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Déprise

Publié le 02/07/2024
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La déprise est la diminution de l'intensité ou de l'extension d'une activité socio-économique dont les effets sont perceptibles dans l'occupation humaine de l'espace : déclin démographique et ses conséquences, paysages d'abandon, équipements obsolètes, etc.. Dans l'agriculture, il se traduit par l'abandon des terres ou la sous-utilisation de certaines parcelles (déprise agricole). Les friches, agricoles ou urbaines, sont les paysages caractéristiques de la déprise.

La déprise agricole est une composante de l'évolution des territoires ruraux. La déprise agricole signifie le recul des superficies cultivées. Elle contribue à transformer certains paysages en profondeur : apparition de friches (à ne pas confondre avec la jachère), reboisements, réaffectation à d'autres fonctions (tourisme, aires de protection de la nature – parcs ou autres), arrivée de néo-ruraux profitant d'espaces aux disponibilités foncières attractives. Dans certains cas, la déprise agricole se traduit non par une contraction des surfaces cultivées mais par une baisse de l'intensivité et des rendements, comme dans le cas du démantellement des serres dans la huerta de Berre, étudié par Anne Lascaux (2022).

La déprise agricole est souvent associée, plus généralement, à la déprise rurale, c'est-à-dire la diminution de la densité de population. « La France du vide », selon l'expression du géographe poitevin Roger Béteille en 1981, est celle des faibles densités, inférieures à 45 hab/km² en moyenne (voire de 25 ou 20 hab/km²) pour les densités des espaces à dominante rurale. Ils se concentrent, majoritairement , sur une diagonale Nord-est / Sud-ouest (qualifiée parfois de « diagonale du vide ») incluant des zones de montagne comme la Lozère, département le moins densément peuplé de la France métropolitaine (14 hab/km²). Cette « diagonale » a cependant tendance à se fractionner. Ainsi, l’étalement urbain toulousain gagne l’arrière-pays ariégeois, bien au-delà de la seconde couronne de périurbanisation. On parle aujourd'hui d'une France des faibles densités. Lorsque la déprise aboutit à la disparition complète de certains lieux de peuplement (villages abandonnés par exemple), on parle de désertification rurale (Nacef, 2023).

L'exode rural est un processus ancien, aujourd'hui terminé. Dans les espaces ruraux les plus touchés, il a parfois commencé dès 1846, qui aurait été l'année du maximum démographique des campagnes françaises. Aujourd'hui, le retournement démographique (ou « renaissance rurale ») par rétablissement d'un solde démographique positif n'a pas touché tous les cantons. De plus, dans de nombreux cas, le vieillissement de la population et le solde naturel négatif contrebalancent les arrivées. 

La continuité territoriale des services publics, l'installation et l'entretien des réseaux (routiers, énergétiques, de télécommunications) deviennent très onéreux, les commerces et les services du secteur marchand disparaissent. Il en résulte des transformations profondes des paysages : dégradation de l'habitat rural, ruines, mais parfois aussi reprises et restauration par des nouveaux propriétaires urbains français ou européens. Les territoires les plus touchés par la déprise peuvent bénéficier de mesures particulières telles que le dispositif des Zones de revitalisation rurale (ZRR) et celui des Territoires Ruraux de développement prioritaire mis en place par la LOADT de 1995. Des opérations de reboisement ont pu être entreprises, parfois financées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC).

(Coll.), dernières modifications (JBB), mai 2017, mars 2020, février 2022, septembre 2023.


Références citées
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