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Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)

Publié le 27/05/2024
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Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC), fondé en 1988 dans le cadre de l'ONU et à la demande du G7, par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), rassemble des groupes d'experts dont le rôle est d'évaluer les informations scientifiques, techniques et socio-économiques pour analyser, comprendre et prévenir les risques de changements climatiques imputables à l'homme. Il joue un rôle central dans les négociations internationales sur le changement climatique qui lui a valu de recevoir en 2007 le prix Nobel de la paix conjointement avec le vice-président des États-Unis, Al Gore.

Le GIEC n’est pas un laboratoire de recherche, ni même une association de personnes physiques. Il regroupe des pays. Les personnes qui siègent aux assemblées sont des représentants des pays membres (Reghezza-Zitt, 2023). Le GIEC fonctionne sur la base d'une assemblée générale plénière qui se réunit une ou deux fois par an et dans laquelle chaque membre dispose d’une voix. Les décisions se prennent par consensus. Il existe aussi un bureau, qui est élu pour sept ans, soit la durée de l’établissement d’un rapport d’évaluation (ibid.).

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail qui étudient : les principes physiques et écologiques du changement climatique (groupe I) ; les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique (groupe II) ; les moyens d'atténuer (mitigation) le changement climatique (groupe III). Il publie tous les cinq ou six ans des rapports de synthèse sur l'état des connaissances scientifiques concernant le changement climatique global. Ces rapports sont approuvés en assemblée plénière, ils sont donc le reflet d'un consensus partagé par une large communauté scientifique.

Le GIEC n’émet par conséquent aucune recommandation. Il ne mène aucune recherche (Reghezza-Zitt, 2023). Chaque rapport du GIEC évalue « sans parti pris et de manière méthodique et objective », à un temps t, l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique, ses causes, ses impacts potentiels et les réponses en matière d’atténuation et d’adaptation. Par exemple, pour le premier tome du 6e rapport d’évaluation publié en 2022, 234 auteurs de 65 pays ont examiné plus de 14 000 études (ibid.).

Le GIEC a publié six rapports depuis 1990 (chiffre de 2023). Mis à jour en 1992, celui de 1990 a servi de base à la négociation de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, convention adoptée à Rio de Janeiro en juin 1992. Le second rapport, en 1995, a fourni les fondements de négociation du protocole de Kyoto. Le troisième rapport (2001) envisageait, sur la base de modélisations et de simulations, un réchauffement moyen du climat de la Terre à l'horizon 2100 compris entre 1,4°C et 5,8°C. Le quatrième rapport a confirmé, en 2007, l'existence non équivoque du réchauffement climatique, avec une fourchette d'évolution des températures de 1,1 à 6,4°C à l'horizon 2100 ainsi que la « forte probabilité » (à plus de 90 % selon le GIEC) qu'il soit lié aux émissions anthropiques de GES, à la différence du précédent rapport qui n'évoquait que la « probabilité »). Il mettait l'accent sur les moyens d'action, le groupe III insistant sur le potentiel économique important de réduction des émissions. Le cinquième rapport du GIEC a été publié en 2014. À la différence des rapports précédents, il met davantage l’accent sur l’évaluation des aspects socio-économiques du changement climatique et ses répercussions sur le développement durable, ainsi que sur les aspects régionaux, la gestion des risques et l’établissement d’un cadre d’intervention fondé sur des mesures d’adaptation et d’atténuation. Le sixième rapport du GIEC a été publié en plusieurs tomes de 2021 à 2022. Dans ce sixième rapport, pour la première fois, le GIEC emploie le terme de sobriété (qui traduit l’anglais sufficency), qui désigne des pratiques et des transformations qui réduisent la demande en énergie, matériaux, sols, eau, tout en permettant d'atteindre des niveaux de vie décents et le bien-être dans les limites planétaires. La sobriété n’est pas une régression sociale : c’est une demande qui tient compte des limites planétaires et du bien-être, c’est-à-dire finalement du développement humain (Reghezza-Zitt, 2023).

(ST). Dernières mises à jour : (MCD) décembre 2015, (JBB) mars 2023, décembre 2023.


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