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De villes en métropoles

Nantes à la croisée des chemins

Publié le 20/05/2008
Auteur(s) : Jacques Fache, Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN)

1. Des chantiers à l'île de Nantes : la fabrication d'une nouvelle centralité

2. La marche forcée vers l'économie de la connaissance

3. L'affirmation d'une métropole, la fin d'une région christallérienne ?

Le contexte nantais (Cabanne, 1990) fait de la reconversion un enjeu stratégique pour la ville. En effet, perdant son moteur pluriséculaire avec la construction navale, la ville doit à la fois retrouver un nouveau souffle économique et redéfinir son centre, tant du point de vue de l'urbanisme que de l'activité et du milieu social. Elle doit aussi redéfinir son rôle, affirmé par la politique de régionalisation des années 1960, mais qui reste à concrétiser. Les choix politiques de développement et de communication sont donc essentiels, ceci d'autant plus qu'ils engagent la ville sur un nouveau chemin.

Depuis vingt ans, la ville a opté pour des orientations innovantes, au sens le plus large du terme, que nous nous proposons de visiter selon trois angles de vue.

- Le premier concerne l'action sur le centre. Point remarquable de l'espace urbain, économiquement, mais aussi d'un point de vue identitaire, il contribue fortement au rayonnement et à l'attractivité d'une ville. Le transformer est donc un indicateur quant aux stratégies et aux orientations sur le long terme. Quelles formes cette action a-t-elle prise à Nantes ?

- Le second touche à l'économie de la connaissance ou du savoir. L'enjeu du développement de ces activités n'est pas seulement le remplacement d'activités disparues et la reconversion de friches. C'est aussi de prendre un virage qualitatif fondamental et de se positionner dans un système international mû par l'innovation, et par la métropolisation (Fache et Gobin, 2007). Nantes a-t-elle sa place dans un monde de métropoles et d'économie intellectualisée ?

- Enfin, le dernier concerne la place de Nantes dans le dispositif régional. En effet, mettre en place des stratégies de développement entraine nécessairement une recomposition à une échelle bien plus étendue que celle de l'agglomération. Comment est-elle gérée ? Comment concilier les logiques de métropolisation et de concurrence d'une part, et celles des nécessaires relations régionales ?

Mutations de l'espace central nantais : vers une métropole européenne ?

(cliquer sur la miniature pour agrandir)

Des chantiers à l'île de Nantes : la fabrication d'une nouvelle centralité

Reconvertir la ville passe par le centre. Cette vérité est d'autant plus évidente à Nantes que les anciens chantiers et les usines LU se situaient juste en face du centre historique, de l'autre côté du fleuve. L'action sur un espace central est donc à la fois incontournable, à haut risque, mais aussi soutenue par la multiplication des potentialités et opportunités. Se replaçant dans une dynamique à plus long terme impulsée par la politique des métropoles d'équilibre, la question du centre a pris toute sa dimension à la fin des années 1980, avec la fermeture des sites historiques (Devisme, 2007).

L'innovation culturelle : rupture et continuité

Les espaces industriels centraux à reconvertir ont d'abord été traités selon une approche culturelle et identitaire. Que ce soit pour les usines LU ou pour le projet "Île de Nantes", la question reste la même : comment passer d'espaces très fortement marqués identitairement et socialement par l'industrie, à une autre logique socioéconomique en évitant une rupture culturelle souvent désastreuse ? (Daviet, 2005) Au-delà du travail de "deuil" (Devisme, 2007), le choix a été fait de valoriser l'existant tout en faisant émerger des composantes nouvelles.

La dimension culturelle, patrimoniale et identitaire de l'action dans le centre ne se manifeste pas par des réalisations grandioses et monumentales, mais par une multiplication de signaux cohérents. Certains espaces représentent des points de repères désormais intégrés à la ville. Ainsi en est-il du Lieu Unique. À l'origine, le bâtiment correspond à l'usine LU, abandonnée dans les années 1980 au profit d'une unité de production périurbaine à la Haie-Fouassière. Le choix a été fait de reconvertir le site en lieu culturel, dit "Lieu Unique" (photo ci-contre), consacré à des spectacles, des expositions, des manifestations culturelles variées, mais avec une partie "restauration-bar" et une autre "librairie" qui en font un lieu de vie quotidien, intégré à la vie du quartier d'affaires voisin. L'une des tours de l'usine a été restaurée (photo ci-contre), et le nom préservé, permettant de conserver un jalon architectural, paysager et affectif. Certaines manifestations dépassent en termes de communication le cadre régional, le tout facilité par la présence du TGV dont le point d'arrivée se situe à quelques minutes à pied du Lieu Unique. Ce choix réalise un tour de force en opérant une réaffectation radicale de l'usage du sol, tout en ménageant l'attachement à cet élément de la culture économique et industrielle du lieu. Dans le projet "Île de Nantes", ce type d'action s'est multiplié : les nefs Dubigeon sont désormais consacrées à l'éléphant [2] et à La Fabrique (photos ci-dessous à gauche) ; certains bâtiments du site Alstom accueillent l'École des Beaux Arts.

