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Déforestation, déboisement

Publié le 26/02/2013

Déforestation, déboisement au Brésil


Dans le cadre d'un Plan national sur les changements climatiques, le Brésil s'est fixé pour objectif de réduire de 70% son rythme de déforestation d'ici à 2018, mais, en large partie, par des actions de reboisement. Il s'agirait aussi de réduire les destructions de 40% d'ici 2010, mais cet objectif paraît irréaliste aux yeux de nombreux observateurs (ONG, scientifiques). C'est à Poznan, lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de décembre 2008 que, pour la première fois, le Brésil a promis de s'engager dans une politique volontariste et chiffrée de lutte contre les changements climatiques.
Le Code forestier brésilien, dont l'apparition date de 1965, oblige les propriétaires fonciers à conserver dans certains endroits des formes de végétation naturelle (ou à les replanter) : elles constituent, dans leur ensemble, un "domaine de protection permanente" ("áreas de proteção permamente" / APA). Ainsi, les formations végétales naturelles telles que les ripisylves, le long des cours d’eau, doivent être conservées sur une largeur proportionnelle à celle du cours d’eau qu’elles longent. De même, les formations des bords de lacs, des sources, et des sommets de colline doivent être conservées. L’obligation de conservation s’étend aux zones fragiles, les reliefs montagneux présentant une forte déclivité, les terrains peu stables comme par exemple les dunes et les marécages, lors de rupture de relief (ex. : bord de plateau) et dans les zones dont l’altitude dépasse 1800 m.
En Amazonie, le Code forestier autorise les propriétaires à déboiser 20% de leurs terrains, les 80% restants constituent une "réserve légale" qu’ils s’engagent à préserver. En cas de dépassement des quotas, les propriétaires doivent reboiser avec des espèces indigènes amazoniennes. Ce système est contesté par une grande partie des représentants de l’agrobusiness brésilien, qui estiment qu’il fausse la concurrence avec d’autres pays exportateurs de denrées alimentaires comme l’Argentine ou les États-Unis.
Dans ce contexte, l'attitude des autorités brésiliennes semble contradictoire. D'un côté la réglementation sur les aires protégées a été renforcée en 2003 et, en 2006, une loi de concession forestière a été adoptée pour tenter de mieux réglementer l'exploitation du bois. Mais, en 2008, un projet de loi prévoit de passer de 20% à 50% la surface de forêt primaire amazonienne que chaque propriétaire a le droit de déboiser. Il autorise également, pour le reboisement, la plantation d’espèces arborées exogènes comme l’eucalyptus ou le palmier à huile (pour la production d'agrocarburants), qui sont dommageables à la préservation de la biodiversité. Ce texte est en discussion.
Les ONG écologistes seraient, pour leur part, en général favorables à la rémunération des propriétaires qui conservent la réserve prévue par le Code. Dans leur "Pacte pour la valorisation de l'Amazonie", neuf ONG brésiliennes et internationales ont ainsi proposé de "rétribuer la forêt sur pied" pour parvenir à l'objectif de "déforestation zéro" en 2015.

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