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(Dossier) L'Asie du Sud-Est, carrefours et confins

Labuan, la « perle de Bornéo » : intégration et fragmentation d’une île caractéristique des défis de l’Asie du Sud-Est

Publié le 13/09/2021
Auteur(s) : Quentin Jaboin, professeur agrégé d'histoire - université Clermont Auvergne
Étienne Ménager, professeur agrégé d'histoire, doctorant en histoire médiévale - université Toulouse 2 Jean Jaurès
Labuan est un territoire fédéral malaisien situé au nord-ouest de l’île de Bornéo, mis en valeur par des politiques de développement fondées sur le tourisme, une finance offshore et une économie industrialo-portuaire. Les recompositions spatiales récentes soulignent l’avancée du desakota et la réduction des friches qui n’empêche pas des logiques de protection de l’écosystème afin de concilier croissance et durabilité.

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«

« À trois heures du matin, quand les étoiles commencèrent à pâlir, Sandokan cria :

— Labuan !

En effet, vers l’Est, à l’horizon, où la mer et le ciel se confondaient, apparaissait confusément une légère ligne sombre.

— Labuan ! répéta le pirate en soupirant comme soulagé d’un poids énorme qui l’oppressait.

[…]

Labuan, dont la superficie ne dépasse pas cent seize kilomètres carrés, n’était pas, à cette époque, l’importante station navale qu’elle est aujourd’hui. […] On n’y avait à peine construit qu’une citadelle, à laquelle on avait donné le nom de Victoria, en établissant autour d’elle quelques fortins afin de la défendre et d’empêcher qu’elle ne fût détruite par les pirates de Mompracem, qui plusieurs fois avaient dévasté les côtes de l’île. Le reste de l’île était couvert de forêts profondes encore peuplées de tigres, et quelques rares factories seulement avaient été établies sur les parties élevées ou dans les prairies. »

Emilio Salgari, Sandokan et les Tigres de Mompracem, 1900, chapitre 3.

»

Lorsqu’au début du XXe siècle le romancier d’aventures italien Emilio Salgari donne comme décor à ses pirates de la Malaisie – dont le célèbre Sandokan – l’île de Labuan, il plonge le lecteur dans un eldorado à la nature préservée où accostent navires et flibustiers. Un siècle plus tard, les coques des navires ne sont plus de bois mais d’acier, les flibustiers viennent dissimuler un argent invisible dans ce nouvel eldorado financier tandis que les touristes se pressent sur les plages de sable fin. Bienvenue à Labuan.

Document 1. Carte de localisation de l’île de Labuan. Un territoire de l’Asie du Sud-Est au large de l’île de Bornéo

localisation labuan malaisie carte

Libre de droits pour l'usage pédagogique dans la classe. Voir l'image en très grand : cliquez ici.

Surnommée la « perle de Bornéo », l’île de Labuan est située à huit kilomètres de la côte de Bornéo et à une trentaine de kilomètres du sultanat de Brunei. Elle est beaucoup plus éloignée de la capitale administrative de la fédération, Putrajaya, située 1 500 km à l’ouest, sur la péninsule malaisienne. D’une superficie de 92 km2, l’île est peuplée de 99 500 habitants ((Données issues du département des statistiques de Malaisie lors d’un recensement en 2019.)), pour un taux de croissance annuel de 0,3 %. Elle présente donc une densité élevée (environ 1 080 hab/km2) avec une dissymétrie entre un intérieur des terres largement inoccupé et un littoral plus peuplé. Il faut isoler le cas particulier du chef-lieu, Victoria (appelée aussi Bandar Labuan), qui regroupe 85 % de la population au sud-est de l’île. Outre cette ville, Labuan est divisée en 27 kampung (au sens de villages) qui forment la structure d’organisation classique de la Malaisie à l’échelle locale.

Document 2. Un territoire fédéral qui relève directement du pouvoir malaisien

organigramme labuan fédération de malaisie

État fragmenté de l’Asie du Sud-Est, la Malaisie assure une cohérence politique et administrative entre les parties péninsulaires et insulaires de son territoire. En tant que fédération, son organisation administrative rend compte de cette unité dans la diversité, comme souvent en Asie du Sud-Est. Composée de treize États et de trois territoires fédéraux, elle se caractérise par la prééminence de la péninsule sur les territoires insulaires, renforcée par son poids économique et démographique. La péninsule malaise constitue 40 % du territoire et regroupe 85 % de la population des 32 millions d’habitants.

Depuis 1984, l’île de Labuan fait partie des « territoires fédéraux » de la Malaisie, aux côtés des deux capitales : Kuala Lumpur et Putrajaya, territoires fédéraux depuis respectivement 1974 et 2010. Cette structure induit une plus forte dépendance vis-à-vis du gouvernement central. Cela s’explique par la volonté de mettre en place des réglementations fiscales avantageuses, nécessaires à l’attrait d’investisseurs étrangers. L’essor économique de l’île repose également sur la mise en valeur de son milieu climatique et physique pour développer une offre touristique qui s’inscrive dans les standards internationaux. Par ailleurs, son développement se fonde sur l’exploitation des ressources fossiles sous-marines de la zone économique exclusive (ZEE). Or, du fait de ses conséquences environnementales, l’exploitation des hydrocarbures entre en concurrence avec la préservation d’un cadre naturel attractif pour l’activité touristique. Si l’ouverture internationale est un objectif central des politiques publiques à Labuan, elle est aussi source de fragmentation socio-spatiale. Les effets de ce processus s’observent dans la répartition des populations sur le territoire. Alors que Labuan cultive tantôt la visibilité, tantôt la discrétion dans ses différents leviers de développement économique, il convient de se demander quelles sont les logiques ainsi que les formes d’intégration socio-économiques de l’île à toutes les échelles.