Le Lieu Unique

Mais le lien avec le passé, l'entretien de la mémoire, passent aussi par une multiplicité d'éléments symboliques, intégrés au paysage. C'est la grue Titan, conservée et placée à la pointe aval de l'Île de Nantes ; ce sont les hangars du quai des Antilles, reconvertis en bars, restaurants, formant un nouveau secteur animé en soirée (photo ci-dessous à droite) ; ce sont simplement les rails conservés dans le réaménagement piétonnier et paysager des quais (photo) … Ce sont aussi des œuvres telle celle de Buren dont les anneaux, disposés le long du quai des Antilles, sont censés rappeler l'époque de la traite négrière (photo). L'événement est loin d'être anodin dans une ville à l'intérieur de laquelle, quelques années plus tôt, une exposition sur la traite des esclaves avait eu toutes les peines du monde à se construire.

Les nefs Dubigeon reconverties

Clichés : Jacques Fache

Le nouveau quai des Antilles

Le renouvellement des fonctions centrales


Mais le culturel, aussi important soit-il, ne fait pas tout dans une centralité. L'économique tient toute sa place, et permet d'injecter certaines fonctions dans l'île et les anciens sites industriels. L'ambition est d'ailleurs clairement affichée par Nantes métropole et la Société d'aménagement de la métropole Ouest-Atlantique (SAMOA) [3] : "doter Nantes d'un centre urbain de dimension internationale au sein de la métropole Nantes-Saint-Nazaire" [4].

Ce renouvellement passe, en premier lieu, par l'injection de fonctions intellectuelles supérieures et de commandement. Dans la lignée de la Cité des Congrès et de la ZAC Madeleine-Champ de Mars, accueillant le Centre de congrès de Nantes, site de manifestations comme la Folle Journée (un festival de musique classique organisé début février) ou encore des fonctions bancaires, l'Île reçoit des fonctions d'enseignement supérieur (École d'Architecture, École des Beaux-arts, une partie de l'université) et des laboratoires. Les bâtiments de la communauté urbains Nantes Métropole ne se situent pas sur l'Île, mais dans l'espace intermédiaire entre la cité médiévale et l'Île, marquant la volonté implicite d'un glissement géographique du centre.

Les fonctions administratives suivent. Le nouveau Palais de Justice a ainsi été replacé sur l'Île. Il a donné lieu à la réalisation d'un bâtiment original, dessiné par Jean Nouvel, avec une architecture qui tranche radicalement avec la trame bâtie environnante.

Mais l'un des éléments forts est la tentative de développement de fonctions économiques motrices destinées à faire de la ville une métropole dépassant le niveau d'une capitale de région à travers deux projets emblématiques : Euronantes et la cité des Biotechnologies.

Euronantes représente le pôle tertiaire qui doit, selon le député-maire Jean-Marc Ayrault, faire de la ville une métropole internationale. Euronantes est en cours de réalisation, entre l'ancien Tripode (bâtiment du ministère des Affaires étrangères, aujourd'hui détruit), et le quartier de la gare, constituant 200 000 des 300 000 m² de bureaux projetés dans l'Île. Le secteur du Tripode est essentiellement constitué de bureaux. Il mise sur la proximité de la gare TGV et sur la connexion au centre par le "busway", transport en commun en site propre (TCSP) à fréquence plus élevée que les lignes classiques. Mais ce quartier ne sera pas seulement un site de bureaux. L'implantation de commerces et de logements doit éviter de produire un effet de CBD, avec un trop plein d'activités le jour, et un désert la nuit.

Euronantes : le projet dans la ville-centre

70 000 m² multifonctionnels sont programmés. Cette opération de recomposition urbaine a été confiée par Nantes Métropole à la SAMOA, société d'économie mixte - www.samoa-nantes.fr
Source : www.nantes-developpement.com

La maison des Biotechnologies


Au premier plan, le bâtiment d'accueil des start-up dans une ancienne structure industrielle.    À l'arrière-plan, le nouveau palais de justice de Jean Nouvel.

La maison des Biotechnologies constitue un autre versant du développement économique en misant sur les activités de haute technologie. Développant une stratégie axée sur les biotechnologies depuis quelques années, Nantes aménage des zones d'activités nouvelles en anticipant la croissance du nombre d'entreprises. Ainsi, le CHU, situé en plein centre-ville, constitue le moteur du secteur de la santé avec ses équipes de l'Inserm, mais il manque cruellement de place pour permettre à la fois l'éclosion de start-up dans le secteur et l'implantation de nouvelles entreprises. Les sites à reconvertir se situant juste en face de l'hôpital, avec la seule Loire à traverser, ont constitué une opportunité saisie à travers la maison des Biotechnologies, ouverte dans une ancienne halle Alstom (photo ci-dessus à droite).

Ces projets font de Nantes un chantier gigantesque. Le plan guide de d'Alexandre Chemetoff [5] n'en couvre qu'une partie, le reste se situant dans une ZAC et dans le GPV Malakoff-Pré-Gauchet [6]. Une telle dimension pose la question de la cohérence qui a été traitée par la souplesse des aménagements. Ceux-ci n'ont pas été gravés dans le marbre dès le départ, ils ont été conçus après coup, en respectant les principes initiaux (Masbougi, 2003). Mais au-delà de cette souplesse se profile une autre question concernant la cohérence du tout. En effet, la démultiplication de fonctions différentes, imbriquées, mais en même temps éparpillées sur un vaste espace (337 ha pour la seule Île de Nantes) donne au moins autant l'impression d'une juxtaposition de multiples microcosmes que d'un ensemble doté d'une unité. Question de temps ? Peut-être. Question de hasard ? Sûrement, car il est bien périlleux de prévoir ce que vont donner toutes ces greffes emmêlées qui se territorialisent.

