Climat méditerranéen
Le climat méditerranéen est un climat de transition entre la zone tempérée et la zone subtropicale. Caractérisant les espaces terrestres bordant le bassin Méditerranéen, le climat méditerranéen s'insère globalement dans le groupe des climats dits tempérés. Mais, en été, sa caractéristique principale (l’existence d’une longue période de sécheresse estivale) correspond aux climats des régions subtropicales. Celle-ci résulte de l’extension estivale vers les pôles d'anticyclones subtropicaux, comme l’anticyclone des Açores, (d'où la chaleur et la sécheresse estivales), qui s'effacent en automne et en hiver pour laisser passer le flux des perturbations tempérées venues d'Atlantique dans sa partie ouest ou de coulées d'air polaire dans sa partie nord-orientale. En conséquence, les caractères moyens des différents climats méditerranéens sont les suivants : un rythme à quatre saisons bien contrastées ; un été chaud et sec ; un hiver marqué, bien que doux (la moyenne mensuelle n’est jamais inférieure à 0°C) ; un printemps et un automne parfois très pluvieux, avec un net avantage à l’automne.
Plusieurs régions situées en dehors des zones bordant la méditerranée possèdent des climats comparables, également qualifiés, par extension et par européocentrisme, de « méditerranéens ». Il s’agit de la Californie, du centre du Chili (région de Valparaiso), du Sud-ouest de l’Australie, ou encore de la région du Cap, en Afrique du Sud.
Le climat de type méditerranéen a ainsi comme particularité la coïncidence entre le minimum pluviométrique et le maximum thermique annuels, ce dont rendent bien compte les diagrammes ombrothermiques. Pour le dire autrement, c'est le seul climat dont la saison la plus chaude est aussi celle qui reçoit le moins de précipitations. La sécheresse estivale correspond, selon la méthode proposée par H. Gaussen, aux périodes où les précipitations moyennes sont inférieures au double des températures moyennes (P<2T).
La Méditerranée est la seule mer à avoir donné son nom à un type climatique régional mais son bassin, dans son extension spatiale habituellement retenue, ne se confond toutefois pas complètement avec l'aire du climat méditerranéen : des nuances, désertiques sur sa partie méridionale, continentales dans sa partie nord (Adriatique), ou relatives aux effets du relief, en complexifient la réalité.
Les quantités annuelles de précipitations sont rarement négligeables : 765 mm/an à Alger, 862 mm à Nice, et même 2 000 mm sur les Cévennes. Elles peuvent, par leur concentration dans le temps (quelques semaines, voire, quelques jours), avoir des conséquences spectaculaires si ce n'est catastrophiques : c'est le cas, en France, des « épisodes cévenols » susceptibles de provoquer des crues dévastatrices.
Au-delà de ces paramètres pluviothermiques, le climat méditerranéen se distingue par ses durées d'ensoleillement importantes : 2 400 heures minimum au nord-ouest du bassin, 3 500 heures sur le littoral libyen. Notons enfin que la variabilité interannuelle du climat est très forte, ce qui n'est pas sans conséquences pour la gestion des ressources en eau et des risques.
(ST) 2010, dernières modifications (JBB), septembre 2021, (SB et CB), avril 2025.
Pour compléter avec Géoconfluences
- Martin Charlet, « Le bassin de la Muga, illustration très locale de la pénurie d'eau en Catalogne », Géoconfluences, avril 2024.
- Lisa Ernoul, Camille Roumieux et Alain Sandoz, « Perception et adaptation au changement climatique dans les deltas méditerranéens », Géoconfluences, janvier 2020.
- Agriculture méditerranéenne : Anne Lascaux, « La plaine agricole de Berre : essor et déclin d’un espace productif maraîcher français (années 1970-2020) », carte à la une de Géoconfluences, février 2022.
Pour aller plus loin
- Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergeo : European Journal of Geography, mis en ligne le 18 juin 2010.