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Réchauffement climatique, variabilité, changement et dérèglement climatiques

Publié le 27/05/2024
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Le réchauffement climatique global désigne une modification du système climatique global, rapide à l'échelle de son évolution normale, provoquée par un forçage anthropique dont l'ampleur n'a cessé de s'amplifier depuis le début de l'ère industrielle. L'expression dérèglement climatique apporte une nuance et une précision : le changement climatique n'est pas qu'un réchauffement : certaines régions peuvent connaître des saisons froides plus marquées, et les régimes de précipitation également sont modifiés.

Le climat est une moyenne météorologique sur une période d’au moins trente ans. Le changement climatique désigne une modification significative de cette moyenne : si des variations météorologiques répétées suffisent à modifier la moyenne sur trente ans, alors on considère qu’elles ne correspondent plus aux variations interannuelles normales mais à une variation du climat lui-même.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fait une distinction entre les « changements climatiques » qui peuvent être attribués aux activités humaines altérant la composition de l’atmosphère, et la « variabilité climatique » due à des causes naturelles, astronomiques et géophysiques, dont la compréhension des processus induits permet d’expliquer les variations climatiques passées, de quantifier les impacts anthropiques, et de produire des scénarios d’évolution future.

Les activités humaines, surtout depuis la Révolution industrielle et le développement économique de régions très peuplées de la planète, ne sont pas sans conséquences sur le climat. Conférences, études et rapports, séminaires se succèdent pour évaluer la situation et envisager l'avenir. En 1988, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUE) et l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ont créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, IPCC en anglais) « en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. » (page d’accueil du site du GIEC, consultée en octobre 2018). Organisme scientifique intergouvernemental, il collecte et interprète les données scientifiques mais ne les produit pas. Ses contenus scientifiques sont le fruit d’un complexe processus de consensus mêlant experts scientifiques et gouvernementaux des 195 pays membres. (voir ce document : Procédures à suivre pour l’élaboration, l’examen, l’acceptation, l’adoption, l’approbation et la publication des rapports du giec [pdf])

Rapport après rapport, le GIEC montre que le scénario d’un réchauffement de plusieurs degrés de la température moyenne de l’atmosphère terrestre, à un rythme plus rapide que celui des épisodes de réchauffements aux époques géologiques précédentes, et déjà observable, n’est plus une hypothèse. Les connaissances sur les conséquences d’un tel réchauffement sont encore parcellaires mais une importante production scientifique depuis les trente dernières années a permis de mettre en évidence qu’un réchauffement d’un ou deux degrés Celsius de la température moyenne de l’atmosphère conduira à des changements rapides et importants dans la plupart des écosystèmes. Toutes les composantes de la biosphère s’en trouveront affectées. Les principales inquiétudes concernent la montée du niveau moyen des océans, leur acidification, une évolution des milieux plus rapide que la capacité des espèces à s’y adapter.

Bien que le climato-scepticisme (le fait de nier ou de minimiser la réalité du changement climatique en cours, ses conséquences, ou la responsabilité anthropique dans ces changements) soit devenu le fait d’une toute petite minorité dans la communauté scientifique mondiale, les mesures à prendre collectivement par les États ne font l’objet d’aucun consensus, malgré la tenue de conférences régulières telles les Conférences des parties. La réussite du protocole de Kyoto, adopté en 1997 et signé par 191 membres en 1998, s’est transformé en demi-échec lorsque le principal émetteur de gaz à effet de serre de l’époque, les États-Unis, pourtant signataires, ont refusé de le ratifier, c’est-à-dire de le mettre en œuvre. L’Accord de Paris, lors de la 21e Conférences des parties (COP 21), doit prendre le relais du protocole de Kyoto pour tenter de maintenir l’augmentation à moins de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle, ce qui induit déjà la certitude de modifications importantes à l’échelle de nombreux écosystèmes.

Or d’autres menaces sérieuses pèsent déjà sur la biosphère, depuis un siècle d’intensification agricole, de pression accrue sur les ressources, de déforestation, d’accumulation de déchets solides, liquides et gazeux dans les sols, les eaux et l’air, d’artificialisation des sols, ou encore de dissémination d’espèces invasives en lien avec la mondialisation.

C’est pourquoi il est de plus en plus difficile de distinguer, en termes de conséquences, le changement climatique de l’ensemble des changements liés aux liens entre les sociétés et leurs environnements : d’où l’essor de l’expression « changement global ».

(JBB) octobre 2018, reprenant en partie un texte (ST) de 2004. Merci à Planet-Vie et Planet-Terre pour leurs conseils. Dernières modifications (JBB), mars 2023, mars 2024.


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