L'effort de la communauté urbaine de Nantes sur l'espace central est considérable et dépasse à l'évidence le seul cadre de la reconversion de friches industrielles. Adossée à une solide communication, la ville est attractive (croissance de la population parmi les plus fortes en France (10% entre 1990 et 1999, de 6 à 8% attendus entre 1999 et 2010), implantation de projets d'entreprises comme Technocampus (alliance scientifique entre EADS, Airbus et Cetim pour les composites…), même s'il ne faut pas aller jusqu'à parler d'Eden de l'Ouest (Garat et al., 2005). L'innovation est le maître mot de cette reconversion. Elle concerne assez peu la technologie au sens classique mais plutôt l'innovation culturelle (Galdin, 2007). Il est évident que la ville cherche à séduire et, même si l'idée n'est pas avancée, l'évolution d'ensemble ressemble à s'y méprendre à ce qui pourrait se produire dans le cadre d'une politique tentant de séduire la "creative class" de Richard Florida (Fache et Gobin, 2007).

En pop-up : La région apprenante. Les Systèmes régionaux d'innovation (SRI)

Mots clefs : Richard Florida, région apprenante (learning region), creative class, économie de la connaissance, Système régional d'innovation (SRI), proximité, culture créative, mise en réseau

Comme dans le cas de Sarrebruck, la politique du centre-ville est forte mais avec de notables différences concernant le plan d'ensemble, affirmé et souple à la fois pour Nantes. Le dynamisme incontestable de la ville permet de monter des projets offensifs et non des plans défensifs. Ce rapprochement des deux permet de mesurer combien la gestion de la croissance est toujours fort différente de la gestion d'un déclin.

La marche forcée vers l'économie de la connaissance

La stratégie de réaménagement du centre et de l'Île de Nantes peut constituer un moteur en termes d'image et de vitrine de la ville. Mais il est évident que, dans le cas nantais, ce centre, nouveau ou ancien, n'a pas grand-chose à voir directement avec l'économie de la connaissance et l'innovation. La métropole mène donc en parallèle une action forte tournée vers l'innovation en termes de sciences et de technologies. Cette action est classique quant aux outils utilisés : technopôle et plus récemment pôle de compétitivité (voir documents infra). La question est de savoir si une ville comme Nantes dispose du socle permettant d'espérer le succès à moyen et long terme.

Le classique technopôle : un outil indispensable, mais fragile

Nantes a lancé son technopôle en 1987, année de la fermeture des chantiers Dubigeon. Il marque la prise de conscience nantaise de l'émergence de l'économie de la connaissance en tentant de capter des activités nouvelles. La stratégie technopolitaine a été adaptée à la ville et à sa situation. Nantes part de très loin dans le domaine des hautes technologies, mais a tout de même réussi à attirer des entreprises de renom dans les années 1970 et 1980 : Alcatel CIT s'est implanté à Orvault, Matra-Harris dans la zone de la Chantrerie (Nantes), Thomson et IBM sont aussi présents, mais pour des raisons d'administration pour cette dernière car la déconcentration industrielle incitée par l'État a joué en faveur de certaines capitales de région.

Sur ce terreau Nantes a bâti un technopôle particulier puisqu'il joue sur tous les types d'innovation, dans tous les secteurs pertinents par rapport aux activités présentes (informatique, construction navale, etc.), mais aussi dans les secteurs nouveaux (biotechnologies) (Fache, 2006). Dans la forme, ce technopôle est à la fois un aménagement structurant pour la métropole d'équilibre qu'elle fut, mais aussi un projet d'urbanisme.

En termes de structure, le technopôle est directement conçu comme un ensemble multipolaire, avec pas moins de sept sites, dont l'un à Saint-Nazaire (Fache, 2005). Cette structure est à la fois une volonté politique, en particulier d'intégration d'une composante industrielle de la métropole avec son port actuel, mais aussi de prise en compte de l'éclatement de la recherche nantaise. En effet, celle-ci se situe sur trois sites principaux, auxquels il convient de rajouter ceux, différents, des entreprises de haute technologie (Fache, 2005).

D'un point de vue urbanistique, certains sites sont conçus comme de véritables quartiers de ville, intégrant recherche et entreprises, certes, mais aussi habitat et parfois fonctions qui ne sont pas en relation directe avec les sciences comme le théâtre de la Fleuriaye. Le site de la Chantrerie, dessiné par Christian de Portzamparc mais jamais réalisé, est ainsi devenu à la fois un secteur d'entreprises ainsi qu'un quartier pavillonnaire et un dispositif qui transforme le siège d'Atlanpole en parc naturel très prisé des Nantais le week-end. Le site de la Fleuryaie est encore plus remarquable puisqu'il ne juxtapose plus des fonctions d'habitat et d'activités mais les imbrique, toujours dans une logique de constitution d'un quartier. Il y rajoute des fonctions culturelles avec un théâtre dont le rayonnement couvre l'agglomération (photos ci-contre).
Ce type de projet technopolitain apparait comme un incontournable pour les villes des niveaux supérieurs de la hiérarchie urbaine (Fache et Gobin, 2007). Nantes s'est lancée dans les logiques technopolitaines avec originalité mais aussi avec des fragilités.

