Confluence, vitrine et arrière-boutique de la métropolisation lyonnaise
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Devant accueillir 17 000 habitants d’ici 2025 et 25 000 emplois d’ici 2030, Confluence est la vitrine de la politique d’attractivité métropolitaine lyonnaise (Adam et Laffont, 2018). Le quartier a été conçu suivant les mots d’ordre centraux de la production contemporaine de l’urbain (Adam, 2016) : ses promoteurs le souhaitent innovant aux plans architectural, technologique et environnemental ainsi que participatif et socialement mixte.
Projet lancé officiellement lors de la mandature de Raymond Barre en 1998 mais surtout réalisation urbanistique emblématique des mandats de Gérard Collomb à la tête de la ville (2001-2020), de la communauté urbaine puis de la Métropole, Confluence est depuis lors l’un des principaux projets de Lyon pour « prendre d’assaut la scène internationale » (Payre, 2013).
Pour une ville qui revendique sa place en tant que métropole mondiale et européenne (Bardet et Healy, 2015) et qui cherche à se distinguer par ses projets urbains (Boino, 2009 ; Payre, 2013), la possibilité de bénéficier d’un foncier de 150 hectares de friche portuaire, industrielle et logistique disponible (l’activité du port Rambaud s’est arrêtée définitivement en 1995, le marché de gros a déménagé en 2009) à quelques encablures de son centre-ville ne pouvait qu’être séduisante.
Le projet Confluence s’étend jusqu’au point où la Saône se jette dans le Rhône, là où se dresse désormais le Musée des Confluences. L’espace du projet s’achève avec le territoire administratif de la ville de Lyon, et s’ouvre vers la vallée du Rhône qui devient immédiatement le « couloir de la Chimie », surnommé ainsi car il compte une grande concentration d'usines de l’industrie chimique. À l’Ouest, l’espace est borné par la Saône et les balmes de la commune de la Mulatière. À l’Est, le site est délimité par le Rhône et l’autoroute A6/A7, en cours de transformation en boulevard urbain, et qui emprunte le quai rectiligne tracé par l’ingénieur Antoine Michel Perrache en 1766 dans le but de déplacer le confluent vers le Sud. Au Nord, il touche le quartier ouvrier de Sainte-Blandine, puis, un peu plus haut, la gare de Perrache. Inaugurée en 1857, doublée d’un échangeur autoroutier dans les années 1970, celle-ci se dresse comme une barrière coupant la Presqu’île en deux tant par les voies de chemin de fer que par les différents niveaux de la gare elle-même.
La transformation de cette friche industrialo-portuaire située au centre d’une métropole régionale a, dès les origines, revêtu une ambition vertueuse, sous le signe de la ville durable puis de la smart city. Pourtant, les modalités de la mise en œuvre de ce projet urbain relèvent plus de la ville néolibérale que de l’utopie urbaine (Adam et Comby, 2020). L’environnement et la mixité sociale sont-ils solubles dans le néolibéralisme urbain ?
Document 1. Carte de localisationDocument 2. Plan du projet Confluence |
1. De la friche portuaire au centre commercial
Quand commence l’opération foncière de Confluence, le sud de la Presqu’île lyonnaise a l’image d’un site enclavé, industriel, à la population vieillissante, pauvre et immigrée. Perçu comme une zone de trafics et de prostitution, il est séparé du reste de la ville par les « voûtes » de Perrache qui lui valent un surnom péjoratif : « derrière les voûtes ». L’un des objectifs de Confluence est d’en redorer l’image pour le « rendre attractif », c’est-à-dire y attirer une population de diplômés et de cadres des secteurs dits créatifs ou innovants, socialement très différente de la population qu’elle remplace.
Document 3. Chronologie du projet Confluence
- 1995 Premières annonces politiques (Raymond Barre)
- 1996 Disponibilité du foncier
- 1998 Premières esquisses (projet Melot, Bohigas et Mosbach)
- 2003 Phase 1 (projet Grether et Desvigne)
- 2005 Premiers chantiers
- 2008 Premiers équipements livrés
- 2010 Phase 2 (projet Herzog et de Meuron et Desvigne)
- 2013 Premiers chantiers de la phase 2
- 2014 Achèvement officiel phase 1
- 2017 Premières livraisons phase 2
- 2025 Objectif initial d’achèvement prévu
Photographie 1. La « voûte » Est de Perrache, vue du SudCes courts tunnels permettent de traverser le pôle multimodal et les voies ferrées qui séparent le Sud du Nord de la Presqu’île de Lyon. Ils sont à l’origine d’un surnom péjoratif qui désignait pour les Lyonnais le quartier qui accueille aujourd’hui Confluence : « derrière les voûtes ». Cliché Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. Toutes les photographies de cet article sont libres de droits pour l'usage pédagogique dans la classe. |
Cette séparation, caractérisée par les voûtes qui supportent l’édifice, était à l’origine volontaire : elle devait marquer la limite entre la partie résidentielle et bourgeoise et la partie industrielle et portuaire de Lyon, où était aussi située la prison. Depuis cette période, les couches successives d’infrastructures qui se sont rajoutées au niveau de la gare Perrache – autoroute A7, accès routiers, gare routière, lignes de tramway – n’ont fait qu’amplifier cet aspect en la rendant difficilement franchissable. Aujourd’hui, la Presqu’île au sud de Perrache, en dehors du périmètre de Confluence et de la caserne de gendarmerie, est encore l’un des quartiers les plus pauvres de la ville de Lyon. Comme l’illustre le document 1, l’espace du projet est relativement enclavé, en dépit du pont qui l’ouvre depuis 2014 vers le reste de Lyon par le quartier Gerland, la desserte par le tramway, une navette de bus électrique et, épisodiquement, la navette fluviale gérée par le centre commercial, baptisée le « vaporetto ».
