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Recherche et développement (R&D)

Publié le 29/01/2013

R&D dans l'Union européenne | R&D au Brésil


L'innovation scientifique et technique a permis le développement de l'humanité en permettant, au cours des derniers siècles, l'amélioration globale de l'alimentation, de la santé pour un très grand nombre. Les préoccupations alimentaires contemporaines (nitrates et pesticides dans l'eau, crise de l'ESB, légionelloses ou listerioses, etc.) ne doivent pas faire oublier les progrès, sur le long terme, de l'espérance de vie, le recul global de la morbidité des populations.
Aussi, la Recherche et développement (R&D), à savoir l'ensemble des activités entreprises de façon systématique sur financements publics ou privés en vue d'accroître les connaissances, est-elle indispensable pour garantir les conditions scientifiques et technologiques du développement durable. Les principaux axes de recherche concernant le développement durable sont, par exemple, les suivants :
- dans le secteur de l'énergie, la réduction des consommations et une meilleure éco-efficience, la réduction des rejets de gaz à effet de serre et de particules, la recherche de solutions énergétiques alternatives,
- dans le domaine de la biologie et du génie génétique, l'amélioration des résistances propres des espèces aux agents pathogènes, la réduction du recours aux produits phytosanitaires (pesticides, fongicides, etc.), la réduction de l'utilisation d'engrais grâce à des pratiques d'agriculture raisonnée.
Certaines de ces avancées scientifiques sont cependant en débat, ce qui est normal dans les contextes de démocratie et de débat citoyen des sociétés contemporaines modernes.

- Une rubrique spéciale de veille de l'actualité scientifique et technologique internationale réalisée à partir des Bulletins électroniques des Missions pour la science et la technologie des Ambassades de France (BE Adit) et mise à jour jusqu'en novembre 2013.

 

R&D dans l'Union européenne
 

À la lumière des comparaisons internationales, l'effort en R&D de l'UE peut sembler très insuffisant. Ainsi, croissance et emplois sont menacés à long terme en Europe par l'insuffisance des investissements dans la recherche comparés aux efforts considérables de l'Amérique du nord et des pays d'Asie. On observe aussi que la "fuite des cerveaux" européens est importante.
Comment assurer un rattrapage suffisant ? "L’Espace européen de la recherche" (EER) entériné par le Conseil européen de Lisbonne en mars 2000 (processus et stratégie de Lisbonne) avait pour ambition d’améliorer la cohérence des programmes communautaires et la coordination avec les projets publics nationaux. Le Conseil européen de Barcelone de 2002 donnait le cap avec l'objectif d'augmenter de plus de 50% en valeur réelle les dépenses en R&D d'ici 2010, qui passeraient ainsi de 1,9 à 3% du PIB, et d'atteindre 67% de part du secteur privé dans les dépenses totales en R&D en 2010. Le recentrage des projets sur un plus petit nombre d’actions clés présentant une cohérence d’ensemble et s’étalant davantage dans le temps (au delà des trois ans habituels) était également préconisé.

Depuis Barcelone, les chiffres clés publiés par la Commission européenne font apparaître des tendances inquiétantes pour l’investissement dans la R&D et l'innovation en Europe. Le taux de croissance de l'intensité de R&D (dépenses de R&D en % du PIB) régresse depuis 2000 et il est, en 2005, proche de zéro. L’Union est loin d'atteindre l’objectif qu’elle s’est elle-même fixé à Barcelone. Les dépenses de R&D ont stagné autour de 1,9% du PIB en 2003, alors qu’elles s’élevaient à 2,6% aux États-Unis et à 3,1% au Japon. Cette situation s’explique, en partie, par un ralentissement dans le financement de la R&D par les entreprises : en 2002, elles ont financé 55,6% des dépenses intérieures de R&D dans l'UE (contre 63,1% aux États-Unis et 73,9% au Japon) et cette part diminue malgré des incitations fiscales deux fois supérieures en Europe qu'aux États-Unis. Cette stagnation est inquiétante au regard aussi de la rapide progression des efforts de R&D dans les pays émergents comme la Chine : la part du PIB chinois consacrée aux dépenses de R&D augmente au rythme de 10% par an, ce qui devrait conduire l’économie chinoise à la même intensité en R&D que l’économie européenne en 2010.
Cependant les moyennes européennes masquent des différences très importantes entre pays. Entre 1991 et 2000, la productivité industrielle a ainsi progressé de 1,2% en moyenne annuelle au Portugal et de 1,9% en France mais de 8% en Irlande. De même, la part du PIB consacrée à la R&D était de près de 4% en Suède en 2003 contre environ 1,1% en Espagne et en Italie.

