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Inégalité, inégalités sociales

Publié le 18/10/2018

Les inégalités sociales sont l'une des grandes grilles d'analyse de la géographie. La géographie des inégalités n'est pas en soi une branche de la géographie mais un angle particulier de l'étude des rapport des sociétés à leur espace. Qu’on s’intéresse aux relations des sociétés à leur milieu ou bien à la géographie culturelle, l’étude des inégalités s’avère souvent une piste d’analyse pertinente. Si l’observation des écarts de richesse entre les classes sociales est plutôt le fait de la sociologie, la géographie peut y contribuer, en apportant ses outils (la carte), ses méthodes (la démarche systémique) et ses liens avec des disciplines connexes (les sciences de l’environnement, l’urbanisme…).

Si l’inégalité, comme phénomène universel, semble inévitable, les inégalités de richesse sont la traduction dans les sociétés humaines d’une incapacité à améliorer la situation des plus pauvres, donc à partager les fruits de la croissance économique. La pauvreté étant relative, ce n'est jamais en elle-même qu'elle est insupportable, mais en regard du différentiel entre les plus pauvres et les plus riches. D’une manière générale et malgré bien des exceptions, les pays les plus riches souvent les moins inégalitaires. Pour autant, les inégalités y sont d’autant plus difficiles à accepter que les moyens semblent exister pour les réduire.

Parler d'inégalités sociales permet de croiser les inégalités de richesse avec d'autres types d'inégalités, par exemple de genre, ethniques, religieuses, générationnelles, etc. Ce croisement par lequel les inégalités (ainsi que leurs conséquences) se multiplient pour certains individus, est prise en compte par l'intersectionnalité

Dans les situations d’émergence économique, on observe souvent un accroissement des inégalités, au moins dans une première phase. Il faut un temps plus ou moins long pour que les fruits de la croissance économique profitent à une large classe moyenne, quand c’est le cas, et cela n’empêche pas toujours le maintien d’un important sous-prolétariat. L’augmentation des inégalités est d’autant plus mal vécue que l’enrichissement des uns tend à diminuer le pouvoir d’achat des autres s’il est accompagné d’une augmentation des prix.

Le caractère ressenti et relatif des inégalités n’empêche nullement sa mesure ni la constitution d’indicateurs précis comme le coefficient de Gini qui mesure les écarts de richesse.

(JBB) octobre 2018