Atlanpole, site de la Fleuryaie

La première réside dans la masse, trop faible quantitativement et parfois qualitativement, pour jouer dans la cour des grands. Ainsi, le secteur des biotechnologies reste numériquement loin des principaux pôles biotechnologiques français, Paris et Lyon, bien entendu, mais aussi des villes plus petites comme Toulouse ou encore Strasbourg, intégrée à la Biovalley [7] (Fache, 2005 ; 2006).

La seconde résulte de la non spécialisation du technopôle qui joue sur de multiples secteurs d'activités. Le technopôle de Nantes n'est pas très important et il est de plus éclaté entre biotechnologies, électronique, mécanique et informatique. Même à l'intérieur de chaque secteur, l'éparpillement est là : Eurofins Scientific (parmi les premiers prestataires mondiaux sur le marché de la bioanalyse) "success story" à la Nantaise, n'a rien à voir avec une entreprise travaillant sur l'os artificiel ou une autre élaborant des vaccins et tests vétérinaires. Très pointues et performantes, ce sont justement ces fortes spécialisations qui fragmentent le tissu en autant de sous-groupes. Selon Nantes Développement [8], le tissu des biotechs représente 40 entreprises, relevant de "l'immuno-cancérologie, du biomanufacturing (fabrication industrielle de produits issus des biotechnologies), de la bio-authentification, et de la nutrition". Ces quatre groupes ne couvrent malgré tout pas toutes les entreprises ! Le chemin jusqu'à la constitution de clusters [9] est donc long et incertain et les cinq créations d'entreprises annuelles annoncées n'y changent pas grand-chose.

À ce stade, le différentiel avec Sarrebruck est sensible. En effet, le starterzentrum a lancé près de 200 entreprises ces dix dernières années, contre une centaine à Nantes en vingt ans. Par ailleurs, des grappes se forment, de taille sensiblement plus importante qu'à Nantes.

Le pôle de compétitivité : une vitesse supérieure

La récente politique des pôles de compétitivité (voir pop-up de l'encadré ci-dessous) pose pour Nantes la question de l'échelle de l'action publique. En effet, ces pôles représentent l'opportunité d'organiser les secteurs innovants à l'échelle d'une ou de plusieurs régions. Intégrant Atlanpole comme partenaire les pôles représentent donc potentiellement l'occasion de structurer l'ensemble d'une filière et d'un territoire. Nantes n'est pas très bien placée dans le dispositif des pôles (voir carte ci-dessous). Elle est intégrée à quatre pôles de compétitivité, mais aucun n'est classé mondial ou à vocation mondiale, même avec la révision des labellisations en juillet 2007 (CIACT du 5 juillet 2007). De fait, la métropole a articulé ses pôles sur l'existant en tentant de le valoriser.

Les pôles de compétitivité en France. Des exemples en région nantaise.


Source des documents : www.competitivite.gouv.fr

La classification très quelconque des pôles provient certainement de deux réalités. La première est la jeunesse de certains secteurs pour la région. Ainsi, les biotechnologies sont émergentes ; le pôle naval est héritier d'une tradition ancienne mais sa reconversion qualitative est elle aussi très récente ; le pôle matériaux EMC2 s'appuie sur des activités présentes depuis longtemps mais là encore tournées vers ces secteurs depuis peu. De fait, cette jeunesse traduit le virage stratégique de la métropole vers l'économie de la connaissance et pose le problème du temps. En effet, lorsqu'un territoire part de fondements si faibles, la reconversion qualitative est loin d'être acquise, quels que soient les moyens affectés. Le résultat ne peut de toute façon être jugé que sur la durée. Mais le risque est important pour des questions de cycle de vie des produits (Fache et Gobin, 2007). En effet, l'affirmation dans un secteur, si elle prend trop de temps, survient lorsque le produit est en cours de diffusion, voire de banalisation. La croissance a donc largement déjà eu lieu ailleurs, dans les territoires initiateurs et premiers producteurs de biens.

La seconde résulte en partie de la première et concerne les masses en jeu. La ville est souvent un poids léger. Ainsi, dans les biotechnologies, Nantes ne dispose d'aucune "big pharma" (sociétés majeures de l'industrie pharmaceutique) chères aux anglo-saxons et si importantes pour des biopôles comme ceux de Boston ou Munich. La plus grosse entreprise est Eurofins, comptant plus de 2 000 employés dans le monde, mais seulement quelque 250 à 300 à Nantes (Meyrieux compte 500 employés à Lyon). Le pôle nantais compte 31 entreprises, celui de Lyon en revendique plus de 400, pour 28 000 emplois. Dès lors, il devient très difficile de lutter et de s'imposer.

C'est bien là que se situe la principale difficulté de l'action publique. En effet, l'effort consenti ne doit pas et ne peut pas être considéré pour lui-même, mais doit être replacé relativement aux autres. La question n'est pas tant de savoir combien la métropole nantaise dépense pour le développement de l'économie de la connaissance que de savoir si le fossé se creuse avec la concurrence. Or, dans les biotechs, Nantes ne joue pas dans la catégorie des biopôles internationaux même si le développement d'un tissu dans ce secteur est à l'évidence essentiel pour disposer d'un socle permettant de saisir des opportunités afin se lancer dans des spécialités innovantes en tant qu'initiateur de cycles [10].

