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Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC - Intergovernmental Panel on Climate Change - IPCC)

Publié le 29/01/2013

Le GIEC, fondé en 1988 dans le cadre de l'ONU et à la demande du G7, par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), rassemble des groupes d'experts dont le rôle est d'évaluer les informations scientifiques, techniques et socio-économiques pour analyser, comprendre et prévenir les risques de changements climatiques imputables à l'homme. Il joue un rôle central dans les négociations internationales sur le changement climatique.
Le GIEC est organisé en trois groupes de travail qui étudient : les principes physiques et écologiques du changement climatique (groupe I) ; les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique (groupe II) ; les moyens d'atténuer (mitigation) le changement climatique (groupe III). Il publie tous les cinq ou six ans des rapports de synthèse sur l'état des connaissances scientifiques concernant le changement climatique global. Ces rapports sont approuvés en assemblée plénière, ils sont donc le reflet d'un consensus partagé par une large communauté scientifique.

Le GIEC a publié cinq rapports depuis 1990. Mis à jour en 1992, ce rapport a servi de base à la négociation de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, convention adoptée à Rio de Janeiro en juin 1992. Le second rapport, en 1995, a fourni les fondements de négociation du protocole de Kyoto. Le troisième rapport (2001) envisageait, sur la base de modélisations et de simulations, un réchauffement moyen du climat de la Terre à l'horizon 2100 compris entre 1,4°C et 5,8°C. Le quatrième rapport a confirmé, en 2007, l'existence non équivoque du réchauffement climatique, avec une fourchette d'évolution des températures de 1,1 à 6,4°C à l'horizon 2100 ainsi que la "forte probabilité" (à plus de 90% selon le GIEC) qu'il soit lié aux émissions anthropiques de GES, à la différence du précédent rapport qui n'évoquait que la "probabilité"). Il mettait l'accent sur les moyens d'action, le groupe III insistant sur le potentiel économique important de réduction des émissions. Le cinquième rapport du GIEC a été publié en 2014. À la différence des rapports précédents, il met davantage l’accent sur l’évaluation des aspects socio-économiques du changement climatique et ses répercussions sur le développement durable, ainsi que sur les aspects régionaux, la gestion des risques et l’établissement d’un cadre d’intervention fondé sur des mesures d’adaptation et d’atténuation.

Alors que le prestige et l'autorité du GIEC sur le débat scientifique mondial semblaient au plus haut quand il a reçu en 2007 le Prix Nobel de la Paix avec le Vice-Président des Etats-Unis, Al Gore, la révélation médiatisée de dysfonctionnements et d'erreurs (surestimation du rythme de retrait des glaciers himalayens, diffusion de messages attestant de désaccords au sein de la communauté scientifique, etc.) ont jeté un certain discrédit sur son expertise et le "climato-scepticisme" a pu marquer des points. Pour restaurer sa crédibilité, une réforme du fonctionnement du GIEC pourrait être adoptée : ses moyens seraient renforcés (il n'emploie qu'une dizaine de personnes à ce jour) afin de lui permettre de mieux expertiser et valider les matériaux scientifiques sur lesquels il s'appuie ; dans un meilleur souci de transparence, les points de vue minoritaires auraient la possibilité d'être mieux représentés et diffusés.

Pour compléter,
- Dans le dossier Le développement durable, approches géographiques, en corpus documentaire :
> Le carbone, nouveaux marchés, nouveaux échanges
> Le protocole de Kyoto et la réduction des gaz à effet de serre. Diversité des approches de l'échelle globale aux échelles locales (États-Unis, Californie)
- Le site du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC - Intergovernmental Panel on Climate Change - IPCC)

Mise à jour : décembre 2015