrisme

En rupture avec des systèmes d'organisation spatiale antérieurs basés sur le modèle "centre / périphérie", les espaces métropolitains tendent à s'organiser autour de pôles périphériques (edge cities, nouveaux agrégats urbains) qui dessinent des figures nouvelles à la centralité. Le polycentrisme respecte les particularités et les potentialités propres à chaque pôle de développement tout en favorisant l'émergence de synergies interrégionales et transnationales (polycentrisme maillé).

Mise à jour : octobre 2003
 
Primatie (primacy) / primauté

La primatie (à distinguer du lieu où siège le primat de la religion catholique) est la situation d'une ville au premier rang du classement, par sa population, parmi les villes d'un même ensemble : région, État par exemple. Pour apprécier le degré de concentration et la hiérarchie urbaines, des "indices de primatie" peuvent être calculés. Le plus courant est l'indice de Jefferson (1939), qui est le rapport de l'effectif de population de la plus grande ville (P1) à celui de la deuxième (P2) soit : Ij = P1/P2. On peut aussi calculer l'indice de Stewart qui prend en compte les autres villes de rang inférieur, 3, 4, 5, .... n soit :  Is = P1/(P2+P3+P4 ... + Pn).
On peut alors comparer les situations de régions, d'États différents en termes de domination du système urbain et de hiérarchie urbaine. Dans les pays développés, l'Ij moyen est de 3 environ. Un indice de primatie très élevé (supérieur à 5), se rencontre dans les situations suivantes : pays très faiblement peuplés dont la capitale concentre une part majeure de la population (ex : Islande) ; situation de mal-développement et de mal-gouvernance (divers pays africains et latino-américains) ; tradition historique de centralisme de l'État concentrant les fonctions de commandement sur la capitale. Un de ces types d'organisation unipolaire du système urbain est celui de la France avec un indice de primatie de 5.
À l'inverse, les pays densément peuplés qui ont eu une longue tradition décentralisatrice ont un indice de primatie faible : du fait de l'autonomie régionale (Espagne, Italie, Pays-Bas) ou d'un cadre fédéral (Suisse, Allemagne, Belgique). Ainsi, l'indice de primatie de l'Allemagne est de 1,7 et on qualifie parfois de "type rhénan" ces systèmes urbains carctérisés par une organisation multipolaire de leur territoire.

 


Mise à jour : octobre 2003
Produit Urbain Brut - PUB

L'équivalent, à l'échelle des agglomérations urbaines, du produit intérieur brut (PIB) pour des États.

Mise à jour : octobre 2003
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Région urbaine


Une région urbaine regroupe toutes les zones (même rurales) qui sont dépendantes d'un centre urbain, en particulier pour l'emploi. Cette définition est surtout utilisée pour effectuer une régionalisation autour des pôles principaux et elle est particulièrement pertinente pour suivre l'étalement urbain : voir, en France, les aires urbaines

Mise à jour : octobre 2003
Réhabilitation urbaine

Consiste à rénover sans détruire, sans raser, à la différence de la rénovation. La réhabilitation suppose un respect du caractère architectural des bâtiments, du quartier concerné. Il s'agit parfois de "trompe l'œil" : la façade extérieure respecte les apparences d'un bâtiment qui est entièrement restructuré, réaffecté. Souvent coûteuses, les opérations de réhabilitation bénéficient, en France, de financements et d'encadrements dédiés tels que ceux de l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat (ANAH) et autres dispositifs spécifiques (PACT-ARIM, ZPPAU, etc.)

Mise à jour : octobre 2003
Rénovation urbaine

Terme prêtant à confusion avec la réhabilitation, il s'agit ici bel et bien de démolir, de raser pour reconstruire selon des plans et une architecture qui peuvent être radicalement différents de l'antérieur.

Mise à jour : octobre 2003
Réseau de villes

Un comité interministériel de 1990 avait formalisé le concept de "réseau de villes". Depuis la DATAR a encouragé les villes moyennes à mener des projets communs, indépendamment des grandes métropoles régionales. Un réseau de villes résulte de l'association volontaire de 2 à 6 villes ayant des intérêts communs pour : gérer tel ou tel service urbain, engager des démarches communes de promotion, entreprendre des actions de lobbying, etc. De telles formes de coopération ont pu être ressenties comme "une conspiration contre les frontières" mais cette mise en réseau est surtout un moyen d'éviter une marginalisation croissante par rapport aux tendances lourdes de la métropolisation en Europe.

