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Accaparement (des terres, des mers)

Publié le 23/09/2014

L'accaparement des terres (land grabbing ou landgrab en anglais : action de se saisir, d'empoigner) est le processus d'acquisition ou de jouissance de terres à des fins principalement agricoles (mais pas seulement) dans un contexte d'économie mondialisée. Les investissements, privés ou publics, vers les terres agricoles "disponibles", en particulier celles des pays du Sud, ne sont pas nouveaux : au début du XXe siècle, la société américaine United Fruit Company possédait près du quart des terres cultivables du Honduras. Ce qui est nouveau, c'est l'ampleur et la rapide croissance des investissements, depuis la crise alimentaire de 2008 surtout, et le fait que des États y participent. Les transactions sont difficilement quantifiables du fait de l'opacité, du caractère confidentiel ou sibyllin, des contrats signés par les investisseurs.

Les terres accaparées se trouveraient pour moitié en Afrique, pour plus de 20 % dans la région Pacifique-Asie de l'Est, et pour moins du quart dans la zone Europe-Asie centrale, et l'Amérique latine en concentrerait environ 10%. Les pays d'origine des opérateurs, qu'il s'agisse d'États ou d'acteurs privés, sont ceux qui disposent de ressources agricoles insuffisantes (Japon, Corée du Sud, Arabie saoudite, Qatar, Koweït, Émirats arabes unis, Chine, etc.). Les logiques des "accapareurs" sont différentes : si certains États sont mus par le souci de répondre aux futurs besoins alimentaires de leur population, en particulier dans un contexte où leurs terres disponibles viendraient à manquer, les grandes entreprises ont davantage à cœur de s'internationaliser et d'investir dans une agriculture destinée aux exportations.
Le "landgrab" est dénoncé comme une forme nouvelle d'agro-colonialisme par les ONG et nombre d'organisations paysannes.

De la même façon, on parle d’accaparement des mers ou ocean grab ou global ocean grabbing. Il s'agit des processus et dynamiques qui portent atteinte aux droits d’accès ainsi qu'aux modèles de production des personnes et des communautés dont le mode de vie, l’identité culturelle et les moyens de subsistance dépendent de leur participation à la pêche artisanale et aux activités étroitement associées, dans les pays du Sud comme du Nord. L'accaparement est le fait de la pêche industrielle et fait l'objet de dénonciation à l'ONU et parmi les ONG. L’extension récente de la taille des aires marines protégées participe également au processus d'accaparment des ressources naturelles à travers la science et la protection de l’environnement.

Pour compléter :

Mise à jour : septembre 2014