Vous êtes ici : Accueil Vocabulaire et notions générales Bidonville

Bidonville

Publié le 15/03/2013

Les flux de populations, parfois démunies, attirées vers les grandes villes et les métropoles sont toujours alimentés par la croissance démographique et par la poursuite de l'exode rural. Ces populations peuvent alors s'installer dans des bidonvilles, terme qui désigne un ensemble d'habitations précaires, dans des secteurs non viabilisés, généralement faites de matériaux de récupération et dont les habitants ne possèdent pas de titre de propriété. À l'origine, il désignait les "maisons en bidons" bricolées par les migrants des campagnes vers les villes marocaines. Les termes pour désigner ces quartiers dans différentes langues sont innombrables. En français, on trouve aussi les expressions quartiers informels ou quartiers d'habitat spontané

Quelques-uns des nombreux mots désignant les quartiers d'habitat spontané
 
Dénomination Langue Sens du mot en français Aire géographique
barriada espagnol quartier Pérou
barrio espagnol quartier Venezuela, Panama, République dominicaine
barrio de ranchos espagnol quartier de fermes Venezuela
favela portugais (1) Brésil
gecekondu turc construit la nuit Turquie
invasión espagnol invasion Colombie, Équateur
kampung javanais quartier Indonésie
pueblo jóven espagnol village jeune Pérou
shanty town anglais (2) anglophonie
slum anglais pièce, taudis anglophonie
shammasa arabe ? ? Soudan
township anglais parcelle cadastrale Afrique du Sud
umjondolo zoulou ? Afrique australe
villa miseria espagnol ville de misère Argentine

(1) La favela tirerait son origine de la fava, la fève qui était l'aliment de base des pauvres.
(2) Viendrait du québécois "chantier", ou de l'irlandais "sean ti" (vieille maison)

 

Le bidonville résulte d'une occupation de fait, illégale, du sol dans les secteurs des périmètres urbains ou suburbains considérés comme inutilisables, dangereux, plus ou moins insalubres (fortes pentes, zone inondable et lagunes, décharge, etc.) et laissés vacants. L'apparition de ces constructions est souvent rapide, parfois en une nuit, afin de prendre de court les autorités.

Mais le terme anglais fourre-tout de slum, utilisé par les instances internationales, ou les termes français de bidonville ou de taudis, cachent une réalité complexe et diversifiée. En effet, les bidonvilles réalisés en matériaux de récupération donnent souvent naissance, à plus ou moins long terme, à des quartiers consolidés aux habitations construites en dur et en voie progressive de reconnaissance et de viabilisation, avec toute une gradation de formes intermédiaires. Le terme de taudis, quant à lui, est plutôt réservé aux bâtiments anciens des quartiers centraux des villes fortement dégradés et devenus insalubres. On doit aussi tenir compte d'un habitat informel et nomade, sous tente parfois, de sans-abris en nombre croissants dans certaines grandes agglomérations.

De par leur nature même, les statistiques sur ces habitats précaires sont approximatives. Cependant, selon l'ONU-Habitat (UN Habitat), une quinzaine de villes auraient au moins un million d'habitants en bidonvilles (4 millions à Mexico, 2,2 à Caracas). 1 milliard d'individus environ vivraient aujourd'hui dans des bidonvilles ou dans des taudis, un chiffre en augmentation absolue, mais en diminution en part de la population mondiale, entre 1990 et 2010.

Pour compléter :

- Lanne, Jean-Baptiste, 2017, « Portrait d’une ville par ceux qui la veillent. Les citadinités des gardiens de sécurité dans la grande métropole africaine (Nairobi, Kenya) »
- Théry, Hervé, 2016. « Portrait de São Paulo (2) : contrastes, problèmes, défis »
- Knafou, Rémy, 2011. « Touristes dans les bidonvilles : après la télé réalité, le "tourisme réalité" »

Mise à jour : janvier 2017