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Périurbanisation

Publié le 15/03/2013

La périurbanisation correspond à l’extension des surfaces artificialisées en périphéries des agglomérations urbaines. L’équivalent anglais est suburbanization. La périurbanisation est un processus dont l'espace périurbain est la conséquence spatiale.

Plusieurs définitions sont en concurrence : on estime parfois que la périurbanisation ne correspond qu’aux surfaces bâties en périphéries urbaines qui sont sans contact avec le bâti existant, et parfois que la périurbanisation concerne toutes les constructions nouvelles en périphéries. Certaines formes d'urbanisme comme le lotissement ou l'aménagement concerté (les fameuses ZAC), et certaines formes paysagères comme l'habitat pavillonnaire ou le mitage sont symptomatiques voire symboliques du phénomène de périurbanisation.

La périurbanisation est associée à l’extension rapide et très importante du bâti urbain au-delà de ses limites anciennes, en particulier dans la seconde moitié du XXème siècle avec la démocratisation de l’automobile, et l'attrait du logement individuel mais ses origines remontent au XIXème siècle avec l’essor des chemins de fer qui, associés à la bicyclette, permettaient à une partie des classes populaires d’habiter des quartiers ouvriers périphériques tout en travaillant dans les usines situées à l’intérieur des agglomérations.

L’artificialisation de surfaces nouvelles ne concerne pas seulement le bâti, mais également les réseaux viaires et les parkings. Lors de la construction de zones commerciales récentes, ce sont eux qui consomment le plus d’espace. L’étalement urbain associé à la périurbanisation a fait l’objet de nombreuses critiques que l’on peut regrouper en deux grandes catégories. Les critiques environnementales concernent la réduction des surfaces naturelles, l’artificialisation des sols (entraînant par exemple un mauvais écoulement des eaux de surface), et les mobilités automobiles génératrices de gaz à effet de serre. Les critiques sociales, beaucoup plus délicates à manier car parfois imprégnées de jugement de valeur, accusent la périurbanisation d’aggraver la ségrégation sociale en créant de l’ « entre-soi », voire dans les raccourcis les plus caricaturaux, d’aboutir à des votes de repli favorisant l’extrême-droite. Ce débat est abondamment documenté et il fait encore l’objet de controverses très vives (Cassely, 2014 ; Charmes et al., 2013 ; Charmes, 2014 ; Girard, 2013 ; Observatoire des inégalités, 2017). Aux États-Unis, la suburbanization a également été accusée d'accentuer la ségrégation, mais pendant longtemps l'accent a été mis sur les « ghettos pour riches » que seraient les gated communities, même s'il existe des quartiers résidentiels fermés pour classes moyennes et populaires.

Un courant de la géographie a opposé à la périurbanisation et à l’étalement urbain (la ville diffuse) un modèle de ville dense, ou ville compacte qui maximiserait les interactions sociales et minimiserait les dommages environnementaux. Jacques Lévy a théorisé cette idée en opposant « modèle d’Amsterdam » et « modèle de Johannesbourg », penchant clairement pour le premier au détriment du second. Les recherches récentes tendent à nuancer ce modèle en montrant la variété des situations périurbaines et l’émergence de nouvelles centralités dans les pratiques des habitants de l’espace périurbain.

Pour compléter

Sur la controverse à propos du comportement de repli et du vote extrême dans l’espace périurbain :

 

Première version : octobre 2003
dernière version : mars 2018