Les pôles de compétitivité représentent a priori un outil fort, puissant, adapté qui part d'un projet, mobilise les acteurs et permet d'organiser un territoire, selon des modalités variées et libres : polarisation et concentration, multipolarisation, réseaux de territoires, etc. Mais leur handicap est double : le politique ne met pas dans la corbeille des moyens à la hauteur des ambitions affichées et la redéfinition de 2007 des pôles et stratégies montre, qu'au niveau des ministères, la notion de territoire et de territorialisation est toujours méconnue, rejetant le tout à de la communication creuse et à des effets d'annonce. De fait, la volonté de rapprocher les pôles d'une même spécialité prônée par le nouveau gouvernement ne revient-elle pas à mener une politique classiquement sectorielle ?

Ces considérations ne sont pas anodines pour Nantes. En effet, autant l'idée de pôle était potentiellement porteuse d'un renouveau de l'approche du développement et de sa territorialisation, autant le virage de l'été 2007 marque un retour au classicisme qui met au second plan la spécificité des efforts locaux. Or, pour une métropole, l'essentiel est de savoir ce qu'elle peut tirer d'un dispositif sur le plan local et régional. Donc demander une intégration sectorielle des territoires passe par une vraie réflexion sur les notions de pôle et d'espace-réseau.

La fragilité face à des donneurs d'ordres extérieurs : le cas Airbus

Le cas d'Airbus est significatif de la position nantaise. Point d'appui du pôle matériau Technocampus, l'industrie a son siège et ses centres de décision à Toulouse. C'est donc une situation de dépendance qui est passée inaperçue durant les décennies de succès de l'avionneur européen. Mais avec les déboires de l'A380 et de l'A350 la réalité est apparue dans toute sa brutalité. La restructuration de l'entreprise par le plan Power8 [11] supprime des sites qui sont cédés à des sous-traitants. Saint-Nazaire est ainsi "en vente" et pourrait être repris par Latécoère tandis que le site de Bouguenais perdure. Mais, quoi qu'il advienne, ce plan marque une rupture et la fin d'un relatif sentiment de sécurité quant à la présence de l'avionneur.

Cette crise pose la question du développement aéronautique régional. Celui-ci s'effectue dans une relation de dépendance et va désormais se poursuivre dans un contexte de concurrence exacerbée, puisque les sites cédés à des sous-traitants vont devoir intégrer les économies que veut réaliser Airbus dans un classique rôle d'amortisseur conjoncturel. Certaines entreprises comme Hexcel s'implantent à Bouguenais à côté d'Airbus et de Technocampus. Mais si Airbus doit poursuivre sa restructuration, le pôle constitué pourra-t-il résister ? Le concurrent direct du site Nantais se situe en Espagne et une chose est probable : s'il fallait choisir il serait très difficile de sacrifier le partenaire espagnol, entre autres pour des raisons politiques.

Le passage à l'économie de la connaissance représente un pari à haut risque pour Nantes puisque, sans aucune ambiguïté, le développement actuel se situe à bien des égards en rupture avec les bases économiques traditionnelles. Les sites anciens sont une opportunité pour rebondir dans d'autres directions et les activités traditionnelles sont réutilisées dans leur dimension technologique, la partie fabrication ayant disparu ou quitté la région.

Cette rupture rend difficile un quelconque pronostic quant à l'avenir de la métropole et, notamment, quant sa volonté de devenir une métropole européenne. Pour le moment Nantes est marginale dans le paysage de l'économie de la connaissance. Mais de nombreux éléments constituent des actions sur le long terme (installation d'un cyclotron, installation du laboratoire européen d'EADS sur les matériaux ...) dont les effets sont d'autant plus difficilement prévisibles qu'ils dépendent en partie de stratégies d'entreprises fluctuantes.

Au-delà des différences de contextes, force est de constater que Nantes et Sarrebruck ont des convergences de problèmes, dépassant la "simple" reconversion. Les questions de taille et de dépendance sont à même d'interroger la dimension métropolitaine de leur stratégie.

L'affirmation d'une métropole, la fin d'une région christallérienne ?

La stratégie de passage à une économie de la connaissance change la donne pour la région nantaise. En effet, la structure régionale classique ne faisait aucunement de Nantes une métropole. C'était avant tout un port, une porte océane selon le terme d'Alain Chauvet (1990), qui ne rayonnait pas très largement. Le Choletais avait ainsi réussi à se développer comme un isolat et des villes comme La Roche/Yon étaient relativement peu touchées par l'influence nantaise. Longtemps d'ailleurs, Nantes a été dans l'orbite universitaire de Rennes et reste aujourd'hui encore très en retard en termes quantitatifs sur une ville pourtant bien moins peuplée qu'elle mais installée depuis plus longtemps dans un rôle de centralité régionale.

Des contradictions entre logique d'accumulation technopolitaine et logique redistributive

L'économie de la connaissance implique un changement dans le processus d'accumulation, les centres de recherche se concentrant dans la métropole au détriment des villes périphériques. Elle implique aussi un rayonnement de plus en plus fort. Ainsi, les écoles d'ingénieurs travaillent avec de multiples entrepreneurs régionaux pour la formation professionnelle ; Atlanpole est le pôle coordinateur d'entreprises situées dans tout le département et bien au-delà ; les projets de développement à Cholet ou La Roche/Yon ne peuvent contourner les fonctions universitaires nantaises ; enfin, les services aux entreprises donnent à Nantes un rayonnement à l'échelle des régions du Grand Ouest (CETE, 2006).