Les promoteurs de Confluence jouent d’ailleurs fortement sur le renversement de l’image négative du port (industrie, prostitution, pauvreté) en une image positive (loisirs, patrimoine, paysage).
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Le projet, dont les premières esquisses ont été réalisées à la demande de Raymond Barre – l’aménagement du Confluent était inscrit en 1995 à son programme de campagne – a mis du temps à se concrétiser. Il en a été ainsi parce que le maire de l’époque avait décidé d’inscrire l’aménagement du confluent sur le temps long, et parce qu’une partie du foncier de cet ancien site industriel, propriété de VNF (Voies Navigables de France), d’EDF et de la SNCF, n’était pas disponible. De plus, le site, extrêmement pollué, nécessitait de gros travaux avant d’être aménageable. Si, dans le projet d’origine, il fut question de faire disparaître l’emprise autoroutière pour recoudre le tissu urbain, le projet finalement retenu prend le parti de « faire avec » les infrastructures existantes que sont l’autoroute, la gare de Perrache et les voies de chemin de fer. Depuis 2017, l’autoroute A6/A7 a été déclassée et est devenue un boulevard urbain. Si le changement est peu perceptible à l’heure où nous écrivons, le trafic devrait un jour être apaisé et l’accès aux quais du Rhône rendu possible à d’autres usagers que les automobilistes.
Photographie 2. Coupure autoroutière entre le musée et le reste du quartierMême si elle a été déclassée en 2017 et devrait devenir un boulevard urbain dans les années à venir, l’autoroute A6/A7 est toujours une coupure entre l’est du quartier et le Rhône. Elle marque aussi l’ambiance visuelle, sonore et olfactive du quartier. Cliché Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
Confié en 2000 aux cabinets parisiens de François Grether (urbanisme) et de Michel Desvigne (paysagisme), le projet commence sur une première tranche située dans l’ouest du site, c’est-à-dire sur les 41 hectares qui s’étendent du Cours Charlemagne aux berges de la Saône. L’arrivée à l’Hôtel de ville de Gérard Collomb, qui a fait de Confluence un symbole de ses mandats successifs, a accéléré la conduite du projet et a introduit l’idée d’un centre commercial au centre de l’opération. En 2010, la réflexion sur la seconde phase est entamée avec une nouvelle équipe toujours composée de l’atelier de Michel Desvigne, cette fois associé au célèbre cabinet d’architecture suisse Herzog et de Meuron.
Photographies 3 à 5. Quelques réalisations de la première phase du projet |
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Face à la darse (nom donné à ce bassin en référence au passé industrialo-portuaire du site), les façades bariolées de la première phase du projet, typique de la production architecturale du début des années 2010. |
Derrière le poétique nom de « venelles », les allées internes aux premiers îlots sont très minérales. Elles laissent aussi apparaître la variété de canisses (ou brise-vue) que mettent en place les habitants pour se protéger de vis-à-vis jugés trop proches. |
Les premiers îlots en front de darse. Cette vue a longtemps servi de carte postale promotionnelle au projet. Au premier plan, le Vaporetto, ligne fluviale opérée par le gestionnaire du centre commercial (Unibail-Rodamco-Westfield) qui permet de rejoindre le centre de Lyon par la Saône. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
En raison de l’exposition médiatique dont elle a bénéficié et de l’importance des surfaces disponibles, Confluence a attiré de grands bâtiments, notamment des sièges d’institutions publiques comme le conseil régional ou la Banque de France. De nombreuses entreprises y ont implanté leurs sièges régionaux ou nationaux. Citons en exemple les groupes de presse et de communication GL Events, Euronews, Le Progrès et Espace Group, les entreprises de promotion ou de construction Eiffage, Groupe Cardinal ou Qpark, ou encore la multinationale GDF Suez. S’y ajoutent les bureaux de nombreuses petites entreprises travaillant dans la communication, les nouvelles technologies, le design et la culture.
Photographies 6 et 7. Musée des Confluences et marque OnlyLyon |
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Façade nord du musée dessiné par l’agence « Coop Himmelb(l)au » dans un style déconstructiviste censé figurer une baleine qui sort de l’eau. Le musée des Confluences a été inauguré en 2014 alors que le premier permis de construire avait été délivré en 2003. Ce musée a défrayé la chronique lyonnaise, car son coût a été multiplié par cinq (de 61 à 330 millions d’euros) entre son premier chiffrage (2000) et sa livraison (2014).