Ce territoire fédéral a principalement axé son développement sur les mises en valeur financière et touristique. Ces dernières contribuent à la double ouverture de l’île à l’échelle régionale – qu’il s’agisse du Brunei, de l’État du Sabah ou du Sarawak – et mondiale. Cependant, cette ouverture à la mondialisation rencontre les particularismes locaux et provoque des réactions qui oscillent entre adaptation et appropriation. Enfin, l’intégration régionale se heurte, particulièrement en mer de Chine méridionale, à des conflits de partage de ressources entre voisins. Aussi, les initiatives de protection de l’environnement sont contraintes par les activités nécessaires à l’économie de l’île.

 

1. Tourisme et affaires, deux formes de mise en valeur du territoire fédéral de Labuan

L’intégration de l’île de Labuan à la mondialisation repose sur deux piliers : un tourisme tropical et d’affaires, conjugué à l’économie financiarisée d’un paradis fiscal.

1.1. Un tourisme balnéaire au large de Bornéo

Au sein de l’Asie du Sud-Est, la Malaisie occupe le second rang des pays les plus visités, derrière la Thaïlande. En 2017, elle a reçu 26 millions de touristes (données OMT). En 2019, l’île de Labuan a, quant à elle, accueilli 1,263 million de touristes, répartis comme suit ((Données issues du rapport de 2019 du Département du tourisme, de la culture et des arts de Labuan.)).

  • 1,121 million (88 %) de touristes « domestiques » (malaisiens) ;
  • 142 000 (12 %) touristes internationaux.

La majorité des touristes arrivent sur l’île par navire (803 000 touristes malais, 122 000 touristes internationaux) ce qui témoigne du faible rayonnement de l’aéroport national de Labuan. Et pour cause, Labuan n’est qu’à une heure de ferry du Brunei et à trois heures de Kota Kinablu, capitale de l’État du Sabah. La plupart des touristes ne restent que quelques heures à Labuan, entre deux ferrys, le temps de faire une visite rapide des environs en minibus et de profiter de l’absence de taxes pour faire quelques achats, essentiellement d’alcool et de tabac (Auzias et Labourdette, 2017).

Toutefois, il est possible de séjourner plus longuement sur l’île. La pratique touristique s’oriente alors vers des séjours en resorts (complexes hôteliers haut-de-gamme) répartis le long des côtes occidentale et orientale. Le cordon dunaire de la côte occidentale est bordé par une demi-douzaine de plages. L’offre hôtelière s’inscrit dans les standards internationaux de ce type de logement : piscine privative, bar-restaurant de haut standing, chambres spacieuses avec linge blanc éclatant et ambiance tamisée sur sol moquetté (Lonely Planet, 2019).

Au sud de l’île, près de Victoria, se trouve le water village (village sur pilotis) de Kampung Patau-Patau, peuplé entièrement de descendants de Malais brunéiens (Bouchaud, 2010). Établi dans les années 1930 puis détruit au cours de la Seconde Guerre mondiale, cet ancien village de pêcheurs a été reconstruit et sert désormais la pratique touristique. Celui-ci est particulièrement apprécié des touristes (Lonely Planet, 2019). Le gouvernement de l’île souhaite diversifier son offre touristique en faisant la promotion d’une activité en lien avec les traditions et les sociétés locales. Il est notamment proposé aux touristes de découvrir la langue et la danse traditionnelle des tribus brunéiennes ((Renseignements fournis par le site qui gère l’offre touristique de l’île : https://www.labuantourism.my.)). À l’évidence, cette pratique relève d’une forme de « disneylandisation » des sociétés locales (Brunel, 2012) : dans un contexte de mondialisation, société et culture sont transformées voire recrées pour satisfaire les attentes des touristes. Le village de pêcheurs s’en trouve muséifié afin de correspondre aux représentations préconçues. Ce cas n’est pas isolé : un autre water village, au sud-ouest de l’île, présente les mêmes caractéristiques.

Document 3. Aéroport (gauche) et terminal de ferries (droite) de Labuan
Aéroport de Labuan photographie terminal de ferries Labuan photographie
Clichés d’Uwe Aranas, CEphoto, 2011 (droits réservés). Photographies originales : terminal ferries / aéroport.