À ce titre, la politique des pôles de compétitivité replacée dans un cadre régional interroge le politique et l'aménageur. En effet, la logique consistant à organiser le territoire à partir de quelques pôles d'accumulation choisis renforce les logiques centripètes et les contrastes qualitatifs. Dès lors, c'est la forme théorique et pratique de l'espace régional qui est affectée. En théorie, le maillage urbain de l'Ouest a toujours été présenté comme christallérien (Jousseaume, 1998) et équilibré, voire harmonieux, permettant de parler de polycentrisme et d'alternative à la métropolisation. Une analyse selon les masses démographiques permet d'envisager cette hypothèse.

Mais une entrée par l'économie de la connaissance montre clairement que le modèle christallérien n'existe plus et que le fonctionnement d'une partie des régions de l'Ouest est d'abord lié à un mode d'accumulation de l'innovation déséquilibré. Le maillage ancien perdure par un effet d'inertie mais aussi par une redistribution des cartes en termes de réorganisation puisque, si Nantes métropolise sa région, il lui faut prendre appui sur des périphéries de plus en plus éloignées pour accueillir des activités et surtout des hommes.

L'objectif de Nantes de devenir une métropole européenne place la région dans un dilemme pour le moment sans autre solution que l'incantation. Pour atteindre un seuil de lisibilité plus poussé que son 54e rang européen actuel, Nantes doit pousser encore plus loin le processus d'accumulation de l'économie de la connaissance, donc renforcer les déséquilibres qualitatifs et, à terme, quantitatifs de la région. Mais, dans le même temps, elle doit entretenir le caractère équilibré du réseau urbain afin, à la fois, d'éviter la saturation, et de trouver dans sa région même les soutiens matériels et politiques à son développement. Nous percevons donc clairement que Nantes est prise dans une logique contradictoire, entre d'un côté une région qui tente de redistribuer et d'équilibrer le développement dans son espace, et de l'autre une logique de métropolisation et d'accumulation technopolitaine concentrant toujours plus les fonctions stratégiques, notamment dans le domaine de l'innovation. À ce titre, le Schéma directeur d'aménagement et de d éveloppement du territoire (SRADT) d'un côté, et l'ambition de métropole européenne du maire de Nantes de l'autre, semblent très difficiles à articuler concrètement.

Peut-on voir cette contradiction dans les annonces de l'agglomération ?

L'une des stratégies suivie par Nantes est celle d'un développement en réseau. Le projet de métropole Loire-Bretagne est à ce titre une expérimentation importante puisqu'il s'agit de développer des solidarités et des complémentarités entre les cinq principales villes de cet ensemble : Nantes, Rennes, Brest, Angers et Saint-Nazaire. Pour le moment, la tentative de coopération concerne la dimension "marketing territorial" et lobbying auprès des instances européennes. Un tel développement est innovant sur le principe, même si la question de la concurrence entre villes n'est pas concrètement réglée et ne pourra l'être qu'avec une réelle volonté politique. Mais, quoi qu'il en soit, de telles structures polycentriques, si elles devaient se renforcer, consacreraient un effet de club qui ne laisserait pas beaucoup d'autres alternatives aux petites villes que de s'intégrer à un niveau secondaire dans un système de plus en plus métropolisé, ou d'être marginalisées. L'inscription de Nantes dans des réseaux d'échange d'expériences du type REVIT [12] pourrait fort bien avoir les mêmes impacts.

 

Conclusion générale

Nantes mène une politique volontariste qui donne apparemment des résultats. La ville s'est métamorphosée en 20 ans. Parler de réussite est cependant prématuré. En effet, l'économie de la connaissance et la métropolisation imposent une construction permanente de la centralité. De plus, la question de la masse reste un problème dans un monde de concurrence territoriale. Une spécialisation dans certains secteurs porteurs peut être une solution. Elle semble indissociable d'une dimension de marketing territorial visant à attirer les entreprises en attirant les cadres, aboutissant donc à la question de la creative class soulevée par Richard Florida.

Dans de nombreux domaines la politique nantaise représente un pari sur l'avenir, à la fois risqué mais à certains égard incontournable. Cette capitale de région n'en est plus véritablement une par l'ampleur qu'elle a su prendre mais elle n'est pas non plus (ou pas encore) devenue une métropole européenne. C'est donc une ville au milieu du gué qui s'offre a l'étude et en fait, selon le mot d'Ariella Masbougi, une véritable ville-laboratoire, qui pourrait devenir une ville-modèle de ce qu'il est possible de faire en termes de reconversion si elle rencontre de futurs succès.

Notes

[1] Jacques Fache, MCF à l'Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN),
jacques.fache@univ-nantes.fr
Jacques Fache était l'invité de l'émission Planète Terre, sur France Culture, le mercredi 16 avril 2008 sur le thème : "Les territoires de l'innovation technologique"
www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/planete/fiche.php?diffusion_id=61130

[2] L'Éléphant est une machine géante du groupe Royal de Luxe qui a été reconvertie et circule sur le site de l'université permanente.

