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Habitat pavillonnaire

Publié le 25/10/2021

L'habitat pavillonnaire ou individuel correspond à un paysage caractéristique des périphéries urbaines et de la seconde moitié du XXe siècle, dans lequel les logements individuels dominent. Si l'« âge d'or » de l'habitat pavillonnaire peut se situer entre les années 1960 et aujourd'hui, ses origines remontent au moins au XIXe siècle. Il est souvent associé aux banlieues et aux espaces périurbains, mais l'habitat pavillonnaire existe aussi dans les espaces ruraux.

Désignant à l'origine un bâtiment seigneurial léger voire démontable, et associé aux loisirs (pavillon de chasse), le terme de pavillon a fini par désigner, en France notamment, une habitation individuelle entourée d'un terrain : il est attesté dans ce sens au moins depuis 1928 (CNRTL). Dans certaines régions, on parle plutôt de villas, sans désigner par ce terme des résidences de luxe. L'habitat pavillonnaire est souvent associé au lotissement, or les deux expressions ne sont pas équivalentes : tout habitat pavillonnaire ne prend pas place dans une parcelle qui a été divisée en lots : les pavillons peuvent être dispersés dans des petites parcelles isolées dans le paysage (c'est le mitage résidentiel).

Toute maison individuelle n'est pas un pavillon puisque celle-là peut être un bâtiment ancien tandis que celui-ci est nécessairement le fruit des techniques de constructions standardisées apparues au XXe siècle. Le succès de l'habitat pavillonnaire tient en effet à la standardisation des méthodes de construction et de l'application des procédés de préfabrication, initialement développées pour l'habitat collectif, à la maison individuelle. Il en est résulté une baisse des coûts de construction qui, associée à des politiques publiques incitatives (aide à l'accession à la propriété et à l'acquisition de terrains), ont permis l'essor de l'habitat individuel. Des villages-témoins sont construits pour inciter les indécis à franchir le pas, comme Villagexpo à Saint-Michel-sur-Orge (1966). Les constructions de maisons dépassent celles de logements collectifs autour de 1975 en France (Herrmann, 2018).

À partir des années 1990, l'habitat pavillonnaire a fait l'objet de critiques par les aménageurs, les professionnels de l'urbain et du paysage, et dans une partie de l'opinion, même si les constructions nouvelles se poursuivent sans fléchir. Il incarne les excès de la périurbanisation, l'étalement urbain, les mobilités longues émettrices de gaz à effet de serre, et la destruction du foncier agricole. Plusieurs lois, dont la liste a été dressée par Lou Herrmann (ibid.), ont tenté d'encadrer son développement, citons pour les plus récentes la loi SRU, les lois Grenelle 1 et 2 et la loi ALUR.

(JBB) mars 2018. Dernière modification : octobre 2021.


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