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La statue-logo d’OnlyLyon, marque territoriale du Grand Lyon, est régulièrement déplacée d’un point à l’autre des quartiers centraux. On la voit ici à la confluence fluviale entre Rhône et Saône, devant le Musée des Confluences côté sud. On devine en arrière-plan le pont Raymond Barre supportant la voie de tramway qui relie Confluence au quartier de Gerland. Une trottinette électrique, typique des paysages urbains contemporains, gît abandonnée. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
S’il a émergé indépendamment du quartier résidentiel, tertiaire et commercial, le bâtiment emblématique de l’ambition pharaonique du projet est néanmoins le musée des Confluences, à l’architecture déconstructiviste signée Coop Himmelb(l)au représentant une baleine sortant de l’eau.
Il a défrayé la chronique médiatique lyonnaise de la décennie passée en raison de la durée de son chantier et du rapport de un à quatre entre son coût prévu et effectif. Alors que le permis de construire a été validé en 2003, le chantier n’a été achevé et inauguré qu’en décembre 2014 après de nombreux problèmes techniques (surtout au niveau des fondations, situées dans une zone alluviale instable). Le musée a longtemps été considéré comme un fardeau par la SPLA et le Grand Lyon qui, sans en être responsables, devaient composer avec une image négative du musée associée au nom Confluence. Longtemps, le musée, pourtant en chantier, n’a pas été représenté sur les plans du quartier. Il a finalement intégré le giron de la Métropole du Grand Lyon au 1er janvier 2015 dans le cadre de la fusion de l’intercommunalité avec le département. D'après son rapport d'activité 2019, le musée a reçu 3,7 millions de visiteurs pendant ses cinq premières années d'existence.
Photographies 8 à 11. Au cœur du projet et du quartier, le centre commercial Confluence |
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Devant l’entrée du centre commercial Confluence, la multimodalité du quartier se fait visible : l’automobile partage l’espace avec le tramway, le vélo privé et le vélo en libre-service (station de Vélo’v sur la gauche du cliché). |
Vue intérieure du centre commercial. Construit sur le modèle nord-américain du mall, avec ses magasins et son food-court, le centre commercial Confluence est plus connu que le quartier éponyme par la plupart des Lyonnais. |
Vue de la darse depuis le centre commercial : les dernières constructions de la première phrase du projet, à gauche, parmi lesquelles un bâtiment de bureaux à énergie positive (il en produit théoriquement plus qu’il n'en consomme), font face aux premières de la seconde, à droite. En arrière-plan, la tour Belv'y, immeuble résidentiel (voir l'article de Geoffrey Mollé) |
Le centre commercial accueille aussi un hôtel 4 étoiles et un parking de 1355 places. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
En ce qui concerne les activités privées, on trouve tout d’abord de nombreux bureaux, dont les sièges régionaux et nationaux de grosses entreprises (voir ci-après). L’objectif affiché par le Grand Lyon est 25 000 emplois sur le site lorsque le projet sera achevé. Les commerces sont aussi une grande part de l’activité de Confluence. En premier lieu, vient le « pôle de commerces et de loisirs » et ses 53 000 m² de surface de vente. Ce centre commercial conçu sur le modèle du mall nord-américain (Berdet, 2013) comprend un supermarché, une centaine de boutiques, une dizaine de restaurants, ainsi qu’un cinéma de 14 salles, une salle de sport et un hôtel de 150 chambres. La présentation se veut haut de gamme (« le shopping quatre étoiles » dit le slogan) et la plupart des marques présentes correspondent à ce positionnement (de Apple à Hollister, même si on y retrouve aussi un McDonald et un Subway). Pour la plupart des habitants de l’agglomération lyonnaise, le nom Confluence renvoie d’abord à un centre commercial. Le mall éclipse en quelque sorte le quartier. L’offre commerciale est complétée par des commerces en pied de porte dans les rues de la partie résidentielle, dont un bureau de poste, une boulangerie et un supermarché bio. Des restaurants, bars et boîtes de nuit, plus ou moins luxueux, complètent le programme commercial.
Entre le musée et le centre commercial, un parc parsemé de « pavillons » longe, depuis le confluent, les berges de la Saône. Ces pavillons hébergent surtout des entreprises, quelques magasins ou restaurants et des espaces d’exposition et de concerts. C’est là que se trouvent la plupart des « gestes » architecturaux souhaités par le programme, comme le Cube Orange ou la réhabilitation de la Sucrière, à la fois salle d’exposition, salle de concert et boîte de nuit.