En 2004, les 4,8 milliards d'euros consacrés à la recherche par l'UE à 15 ne représentaient que 4,8% de son budget total. Pour tenter de relever les défis, la Commission européenne a mis en place, en février 2007, un Conseil européen de la recherche (CER), premier organisme de financement paneuropéen conçu pour soutenir des projets de "recherche aux frontières de la connaissance" dans tous les domaines de la science. Le CER s'efforce d'"ouvrir la voie à de nouvelles découvertes susceptibles d'aider l'Europe à répondre aux défis sociaux, environnementaux et économiques auxquels elle est confrontée". Il disposera d’un budget de 7,5 milliards d’euros réparti entre 2007 et 2013 correspondant au septième programme-cadre (7e PCRD / Seventh Framework Programme, 7FP) qui est, pour la période 2007 - 2013, l'instrument destiné à financer la politique de R&D de l'UE.
Dans le domaine du soutien aux PME innovantes, la Commission veut réfléchir à la création d’un Small Business Act européen tout en évitant la dispersion des moyens budgétaires limités qui lui ont été confiés. Des priorités devront être dégagées afin de mieux accompagner ce qui pourrait ressembler à une politique industrielle. Des avancées sont à noter, par exemple à travers l'adoption d'un système commun de dépôt et de délivrance des brevets et la création d'un Office européen des brevets.

Voir dans le dossier Territoires européens : régions, États, Union
- Innovation et territoire, enjeu essentiel des politiques d’aménagement en Europe, un article de Jacques Fache et Marion Gobin (Institut de Géographie de l'Université de Nantes / IGARUN)
- en corpus documentaire : Des données sur l'innovation

Pour prolonger
- Europa, le portail de l'UE, le domaine d'action "Recherche et innovation" :  http://europa.eu/pol/rd/index_fr.htm
- L'observatoire des sciences et des techniques (OST) : www.obs-ost.fr/fr/
- Cordis, Commission européenne, portail de la recherche et du développement européens : http://cordis.europa.eu/home_fr.html
- European Research Area - http://cordis.europa.eu/era/
- Science and Technology Indicators for the European Research Area (STI-ERA), données diverses (> Key figures) : http://cordis.europa.eu/indicators/
- L'Office européen des brevets : www.epo.org/index_fr.html
- La Banque mondiale (Global Competitiveness Network) : www.weforum.org/issues/global-competitiveness
- Eurosfaire, portail de sources d'information sur la recherche en Europe, point d'accès au 7e Programme Cadre 2007-2013 : www.eurosfaire.prd.fr/7pc/

Mise à jour : juin 2008

 

R&D au Brésil


La R&D dans le domaine agroalimentaire et agro-énergétique au Brésil est très avancée et dynamique. C'est elle qui permet l'adaptation incessante de nouvelles variétés à de nouvelles conditions climatiques expliquant les migrations rapides des zones de culture. C'est elle aussi qui explique, en partie, les gains de productivité, de 20% entre 1988 et 2008 alors que la superficie des terres agricoles n'avait augmenté que de 12%. L'agronomie brésilienne a ainsi su rendre exploitables, en corrigeant l'acidité des sols, les immensités des cerrados, savanes arborées réputées stériles.

La R&D est le fait de l'Embrapa, (Empresa brasileira de pesquisa agropecuária, l'Institut brésilien de recherche agronomique, équivalent de l'Inra en France) mais aussi du secteur privé, des puissants groupes des filières agroalimentaires brésiliennes (Sadia et Perdigao qui ont fusionné pour donner naissance au géant Brasil Foods (BRF) en 2009, Ceval) ou des firmes transnationales très présentes au Brésil (Monsanto, Syngenta, Unilever, Nestlé, Bunge, Danone, Cargill, Bayer, etc.).

Pour prolonger :
- les Bulletins électroniques sur le Brésil rédigés par les Services pour la science et la technologie des Ambassades de France et diffusés par l'ADIT www.bulletins-electroniques.com/actualites/pays/bresil.php