La pratique touristique s’oriente également vers des activités au large des côtes. Victoria accueille une marina, au sud-est de l’île et à proximité immédiate du centre-ville et de ses centres commerciaux et hôtels. Un groupe d’îlots au sud de l’île principale constitue quant à lui le parc marin de Labuan. Il est alors possible de lever l’ancre à bord d’un voilier ou d’aller plonger pour observer des épaves de navires. Ces plongées se pratiquent autour de Kuraman, une petite île au sud-ouest de Labuan. Quatre épaves, dont deux datant de la Seconde Guerre mondiale, font de Labuan une destination prisée des plongeurs friands d’explorations de vestiges historiques (Bouchaud, 2010). Par ailleurs, les découvertes des fonds marins de la région font la richesse du Labuan Marine Museum, situé à l’est du centre-ville. Ces activités marines s’inscrivent ainsi dans un tourisme culturel qui renforce l’attractivité de l’île.

1.2. Un paradis fiscal sous les tropiques

Le 1er octobre 1990, le territoire fédéral de Labuan est institué comme International Offshore Financial Center (IOFC) par le pouvoir central malaisien. Cette nouvelle ligne directrice économique a été rendue possible par un certain nombre de créations. La première structure juridique date du 15 février 1996 avec l’institution de la Labuan Offshore Financial Services Authority (LOFSA), renommée le 11 février 2010 Labuan Financial Services Authority (Labuan FSA). Cette structure assure une efficacité juridique pour la promotion économique du territoire : elle est la seule instance capable de fixer les règles de fonctionnement du marché à Labuan. Elle s’appuie sur la publication de lois destinées à renforcer l’attractivité économique, les investisseurs disposant d’une grande liberté légale ((Liste non exhaustive : « Finance : Labuan Financial Services Authority (Labuan FSA) – Site Info », 18 mai 2019. [en ligne]. Disponible sur : https://www.lawyerment.com)). L’île est devenue une zone franche qui bénéficie de conditions avantageuses sur le plan fiscal. La mise en place de cette zone franche résulte d’une volonté de la Malaisie de contrecarrer la place financière de Singapour qui s’était émancipée de la Fédération en 1965, seulement deux ans après son rattachement à la Malaisie. Si son poids n’est nullement comparable à cette cité-État florissante d’Asie du Sud-Est (Carroué, 2015), Labuan offre des atouts financiers non négligeables. Cette structure juridique permet à l’île d’offrir un cadre légal peu contraignant et un certain nombre d’avantages fiscaux (voir ci-dessous). Enfin, depuis 2010, Labuan est partie prenante de l’ambition malaisienne de créer une finance spécifique à destination de la population musulmane via le Labuan Islamic Financial Services and Securities Act (Delfolie, 2013).

Document 4. Labuan, les avantages fiscaux du centre international de financement off-shore

Paradis fiscal avantages fiscaux d'une zone franche graphique

Polarisant les activités financières, le Financial Park de Labuan regroupe un grand nombre d’entreprises spécialisées dans l’optimisation fiscale avec notamment les principales banques d’affaires des pays moteurs de la finance internationale, au rang desquelles on retrouve les banques françaises : BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, CIC ou encore Natixis (banque d’investissement du groupe BPCE). Des banques américaines, anglaises, néerlandaises, suisses, allemandes, italiennes et espagnoles sont aussi présentes. Toutes ces entreprises se sont dotées de filiales à Labuan afin de rendre le trafic financier plus efficace pour leurs clients. Ainsi, l’île est parvenue à attirer les investisseurs comme en témoigne le chiffre donné par la Labuan FSA de 540 milliards d’US$ ayant transité sur le territoire entre janvier et mai 2013 ((« Labuan, coffre-fort tropical », Le Temps, 2 septembre 2013. [en ligne] Disponible sur : https://www.letemps.ch.)). La même année, l’affaire des « offshore leaks » démontrait qu’entre 20 000 et 30 000 milliards d’US$ étaient stockés dans les paradis fiscaux dans le monde. Si l’on ne peut qu’avec grande précaution comparer stocks et flux, cela permet de saisir un ordre de grandeur de l’importance économique de ce paradis fiscal.

Document 5. Le Financial Park, haut lieu des entreprises off-shore gérées par le Labuan FSA

Financial Park Labuan photographie

Crédit : JKT-c, 2009, sous licence GNU (source).

 
Encadré 1. Une dissimulation de plus en plus efficace

Le statut de paradis fiscal de l’île a évolué au fil du temps. Labuan a d’ailleurs réussi récemment à sortir des écrans de radar de la lutte contre la délinquance fiscale. Le député Fabien Roussel rappelle dans son rapport les étapes du statut de ce paradis fiscal (Roussel, 2018). Labuan est inscrit en 2009 sur la liste noire de l’OCDE qui ne compte que quatre territoires. En 2017, elle est présente dans la liste grise commune européenne* et non plus sur la liste noire publiée quelques mois plus tard : « les modifications […] semblent plutôt témoigner d’une bienveillance contestable, voire d’une relative complaisance vis-à-vis de certaines juridictions. Comment expliquer que la Mongolie soit sur la liste mais que le Panama en sorte ? Comment justifier que la plupart des juridictions inscrites soient des pays en développement et qu’aucun pays riche et développé n’y figure ? » (Roussel, 2018). Alors que le député appelait de ses vœux à renforcer ces listes plutôt que de faire preuve de complaisance, l’Union européenne a choisi au contraire une voie opposée : Labuan est sortie en 2019 de la liste grise commune européenne. D’ailleurs, dans son rapport de 2019, l’O.N.G. Oxfam International** pointe les dysfonctionnements de cette liste qui ne parvient pas à imposer des mesures contraignantes aux paradis fiscaux (Langerock, 2019).

