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Shrinking city

Publié le 25/10/2013

Le terme de "shrinking city", traduit par ville rétrécissante, désigne un phénomène de rétrécissement urbain qui touche les villes sur trois plans : démographique, par la perte de population ; économique, par la perte d'activités, de fonctions, de revenus et d'emplois ; et social, par le développement de la pauvreté urbaine, du chômage et de l'insécurité. Les shrinking cities sont d'abord associées au "déclin urbain" ou encore à la "décroissance urbaine" des villes industrielles états-uniennes et allemandes (schrumpfende Städte) dans les années 1970-1980 et touchent désormais un certain nombre de grandes villes du monde, d'abord européennes et, depuis les années 1990, des pays émergents.
Ainsi, par exemple les shrinking cities de la Rust Belt sont marquées depuis les années 1970 par la perte d'activités, de revenus et d'emplois, ainsi que par le déclin démographique, tant au profit des suburbs que des villes de la Sun Belt. Baltimore, Cincinnati et Philadelphie ont ainsi perdu plus de 20 % de leur population entre 1970 et 2000 ; Détroit, Cleveland, Pittsburgh et Buffalo plus de 30 % et St Louis 44 %. Dans ces villes, le tissu urbain hérité est aujourd'hui surdimensionné par rapport au nombre d'habitants, et beaucoup de logements sont vides (les vacants en anglais)
Le phénomène de rétrécissement se concentre sur certains quartiers des villes en déclin : on parle de "shrinking neighborhoods" aux Etats-Unis. Il s'agit alors souvent des ghettos noirs des villes du Nord-Est.

Les shrinking cities sont souvent liées à la périurbanisation, qui engendre conflits et crises financières dans les villes centres. Mais l’étalement urbain ne traduit pas nécessairement une perte de richesse et permet une approche des shrinking cities moins catastrophiste que celle du « déclin urbain ».
À l’échelle globale, les shrinking cities peuvent être analysées comme une manifestation spatiale de la mondialisation pour les villes n'arrivant pas à trouver leur place dans l'internationalisation de la compétitivité économique et peinant à se connecter aux réseaux globaux. Une autre interprétation s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle certaines sociétés comme la société allemande, voire européenne connaissent un « tournant démographique » dont les répercussions se lisent sur le plan spatial.

Pour compléter

- Daniel Florentin, Notion à la une : shrinking city, 2016
Le réseau de recherche internationale sur les shrinking cities
- Cartographie du déclin urbain sur The Guardian
- Sylvie Fol, « "Déclin urbain" et shrinking cities : une évaluation critique des approches de la décroissance urbaine », Annales de géographie, 2010/4 (n°674)
- Florence Nussbaum, « Quartiers fantômes et propriétaires invisibles. Les propriétés abandonnées, symptômes de la crise des villes américaines », Géoconfluences, 2015.
- David Giband, « La fin des ghettos noirs ?  Politiques de peuplement et recompositions socio-ethniques des métropoles américaines », Géoconfluences, 2015.
- Stéphanie Baffico, « De "Charm City" à "Farm City" : la reconquête des espaces en déshérence  par l’agriculture urbaine à Baltimore », Géoconfluences, 2016.
- Baltimore, une shrinking city qui s'étale, veille de Géoconfluences, 26 septembre 2016.
- le numéro spécial « " Villes rétrécissantes" en Allemagne », Géocarrefour, 2011, vol. 86/2
- Manuel Wolff, Sylvie Fol, Hélène Roth et Emmanuèle Cunningham-Sabot, « Shrinking Cities, villes en décroissance : une mesure du phénomène en France », Cybergeo,  mis en ligne le 14 décembre 2013.

Mise à jour : novembre 2016

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