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Santé / Santé publique

Publié le 15/02/2013

La santé est définie par la constitution de l'OMS comme un "état de complet bien-être physique, mental et social ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité". Ce concept de santé positive (à la différence de celui de santé négative, le "silence des organes" du Dr Leriche en 1936) fait appel à la perception que l'individu a de sa santé, qui varie selon les personnes, les époques, les civilisations, les environnements. Il comporte un aspect fonctionnel dans la mesure où l'état de santé conditionne les activités physiques, mentales et sociales qu'un individu peut accomplir. Il a profondément "démédicalisé" la perception de la santé qui est devenue un besoin fondamental de l'Homme.
Le concept de santé publique a beaucoup évolué ces dernières décennies. Il correspond, pour une communauté donnée, aux "efforts systématiques faits pour identifier les besoins de santé et pour organiser l'ensemble des services" (OMS, 1992). Le champ de la santé publique qui, traditionnellement, recouvrait essentiellement l'hygiène et la lutte contre les maladies transmissibles, s'est considérablement élargi. Selon l'OMS, il concerne : la prévention, la surveillance et le contrôle des maladies transmissibles et non transmissibles, la surveillance de l'état sanitaire de la population, la promotion de la santé, la santé au travail, la protection de l'environnement, la planification et la gestion de la politique sanitaire (législation, réglementation, etc.), les services de santé auprès des groupes vulnérables et à risque.


Santé en Chine | Santé en Afrique subsaharienne
 

Santé en Chine


La population chinoise est victime de graves dysfonctionnements constatés en matière de santé (protection, veille sanitaire). La couverture médicale dans les campagnes s'est profondément dégradée (en 1998, seule 9% de la population aurait accès au soin). Les dépenses de santé n'ont cru que de 8% de 1990 à 2000.
Les défaillances des systèmes statistiques et de l'information peuvent aggraver les effets du délabrement des systèmes de santé publique dans les lieux et pour les populations, laissés pour compte du développement.
On peut ainsi évoquer la conspiration du silence qui a accompagné le scandale de la dissémination du sida dans la province du Henan. Au début des années 1990 les autorités sanitaires de la province donnèrent leur aval à un système rémunéré de collectes de plasma, intensif et rémunéré, chez les paysans les plus pauvres de cette zone rurale d'environ 90 millions d'habitants. Quatre sociétés de plasmaphérèse, liées à l'armée chinoise et au ministère de la santé, ont pu prélever le sang de milliers d'individus, dans des conditions d'hygiène déplorables, ce qui a eu pour effet de diffuser très rapidement le HIV, virus du sida mais aussi ceux des hépatites B et C. L'absence d'information et de campagne de dépistage, la négation de ce drame, ont aggravé la contamination au sein de toute la population. Le mode de diffusion du SRAS est un autre exemple des négligences des autorités, une dépêche de l'AFP datée du 23 avril 2003 en témoigne dans ces termes :

"Déjà ravagés par le sida, des villages de Chine vont devoir affronter le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Nombre de villages reculés de la Chine rurale déjà ravagés par le sida, se préparent maintenant à affronter le SRAS, qui, couplé avec le sida, pourrait anéantir des pans entiers de la population, selon des autorités sanitaires locales et internationales. Plus d'un million de personnes sont considérées séropositives dans la seule province du Henan, dans le centre de la Chine, selon des organisations non-gouvernementales. Mais, si le Henan est la province la plus touchée, 22 autres comptent également ce que l'on appelle des "villages du sida", notamment la province du Shanxi (nord) (...) Ces provinces rurales très pauvres de la Chine comptent toutes des dizaines de villages dévastés par le sida. Depuis des années, les villageois vendent leur sang à des établissements gouvernementaux dans des conditions sanitaires précaires et se sont aperçus à la fin des années 90, que le sida les avaient frappés de plein fouet. (...) Craignant le SRAS, des travailleurs migrants venus de ces villages du Henan et d'autres provinces commencent en effet à quitter les villes où ils travaillent pour regagner leur contrée d'origine, véhiculant peut-être le virus de la pneumonie atypique, et personne ne les soumet à un contrôle sanitaire lorsqu'ils quittent les villes. Dans le village de Wenlou, qui compte 3 000 habitants, 500 à 600 d'entre eux partent travailler quelques mois par an comme ouvriers ou employés de restauration dans les grandes villes infectées par le virus du SRAS telles que Pékin, Canton, et celles de la province du Shanxi. Déjà, une douzaine de ces travailleurs migrants sont revenus de ces villes fortement touchées par le SRAS, raconte Cheng Yanzhang, un agriculteur. (...) Faute d'informations, les responsables de cette région n'ont pris que tardivement des mesures pour protéger la population."

Les problèmes environnementaux sont également à l'origine de graves problèmes de santé publique. Ainsi, les cas de cancer seraient en rapide augmentation dans les régions industrielles les plus polluées.

Pour en savoir plus :
- à partir du site de l'OMS : www.who.int/country/chn/fr
- Pierre Haski, Bertrand Meunier - Le sang de la Chine, quand le silence tue - Grasset, 2005
- Deng Fei, "Chine : un inventaire des “villages du cancer”. Pollution industrielle rime avec tumeurs", Le Courrier international, 4 juin 2009
www.courrierinternational.com/article/2009/06/04/chine-un-inventaire-des-villages-du-cancer
La carte réalisée par le journaliste : www.courrierinternational.com/files/illustrations/cartes/970ChineCancers.pdf

Mise à jour : janvier 2010

 

Santé en Afrique subsaharienne


La situation sanitaire de certaines populations des pays d'Afrique subsaharienne est alarmante. Elle est aggravée dans les zones de conflit et justifie certaines interventions humanitaires d'urgence. Les risques de diffusion non contrôlée de certains virus y sont réels : fièvres hémorragiques de Lassa et de Marburg, virus du SRAS (pneumonie atypique), virus Ebola, etc. Et bien entendu, l'épidémie à HIV/sida paraît hors de contrôle dans certains pays.
Ces situations mobilisent la communauté internationale, à travers l'OMS en particulier.

Pour prolonger :
Voir l'article de Jeanne-Marie Amat-Roze : L’infection à VIH/sida, image de la fracture Nord-Sud ? (dossier "Risques et sociétés")
La situation sanitaire des pays d'Afrique subsaharienne sur le site de l'OMS : www.who.int/countries/fr

 

Sur le même thème, voir le glossaire Géographie de la santé : espaces et sociétés