Photographies 12 à 14. Le front fluvial, de la friche industrialo-portuaire aux fonctions de services et de loisirs |
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Le Cube Orange, l’un des différents pavillons signés par des « starchitectes » (ici les français Jakob et MacFarlane) qui occupent le parc qui longe la Saône dans le sud du projet. Ce bâtiment, qui accueille le siège du promoteur immobilier Groupe Cardinal a été l’une des premières icônes architecturales du quartier. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
Le Cube Vert, inauguré quelques années plus tard au sud de son homologue orange. Il est lui aussi signé Jakob et MacFarlane. |
La Sucrière, bâtiment industriel des années 1920, ancienne usine de sucre dénommée « Entrepôt réel des sucres indigènes », a perdu sa fonction logistique en 1993. Il a été transformé en salle d’exposition et de concerts et, sur son toit, en boîte de nuit. |
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2. La vitrine d’une ville qui soigne son image
Confluence est l’un des projets par lesquels Lyon cherche à se défaire d’une image jugée par certains élus et hauts cadres de la Métropole, qui s’accordent en cela avec les promoteurs, comme conservatrice ou poussiéreuse : celle d’une ville bourgeoise et froide, du théâtre de Guignol, de la gastronomie traditionnelle… Et ce, alors que la ville cherche à être identifiée sur la scène internationale depuis des décennies (Payre, 2013) et se compare en permanence aux villes européennes concurrentes. L’objectif de cette « ville mondiale en formation » (Authier et al., 2010, p. 8) est d’être moderne, dynamique, originale et innovante.
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Le développement de l’image de Confluence s’inscrit directement dans la stratégie de métropolisation de Lyon. Si l’on ne saurait réduire ce projet urbain à un projet marketing, la dimension publicitaire de ce quartier est centrale depuis ses prémisses (Grudet, 2010). Dans la stratégie de construction qui vise à établir l’image de marque de Lyon, Confluence est le produit haut de gamme et médiatique. Sous la plupart de ses coutures, Confluence est emblématique de la production néolibérale de l’urbain telle que nous l’avons décrite ailleurs (par exemple Adam, 2019).
- De nombreux « starchitectes » y sont intervenus : Jean Nouvel, Christian de Portzamparc, MVRDV, Jakob et MacFarlane, Coop Himmelb(l)au, etc. ;
- Outre des logements, le quartier accueille des lieux de consommation et de loisirs : un musée, un centre commercial, des salles de concerts, des restaurants et boîtes de nuit. Par ailleurs il est choisi pour le nouveau siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que pour les sièges sociaux de médias et d’agences de communication ou d’évènementiel ;
- Des manifestations culturelles y sont organisées régulièrement. Certaines attirent un public international comme la biennale d’art contemporain de Lyon et le festival de musique électronique « les Nuits sonores » ;
- Massive, la communication sur Confluence se décline en divers supports : insertion dans la communication web et vidéo de l’Agence de développement de Lyon (l’Aderly) ou de sa marque territoriale (OnlyLyon), journaux et cartes postales dédiés au projet, visites destinées à des délégations étrangères et à des journalistes, expositions dans des musées nationaux, et même nouvelles commandées à des auteurs pour conter le changement d’image du quartier ;
- Les mots d’ordre de la production contemporaine de l’urbain s’y déploient et s’y renouvellent. Selon le récit officiel, Confluence est la fois durable, mixte, participatif, connecté, innovant et festif (Adam, 2016). À mesure que les tendances en matière de marketing urbain évoluent, l’aménageur (la SPLA Lyon Confluence) et la Métropole de Lyon ont tour à tour qualifié Confluence de « laboratoire de renaissance », de « nouveau cœur de ville durable » – primé comme ÉcoQuartier par le ministère de l’environnement, labélisé par l’ONG WWF et le programme européen Concerto – puis de « cœur créatif de la Métropole de Lyon » ou encore de « Lyon Living Lab » intégré à la « Lyon Smart Community » ;
- La communication et les discours des concepteurs vantent l’insertion du projet dans l’histoire et la géographie du site. En témoignent aussi la conservation d’artefacts muséifiés, simples décors dans l’espace public – rails et grues de levage – ou reconvertis en lieux de loisirs ou de travail – à l’image d’une ancienne usine de sucre et de l’ancien pavillon des douanes.
Photographies 15 et 16. Visages de la deuxième phase du projet |
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Dernier bâtiment de « starchitecte » inaugurée à Confluence, la tour Ycône (à droite sur l'image) a été dessinée par le Français Jean Nouvel. Alors que les appartements des derniers étages, dont l'un est même doté d'une piscine, se sont négociés à des prix très supérieurs à la norme lyonnaise, la communication s’est largement faite sur la mixité sociale que la présence de logements sociaux permettrait. |
L’arrivée sur le périmètre du projet Confluence par le nord dévoile un paysage qui agrège une friche urbaine et les derniers immeubles contemporains inaugurés, dont l’architecture mondialisée est plus sobre que celle des premiers îlots (voir photographies 3 à 5). Au centre, la tour Belv'y. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
→ Sur les tours Ycone et Belv'y et sur verticalisation résidentielle à Lyon, lire l'article de Geoffrey Mollé. |
Confluence éclaire particulièrement comment la stratégie métropolitaine de Lyon est traversée par le double impératif de singularité et de conformité que nous identifions : rayonnement aux échelons nationaux et internationaux d’abord, besoin en logements à destination des classes supérieures ensuite. Une stratégie que la Métropole de Lyon assume et expose largement et qui peut être considérée comme réussie puisque la ville bénéficie d’un rayonnement international croissant ainsi que d’un dynamisme économique et démographique affirmé, le second se caractérisant notamment par la concentration croissante de cadres. Comme l’explique Isabelle Grudet, qui a étudié le marketing du projet, « au moment de la deuxième partie de la consultation sur les îlots A, B et C en 2005, la question de la communication, importante depuis la création de la Sem [la société d'économie mixte, NDLR] (1999), est devenue prioritaire » (Grudet, 2010, p. 118).
