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Maillage

Publié le 10/04/2013

Maillage du territoire français | Maillage du territoire de l'Union européenne | Maillage des régions méditerranéennes | Maillage du territoire chinois | Maillage du territoire brésilien

Découpage de l’espace  qui permet son appropriation, sa gestion ou sa connaissance. Le maillage relève de la figure de l’aire – l’espace qu’il découpe – et du réseau, formé par les limites de ce maillage. Il est très divers dans sa forme comme dans sa taille : de la parcelle aux constructions supra-étatiques en passant par les zones d’emploi par exemple. Ses fonctions sont variées : cadastrale, politico-administrative, économiques ou encore statistiques. Le maillage peut évoluer dans le temps mais pas forcément au même rythme que les changements spatiaux.

 

Maillage du territoire français


La France est réputée pour la complexité de ses mailles territoriales, pour leur superpositions jugées redondantes. De fait, les découpages des territoires y sont de nature variée. Mais ils répondent à des objectifs qui ne se chevauchent pas toujours et il convient parfois de relativiser les discours sur leurs enchevêtrements.
On distinguera donc : les maillages de nature élective, les circonscriptions électorales (cantons, circonscriptions législatives) ; les maillages administratifs, cadres des actions des pouvoirs publiques, par exemple, les circonscriptions d’action sociale (CAS) pilotés par les Conseils généraux ; les zonages d’intervention très diversifiés, par exemple ceux de la Prime d’aménagement du territoire (PAT), ceux des territoires de projet.
Le maillage administratif et électoral en 36 564 communes de la France métropolitaine est une première strate à grande échelle. Indéniablement leur émiettement peut être un handicap mais le mouvement de l'intercommunalité change progressivement la donne et leur administration peut être un gage de proximité avec les administrés.
Le département, cadre territorial hérité de la Révolution, est une collectivité territoriale siège de l'institution préfectorale et d'un grand nombre de services extérieurs des différents ministères (DDE, DDA, etc).
La division de la France en régions s'est faite, en 1955 et en 1962, en combinant plusieurs critères : de taille (entre 10 000 et 50 000 km²) ; de cohésion (tradition historique ou modes de polarisation). La loi du 2 mars 1982 avait fait des régions des collectivités territoriales. La loi constitutionnelle du 28 mars 2003, relative à l'organisation décentralisée de la République, consacre clairement la région dans son article 72. Elle devient une collectivité territoriale de la République au même titre que la commune et le département. Ce découpage régional pose aujourd'hui certains problèmes, et à l'échelle de l'UE, les régions françaises peuvent paraître d'un "poids" (richesse, démographie) insuffisant.
Le débat se situe entre, d’une part, la recherche d’un optimum territorial, qui serait la parfaite adéquation entre territoire de vie et territoire de gestion, qu’elle soit administrative et/ou élective (Baudelle, 2000), et, d’autre part, la mise en avant d’une complexité territoriale, témoin et ferment de la vitalité des territoires de projets (Giraut, Vanier, 1999). Le débat porte plus généralement sur la réforme des maillages, des zonages et des circonscriptions, en résumé des découpages territoriaux qui semblent se surimposer et poser la question de leur légitimité, entre structures administratives, structures électives et structures de projet, autour du serpent de mer de la nécessité d’en supprimer quelques-uns, à commencer, chez certains auteurs, par le département (Laurent, 2002).
On cite souvent l'exemple de la division de la Normandie : la réunification de la Haute et de la Basse - Normandie est un thème récurrent mais elle n'aboutit jamais. La division date de plusieurs siècles. Mais des partenariats ont pu voir le jour : un seul Comité régional du tourisme (CRT) est basé à Evreux ; un pôle universitaire normand évite les doublons des formations de Rouen, Caen et Le Havre. On remarque que les élus opposent toujours davantage de résistances aux unifications que les populations.
D'autres projets de fusion entre mailles territoriales sont débattus de manière récurrente, sans aboutir : la fusion départementale entre Savoie et Haute-Savoie, pour constituer une région Savoie ; la fusion entre Haute-Corse et Corse du Sud, par exemple.
Certains maillages du territoire français peuvent paraître décalés des nouvelles situations territoriales. Il en est ainsi, par exemple, des arrondissements, circonscriptions support des sous-préfectures, dont la réforme est souvent annoncée, sans cesse repoussée.