Mise à jour : octobre 2003
Réseau urbain

L'expression évoque les relations qu'entretiennent les villes entre elles à travers les voies qui assurent leurs échanges, les flux qui en traduisent l'intensité. Elle met ainsi l'accent sur les supports techniques de ces relations : c'est pourquoi on peut alors lui préférer l'expression de système de ville, plus englobante. La représentation graphique et cartographique des réseaux urbains peut parfois poser le problème d'une confusion avec celle des réseaux techniques (voiries, infrastructures diverses)

Mise à jour : octobre 2003
Services

Les villes et métropoles sont des lieux privilégiés de production de services supérieurs et spécialisés, les services spécialisés attirant les services spécialisés.
Très hétérogène, le secteur tertiaire des activités de services va des activités traditionnelles, comme les services aux particuliers, aux activités de pointe et de commandement. Il était donc nécessaire d'y distinguer un secteur du tertiaire supérieur relatif aux services rares (appelé aussi quaternaire) qui désigne les services aux entreprises proposés par les économies métropolitaines.

Mise à jour : octobre 2003
Spécialisation

Villes et métropoles trouvent souvent leur origine dans la valorisation d'un atout de localisation, d'un avantage comparatif (lieux d'interface, de passage comme les villes portuaires, de piedmont, de transit) ou de ressource (minières, climatiques, etc.). Ainsi héritent-elles de fonctions spécialisées qui, au fil du temps, tendent à se diversifier, à se complexifier, parallèlement à leur développement. Les analyses comparées de leurs différentes fonctionnalités peuvent donner lieu à des typologies, des classifications.

Mise à jour : octobre 2003
(loi) SRU - France

La loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (13 décembre 2000) actualise les dispositions de la loi d'orientation foncière de décembre 1967 en y introduisant de nouveaux outils d'aménagement. La loi reprend et précise par ailleurs les dispositions de la loi d'orientation sur la ville (LOV) de 1992, notamment en ce qui concerne l'équilibre du logement social dans les agglomérations. Enfin, la loi SRU présente également l'intérêt de préciser ce que pourrait être, dans une nouvelle vision de l'urbanisme, le rôle de l'État.
Institué par l'article 1 de la loi SRU, le schéma de cohérence territoriale (SCOT) est obligatoire dans les aires urbaines afin de moderniser la planification spatiale. Le plan de déplacement urbain (PDU) est intégré à la loi SRU (titre III). Il propose des orientations pour l'ensemble des moyens de transport et de déplacement à l'intérieur de l'agglomération et doit être en adéquation totale avec le SCOT. L'ensemble de ces dispositifs vise à donner un cadre législatif favorisant le développement durable des villes et métropoles.