Cette sortie peut être vue comme une réussite pour ce territoire qui démontre des capacités à jouer avec des règles internationales complexes. Sa sortie des listes doit donc être considérée, non pas comme une volonté de changer de modèle économique, mais bien comme une parfaite intégration de ce territoire au niveau économique mondial. Car Labuan demeure un territoire qui propose de nombreux avantages fiscaux. Et si elle est parvenue, comme les plus grands paradis fiscaux mondiaux, à s’extraire des radars de contrôle, c’est par une sorte de promesse sur l’honneur, à l’instar de Hong Kong, Singapour ou Guernesey (Langerock, 2019).

Or, à propos de la crise des subprimes de 2008, Joseph Stiglitz écrivait que « les critiques contre les marchés commencent toujours par invoquer leur manque de transparence [mais] le problème de la transparence est en réalité celui de la tromperie. Les banques américaines cherchaient activement à tromper » (Stiglitz, 2010). Douze ans plus tard, cette analyse semble toujours pertinente pour qualifier ce phénomène. On pourrait d’ailleurs ajouter que le fait de se jouer des règles et des standards internationaux peut être pris en compte en négatif pour mesurer la bonne intégration de ces territoires. En effet, ces derniers disposent des capacités techniques pour se maintenir sur une ligne de crête étroite entre légalité et illégalité.

*Liste grise publiée le 5 décembre 2017 et complétée par une liste noire le 23 janvier 2018.
**Confédération non gouvernementale regroupant 20 organisations et ayant pour objectif la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans le monde.

Q. J. & E. M.


 

La trajectoire de Labuan s’inscrit dans le sillon d’autres îles tropicales, comme le rappelle Jean-Claude Maillard : « Le rôle de ‘‘paradis fiscal’’ joué par bien des espaces insulaires est en effet un puissant attrait ramenant tôt ou tard le flot des habitués qui peuvent masquer sous un prétexte de détente de très prosaïques déplacements d’affaires, unissant de la meilleure façon l’utile et l’agréable, d’où la fréquente imbrication des deux fonctions et la forte propension des îles tropicales, surtout les plus modestes, à jouer sur l’un et l’autre registres. » (Maillard, 2006).

 

2. Une société aux mille visages dans un territoire fragmenté

Si l’économie touristique et financière a supplanté la mise en valeur traditionnelle de l’île, celle-ci se conjugue à un tourisme culturel et mémoriel. Musées et mémoriaux témoignent de l’histoire et de la culture de l’île, à l’instar du Labuan Museum (Lonely Planet, 2019), situé au cœur de Bandar-Labuan. Une lecture diachronique de l’espace démontre l’importance historiquement stratégique d’une île dont la population est marquée par une pluralité ethnique et religieuse.

2.1. Une île habitée et disputée depuis une occupation récente

Labuan entre dans le giron de l’empire britannique après sa session par le sultanat de Brunei à la Compagnie britannique des Indes orientales en 1846 (Chassaigne, 2009). Cette dernière s’intéresse aux riches dépôts de charbon de l’île. Aujourd’hui, les touristes peuvent encore observer quelques traces de cette activité. À la pointe septentrionale de l’île, un circuit de randonnée a été aménagé autour des vestiges de l’époque coloniale, comme cette haute structure rouge brique, appelée « Chimney Tower » (Bouchaud, 2010). Un petit musée retrace l’histoire de l’activité extractive qui s’est étendue sur toute la deuxième moitié du XIXe siècle.

Document 6. Dans le nord de l’île, la « Chimney Tower » et son musée attenant, le Muzium Chimney

Chimney Tower Muzium

Cliché de Softboxkid, 2010, licence CC 4.0 attribution, partage dans les mêmes conditions (source).

Une tentative d’introduction de la culture du palmier à huile par la Couronne a lieu à la fin du XIXe siècle. En effet, entre 1876 et 1878, des essais de plantations de palmiers à huile sont réalisés à partir de noix provenant des jardins botaniques royaux de Kew, auparavant prélevées sur des palmiers ghanéens (Lynn, 2002 ; Lai, 2012 ; Corley et Tinker, 2015). Cependant, cette expérience s’est avérée infructueuse. Dix ans plus tard, la jeune revue des jardins britanniques royaux de Kew dresse en ce sens le bilan de cette tentative avortée : « Oil Palm in Labuan : A Success and a Failure » ((« Huile de palme à Labuan : un succès et un échec ». Kew Bulletin of Miscellaneous Information, 1889, n° 35, p. 259-267.)). La plantation fut une réussite mais son exploitation un échec puisque si les plants ont effectivement pris, personne n’a extrait d’huile de palme des noix obtenues. En outre, dès 1889, ces palmiers ont été remplacés par des cocotiers (ibid., p. 267), qui eux-mêmes n’ont pas été exploités. Aujourd’hui, on distingue encore çà et là quelques friches qui en portent les stigmates. Ces dernières se réduisent peu à peu pour laisser place à des quartiers résidentiels et à un paysage de desakota.

