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Renaissance rurale

Publié le 04/02/2022

Le terme de renaissance rurale est une façon imagée de décrire le processus de repeuplement des espaces ruraux, et plus généralement de reprise après une période de déprise rurale. Il a été popularisé par le titre de l’ouvrage du sociologue Bernard Kayser, La renaissance rurale. Sociologie des campagnes du monde occidental (1990.

Ce renversement de tendance s’observe dans les campagnes de la plupart des pays industrialisés à partir des années 1970. Après des décennies, parfois un siècle, de déclin démographique sous l’effet de l’« exode » rural, la courbe de population rurale amorce une remontée. La reprise démographique des espaces ruraux français est constatée lors de la publication des résultats du recensement de la population de 1982, en comparaison des résultats du recensement de 1975. Dès 1976, le géographe américain Brian Berry propose l’expression de counterurbanization (contre-urbanisation) pour décrire les processus conjoints de croissance démographique des zones non métropolitaines, incluant campagnes et petites villes, et de régression démographique ou, au moins, de stagnation, des grandes villes.

Cependant, la renaissance rurale n’affecte qu’une partie des espaces ruraux, à commencer par ceux en situation de proximité urbaine, le mouvement correspondant au départ à un déversement de la population d’origine urbaine dans les communes rurales. Il se traduit, dans un premier temps, par un solde migratoire largement positif (arrivées de population supérieures aux départs), puis un solde naturel positif (naissances supérieures aux décès) du fait de l’arrivée massive dans les communes rurales de jeunes couples en âge d’avoir des enfants, à la recherche d’un logement plus spacieux en accession à la propriété et d’un cadre de vie plus agréable. La renaissance rurale rejoint donc les phénomènes de périurbanisation et de rurbanisation, renforçant la fonction résidentielle de l’espace rural. Dans le même ordre d’idée, elle peut correspondre à la résidentialisation d’habitants temporaires d’un espace rural, venus pour les vacances avant de s’installer.

La renaissance rurale touche également des espaces ruraux plus isolés, suite à l’arrivée de nouvelles populations, liée notamment aux migrations définitives de retraités d’origine nationale ou étrangère (en France, le phénomène d’installation des Britanniques dans les campagnes du Massif Central, par exemple). Ce phénomène de néoruralité est ancien : les premières « vagues » de néoruraux sont arrivées dans les années 1970. Il touche les campagnes les plus attractives, presque toujours situées dans la moitié sud du pays.

La renaissance rurale entraîne de nombreuses conséquences structurelles sur les campagnesau-delà du seul phénomène de reprise démographique : réhabilitation de logements vacants, résidentialisation paysagère des campagnes par le développement de nouveaux lotissements, maintien ou création d’équipements et de services à la population, développement de nouvelles associations d’habitants, changement de composition des conseils municipaux. La renaissance rurale participe au changement social et à l’apparition de nouvelles fonctions productives, davantage tournées vers les services, ce qu’on regroupe sous l’expression « économie présentielle ». Elle contribue aussi à la multifonctionnalité des espaces ruraux, sous l’effet de nouvelles pratiques agricoles impulsées par les néoruraux, d’une prise en considération croissante de la fonction écologique des paysages ruraux, ou encore de pratiques hybrides entre agriculture et services marchands (agritourisme par exemple).

 (ST) 2005. Dernière modification (JBB), février 2022.


Référence citée
  • Bernard Kayser, La renaissance rurale. Sociologie des campagnes du monde occidental, Colin, 1990.
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