Budget de l'Union européenne
Le budget de l'Union européenne (UE) est destiné à répondre aux besoins des citoyens européens. Les citoyens européens ne contribuent pas directement au budget de l'UE qui ne fonctionne pas comme un mécanisme de redistribution. L’Union ne prélève elle-même directement aucun impôt, car elle n’est pas dotée des services administratifs nécessaires.
Dans le cadre de son budget général, elle dispose de trois types de ressources propres que les États membres mettent automatiquement à sa disposition, sans pouvoir s’y opposer, et dont le plafond est maintenu à 1,24 % du montant total du revenu national brut (RNB) des États membres de l'Union. Il s’agit :
- des droits de douane perçus sur les importations en provenance de pays tiers, en application du tarif douanier commun en vigueur aux frontières extérieures de l’Union. Les accords internationaux de réduction ou de suppression des droits de douane ont entraîné la diminution de cette ressource qui ne représentait plus que 11,6 % de la totalité des ressources propres en 2010, 14 % en 2025 ;
- de la « ressource TVA » qui est une contribution des États membres correspondant au montant d’une TVA perçue sur une assiette harmonisée entre les pays de l’UE de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qu’ils perçoivent. Le taux d'appel maximal de la TVA est de 0,30 %. L'assiette maximale de la TVA à prendre en compte pour le calcul du taux d'appel est fixée à 50 % du RNB de chaque État membre (« écrêtement de la ressource TVA »). La « ressource TVA » a cessé d’être la principale ressource des Communautés, elle représente 16 % de la totalité des ressources propres en 2025.
- d’une ressource complémentaire d’équilibre dite « ressource RNB », qui est un prélèvement, sur le revenu national brut (RNB) de chaque État membre, d’un pourcentage fixé annuellement par le budget de l’Union. Cette ressource est complémentaire, c’est-à-dire qu’elle n’est perçue que si les autres ressources propres sont insuffisantes pour couvrir les dépenses. Cette ressource a fini par devenir la principale du budget dont elle représente les deux tiers (64 % en 2025) de la totalité des ressources propres.
- d’autres ressources (amendes, contributions des pays tiers à certains programmes européens) sont marginales et, hors budget, des contributions nationales financent d’autres types de dépenses (ex : Fonds européen de développement, certaines dépenses des 2e et 3e piliers de politique étrangère, de sécurité commune et de coopération policière et judiciaire pénale).
Un accord « interinstitutionnel » entre la Commission, le Conseil et le Parlement européen prévoit un instrument de planification financière à long terme, appelé le « cadre financier pluriannuel », obligatoire depuis le traité de Lisbonne, pour une période d'au moins cinq ans. Il définit des montants maximaux (« plafonds ») pour chaque grande catégorie de dépenses (« rubriques »), pour une période clairement délimitée. Le cadre actuellement en vigueur (en 2025) concerne la période 2021-2027.
Les coûts liés à l’administration de l’ensemble des institutions de l’UE s’élèvent au total à seulement 6,2 % du budget. Le budget ne doit pas être en déficit. Notons que le budget de l’UE n’est en rien comparable à celui d’un État fédéral : aux États-Unis, la part du budget central, estimée par référence au produit national brut (PNB), est plus de dix fois supérieure à celle de l’UE.
Les principales enveloppes de dépenses, sur le budget de 192,8 milliards d'euros en 2025, étaient ainsi ventilées :
- « Politique de cohésion, résilience et valeurs » : 78 milliards d'euros (40 %) en 2025. C’est le plus gros poste de dépenses de l’UE. La politique de cohésion est le principal poste de dépenses.
- « Ressources naturelles (dont agriculture) et environnement » : 56,7 milliards d'euros en 2025 soit 29 % du total. Ce poste, qui représentait 58,1 milliards d'euros soit 47,3 % en 2010, est globalement en baisse. La Politique agricole commune (PAC) constitue toujours un des principaux postes de dépense ;
- « Voisinage et monde » qui finance la coopération et l’aide au développement : 16,3 milliards d'euros en 2025 (8,4 %).
- « Administration publique européenne : 12 milliards d'euros en 2025 (6 %) dont la rémunération des quelque 32 000 fonctionnaires européens.
- « Migration et gestion des frontières » : 4,8 milliards d’euros en 2025 (2,5%). Ce poste a considérablement augmenté depuis la crise de l’accueil migratoire de 2015.
- « Sécurité et défense » ne représentent que 2,6 milliards d’euros en 2025 (1,3 %). Toutefois, ce poste devrait connaître une nette augmentation dans les années futures du fait de la guerre en Ukraine, de la menace russe, et du désengagement des États-Unis.
La contribution des États a évolué avec les différentes vagues d'élargissement de l'Union.
En 2010, les cinq principaux contributeurs de l’UE étaient l’Allemagne (19,5 %), la France (16,7 %), l’Italie (13,8 %), le Royaume-Uni (12,3 %) et l’Espagne (9 %). Pour la période 2021-2027, après le départ du Royaume-Uni, c’est la Pologne qui est devenue le cinquième contributeur au budget européen derrière l’Espagne.
(ST), 2005. Dernière mise à jour (SB et CB), janvier 2026.
Pour compléter avec Géoconfluences
- Sébastien Bourdin, « La Politique de cohésion pour 2021-2027 : vers une plus grande territorialisation ? », Géoconfluences, octobre 2020.
- Sébastien Bourdin, « Les défis de la future politique régionale européenne 2014-2020 : on prend les mêmes et on recommence ? », Géoconfluences, 2014.
- Sylviane Tabarly, « Archive. La politique de cohésion de l'UE (2007-2013) : nouvelles mesures et nouveaux défis après les derniers élargissements », Géoconfluences, mars 2007.