[3] La Société d'aménagement de la Métropole Ouest-Atlantique (SAMOA) est une société d'économie mixte chargée, en 2003, par les élus de Nantes métropole, du pilotage du projet urbain de l'île de Nantes dans le cadre d'une convention publique d'aménagement dont le mandat de maître d'ouvrage est établi pour 20 ans.

[4] Document d'information " Île de Nantes, réalisations 2003-2009" de Nantes Métropole, la ville de Nantes et la SAMOA.

[5] Par la revue Place publique, un interview : "Alexandre Chemetoff ou la logique du vivant" : www.revue-placepublique.fr/Sommaires/Articles/Chemetoff.html. Et le site de l'Île de Nantes : www.iledenantes.com

[6] Le Comité interministériel à la ville du 14 décembre 1999 avait introduit la notion de renouvellement urbain en lançant un programme qui comprenait, entre autre, 50 Grands projets de ville (GPV) pour des projets de grande ampleur.

[7] En 2008, l'Ile de France compte 139 entreprises de biotechnologies et 119 laboratoires, contre 40 et 26 pour Lyon, 28 et 22 pour Toulouse et 18 et 13 pour Strasbourg. Nantes se situe à une valeur de 20 et 11. Mais ces chiffres doivent être complétés par le fait que Nantes ne comprend pas de grande entreprise pharmaceutique, contrairement à une ville comme Strasbourg
(Source : www.biotechnologiefrance.org, base de donnée déclarative non exhaustive à considérer pour comparer les ordres de grandeur des diverses villes et non pour les valeurs absolues).

[8] Nantes Développement, ou encore Nantes Métropole Développement, est une agence créée et financée par la Communauté urbaine de Nantes (Nantes Métropole) au service des entreprises. Elle associe à son fonctionnement l'agglomération nazairienne, le département de Loire-Atlantique, la CCI de Nantes, la Chambre de Métiers de Loire-Atlantique et une dizaine d'entreprises du territoire.

[9] Littéralement "grappe", le cluster désigne une concentration géographique d'activités relevant d'un même secteur ou d'une même filière, ayant développé des liens de coopération et/ou de complémentarité entre elles. Selon l'économiste américain Michael Porter, cette forme d'organisation du système productif est plus efficace, plus compétitive et donne de ce fait un avantage compétitif aux villes et aux régions dans lesquelles elle se développe. Concrètement, un cluster peut regrouper des centres de recherche publics et/ou privés, des entreprises de tailles variées unies par des intérêts communs : moyens logistiques, brevets de fabrication, veille technologique et stratégies de promotion et d'expansion. Les pouvoirs publics sont associés à des degrés variables. Voir en complément une page de corpus documentaire : Industrie, recherche et innovation : de nouvelles dynamiques territoriales en France (autre dossier, nouvelle fenêtre)

[10] Dans ce contexte, on désigne le cycle du produit, décrivant l'évolution de la production en quatre phases : le lancement du produit, souvent en quantité limitée et à forte valeur ajoutée car intégrant les coûts éventuels de recherche et de mise au point ; la croissance, expression d'un cercle vertueux par lequel l'augmentation de la consommation permet d'amortir les coûts initiaux et de fabriquer des séries plus longues, autorisant donc de baisser les prix et d'augmenter la production ; la maturité, traduisant un marché totalement conquis, et une production à son apogée d'un produit technologiquement banalisé ; le déclin, phase de diminution de la production d'un produit délaissé au profit de biens nouveaux, technologiquement plus avancés. Être initiateur d'un cycle permet de se positionner sur une production à forte valeur ajoutée, potentiellement porteuse d'emplois. Arriver en milieu ou fin de cycle signifie de choisir une compétition par les coûts, des produits standardisés et banalisés à faible valeur ajoutée et peu créateurs d'emplois, la fabrication relevant d'usines très fortement automatisées.

[11] Power8 est le plan de restructuration en Europe qui avait été annoncé par la direction d'Airbus en 2007. Il prévoyait à l'origine la suppression de 10 000 emplois entre 2007 et 2010 dans la filiale Airbus d'EADS et chez ses sous-traitants. Plusieurs sites, notamment en Allemagne et en France, devaient être vendus ou filialisés (dont une partie du site de Saint-Nazaire).
Les objectifs sur le moyen terme sont d'atteindre le même niveau d'externalisation que Boeing, c'est-à-dire de passer de 40% à 70%. Dans ce contexte, le plan Power8 ne serait que le début d'une restructuration, visant à terme à rationaliser une construction politique qui, pour des raisons n'ayant rien à voir avec l'industrie, a multiplié les sites à travers l'Europe. Le plan a été conçu à un moment où 1 $ dollar équivalait à 1,3 €. Si le cours la monnaie européenne devait continuer à s'élever par rapport au dollar, le groupe aéronautique pourrait être tenté d'accélérer ce processus de restructuration. Mais, dans un contexte économique et social tendu en Europe, le plan Power8 a dû être remanié en 2008 et on peut en suivre l'actualité à travers divers médias, dont France24 : www.france24.com/fr

