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Choke point, P.P.O., passage stratégique, goulet d'étranglement

Publié le 26/01/2026
Auteur(s) : Marie-Christine Doceul, professeure de chaire supérieure, responsable éditoriale de Géoconfluences - DGESCO, ENS de Lyon
Jean-Benoît Bouron, agrégé de géographie, responsable éditorial de Géoconfluences - DGESCO, ENS de Lyon.
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Un point de passage obligé, en anglais « choke point » est un passage stratégique en matière de transport maritime. Les passages clés pour le transport maritime sont les goulets d’étranglement, étroits, peu profonds, talons d’Achille de l’économie mondialisée (Rodrigue et Notteboom, 2017). Ce sont principalement des détroits ou des canaux, parfois des caps, qui s’accompagnent souvent d’une limite de capacité des navires (désignér par le suffixe —max comme dans panamax ou suezmax).

Sur 150 à 180 passages maritimes internationaux retenant l'attention, on relève 28 passages de rang mondial dont 12 majeurs : détroit de Malacca, de Taïwan, Pas de Calais, détroit de Gibraltar, Bosphore, Dardanelles, détroit de Bab-el-Mandeb, canal de Suez, détroit de Macassar, d'Ormuz, cap de Bonne Espérance, canal de Panama (par ordre de fréquentation, Biaggi et Carroué, 2024). Leur importance stratégique est liée d’une part à l’étranglement qu'ils imposent à la circulation mondiale du fret et d’autre part aux activités et aux ressources économiques auxquelles ils donnent accès. En 2019, on estimait à 24 718 milliards de dollars la valeur des marchandises transitant par les grands passages maritimes stratégiques (ibid.).

Leur disponibilité permanente pour la circulation maritime mondiale est un défi majeur. En effet, les flux commerciaux sont soumis aux aléas de la situation politique et géopolitique de la région dans laquelle sont situés ces verrous. La fermeture d'un passage maritime dans l'économie mondiale actuelle, même si elle est temporaire, aurait d'importantes conséquences économiques avec la perturbation des flux commerciaux et même l'interruption de certaines chaînes d'approvisionnement telles celle du pétrole ou celle des pièces détachées. 

Depuis ces lignes écrites en 2018, la fermeture du canal de Suez pendant une semaine en raison de l'échouage d'un porte-conteneur a permis de vérifier leur vocation prédictive (lire cette brève). De même, le manque d'eau douce dans les lacs artificiels du canal de Panama pendant les saisons sèches 2023 et 2024 a entraîné une baisse contrainte du transit dans ce passage (Domergue, 2026).

(MCD) d'après Rodrigue et Notteboom, 2018. Dernières modifications (JBB) 2021, juin 2024, janvier 2026.


Références citées
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