 
Encadré 2. Un territoire qui porte la mémoire de la Seconde Guerre mondiale

L’île porte la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Dans l’entreprise de reconquête de la baie du Brunei menée par les Alliés, le 1er juin 1945, les forces armées australiennes débarquent sur l’île de Labuan, tenue par les Japonais depuis trois ans. Le port de Victoria, l’aérodrome puis l’île passent sous contrôle australien en dix jours. Plusieurs mémoriaux commémorent cet épisode. Dans le sud-est de l’île, un vaste cimetière militaire (Tugu Peringatan Perang Dunia Kedua) est établi dès 1946. Il accueille les sépultures de près de 4 000 soldats morts dans les combats sur l’île de Bornéo (1941-1942, 1945) et des prisonniers de guerre, captifs des Japonais, tués lors des Marches de la mort de Sandakan. Sur la côte occidentale, le Surrender Point entretient le souvenir de la cérémonie de reddition du 10 septembre 1945 au cours de laquelle le général Masao Baba, commandant de la 37e armée, se rend au général George Wootten. Aujourd’hui, ces lieux de mémoire s’inscrivent dans une pratique touristique de type mémorielle (Hertzog, 2012 ; Chevalier et Lefort, 2016).

Q. J. & E. M.


 

2.2. Une pluralité ethnique et religieuse

Tout comme l’ensemble de l’Asie du Sud-Est, Labuan abrite une population pluriethnique et multiconfessionnelle. D’une manière générale, les minorités ethniques représentent souvent plus du tiers de la population (Monot, 2017), comme en Malaisie, à Singapour, au Laos ou en Indonésie.

À l’instar de l’archétypal village sur pilotis de Kampung Patau-Patau, l’île de Labuan est peuplée majoritairement de Malais brunéiens (Bouchaud, 2010) et de Kedayans. En 2010, 30 000 personnes sur un total de 86 000 sont des Kedayans ou des Malais brunéiens, soit 34 % de la population. Ces deux groupes ethniques sont également majoritaires dans les 71 % d’autochtones ((Données issues du département des statistiques de Malaisie, « Demographic Indicator Malaysia 2013 ».)), appelés Bumiputera (« les fils de la terre » en malais). L’installation des Kedayans sur l’île de Labuan témoigne de l’influence profonde exercée par le sultanat du Brunei, même après la session de l’île à la Compagnie britannique des Indes orientales en 1846. Les Kedayans sont une tribu d’origine javanaise qui s’est établie sur l’île de Bornéo, entre le Brunei, le Sabah et le Sarawak (Bouchaud, 2010). À partir du milieu des années 1860, plusieurs centaines de Kedayans ont commencé à émigrer vers Labuan (Maxwell, 1996 ; King et Druce, 2020). Les raisons de cette émigration ne sont pas clairement identifiées, mais il semble que les Kedayans souhaitaient devenir agriculteurs. D’après les sources de l’époque (Maxwell, 1996 ; King et Druce, 2020), ils seraient même devenus les premiers habitants permanents de l’île. À la fin du siècle, ils sont plus de deux milliers. Aujourd’hui, on dénombre encore une cinquantaine de villages, répartis entre Labuan, le Sarawak et le Sabah (Maxwell, 1996 ; King et Druce, 2020). En dehors des Malais brunéiens et des Kedayans, l’île est composée de plusieurs minorités, chinoises et indiennes principalement. Labuan ne déroge pas au principe du suprémacisme malais, qui se traduit par une discrimination positive pour les Bumiputera. Ces derniers considèrent que seuls les Malais « de souche » peuvent gérer les affaires du pays et que les citoyens malaisiens d’origine chinoise ou indienne sont redevables envers eux.

Sur le plan religieux, Labuan représente un condensé de la mosaïque cultuelle de l’Asie du Sud-est. Les habitants de l’île sont très majoritairement musulmans (76 %) avant d’être chrétiens (12,4 %), bouddhistes (9 %) ou d’une autre confession (2,6 %) ((Données issues du département des statistiques de Malaisie, « 2010 Population and Housing Census of Malaysia (Labuan) ».)).

 
Encadré 3. Une mosaïque religieuse

La venue des marchands navigateurs arabes et indiens en Asie du Sud-Est s’est accompagnée d’une islamisation à partir de la fin du XIIIe siècle, principalement dans l’archipel indonésien et la péninsule malaise. L’islam, plus précisément le sunnisme chaféite, est la religion de la Malaisie et l’État fédéral a d’ailleurs promu Labuan au rang des hauts lieux de l’islam malais. Depuis les années 1990, l’État souhaite véhiculer l’idée d’une nation unifiée autour de l’islam. C’est dans cette logique qu’il faut comprendre la campagne de construction de plusieurs centaines de lieux de cultes dans tout le pays ainsi que d’immenses mosquées (Aljunied, 2019). Au cœur du centre-ville de Victoria, la mosquée sunnite Masjid Jamek An-Nur, construite en 1988, s’inscrit dans ce style moderne, colossal, aux riches décors et aux dômes imposants.

Document 7. La mosquée sunnite Masjid Jamek An-Nur

Mosquée Labuan photographie

Cliché de Aidlfarhn, 2021, licence CC attribution, partage dans les mêmes conditions (source).

