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Distance, distance-temps, distance-coût

Publié le 02/07/2024
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Intervalle à franchir pour se rendre d'un lieu à un autre, la distance a la signification d'une séparation, son parcours nécessite un effort, une dépense d'énergie. Le contraire de la distance est ce qu'on appelle en théâtre l'unité de lieu : le lieu étant un espace dans lequel la distance est nulle.

Jusqu'au début du XXe siècle, l'espace était rugueux et opaque : les distances étaient franchies difficilement, protégeant ainsi les producteurs de leurs concurrents. Au cours du XXe siècle, la mobilité des individus, des marchandises, des informations, tant en termes de coût que de temps, a fortement contribué à la mondialisation. Il ne faut pas pour autant en déduire l'abolition programmée de tout facteur temps, distance et coût dans les processus de localisation : les espaces où l'on peut accéder rapidement aux biens et aux informations restent gagnants.

Il y a plusieurs types de distances. La plus classique, la distance géométrique euclidienne, a un intérêt partiel pour l'étude des mobilités. D'autant que la ligne droite n'est pas forcément la plus adaptée pour rejoindre un point à un autre.

Aussi, les entreprises, comme les particuliers, tendent à mesurer les distances en temps (distance-temps) : "nous sommes à 20 mn de l'aéroport". Et aussi en coût (distance-coût). Distances-temps et distances-coûts peuvent être représentées dans l'espace par des lignes de temps ou de coût égal pour accéder à un lieu donné : il s'agit respectivement d'isochrones ou d'isodapanes. L'espace géographique n'étant pas isotrope, les distance-coût et distance-temps ne sont pas égales, en général, à la distance géométrique.

Les dimensions des aires de chalandise d'un commerce ou des aires d'influence d'un service dépendent de sa portée-limite. Pour optimiser leurs déplacements, les clients tiennent compte des coûts, des temps, et ne vont guère au-delà de cette portée-limite.

On remarque aussi que la distance est révélée par les comportements plutôt qu'établie a priori selon une échelle identique pour tous les individus (distance perçue). La distance perçue fait partie des distances cognitives (ou mentales), qui sont des représentations psychologiques, individuelles ou collectives : c'est le champ de ce qui relève de la proxémie. La distance entre les individus est un élément important des interactions sociales. Edward T. Hall (1963) distingait trois ordres de distances entre les individus : personnelle, sociale, et publique. Dans les études de mobilité ou de diffusion, la proximité se mesure moins en terme de distance physique que par les possibilités de contact, d'information ou de familiarité avec les lieux.

 

(ST) 2009, dernière modification (JBB) octobre 2021.


Références citées
  • Hall, Edward T., 1963, The hidden dimension ; éd. ut. 1966. La dimension cachée. Paris, Seuil, coll. Points, 254 p.
Pour compléter
Liens externes
  • La distance, objet géographique, revue Atala, n°12, 2009, Rennes, lycée Chateaubriand : une somme d'articles de géographes français (Roger Brunet, Denise Pumain, Jacques Lévy, Christian Grataloup et bien d'autres)
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