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Révolution verte

Publié le 04/03/2022

La révolution verte asiatique se caractérise par un ensemble d’innovations agricoles mises au point dans les années 1960 par des chercheurs indiens et étrangers :

  • de nouvelles variétés de céréales (riz, blé) à hauts rendements (VHR). Les semences mises au point par des instituts internationaux de recherche publique au Mexique pour le blé et aux Philippines pour le riz, ont été livrées gratuitement mais elles doivent être renouvelées périodiquement
  • des aménagements hydrauliques pour développer l’irrigation
  • des engrais chimiques et traitements antiparasitaires.

En Inde, cette combinaison a été appliquée à partir de 1965-66, suite à une grave crise agricole qui a mis en péril l'indépendance alimentaire du pays. La mécanisation n'a pas été introduite afin de ne pas accentuer le sous-emploi rural.

En Inde, les premières régions à adopter la révolution verte sont les régions déjà irriguées par canaux sous les Britanniques (Nord-Ouest, deltas du Sud-Est) et dans les premiers temps de l'Indépendance. La révolution verte a permis, dans un premier temps, un enrichissement de ces régions, en particulier de la « Green Revolution belt » (Penjab, Haryana et ouest de l’Uttar Pradesh) et des exploitants moyens et aisés en état d'investir. La diffusion aux autres régions et aux autres exploitants ne s’est pas faite spontanément, mais a dû être encouragée par les pouvoirs publics dans les années 1970.

La révolution verte a eu des effets économiques spectaculaires en permettant la progression et la régularisation des rendements (ceux du blé ont triplé et ceux du riz doublé). La production de grains a été multipliée par 4 en 50 ans quand la population a triplé. Sur le plan social, la révolution verte a rendu les riches beaucoup plus riches, et les pauvres un peu moins pauvres. On peut dire que la révolution verte a permis d’en éviter une rouge ; les luttes agraires ont lieu là où la révolution verte a été moins marquée, dans le « corridor rouge » du Népal au Tamil Nadu. Les différences régionales demeurent marquées entre l’Inde du Sud, le Punjab et le Bengale d'un côté, et une bande Nord-Ouest/Sud-Est du Rajasthan à l’Odisha où la modernisation agricole est moindre, en lien avec la résistance de structures sociales très inégalitaires. Le bilan environnemental est inquiétant quand on considère la baisse des nappes phréatiques, aggravée en Inde par la gratuité de l'eau, l'électricité subventionnée et l'importance de la culture de riz grosse consommatrice d’eau et la pollution des sols et des eaux par les intrants chimiques subventionnés.

À partir des années 1990, les rendements stagnent alors que la demande alimentaire ne cesse d'augmenter. Certains parlent de la nécessité d'une « deuxième révolution verte » (ou « révolution doublement verte ») qui dépasserait les blocages de la première, par de nouvelles technologies (OGM) et par la diversification des productions. Lancée en 1994, cette seconde révolution tente de concilier l’augmentation des rendements et, malgré les OGM, la protection de l’environnement, tout en essayant de s’adapter aux conditions locales, notamment en développant les zones à faible potentialité agricole. Pratiquée avec un certain succès en Inde, et malgré de nombreux échecs en Afrique, elle privilégie le développement sur le long terme par rapport à l’augmentation spectaculaire de la production de la révolution verte. Elle s’inscrit dans le cadre du développement durable. En revanche l’expression de nouvelle révolution verte, employée notamment pour l’Afrique, est à utiliser avec plus de précaution : elle peut désigner aussi bien une agriculture durable marquée par la diminution des pesticides que, dans le discours d’un certain nombre de multinationales, le développement de l’agrobusiness, des intrants chimiques et des OGM.

(MCD) 2015.


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