Quelques églises perpétuent le souvenir des vagues de missionnaires chrétiens qui ont laissé des traces surtout aux Philippines, au Timor oriental et dans l’archipel indonésien. Des missions d’évangélisation de l’île de Labuan sont menées dans les années 1850 par des Espagnols, installés aux Philippines (Wiltgen et Forman, 2008). L’évêché de Labuan est fondé en 1855 et Francis McGougall en est le premier évêque (Bunyon, 1889). Aujourd’hui, on trouve trois courants issus des mouvements de réveil religieux du XVIIIe et XIXe siècles, signe d’un prosélytisme actif depuis quelques dizaines d’années : l’Église adventiste du septième jour, l’Église méthodiste et l’Église du Saint-Sacrement.

Document 8. Temple Bouddhiste « Guang Fu Gong » de la diaspora chinoise (construit vers 1852)

Temple bouddhiste Labuan photographie

Cliché : Xiquinhosilva, 2005, licence CC (source).

En périphérie de Victoria, le Thirumurugan Temple, seul temple hindou de l’île, témoigne de la lente disparition de l’hindouisme de la partie archipélagique de l’Asie du Sud-Est, après treize siècles d’hindouisation – à l’exception de Bali – au profit du bouddhisme (du petit véhicule), qui possède un temple sur l’île. Enfin, l’île accueille d’autres minorités religieuses : on relève un Temple Guang Fu Gong Chinese et un temple sikh, également situés au sortir de la ville (le sikhisme est une religion monothéiste issue du sous-continent indien et fondée au XVe siècle).

Q. J. & E. M.


 

Ces éléments montrent que l’île de Labuan est un espace pluriethnique et multiconfessionnel illustrant la diversité de la région Asie du Sud-Est. À Labuan, la cohabitation semble engendrer des formes de syncrétisme et relève d’une volonté d’intégration des minorités – volonté se traduisant cependant par des formes d’assimilation en raison de la persistance d’un suprémacisme malais.

Forte de son héritage historique et culturel, Labuan joue la carte de l’intégration sociale et économique à l’échelle locale. Toutefois, le multiculturalisme est confronté à la mondialisation et aux pratiques touristiques qui transforment les modes de vie, ce qui montre également qu’à l’échelle régionale, il reste des défis à relever.

3. Les défis de Labuan : une intégration économique régionale à renforcer et un environnement à préserver

La situation dans la mer de Chine méridionale la place au cœur de rivalités de contrôle de l’espace maritime. En outre, les activités humaines ainsi que leur littoralisation ont des répercussions sur l’environnement, ce qui peut nuire in fine au développement de l’île.

3.1. Une île au cœur des conflits d’exploitation en mer de Chine méridionale

En 2019, la Malaisie est le 27e pays producteur de pétrole dans le monde avec 29,8 millions de tonnes, ne représentant pas plus de 0,7 % de la production mondiale. Si à l’échelle mondiale la Malaisie a une place secondaire parmi les pays producteurs de pétrole, à plus grande échelle cette production a des effets immédiatement visibles d’un point de vue économique, géopolitique et spatial.

L’île de Labuan se situe à proximité immédiate du sultanat de Brunei mais fait partie du territoire malaisien. Elle participe donc à l’affirmation de la ZEE malaisienne sur des fonds marins riches en ressources pétrolières. Le pôle principal de traitement du pétrole brut se situe dans le sud-ouest de l’île avec le Labuan Crude Oil Terminal (LCOT) exploité par la Sabah Shell Petroleum Company. Il stocke les productions issues des forages au large de l’île avec en particulier deux zones : le champ offshore du Sarawak situé à l’Ouest de Labuan et le champ offshore de Barton qui se situe à 225 km au Nord-est.

Document 9. Oléoducs et champs pétrolifères en mer de Chine méridionale

Carte prospections hydrocarbures

Quentin Jaboin, 2021 d'après contributeurs d'OSM et CSIS AMTI. L’espace prospecté par la Chine dans la ZEE vietnamienne correspond aux installations chinoises dans les parages des îles Spratley (Fau, 2018).

Ces deux sites sont intéressants dans leur localisation puisqu’ils se situent au nord de la zone économique exclusive du Brunei. Labuan réceptionne donc le pétrole brut en provenance des champs offshore de la ZEE de la partie malaisienne au nord-ouest de Bornéo avant de transformer et de réexpédier les produits pétroliers par son port. Différents sites fermés s’occupent de la transformation du pétrole (Petronas Fuel, Shell Petroleum) et du méthane (Petronas Chemicals Methanol) avant d’acheminer ces produits vers les terminaux d’exportation (voir croquis de synthèse). Ceux-ci sont quant à eux situés à l’extrémité méridionale de l’île afin de faciliter l’accès des pétroliers à fort tirant d’eau.

En outre, ces infrastructures pétrolières sont complétées sur l’île par deux zones industrialo-portuaires destinées aux autres productions : un terminal vraquier pour l’exportation des minerais et un terminal à conteneurs orienté vers le transbordement. Ces terminaux se situent également à la pointe sud de l’île pour permettre aux navires à grosses capacités d’accoster.