[12] REVIT, Programme Européen pour la Revitalisation des sites industriels, est un programme destiné à soutenir des opérations de reconversion de friches industrielles de grande envergure tels que le projet de reconversion de l'Île de Nantes. Lancé au printemps 2003, il concernait six villes partenaires d'Europe du Nord-Ouest (Tilburg / NL, Hengelo / NL, Medway / GB, Torfaen / GB, Stuttgart / D et Nantes /F). L'objectif principal de ce programme est de développer les coopérations entre les villes et les échanges d'expériences autour de trois thèmes principaux : la recherche d'instruments et de méthodes formels et informels de régénération des friches, la recherche de nouvelles techniques de financement, en s'inspirant des modèles de partenariats publics-privés notamment, et enfin la préservation et la réutilisation du patrimoine industriel en conformité avec la préservation de l'environnement. Voir : www.revit-nweurope.org

Bibliographie

  • Blanc C. – Pour un écosystème de la croissance, rapport parlementaire remis au Premier Ministre, 78p., 2004
  • Cabanne C. – "Nantes, de la ville industrielle à la ville tertiaire", Cahiers Nantais n°33-34, pp. 185-198, 1990
  • CETE – Évolution des villes petites et moyennes de Bretagne et des Pays de la Loire, CETE de l'Ouest, 91p., 2006
  • Chauvet A. – Porte nantaise et isolat Choletais, Herault, 1987
  • Chauvet A. – "Théorie et pratique de la ville", Cahiers Nantais n°33-34, pp. 305-322, 1990
  • Chesnais L. et Pijaudier-Cabot F. – "Pôles de compétitivité : de nouveaux projets pour la politique industrielle", Industries, n°107, septembre, pp. 10-24, 2005
  • Daviet S. – Industrie, culture, territoire, Paris, L'Harmattan, 214p., 2005
  • Delaune J.Y. – Atlanpole, une vision de l'avenir de Nantes, Cahiers Nantais n°33-34, pp. 229-246, 1990
  • Devisme L. – L'histoire du projet, Place Publique, p. 27-31, 2007
  • Fache J. – Atlanpole : la recomposition discrète d'un territoire, Cahiers Nantais, n°62-63, pp.79-88 – 2005
  • Fache J. – Atlanpole, les fragilités d'une organisation spatiale et thématique, Norois n°3, pp. 25-38 – 2006
  • Fache J. et Gobin M. – Innovation et territoire, enjeu essentiel des politiques d'aménagement, Géoconfluences, 2008 : article à venir
  • Galdin P.J. – À l'ouest de l'ile, un campus d'un nouveau style, Place Publique n°4, pp. 43-45, 2007
  • Garat I. et al. – Nantes : de la belle endormie au nouvel Eden de l'Ouest, Paris, Anthropos, 198p., 2005
  • Jacquet N. et Darmon D. – Les pôles de compétitivité, le modèle français, Paris, La Documentation Française, 123 p., 2005
  • Jousseaume V. –  Nantes, l'ombre d'une métropole, PUR, 1998
  • Masbougi A. – La Loire dessine le projet, Paris, Éditions de la Villette, 194p., 2003
Pour aller plus loin
  • Devisme L. – La ville décentrée, L'Harmattan, 296p., 2005
  • Fritsch B. - "Nantes-Saint-Nazaire, face aux défis métropolitains", in Motte A. (coord.), Les agglomérations françaises face aux défis métropolitains, coll. Villes, Anthropos/Economica, pp. 118-134, 2007.
  • Luneau D. – Nantes, l'avenir d'une ville, L'Aube, 2003
  • Publications de l'Institut Kervegan (www.institut-kervegan.com ) parmi lesquelles :
    • Métropole, questions pour Nantes, Institut Kervegan – 2004
    • Les TIC à Nantes et ailleurs, Institut Kervegan – 2004
    • Les chemins des savoirs, Institut Kervegan – 2006
  • Revue Place Publique, consacrée à l'espace métropolitain Nantes-Saint-Nazaire, avec un dossier spécial Île de Nantes dans le n°4, et un dossier sur l'étalement urbain dans le n°5, dernier paru. www.revue-placepublique.fr/Sommaires/Articles/laboratoire.html

 

Webographie

  • Le technopôle de Nantes, dense en informations sur les actions, les entreprises, les projets, l'intégration aux pôles de compétitivité : www.atlanpole.fr
  • Le pôle de compétitivité consacré aux biotechnologies appliquées à la santé : www.atlantic-biotherapies.com
  • Site gouvernemental sur les pôles de compétitivité. Information de base, mais souvent minimaliste, à utiliser en parallèle aux sites des pôles eux-mêmes : www.competitivite.gouv.fr
  • La ville de Nantes, à utiliser en complément avec celui de Nantes Métropole puisque désormais, certaines compétences ont glissé de la commune vers la communauté urbaine : www.nantes.fr
  • L'agence de développement de Nantes, centré sur les questions économiques : www.nantes-developpement.com
  • La communauté urbaine de Nantes, riche et complet sur les projets de la métropole dans tous les domaines : www.nantesmetropole.fr
  • Le pôle de compétitivité centré sur les matériaux : www.pole-emc2.fr
  • La société d'économie mixte qui gère le projet Île de Nantes : www.samoa-nantes.fr
  • Le site européen des villes participant au programme REVIT, permettant de croiser rapidement sur ce thème des informations venant de multiples villes et Etats d'Europe : www.revit-nweurope.org

 

Jacques Fache, Institut de Géographie de l'Université de Nantes (IGARUN)

pour Géoconfluences le 20 mai 2008

mise en page web et compléments d'information : Sylviane Tabarly

 

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Mise à jour :   20-05-2008

 

 


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