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Rennes inaugure une ligne de métro, un sujet d’urbanisme

Publié le 21/09/2022
L’ouverture d’une deuxième ligne de métro à Rennes est l’occasion de revenir sur la notion de « ville archipel » qui pose les grandes questions de l’aménagement urbain contemporain : peut-on à la fois empêcher l’étalement, remplacer la voiture par les mobilités douces, préserver les terres agricoles, et limiter la hausse des prix du foncier ?

Dans un épisode de l’émission Enjeux territoriaux sur France Culture, Jean-Yves Chapuis contextualise l’ouverture de la ligne B du métro rennais, depuis le 20 septembre 2022 qui fait de Rennes la plus petite ville du monde à avoir deux lignes de métro. Jean-Yves Chapuis est urbaniste, ancien vice-président de Rennes Métropole et auteur de Rennes, la ville archipel (éd. de l’Aube, 2013).

Un cas d’urbanisme

Rennes a connu une croissance démographique très forte et cette croissance devrait rester soutenue dans les décennies à venir. Comment absorber cette croissance démographique sans détruire les très riches terres agricoles qui entourent la ville ? La réponse a été depuis longtemps de sanctuariser cette ceinture verte.

La ville archipel désigne un choix de planification urbaine exceptionnel : alors que la quasi-totalité des agglomérations a connu, en France comme ailleurs, un étalement urbain fort et continu depuis la Seconde Guerre mondiale, les autorités municipales rennaises ont choisi de conserver la ceinture agricole de la ville, laquelle ne s’étend pas au-delà de sa rocade. La croissance s’est faite plus loin, par densification villageoise des gros bourgs ruraux devenus des petites villes. C’est cet organisme urbain particulier, composé d’une agglomération dense reliée à de gros centres secondaires entourés de terres agricoles, qui est désigné par le concept de « ville-archipel ». Comme d’autres concepts d’urbanisme, celui de ville archipel est à la fois un prospectif, puisqu’il désignait un futur possible ou souhaitable pour la ville, et performatif, puisque le projet est une réalité aujourd’hui.

La nécessité d’une deuxième ligne de métro découle de l’impératif de transition écologique, les mobilités douces et les transports collectifs devant remplacer les véhicules individuels à moteur thermique. Toutefois, la ligne de métro ne dépasse pas la limite de la rocade, ce qui pose la question de la capacité des habitants de l’ « archipel » à rejoindre le centre de l’agglomération. La réponse de l’urbaniste est l’intégration des deux lignes de métro à un réseau de tram et de bus destinés à permettre une desserte à la fois plus fine et plus vaste. Le site de la métropole indique aussi l’existence de parcs-relais.

(JBB), septembre 2022.


Pour compléter

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