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Habitat pavillonnaire

Publié le 15/03/2018

L'habitat pavillonnaire ou individuel correspond à un paysage caractéristique des périphéries urbaines et de la seconde moitié du XXème siècle, dans lequel les logements individuels dominent. Si l'« âge d'or » de l'habitat pavillonnaire peut se situer entre les années 1960 et aujourd'hui, ses origines remontent au moins au XIXème siècle. Il est souvent associé à la périurbanisation, mais l'habitat pavillonnaire existe aussi en banlieue ou dans l'espace rural.

Désignant à l'origine un bâtiment seigneurial léger voire démontable, et associé aux loisirs (pavillon de chasse), le terme de pavillon a fini par désigner, en France notamment, une habitation individuelle entourée d'un terrain : il est attesté dans ce sens au moins depuis 1928 (CNRTL). Dans certaines régions, on parle plutôt de villas, sans désigner par ce terme des résidences de luxe. Il conviendrait, en géographie, de parler de maisons individuelles. L'habitat pavillonnaire est souvent associé au lotissement, or les deux expressions ne sont pas équivalentes : tout habitat pavillonnaire ne prend pas place dans une parcelle qui a été divisée en lot : les pavillons peuvent être dispersés dans des petites parcelles isolées dans le paysage (c'est le mitage résidentiel).

Le succès de l'habitat pavillonnaire tient à la standardisation des méthodes de construction et de l'application des procédés de préfabrication, développées pour l'habitat collectif, à la maison individuelle. Il en est résulté une baisse des coûts de construction qui, associée à des politiques publiques incitatives (aide à l'accession à la propriété et à l'acquisition de terrains), ont permis l'essor de l'habitat individuel. Des villages-témoins sont construits pour inciter les indécis à franchir le pas, comme Villagexpo à Saint-Michel-sur-Orge (1966). Les constructions de maisons dépassent celles de logements collectifs autour de 1975 en France (Herrmann, 2018).

À partir des années 1990, l'habitat pavillonnaire a fait l'objet de critiques par les aménageurs, les professionnels de l'urbain et du paysage, et dans une partie de l'opinion, même si les constructions nouvelles se poursuivent sans fléchir. Il incarne les excès de la périurbanisation, l'étalement urbain, les mobilités longues émettrices de gaz à effet de serre, et la destruction du foncier agricole. Plusieurs lois, dont la liste a été dressée par Lou Herrmann (ibid.), ont tenté d'encadrer son développement, citons pour les plus récentes la loi SRU, les lois Grenelle 1 et 2 et la loi ALUR.

(JBB) mars 2018

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