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Les élus misent fortement sur le développement durable en voulant (et en donnant à voir) un projet exemplaire.
L’aménageur de Confluence est une SPLA (capital 100 % public) dédiée au projet qui permet à la collectivité d’avoir la main sur les grands choix d’aménagement même si le partenariat entre intérêts publics et privés est la règle (Verhage et Linossier, 2009). Dans cette perspective, le projet joue un rôle de démonstrateur du savoir-faire et de la modernité lyonnaise. La Maison de la Confluence, installée rue Smith, sorte de bulle de vente gérée par la société publique qui aménage le quartier, est destinée, avec ses maquettes, à informer mais surtout à communiquer autour du projet, à destination des délégations internationales autant que des visites scolaires : c'est ainsi, en quelque sorte, une vitrine dans la vitrine.
Autre intérêt servi par le projet, Lyon a fait du développement durable un atout dans sa stratégie d’attractivité et Confluence (en tant qu’écoquartier) en est le porte-étendard. En pointe en matière de technologies vertes ou « respectueuses », le projet a notamment bénéficié du financement européen Concerto. Il a été récipiendaire du « Prix national écoquartier de la densité et des formes urbaines » lors du concours ÉcoQuartier organisé en 2009 par le ministère de l’environnement. À Lyon, Confluence est l’aiguillon des politiques de durabilité urbaine, qui se traduisent notamment par l’élaboration d’une charte écoquartier locale, d’un label municipal « Ville équitable et durable » ou par la quantité de communication sur le programme Concerto ou les actions en partenariat avec le WWF qui a donné lieu à des séances photo du maire Gérard Collomb (2001-2020) en compagnie de la mascotte de l’ONG, un panda.
Photographies 17 à 19. Nature en ville : le jardin aquatique Ouagadougou et la station Mue |
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La biodiversité fait partie des objectifs de ce quartier durable. Des espèces animales variées y sont visibles, à l’image de ce ragondin peu farouche photographié près de la mare du jardin aquatique Ouagadougou, dans le périmètre de la première phase du projet. Les deux photographies composant le montage ont été prises au même moment et au même endroit. |
Au premier plan, des étudiants en journalisme interrogent des riverains : en 2020, Confluence constitue toujours un territoire d’attraction pour les universitaires, les étudiants et les journalistes. Au second plan, le jardin d’Erevan au cœur du premier îlot réalisé et habité. |
La Station Mue, dans les friches correspondant aux espaces de la deuxième phase encore non bâtis, est un exemple d’urbanisme transitoire. Ce site préfigure en partie ce que sera le champ, futur parc dans le Sud du projet Confluence, et remplit une fonction de sensibilisation à la biodiversité urbaine et au recyclage. Clichés Matthieu Adam et Jean-Benoît Bouron, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. → Sur la végétalisation urbaine à Lyon, lire l'article d'Amélie Deschamps. |
La démarche consistant à se placer à l’avant-garde des mots d’ordre de la ville contemporaine se poursuit aujourd’hui avec de nombreuses expérimentations de réseaux intelligents avec des partenaires comme GDF Suez ou Toshiba.
On assiste donc à Confluence à un « enrôlement de l’environnement dans les stratégies de compétitivité urbaine » (Béal et al., 2011, p. 95), un développement durable parfaitement intégré aux modalités de la production néolibérale de la ville, c’est-à-dire technologique, évaluable et affichable. À Lyon, la mise en durabilité de la ville est alors un atout qui s’ajoute, ou, mieux, s’associe à d’autres dans la stratégie de compétitivité de la ville : mise en scène de l’identité et du patrimoine industrialo-portuaire des lieux, connectivité, image de marque liée aux grands noms, concentration d’entreprises des secteurs du numérique et de la communication, animation et innovation artistique, etc. Enfin, c’est à travers le durable que la mixité sociale intègre les ambitions affichées du projet.
3. La mixité sociale, slogan ou réalité ?
Si Lyon est en passe de devenir une ville de cadres supérieurs, elle demeure largement peuplée de professions intermédiaires et d’employés ainsi que de populations étrangères et immigrées. Pour autant, une grande bonne partie des quartiers populaires ont été et sont progressivement gentrifiés (Authier et al., 2010), à l’image du quartier de la Croix Rousse (Collet, 2015) ou plus récemment de la Guillotière. Le même processus est entamé à Sainte-Blandine. La métropolisation de Lyon produit un effet de ségrégation spatiale qui se traduit par l’expulsion des plus pauvres de plus en plus loin de la ville-centre, ce que le quartier du confluent permet d’observer.