Mise à jour : octobre 2003
Statistiques et indicateurs

La définition d'indicateurs et l'identification des données capables de décrire l'urbanisation et de comparer les villes, entre elles et dans le temps, sont de véritables défis, alors que l'on est confronté à la rapidité des phénomènes d'expansion urbaine, en particulier dans les pays émergents, à la nécessaire maîtrise de leur développement, à leur complexité et leur diversité. Or, le besoin en indicateurs normalisés se fait d'autant plus sentir que la mondialisation provoque une croissance des échanges entre les villes et qu'il est nécessaire de disposer des outils d'une gestion et d'une gouvernance efficaces des vastes espaces urbains.
L'étude comparée des rythmes et des modalités de l'urbanisation dans le monde se heurte au problème de l'hétérogénéité des données statistiques qui, d'un État à l'autre, sont recueillies selon des modalités très variables, reposent sur des définitions différentes. Ainsi, le terme même d'urbanisation, qui désigne à la fois un état et le processus qui y conduit, fait référence, selon les auteurs et les spécialités, à la population, au bâti ou aux deux à la fois. En France, la mesure de l'urbanisation s'appuie sur les nomenclatures territoriales de l'Insee prenant en compte le caractère spatial et fonctionnel du phénomène. Elles reflètent deux approches distinctes bien que liées : la première, celle des unités urbaines se réfère à la continuité spatiale du bâti ; la seconde, celle des aires urbaines prend en compte les mobilités domicile-travail entre la ville et sa périphérie. Ces nomenclatures offrent le grand avantage de faciliter la lecture du phénomène d'urbanisation grâce à un langage commun.
À plus petite échelle, la croissance des métropoles et leur montée en puissance dans les relations diplomatiques et économiques mondiales s'opèrent dans un certain brouillard statistique. Leurs limites ne sont pas définies de manière homogène : faut-il retenir la limite administrative de la municipalité, dont la définition varie d'un pays à l'autre, ou les limites fonctionnelles de l'agglomération ? Sur quelles bases, avec quels indicateurs les comparer, en analyser le fonctionnement ?
C'est dans une telle perspective d'homogénéisation et de clarification qu'a été lancée, à l'automne 2008, une initiative conjointe de la Banque Mondiale et de l'université de Toronto : le Programme des indicateurs pour les villes du monde (PIVM). Il se propose d'offrir aux villes un cadre qui les aidera à recueillir de façon cohérente des indicateurs urbains comparatifs.   La base de données recueillie repose sur 63 indicateurs sur les services publics urbains et la qualité de vie grâce à laquelle les villes pourront recueillir, saisir, déclarer et suivre régulièrement différents indicateurs urbains.
À une échelle régionale, la base de données la plus complète et homogène est actuellement celle de l'Union européenne disponible sur le site de la Commission européenne : l'Urban audit. Cette compilation statistique, portant sur 258 villes des 27 pays de l'UE, recense les statistiques sur des thématiques diversifiées : performances économiques, inégalités sociales, environnement, aspects éducatifs et culturels, qualité de vie.

Voir :
- Iddri, Sciences Po - Des indicateurs pour les villes du monde, un outil à l'initiative de la Banque mondiale pour une meilleure gestion des villes
www.iddri.org/Activites/Conferences/Des-indicateurs-pour-les-villes-du-monde
- World Bank Urban and Local Government Strategy Website
www.wburbanstrategy.org
- Gobal city indicators, un partenariat entre l'université de Toronto et la Banque mondiale.
www.cityindicators.org
- L'Urban audit conduit par la Commission européenne et Eurostat : www.urbanaudit.org
- Les publications d'UN Habitat (State of the World's Cities) : www.unhabitat.org/pmss
- La division statistiques des Nations Unies : http://unstats.un.org/unsd/demographic/default.htm

- La page "savoir-faire" du dossier.

Mise à jour : mai 2010
Systèmes de villes, systèmes urbains

L'étude des systèmes de villes (ou systèmes urbains) met l'accent sur les aspects relationnels, les interactions et interdépendances entre les villes d'un réseau urbain. Les villes, organisées en systèmes, mettent en jeu différents types de relations :
- relations fonctionnelles (échanges physiques d'informations, de marchandises, de personnes),
- relations hiérarchiques (commandements emboîtés ou sécants, fonctions d'encadrement des territoires),
- relations de concurrences et/ou de synergies.

Mise à jour : octobre 2003
Unité urbaine

À la différence des aires urbaines, les unités urbaines se réfèrent à la continuité du bâti : est considérée comme telle un ensemble d'une ou plusieurs communes présentant une continuité du tissu bâti (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. La condition est que chaque commune de l'unité urbaine possède plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.

Deux unités urbaines peuvent se jouxter sans en former une seule, dès lors qu'il n'y a pas continuité entre elles (règle des 200 m). Si la zone bâtie se situe sur une seule commune, on parlera de ville isolée. Dans le cas contraire, on a une agglomération multicommunale. Les unités urbaines peuvent s'étendre sur plusieurs départements.

Un centre est défini pour chacune des unités urbaines multi-communales. Si une commune représente plus de 50% de la population de l'unité urbaine, elle est seule ville-centre. Dans le cas contraire, toutes les communes qui ont une population supérieure à la moitié de celle de la commune la plus importante sont villes-centres. Les communes qui ne sont pas villes-centres constituent la banlieue de l'unité urbaine.

