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Réserve indigène, autochtone

Publié le 24/11/2022

Une réserve indigène est un territoire confié à une population autochtone et protégé, au moins en théorie, contre l’accaparement et la colonisation.

Les premières réserves sont des lieux de détention et de déportation des Amérindiens, en particulier aux États-Unis : l’épisode tragique de la Piste des Larmes implique ainsi la déportation de populations autochtones du Sud-Est des États-Unis vers des territoires semi-arides de l’actuelle Oklahoma. L’histoire des réserves est ensuite une longue succession de violations de traités et de spoliations de territoires, avant le début d’une forme de reconnaissance des droits des Amérindiens au cours du XXe siècle. Au Paraguay, les réductions (reducciones) visaient à regrouper les autochtones de façon à faciliter leur conversion par les missionnaires jésuites.

Dans son principe comme dans son nom, qui rappelle les réserves naturelles, l’idée de réserve indigène a tendance à naturaliser les populations concernées, en les intégrant au champ de la nature, voire de la nature sauvage, la wilderness, par opposition à la culture et à la civilisation. Comme la réserve naturelle, la réserve indigène sanctionne un échec, celui d’une mise en valeur du reste du territoire respectueuse à la fois des équilibres environnementaux et de l’altérité et de l’antériorité des autochtones.

Les réserves actuelles, à la différence des premières réserves, résultent fréquemment de la reconnaissance a posteriori de l’existence d’un territoire autochtone. Cette reconnaissance est assortie de droits spécifiques : de propriété collective, d’usage... et d'une forme d'autonomie. Comme au XIXe siècle, elle reste toutefois tributaire de la capacité et de la volonté du législateur à faire respecter ces droits. Ainsi, au Brésil, la pression des fronts pionniers sur les réserves amérindiennes est forte, et elle s’est encore accrue sous la présidence Bolsonaro, de même que sur les droits des populations amérindiennes dans leur ensemble.

 
Les resguardos en Colombie

Le resguardo est une unité administrative reconnue par la constitution colombienne de 1991. Cette reconnaissance fait suite aux mobilisations indigènes réclamant une protection contre l’expulsion de leurs territoires ancestraux sous les effets combinés du conflit armé, du narcotrafic et de l’économie extractive. Un resguardo désigne un territoire collectif, autonome, inaliénable, imprescriptible, et insaisissable. Afin de préserver les systèmes économiques, culturels et spirituels des groupes indigènes, il dispose de protections spécifiques contre la pénétration des projets agro-industriels et miniers. Ces protections se manifestent principalement à travers le système de consultation préalable, qui impose une concertation collective et un libre consentement des populations du resguardo pour entreprendre un projet d’exploitation des ressources naturelles.

Marion Benassaya, octobre 2022.


 

Certaines réserves abritent des populations « non contactées » ou « isolées », c’est-à-dire préservées de tout contact avec le reste du monde, comme les Sentinelles des îles Andaman au large de l’Inde.

(JBB) octobre 2022


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