Photographies 20 et 21. Vestiges de l’ancien visage du quartier |
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En quittant le périmètre du projet Confluence vers le nord, on découvre les vestiges du commerce de gros encore très répandu dans le quartier au début du projet. À l’instant de la prise, un homme passe en trottinette électrique, symbolisant l’évolution des mobilités. |
Le quartier de Sainte-Blandine, au Nord de Confluence, accueille des immeubles de faubourg aux formes traditionnelles, bâtis de la fin du XIXe siècle aux années 1980. Les populations qui l’habitent sont plus modestes que celles du nouveau quartier. Clichés Matthieu Adam, septembre 2020, licence CC by-sa-nc. |
L’image de Lyon est en train de changer et sa population évolue aussi. La population actuelle de la ville est jeune et fortement diplômée. En 2014, selon l’INSEE (Decorme et Ferrante, 2017), Lyon était la troisième ville de France par la proportion des cadres, derrière Paris et Toulouse. Mais surtout, leur nombre a été multiplié par trois en trente ans. Dans le centre-ville, les cadres occupent désormais trois emplois sur dix. À l’échelle de la Métropole, entre 2007 et 2017, le nombre de cadres est passé de 123 000 à 163 000 (+32 %), et leur part de 11,9 à 14,4 % de la population active (INSEE, 2020a). Comme le montraient déjà Jean-Yves Authier et al. en 2010, Lyon n’est pas loin de réussir son pari de devenir une ville mondiale, la technoscience et la communication jouant un rôle significatif dans la bonne santé de son économie. Il n’existe pas de données précises sur la population du projet Confluence proprement dit. Les collectivités ou les sociétés d’aménagement n’en ont pas produit (en tout cas pas publiquement) et l’Insee n’a pas encore délimité d’IRIS. La population du projet représente environ la moitié de celle de l’IRIS Rambaud-Seguin. L’évolution de ces périmètres entre les recensements de 2006 et 2013 et leur comparaison avec les quartiers limitrophes éclairent cependant la composition sociale et l’évolution du Sud de la Presqu’île de Lyon.
L’installation de nouveaux habitants à Confluence a conduit à une augmentation de plus de 57 % de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures de l’IRIS. La part des professions intermédiaires augmente aussi. Celle des ouvriers est stable et celle des employés régresse fortement. La composition de la population déjà présente en 2006 ayant probablement peu varié, la part de cadres et de professions intermédiaires à Confluence est sans doute nettement supérieure à celle de l’IRIS. Il faut y ajouter les très nombreux cadres du secteur tertiaire qui y travaillent quotidiennement sans y résider. La comparaison avec le reste du Sud de la Presqu’île montre que les cadres et professions intermédiaires sont bien plus présents dans le périmètre de Confluence, à l’inverse des ouvriers et employés. Pour l’instant, le maintien de la population ouvrière s’explique par le parc social et par le nombre de logements dégradés dont les prix sont bas. Mais le quartier limitrophe de Sainte Blandine commence à suivre cette évolution, sous l’influence d’un « effet Confluence » sur le marché immobilier et d’un projet de rénovation énergétique en cours. Confluence participe donc à un phénomène de new build gentrification (Davidson & Lees, 2005).
À proximité de Confluence, la gentrification prend des formes diverses : l’augmentation de la cote du quartier (les annonces immobilières de Sainte-Blandine mentionnent désormais le nom de « quartier Confluence »), la valorisation de biens jusqu’ici très bon marché (notamment par la rénovation énergétique), l’évacuation de la prison en périphérie (à Corbas), et enfin l’expulsion des prostituées de plus en plus loin du centre.
Alors que la communication de la municipalité et de l’aménageur vante la mixité sociale (quitte à donner l’apparence d’une caricature de mixité), le projet, situé à proximité immédiate du quartier pauvre de Sainte-Blandine et de la gare de Perrache, a déjà largement modifié la sociologie des lieux, et continue de le faire. Si cette ambition n’est jamais assumée ouvertement, il faut bien constater que l’aménagement d’un projet largement élitiste, ainsi que sa desserte par le tramway, s’accompagne de la gentrification du Sud de la Presqu’île dans son ensemble et des environs du projet en particulier. Le pourcentage relativement élevé de logements dits sociaux dans le projet ne change rien à cette tendance. Renouveler l’image de ces territoires, notamment grâce au développement durable et à la mixité sociale, afin de les rendre désirables pour des investisseurs et des promoteurs et pour une population plus jeune et plus aisée, est un objectif explicite des destinateurs et concepteurs des projets.
Hétérogènes par leur âge et leurs origines géographiques, les nouveaux habitants possèdent pour l’essentiel de forts capitaux économique et social et, dans une moindre mesure, culturel. Qu’ils soient néo-lyonnais ou qu’ils vivent à Lyon depuis longtemps, ils sont tous de nouveaux arrivants dans le sud de la Presqu’île. Peu engagés politiquement, parfois étudiants, plutôt chefs d’entreprise, ingénieurs ou professionnels de la communication qu’enseignants, chercheurs ou artistes, adhérant pour la plupart à un libéralisme culturel et économique, les personnes que nous avons interrogées pour notre enquête ressemblent moins aux gentrifieurs des quartiers centraux (Collet, 2015) qu’à la bourgeoisie progressiste de Boston décrite par Sylvie Tissot (2011).