 
Encadré 4. Le sud-ouest de Labuan, exemple d’une fragmentation socio-spatiale

fragmentation spatiale exemple

Document 10. Le Sud-ouest de l’île de Labuan : un exemple d’une fragementation socio-spatiale

Le sud-ouest de l’île présente une juxtaposition d'activités industrielles, touristiques et résidentielles. On peut y observer un exemple de fracture socio-spatiale. Le site pétrolier de Hibiscus Petroleum et Petronas ainsi que deux zones d’habitations sont visibles au sud-ouest. Ces deux zones présentent de fortes disparités entre, au nord, un habitat précaire de type hangars avec toitures en tôles métalliques et au sud, un quartier ceint par un grillage et dont l’entrée est surveillée. S’il est difficile de savoir avec certitude qui vit dans ces deux quartiers, une distinction socio-spatiale forte entre les ouvriers du terminal pétrolier (au nord) et les cadres (au sud) est fortement probable. Par ailleurs, cette hypothèse est renforcée par la présence dans cette communauté fermée d’une mosquée qui témoigne de la présence de musulmans – et donc probablement de malais, l’élite dirigeante. Aussi, on peut noter à proximité de ce territoire le Labuan International Golf Club, dont la vocation est évidemment une ouverture vers les touristes étrangers et plus particulièrement vers les clients des resorts de la côte ouest qui n’ont aucun contact avec l’industrie située à un kilomètre au sud, ni avec ses employés.

Q. J. & E. M.


 

3.2. La protection d’un environnement fragilisé

En sus des activités industrielles et d’exportation, les pratiques touristiques ont aussi une empreinte forte sur l’environnement. Il n’est pas rare qu’elles soient dénoncées en raison de la dégradation du milieu, voire de la pollution de celui-ci. Les autorités de l’île de Labuan délimitent aujourd’hui des zones de protection de ses écosystèmes pour prévenir la déforestation et la destruction de son patrimoine marin.

À l’intérieur des terres, des sentiers de randonnée sont aménagés en arrière des complexes hôteliers afin que les touristes puissent se promener dans un espace forestier qui s’est constitué sur les anciennes friches agricoles. Néanmoins, cette pratique est fortement concurrencée par la viabilisation de terrains pour des activités industrielles ou résidentielles. C’est là une caractéristique de ce paysage de desakota : l’utilisation des sols montre une étroite imbrication des différentes activités (habitat, commerce, industrie, agriculture) (McGee, 1991). Sur le front de mer occidental, l’ensemble des six plages de sable fin font l’objet d’une campagne de nettoyage depuis 2008 avec un programme de lutte contre les déchets mené en Asie du Sud-Est (COBSEA). À l’entrée des plages, panneaux et écriteaux informent les touristes de cette volonté de préservation du milieu qui permet en outre la préservation des aménités touristiques et peut donc engendrer une plus-value économique.

La promotion d’un tourisme plus respectueux de l’environnement se retrouve également en mer. Au sud-ouest de Labuan, un parc naturel marin de 39,7 km2 a été délimité afin de tenter d’assurer la préservation de la biodiversité marine et de son écosystème.

 
Encadré 5. Protection de la biodiversité et parc national marin de Labuan

Le parc rassemble trois îles : Kuraman, Rusukan Bear et Rusukan Kecil. Ces îles largement boisées ne comportent presque aucune construction humaine. À l’intérieur du parc marin, entre ces trois îles, se trouve une barrière de corail. Plusieurs campagnes d’étude et de prévention, en lien avec les universités malaises et le Ministère des ressources naturelles et de l’environnement (Mustajap, 2015), se sont succédé au cours des dernières années afin de mesurer l’état de préservation de la barrière de corail de Labuan. Ces études montrent que la biodiversité présente dans ce parc est encore largement méconnue. Elle nécessite ainsi des campagnes approfondies d’exploration et de collecte de données afin de mieux protéger et donc conserver les coraux.

D’une manière générale, les coraux sont présentés comme étant dans un état de détérioration moyen, voire avancé. Aucun d’entre eux n’est dans un état jugé excellent de conservation (Mohd Safuan, 2018). Les raisons de cette détérioration tiennent à la surpêche, à la pollution des eaux, aux aménagements côtiers et aux activités industrielles et touristiques. Les pratiques de pêche illégale, telle que la pêche à l’explosif, sont connues pour être l’une des principales menaces des récifs de l’est de la Malaisie. Au-delà de ces constats, des solutions sont proposées, comme par exemple l’utilisation de bouées d’amarrage pour la pratique touristique, de façon à ce que les plongeurs ne puissent venir que sur quelques spots localisés et répertoriés. Néanmoins, cette politique ne semble tenir que de la mesure d’affichage tant les problèmes ont l’air sévères et les solutions dérisoires.

Q. J. & E. M.


 

Les mesures de protection prises par l’État fédéral de Labuan ont des répercussions directes sur le tourisme. Les plongées pour explorer les épaves ont été affectées par ces mesures de protection – contrairement à l’exploitation pétrolière dont la prospection n’est pas limitée. En 2012, les activités sont signalées suspendues (Lonely Planet, 2012) alors qu’en 2019 celles-ci sont à nouveau proposées aux touristes (Lonely Planet, 2019). Il semble y avoir eu un compromis entre volonté d’exploitation des ressources du sous-sol marin pour son potentiel touristique ou pétrolier et protection de celui-ci.