Rappelons par ailleurs les principes de l'organisation territoriale de la France dans le cadre de la Nomenclature des Unités Territoriales Statistiques (NUTS) de l'UE : les NUTS 1 sont les ZEAT (Zone d’étude et d’aménagement du territoire) ; les NUTS 2, les régions ; les NUTS 3, les départements ; les NUTS 4, les cantons et les NUTS 5, les communes.

- Voir
> en corpus documentaire, Quelles échelles de gouvernance pour quels territoires métropolitains ? L'exemple de la région métropolitaine lyonnaise
> en Géographie vivante Enchevêtrements des maillages et action territoriale, l'exemple de la Meurthe-et-Moselle
- la nomenclature des régions statistiques de l'Europe : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/nuts_nomenclature/introduction
- INSEE Méthodes - Dixièmes entretiens Jacques Cartier : les découpages du territoire, n°76-78 - 1998

Sur le même thème, voir le glossaire La France : des territoires en mutation

Mise à jour : juillet 2005

 

Maillage du territoire de l'Union européenne


Voir :
- les entrées Nomenclature (NUTS), Statistiques européennes
- Lydia Coudroy de Lille, Une nouvelle architecture territoriale pour les États d’Europe centrale et orientale, 2005
- Emmanuelle Boulineau, État, territoires et maillage. La construction de l'État bulgare en Europe, 2004

 

Maillage des régions méditerranéennes


L'étude des régions du pourtour méditerranéen pose le problème des maillages à prendre en considération, de l'homogénéité, de la disponibilité des statistiques sur ces unités spatiales.
Dans son ensemble, la région méditerranéenne comprend 25 pays ou territoires en grande partie riverains de la mer Méditerranée. Il est possible de les répartir en trois sous-régions, pour faciliter les analyses comparatives (Plan Bleu) : le Nord ou l’Europe élargie (Portugal, Espagne, France et Monaco, Italie, Malte, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Slovénie, R.F. de Yougoslavie, Albanie, Grèce) ; l’Est (Turquie, Chypre, Syrie, Liban, Israël, Territoires Palestiniens de Gaza, et Cisjordanie, Jordanie) ; le Sud (Égypte, Libye, Tunisie, Algérie, Maroc).

L'Union Européenne, dans le cadre de sa Nomenclature des Unités Territoriales Statistiques (NUTS), définit différents niveaux de régions administratives équivalentes : NUTS 0 pour les États ; NUTS 1 pour les ZEAT (Zone d’étude et d’aménagement du territoire) ; NUTS 2, équivalent des régions ; NUTS 3, équivalent des départements français jusqu'à NUTS 5 les communes.
Le Plan Bleu, pour les besoins de ses travaux sur les régions côtières méditerranéennes, a pris en considération les unités NUTS 3 littorales de l'UE. Pour les autres pays hors UE, une demande officielle a été formulée afin que chaque pays propose des unités administratives littorales "comparables" aux NUTS 3 européens. Il en est résulté un ensemble de 221 unités administratives littorales correspondant aux NUTS 3 (wilayas en Algérie par exemple).
Mais ce niveau NUTS 3 méditerranéen, souvent suffisant pour montrer les disparités de développement entre le littoral méditerranéen et le reste du territoire des États, ne permet pas toujours de montrer les différences, au sein même d’une NUTS 3, entre la "bande littorale" et l’arrière-pays. Dans ce cas, il est nécessaire de considérer le niveau communal (NUTS 5 ou équivalent) pour étudier les différences entre les communes littorales et les communes de l’arrière-pays.