Les nouveaux habitants ne sont pas tous propriétaires, Confluence étant caractérisée par un taux élevé de locataires pour un quartier récent. Beaucoup de logements ont été vendus pour être loués, grâce à des dispositifs de défiscalisation de type Scellier. À l’époque de nos travaux de thèse (2016), les tarifs de location comme les prix de vente pratiqués étaient au-dessus de la moyenne lyonnaise à l’époque. De nombreux sites d’agences immobilières proposent des outils cartographiques plus ou moins fiables. Sur l’exemple représenté ici, sous forme de carte de chaleur, les prix dans l’ouest de la Confluence équivalent à ceux du 6e arrondissement, le quartier de la bourgeoisie traditionnelle jouxtant le parc de la Tête d’or. L’indicateur, qui repose sur une centaine d’estimations de biens à Confluence et plusieurs centaines dans le 6e arrondissement, ne peut être qu’indicatif ; il n’en est pas moins éloquent, en particulier par comparaison avec le 7e arrondissement, sur l’autre rive du Rhône, un autre quartier en transformation rapide (→ lire cet article).
Document 4. Prix des appartements à l’achat d’après estimations d’un site internet spécialisé dans l’immobilierEntre mars 2019 et juin 2020, le prix moyen d’un appartement à Lyon est passé de 4 310 € à 5 100 € le m². |
À Confluence, l’objectif est d’attirer une population de diplômés et de cadres travaillant dans les secteurs dits créatifs ou innovants. Si la mixité est mise en avant et si la part annoncée de logements sociaux dépasse 20 %, nombre d’entre eux correspondent en fait à la tranche la plus chère du dispositif (PLS). En effet, il existe trois catégories de logements sociaux : les PLAI (prêt locatif aidé d'intégration), les PLUS (prêt locatif à usage social) et les PLS (prêt locatif social). Le plafond de ressources pour accéder à un logement social PLS est de loin le plus élevé, au point de correspondre à la classe moyenne supérieure : il est à 27 131 € pour une personne seule. Le revenu médian annuel se situant en France autour de 20 820 € en 2017 (Insee, 2020b), une personne dont les ressources dépassent largement celles de la médiane nationale peut prétendre à un logement social correspondant à la catégorie PLS.
Document 5. Plusieurs types de logements sociaux
Source : arrêté du 26 décembre 2019 sur Légifrance et LogementSocial69.fr. |
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En analysant des entretiens avec les aménageurs, promoteurs, urbanistes et architectes de Confluence, nous avons montré que ce changement d’image et cette mise en images, qui s’appuient sur le couple singularité/conformité, ont des conséquences sur la structure socio-spatiale de ce nouveau quartier et sur celui limitrophe de Sainte-Blandine. À la catégorie des habitants légitimés parce qu’ils correspondent à la population visée et s’approprient cette image autant qu’ils participent à la formuler, s’oppose celle de ceux qui sont exclus de cette image et dont la présence est in fine indésirable dans ce secteur de Lyon et, par extension, dans tout son centre-ville.
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Les entretiens montrent que l’image retravaillée des lieux a participé à faire venir les premiers habitants et qu’elle leur sert à se distinguer. C’est aussi une image qu’ils participent désormais à construire et diffuser (Adam et Mestdagh, 2019).
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Conclusion
Le cas de Confluence permet de saisir les enjeux globaux de la production de l’urbain, et particulièrement la mise en pratique de son idéologie. Alors qu’une contradiction existe entre injonction au local et urbanisme standardisé, ce projet urbain permet de mettre en rapport le processus de production, qui touche toutes les villes, avec les différences contextuelles, stratégiques et politiques qui demeurent, voire se renforcent, dans l’actuel contexte de mondialisation et de concurrence.
Pour attirer les investisseurs cherchant à placer et rentabiliser leur capital, pour lesquels elles sont en concurrence, les villes cherchent à se rendre désirables. Elles travaillent ainsi à améliorer leur image de marque. Pour ce faire, elles valorisent, d’un côté, leurs singularités – les caractères présents ou en cours d’élaboration qui les distinguent – et, de l’autre, leur conformité aux valeurs dominantes des discours sur les villes « qui comptent », soit, au début du XXIe siècle, être durables, belles, festives, patrimoniales, innovantes ou encore socialement mixtes. Les grands projets urbains et architecturaux sont aujourd’hui de précieux outils pour changer ou rénover l’image d’une ville en répondant à ce double objectif de conformité et de singularité. Dans ce contexte, développement durable et mixité sociale sont avant tout enrôlés comme des éléments distinctifs supplémentaires sur le marché de l’urbain.
