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Centralité

Publié le 15/03/2013

La centralité qualifie la capacité d'action d'un élément central (le centre urbain, la métropole) sur sa périphérie en termes de desserte, de services, d'attractivité, et d'une manière générale, de polarisation. En géographie, l'espace qualifié de centre ne se trouve donc pas nécessairement au milieu de l'espace qu'il contrôle. On en trouvera un bon exemple dans les capitales économiques situées sur les littoraux des États issus d'une histoire coloniale.

En matière urbaine, une modélisation de la centralité fut proposée par W.E. Christaller en 1933 : dans le cadre de son étude des lieux centraux il cherche à rendre compte de la taille, de l'espacement et du nombre des villes (voir Théorie des lieux centraux).

Depuis, de nombreux travaux se sont succédé pour analyser, mesurer les phénomènes de polarisation liés à la centralité, dont, plus récemment, parmi les géographes, ceux de P. Claval, D. Pumain, C. Rozenblat, T. Saint-Julien, par exemple dans une approche dynamique. 
Les villes et les métropoles, comme places centrales, agissent aussi comme des pôles de développement dans leur environnement régional ou international (voir les travaux de l'économiste François Perroux). Un autre courant de la géographie, intégrant les apports d'une approche marxiste, a insisté sur les rapports de domination entre les centres et les périphéries (voir Centre, périphérie).

Comment mesurer une centralité dont le caractère est multidimensionnel ? Certains auteurs proposent un "indice simple de centralité", rapport entre la rente du centre-ville et la rente en banlieue. D'autres étudient l'évolution des gradients de densité ou proposent des critères socioculturels pour mesurer la qualité centrale d'un lieu.

La périurbanisation ou le développement d'edge cities n'ont pas encore inversé le rapport ville-centre / périphérie : l'indice de centralité reste encore supérieur à 1 dans la plupart des grandes villes, y compris en Amérique du Nord où elles sont pourtant davantage polynucléarisées qu'en Europe. 

On remarque aussi que la centralité, aux niveaux supérieurs de la hiérarchie urbaine, s'affranchit de plus en plus des seuls rapports de proximité et de distance physique : elle tient davantage aux interactions immatérielles, aux rapports de pouvoir et de contrôle dans une société de plus en plus mondialisée.

(ST) juillet 2005, mise à jour (JBB) février 2019