Figuré (en cartographie)
Samuel Depraz, maître de conférences (HDR) en géographie-aménagement - Université Jean Moulin Lyon 3.
En géographie et en cartographie, un figuré désigne la forme prise par chacun des éléments représentés sur la carte et dans la nomenclature. Chaque figuré est présent au moins une fois sur la carte, et il est repris dans la légende qui en donne la clé de compréhension. Les figurés sont l’un des principaux modes d’expression du langage cartographique, dont la grammaire est appelée sémiologie graphique. Ils sont classés en trois grands types : figurés ponctuels, linéaires et surfaciques. Une carte complète (un croquis de synthèse par exemple) mobilise plusieurs figurés de chaque type. Le choix de l’un ou l’autre de ces trois types dépend de la nature de l'information représentée et de l’échelle de la carte. Par exemple, à l’échelle nationale, les aéroports sont représentés par un figuré ponctuel, tandis qu’à l’échelle locale, leur emprise peut être représentée par un figuré de surface, éventuellement complété par un figuré linéaire pour représenter les pistes. Des règles de sémiologie particulières s’appliquent à la cartographie dite thématique (ou statistique), qui représente des données. Par exemple, une donnée absolue (population, PIB, volumes, etc.) est représentée par un figuré ponctuel (cercles proportionnels, carrés proportionnels…), tandis qu’une donnée relative (densité de population, PIB par habitant, volume par habitant…) est représentée par un figuré surfacique avec une variation d’intensité.
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Figurés ponctuels |
Figurés linéaires |
Figurés surfacique |
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Formes |
Point, forme géométrique, idéogramme, lettre, chiffre… |
Ligne, flèche, double-flèche, tiretés, pointillés, barbules… |
Périmètre, aire, hachures, aplat de couleur, poncif (motif répliqué)… |
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Variations possibles |
Forme, taille, couleur de remplissage, couleur et épaisseur du contour… |
Épaisseur, couleur, trait plein ou tirets, pointes (flèche…), présence de barbules… |
Couleur de remplissage, intensité (du clair au foncé) hachures, couleur et épaisseur du périmètre… |
| Usages |
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Exemples |
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Comme tout langage, le langage cartographique possède un certain nombre de conventions qu’il est recommandé de connaître, quitte à s’en affranchir volontairement. Ces conventions permettent une compréhension sans passer par la légende : un point noir ou un point blanc entouré de noir pour les villes, un chevelu linéaire bleu pour l’hydrographie, un liseré bleu pour le littoral, sont par exemple des conventions courantes. Concernant les figurés ponctuels, il est recommandé de privilégier les formes géométriques simples et de limiter l’usage des pictogrammes.
Certains types particuliers de cartes possèdent leurs conventions propres et il n’est pas possible d’y déroger : par exemple la représentation d’un front chaud et d’un front froid, ou de la force du vent, sur une carte météorologique, ou celle d’une ligne de faille sur une carte géologique.
(SD), 2017, réécrit par (JBB), décembre 2025.
Pour compléter avec Géoconfluences
- La rubrique « Carte à la une »
- Pierre Colin, « Langages graphiques et appropriation de l’espace en cycle 2. Exemple de mise en œuvre d’un dispositif didactique », Géoconfluences, janvier 2026.
- David Lagarde, « Comment cartographier les circulations migratoires ? Quelques pistes de réflexions à partir du cas des exilés syriens », Géoconfluences, novembre 2020.
- Jérémie Ory, « Carte à la une : les cartes topographiques ont du style ! », Géoconfluences, novembre 2017.
- Jérémie Ory, « De l’objet au figuré : l’abstraction en cartographie », Géoconfluences, septembre 2017.
- Sébastien Bourdin, « Tous cartographes : l'exemple de l'"épidémie cartographique" suscitée par la flambée de la maladie à virus Ebola », Géoconfluences, mai 2016.