 

Conclusion

« Labuan » signifie l’ancrage (anchorage) ou alors le port (harbour). Son nom résume à lui seul la dynamique dans laquelle s’inscrit l’île depuis fort longtemps. Jadis simple escale maritime, elle suit une trajectoire assez classique des territoires insulaires. Cependant, trop proche de Singapour, elle ne parvient pas à s’imposer durant la période. Ce n’est que depuis la seconde moitié du XXe siècle que Labuan tente d’être un port numérique où l’on accoste pour dissimuler un trésor invisible.

Document 11. Panneau de signalisation indiquant les principaux lieux de l’île de Labuan

Panneaux routiers à Labuan

Cliché de Kianboon, 2006, licence CC (source).

À bien y regarder, l’île de Labuan présente un intérêt pour l’étude de l’Asie du Sud-Est en ce sens qu’elle regroupe en un espace très restreint la majeure partie des thématiques et des enjeux de cette région du monde (Franck, 2020). Le développement de son territoire s’appuie sur des initiatives conjointement portées par le gouvernement central malaisien et par des acteurs privés, en s’appuyant sur les élites de l’ethnie dominante malaise. Cette mise en valeur répond à des logiques économiques mondialisées qui participent à une modification du territoire et des sociétés locales. Cependant, cette logique d’intégration, tant à l’échelle régionale que mondiale, entraîne une fragmentation tant sociale que spatiale. Île de diversité, Labuan apparaît encore, à l’instar de l’Asie du Sud-est, comme un espace en quête d’unité.

Document 12. Croquis de synthèse
Croquis de synthèse Labuan Asie du Sud Est Légende du croquis de synthèse Labuan Asie du Sud Est

Bibliographie

Approche générale
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  • Fau Nathalie et De Tréglodé Benoît (dir.), Mers d’Asie du Sud-Est. Coopérations, intégration et sécurité, CNRS Éditions, 2018.
  • Franck Manuelle, Fau Nathalie (dir.), L’Asie du Sud-Est, émergence d’une région, mutation des territoires, Armand Colin, 2019.
  • Franck Manuelle, « Une géographie de l’Asie du Sud-Est », Geoconfluences, juin 2020.
  • McGee Terry G., « The emergence of desakota regions in Asia: expanding a hypothesis » dans Ginsburg et al., The extended metropolis: Settlement transition in Asia, 1991.
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Sur le tourisme
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  • Bouchaud Jérôme, Malaisie : Modernité et traditions en Asie du Sud-Est, Olizane, 2010.
  • Brunel Sylvie, La planète disneylandisée. Pour un tourisme responsable, Éditions Sciences Humaines, 2012.
  • Chevalier Dominique et Lefort Isabelle, ;« Le touriste, l’émotion et la mémoire douloureuse », ;Carnets de géographes, n° 9, 2016.
  • Hertzog Anne, « Tourisme de mémoire et imaginaire touristique des champs de bataille », ;Via, n°1, 2012.
  • Lonely Planet, Malaisie, Singapour et Brunei. 6e édition, Place des éditeurs, 2012.
  • Lonely Planet, Malaisie, Singapour et Brunei. 9e édition, edi8, 2019.
Sur l’économie
Sur l’huile de palme
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  • Kew Bulletin of Miscellaneous Information, 1889, n° 35.
  • Lai Oi-Ming (dir.), Palm Oil: Production, Processing, Characterization and Uses, Elsevier Science, 2012.
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Sur la protection de l’environnement
Sur la religion et les ethnies
  • Aljunied Khairudin, Islam in Malaysia; An Entwined History, Oxford University Press, 2019.
  • Bunyon Charles John, Memoirs of Francis Thomas McDougall, sometime Bishop of Labuan and Sarawak, and of Hariette his wife, Longmans, Green and Company, 1889.
  • King Victor T., Druce Stephen C., Continuity and Change in Brunei Darussalam. The Modern Anthropology of Southeast Asia, Routledge, 2020.
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  • Wiltgen Ralph M., Forman Charles W. (collab.), The Founding of the Roman Catholic Church in Melanesia and Micronesia, 1850-1875, Wipf and Stock Publishers, 2008.
Sitographie

Mots-clés

Retrouvez les mots-clés de cet article dans le glossaire : desakota disneylandisation | kampung | fragmentation | intégration | littoralisation | ZEE | zone franche.

 

 

Quentin JABOIN
Professeur agrégé d'histoire, Université Clermont Auvergne

Étienne MÉNAGER
Professeur agrégé d'histoire, Université Toulouse 2 Jean Jaurès

 

Mise en web : Jean-Benoît Bouron

Pour citer cet article :

Quentin Jaboin et Étienne Ménager, « Labuan, la « perle de Bornéo » : intégration et fragmentation d’une île caractéristique des défis de l’Asie du Sud-Est ». Géoconfluences, septembre 2021.
URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/asie-du-sud-est/articles-scientifiques/labuan-malaisie-integration-fragmentation

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