Notons que ces seuils, 200 mètres pour la continuité de l'habitat et 2 000 habitants pour la population, résultent de recommandations adoptées au niveau international. En France, le calcul de l'espace entre deux constructions est en grande partie réalisé à partir de photographies aériennes. Il ne tient pas compte des cours d'eau traversés par des ponts, des terrains publics (jardins, cimetières, stades, aérodromes,...), ni des terrains industriels ou commerciaux (usines, parcs de stationnement, etc.).

Voir :
- la page "savoir-faire" du dossier,
- le glossaire de l'Insee (définitions et méthodes) :
www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/unite-urbaine.htm

Mise à jour : mai 2010

Urbanisation

L'urbanisation désigne le processus, continu depuis la première révolution industrielle, de croissance de la population urbaine et d'extension des villes. Au début du XXIe siècle, le phénomène tend même à s'accélérer avec le développement des pays émergents et un exode rural parfois massif. Depuis 2008, on estime que plus de la moitié des 6,7 milliards d'humains vivent dans des villes aux contours de plus en plus flous, contre 1/3 seulement en 1950. De 86 agglomérations de plus d'un million d'habitants en 1950, on est passé à 430 en 2005. Les mégapoles de plus de 10 millions d'habitants ont quintuplé depuis 1975, passant de 4 à 20.

La métropolisation évoque le même processus que l'urbanisation mais en prenant davantage en compte ses dimensions économiques, politiques et symboliques et en désignant les niveaux supérieurs d'organisation des systèmes urbains en fonction du niveau d'échelle étudié.

Mise à jour : juin 2006

Ville-centre / Centre-ville

Commune centrale (dans ses limites administratives) d'une agglomération, elle lui a donné naissance. Son poids relatif dans l'aire urbaine est variable. À ne pas confondre avec le centre-ville (downtown) qui désigne le noyau central (en général le cœur historique ou le centre décisionnel) de la ville.

Mise à jour : octobre 2003
Zipf (loi ou règle de)

Du nom de celui qui l'a énoncée en 1949 (G.Z. Zipf), cette règle de distribution rang/taille appliquée aux villes consiste à les classer en fonction du rang de leur population. La relation qui s'établit entre la population de chaque ville et son rang hiérarchique dans un classement par nombre d'habitants serait une constante : ainsi, la première ville est plus peuplée que la deuxième dans un rapport qui serait universel dans le temps et dans l'espace, tout comme le rapport entre la deuxième et la troisième, etc. Dans un repère à double échelle logarithmique, en x et en y, la courbe de l'ensemble des points représentant la population et le rang des villes suit une droite d'ajustement. Tout écart (résidu) significatif peut être considéré comme une anomalie et pose la question du pourquoi ? Lorsque la première ville se détache clairement au-dessus de la droite (comme c'est le cas en France avec Paris), on estime être en présence d'une macrocéphalie urbaine.

Au demeurant, à l'heure de la globalisation des économies, de la métropolisation, cette approche quantitative et démographique des hiérarchies urbaines n'est pas forcément très heuristique. Elle permet cependant d'établir des comparaisons entre systèmes urbains.

Mise à jour : octobre 2003
Zonage par Aires Urbaines (ZAU)

Depuis 1997, l'Insee a substitué ce découpage et cette nomenclature spatiale aux Zones de Peuplement Industriel et Urbain (ZPIU) pour étudier les villes et leur territoire d'influence.
Ce zonage décline le territoire en quatre catégories. Les trois premières constituent l'espace à dominante urbaine (pôle urbains, couronnes périurbaines et communes multipolarisées). La quatrième catégorie concerne l'espace à dominante rurale ne se trouvant pas dans le domaine d'influence d'un pôle urbain. Aujourd'hui 48 millions de Français habitent dans un aire urbaine à dominante urbaine.

Voir le site de l'Insee : www.insee.fr/fr/home/home_page.asp

Mise à jour : octobre 2003
Zone (aire) d'influence

L'influence d'une métropole dépend des services (aux particuliers ou aux entreprises) qu'elle est susceptible de proposer dans l'aire qu'elle polarise. Cette aire est d'autant plus vaste que le service proposé est rare : sa superficie est donc variable.

Mise à jour : octobre 2003
 
 

Principales sources :
- voir la partie "ressources" du dossier,
- articles et références du dossier,
- dossiers de presse.  

Glossaire proposé par Sylviane Tabarly

 

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Mise à jour partielle :  10 novembre 2010

 

 


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