Pour compléter : inventaire des principales organisations régionales

 

Maillage du territoire chinois


Le territoire de la RPC est organisé en provinces, régions autonomes et municipalités placées directement sous l'autorité du gouvernement central. On en compte actuellement 31 :
- 22 provinces (sheng) : Anhui, Fujian, Gansu, Guangdong, Guizhou, Hainan, Hebei, Heilongjiang, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Qinghai, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan, Yunnan et Zhejiang. Notons que la Chine considère Taiwan comme étant la 23e province. Mais, dans les documents statistiques, seules figurent les 22 autres.
- 5 régions autonomes (zizhiqu) : Guangxi, Nei Mongol (Inner Mongolia), Ningxia, Xinjiang et Xizang (Tibet)
- 4 municipalités (shi) ; Beijing, Chongqing, Shanghai et Tianjin

Depuis les réformes de 1983-1984, les provinces tendent à être subdivisées en municipalités (shi) qui sont des villes, moyennes ou grandes, avec des districts ruraux. Les districts (xian) comprennent des bourgs (zhen) et des cantons (xiang). Les bourgs sont des petites villes augmentées d'espaces ruraux. Toutes ces entités administratives sont doublées de cellules du Parti communiste qui détiennent le vrai pouvoir de décision et d'encadrement.


La version française du Quotidien du Peuple saluait, le 25 décembre 2002, la sortie de la carte des divisions administratives de la République populaire de Chine, "la première du genre dans l'histoire de la Chine", sur laquelle sont indiquées les limites légales des divisions administratives terrestres au niveau provincial. Dans cette présentation, le quotidien note les propos de M. Luo Pingfei, vice-ministre des affaires civiles : "c'est la première fois, depuis l'institution du système de préfectures et de districts sous la dynastie des Qin (221-206 av. J.-C.), que des travaux de topographie sont effectués à l'échelle nationale en vue de tracer les limites provinciales ; il s'agit donc de la première carte de ce genre depuis des millénaires". Il relève aussi que "bien qu'établie à une faible échelle, cette carte permet de constater les changements importants que les limites provinciales ont connus en bien des endroits, notamment en ce qui concerne certains segments situés sur les limites entre le Gansu et le Qinghai, entre le Gansu et le Xinjiang, ainsi qu'entre le Qinghai et le Xinjiang, etc., autant d'indications qui ne figuraient pas sur les cartes en usage auparavant"
Le Quotidien du Peuple
rapporte aussi "qu'avant ces travaux, les limites des divisions administratives au niveau provincial comportaient seulement 5% environ de lignes légales contre 77% de lignes coutumières et 18% de lignes litigieuses, d'où il ressort que la plupart des limites de province n'avaient pas de force légale."
C'est ainsi, est-il précisé, que "grâce aux efforts ardus déployés par quelque 300 000 topographes", les limites de province (62 000 km de linéaire), celles des districts (416 000 km) ont pu être tracées et que "fut mis un point final à l'absence, durant plus de deux millénaires, de limites précises entre provinces et entre districts sur l'immense territoire de la Chine."

Des informations officielles :
- China Internet information centre - Chine, faits et chiffres (en français) : http://archive.china.org.cn:8080/archive/searchf.jsp?cat=20

Mise à jour : juin 2010

 

Maillage du territoire brésilien
 

Le maillage politique et administratif brésilien s'est formé en obéissant à trois principes et mécanismes : liberté, division et inégalité.
Liberté d'abord : le principe a toujours été que de nouvelles unités peuvent se former à la demande des habitants, quand elles atteignent une population minimale et dans le respect de règles légales. C'est ainsi qu'apparaissent au fil des ans des municípios (ou municipes, l'équivalent de nos communes) et que de nouveaux États se sont constitués au fil des siècles (Mato Grosso do Sul en 1979, Tocantins en 1988 pour prendre les derniers).
Division ensuite puisque les nouvelles unités se forment par démembrement des anciennes. Ainsi, lorsqu'un nouveau foyer de peuplement se forme et se développe, il devient insupportable à ses habitants de se rendre au municipe dont ils dépendent pour leurs diverses démarches administratives. Leur revendication d'autonomie a toute chance d'aboutir un jour ou l'autre si leur dynamisme démographique se confirme.
L'inégalité de poids politique et économique, de superficie, naît naturellement des deux premiers mécanismes.

 

 

 


Corrélats :

Échelle / État / Gouvernance / Territoire /