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Réseau de transport / RTE

Publié le 11/03/2013

Les réseaux de transport de biens matériels ou immatériels, ou de personnes, construisent un espace réticulé polarisé par des points desservis (carrefours, échangeurs, gares, téléports, etc.) et reliés par des axes ou des faisceaux (autoroutes, voies ferrées, faisceaux hertziens, etc.).

Les réseaux peuvent être classés selon leurs usages, leur domaine spatial, leur mode, leur statut juridique. On peut aussi les caractériser par leur forme : réseaux maillés, polaires ou en étoile, en arbre. La représentation des réseaux sous forme d'un graphe, à l'aide de points (pôles, nœuds ou sommets) et d'arcs (ou arêtes), permet d'en analyser différentes propriétés (topologie) : indices de complexité et de connexité, indicateurs locaux de position permettent de mesurer le degré de centralité ou d'accessibilité, par exemple.

Les réseaux créent des contraintes spatiales et sont producteurs d'anisotropie. Les angles morts, du fait de leur enclavement, deviennent propices à l'établissement de sites protégés et patrimoniaux (parcs naturels, réserves), territoires, parfois, de l'immobile et de l'immuable.
Il n'est pas possible de traiter des réseaux de transport ou de communication indépendamment des sociétés qui les font naître : il faut y lire des systèmes de valeurs producteurs d'un espace et de ses représentations (exemple de l'organisation centralisée du chemin de fer français à ses origines, la fameuse "étoile de Legrand"). Si les réseaux peuvent donner naissance à de nouvelles stratégies spatiales, ils amplifient aussi les tendances existantes. Tout à la fois produit et support de l'activité sociale, ils accélèrent aussi bien le déclin que la croissance d'une région. L'organisation spatiale des réseaux est donc productrice de discontinuités.
Certains réseaux physiques contemporains, aux mailles de plus en plus vastes, aux nœuds de plus en plus rares (voir le réseau TGV), concentrent leurs avantages sur quelques lieux privilégiés où ont tendance à s'agglomérer les hommes, les activités, les richesses, réalisant ainsi d'importantes économies d'échelle. Ils contribuent aux phénomènes contemporains de métropolisation, laissant de côté des territoires victimes de l'effet - tunnel.

Voir en rubrique "savoir faire" du dossier Mobilités, flux et transports


Réseaux transeuropéens (RTE)


L'Acte unique européen (1986) a rendu le bon fonctionnement du marché unique indissociable de l'objectif de cohésion économique et sociale. La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux doit être favorisée. Dès lors, l'interconnexion et l'interopérabilité des réseaux nationaux d'infrastructures apparaissent comme des facteurs clés pour l'aménagement cohérent du territoire communautaire. Le titre XV du traité d'Amsterdam constitue la base juridique des réseaux transeuropéens (RTE).

Les réseaux transeuropéens sont présents dans trois secteurs d'activités :
- Les RTE-Transport (RTE-T) - On constate que les transports constituent encore souvent des goulets d'étranglement qui coûteraient, selon la Commission, 0,5 point de croissance par an. En effet, les pays de transit comme l'Autriche, l'Allemagne, le Benelux et la France sont asphyxiés par les transports routiers alors que le fret ferroviaire ne cesse de perdre du terrain. En 1994, lors du sommet d'Essen (Allemagne), l'UE a dévoilé le premier programme du Réseau Transeuropéen de Transports (RTE-T. ). Il concernait principalement le fret ferroviaire, alors en grande difficulté. Une deuxième mouture du projet avait suivi en 2003 et, de retouches en amendements, une trentaine de projets RTE-T ont été établis qui concernent à la fois le transport routier et combiné, les voies navigables et les ports maritimes ainsi que le réseau européen des trains à grande vitesse. Les systèmes intelligents de gestion des transports font également partie de cette catégorie, tel que le projet Galileo de positionnement géographique par satellites.
- Les RTE-Énergie (RTE-E) - Ils concernent les secteurs de l'électricité et du gaz naturel. La mise en place d'un marché unique de l'énergie et la sécurité des approvisionnements constituent ses objectifs ce qui suppose d'harmoniser les fonctionnements des entreprises de ces filières. Les actions concernant les RTE-E visent aussi à promouvoir des énergies renouvelables et à renforcer la flexibilité du système et la possibilité d’une fourniture économique d’énergie dans les régions éloignées.
- Les RTE-Télécommunications (eTen) - Il s'agit d'assurer en priorité le développement des réseaux à large bande appelés également "autoroutes de l'information".
L'élargissement aux Pays d'Europe centrale et orientale a encore renforcé l'importance des RTE par leur extension orientale. Au-delà, leur connexion efficace aux réseaux des pays tiers situés plus à l'Est (Russie et pays de la CEI) ou plus au Sud (pays du Bassin méditerranéen) doit représenter un facteur d'équilibre, de sécurité et de développement économique.

Pour la période 2007-2013, l'allocation totale du budget consacré aux RTE est de 5,11 milliards d'euros, à laquelle s'ajoutent les contributions des autres instruments financiers de l'UE, de la Banque européenne d'investissement (BEI) et du Fonds européen d'investissement (FEI). Les RTE-T constituent le secteur le plus important et absorbent, à eux seuls plus de 80 % du budget communautaire consacré aux RTE.


Mise à jour : octobre 2014