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Compléments photographiques
La façade Sud de la gare Perrache a été rénovée en 2020, ouvrant davantage le pôle multimodal sur le quartier. |
C’est aussi dans le cadre du projet Confluence que les prisons Saint-Paul et Saint-Joseph ont fermé. Les prisonniers ont quitté Perrache pour la périphérie de Lyon, à Corbas, tandis que l’Université Catholique de Lyon investissait les lieux qui mêlent les pierres des anciennes prisons et une architecture contemporaine. |
Quartier Sainte-Blandine, les locaux de l’union locale de la CGT et d’une crèche municipale témoignent de l’ancienne vocation ouvrière et populaire des lieux. |
Au cours de la décennie 2010-2020, les habitants du cours Charlemagne ont vu l’automobile céder une partie de la place au tramway et aux vélos. |
Le nord du cours Charlemagne, principale artère du sud de la Presqu’île lyonnaise. |
À proximité de la gare Perrache, les commerces tentent de tirer parti de l’image de modernité du nom Confluence, à l’image de cette laverie sur le cours Charlemagne, située en dehors du projet. |
Dans la partie sud du cours Charlemagne, le quartier comprend aussi quelques barres de la ville moderne (années 1970). |
Originalité dans la réalisation du centre commercial : la voie ferrée le traverse avant de surplomber la darse. |
La rue Denuzière, une rue « canyon » très minérale de la première phase du quartier. Si les ambitions d’écoquartier devaient aboutir à la réduction de la place de l’automobile, celle-ci est encore bien présente à la fois en surface et en sous-sol. |
Au sud du centre commercial et de l’hôtel de région, des travaux de voirie rendent la circulation difficile, particulièrement pour les cyclistes. Vivre ou travailler à Confluence, c’est aussi habiter un chantier permanent. |
Au milieu des travaux apparaît l’hôtel de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, bâtiment signé par le « starchitecte » français Christian de Portzamparc. |
Derrière l’hôtel de région, là où la friche se voit encore, les promesses de verdure des promoteurs tranchent avec l’ambiance industrielle et poussiéreuse des lieux. |
Au Nord de Confluence, les grues surplombent les vestiges de l'ancien marché-gare. |
Urbanisme transitoire : là où se situera le futur espace public Le champ se succèdent des panneaux explicatifs de la future vocation écologique du lieu. |
Tous les clichés sont de Matthieu Adam (septembre 2020), sous licence CC by-sa-nc, et libres de droits pour l’usage pédagogique dans la classe. |
Bibliographie
- Adam, Matthieu. 2016. La production de l’urbain durable. L’enrôlement des concepteurs et des habitants par l’intégration des contradictions, thèse de doctorat, université François-Rabelais de Tours.
- Adam, Matthieu et Comby, Émeline (dir.). 2020. Le capital dans la cité. Une encyclopédie critique de la ville, Paris : éditions Amsterdam.
- Adam Matthieu et Laffont Georges-Henry, « Conjuguer singularité et conformité pour se positionner sur le marché international de l'urbain. Confluence et le renouvellement de l'image de Lyon », Confins, 36 | 2018.
- Adam Matthieu et Mestdagh Léa, 2019. « Invisibiliser pour dominer. L’effacement des classes populaires dans l’urbanisme contemporain », Territoire en mouvement, 43 | 2019.
- Adam Matthieu, « Notion en débat. Production de l'espace », Géoconfluences, janvier 2019.
- Authier, Jean-Yves, Grafmeyer, Yves, Mallon, Isabelle et Vogel, Marie. 2010. Sociologie de Lyon, Paris : La Découverte.
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- Béal, Vincent, Charvolin, Florian et Morel Journel, Christelle. 2011. « La ville durable au risque des écoquartiers », Espaces et sociétés, vol. 4, n° 147, p. 77‑97.
- Berdet, Marc. 2013. Fantasmagories du capital. L’invention de la ville–marchandise, Paris : La Découverte.
- Bethemont, Jacques. 2007. « Lyon, le confluent et l’esprit des lieux », Géocarrefour, vol. 82, n° 3, p. 165‑167.
- Boino, Paul (dir.). 2009. Lyon, la production de la ville, Marseille : Parenthèses.
- Collet, Anaïs. 2015. Rester bourgeois. Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction, Paris : La Découverte.
- Comby, Émeline. 2013. « Les discours de presse sur les reconquêtes du Rhône lyonnais (Le Progrès, 2003-2010) », Géocarrefour, vol. 88, n° 1, p. 31‑43.
- Davidson, Mark et Lees, Loretta. 2005. “New-Build ‘Gentrification’ and London’s Riverside Renaissance”, Environment and Planning A: Economy and Space, vol. 37, n° 7, p. 1165‑1190.
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Sur le site partenaire Géoimage
- Marie-Christine Doceul, « Lyon : la métropolisation d’une ville-carrefour », 2017.
Une adaptation de cet article en vidéo
- Cet article a fait l'objet d'une adaptation vidéo par la chaîne Écoumène sur YouTube : Confluence, à Lyon : une utopie urbaine ?, 2023.
Un article plus ancien pour comparer
- En archive, un autre article de Géoconfluences présente l'état des travaux 15 ans avant celui-ci : Sylvain Genevois, « Archive. Lyon-Confluence, un exemple de rénovation urbaine », Géoconfluences, juillet 2005.
Matthieu ADAM
Chargé de recherche CNRS, UMR 5600 EVS (environnement-ville-société)
Mise en web : Jean-Benoît Bouron
Pour citer cet article :
Matthieu Adam, « Confluence, vitrine et arrière-boutique de la métropolisation lyonnaise », Géoconfluences, novembre 2020.
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/lyon-metropole/articles-scientifiques/confluence