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Un glossaire pour : questionner, problématiser
; identifier et comprendre des mots-clefs ; faire
des recherches en ligne. En
complément du glossaire
des notions générales proposé
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partir duquel on poura plus particulièrement
consulter des glossaires spécialisés
relatifs à l'étude des littoraux
et des paysages.
Pour les références bibliographiques
et les ressources évoquées, voir
aussi la
page des ressources
Ce glossaire tient compte
des approches retenues pour traiter ce dossier,
à
consulter en page d'accueil.
Il tient compte d'approches pluridisciplinaires
visant ainsi à construire une culture commune
dans l’usage des notions et concepts.
- Les auteurs et
références bibliographiques évoqués
ci-dessous renvoient à la partie
ressources du dossier.
| Accessibilité
Ensemble des possibilités effectives
pour relier deux lieux par un déplacement
ou pour accéder à un service
(accessibilités à l'Internet
"haut débit", à
la téléphonie mobile par exemple).
Mais l'accessibilité n'est pas réductible
à sa seule dimension technique (réseau,
infrastructures) : elle n'est qu'une
représentation des virtualités
du déplacement. Ce dernier suppose
de pouvoir utiliser concrètement
l'infrastructure : une voirie encombrée,
des trains peu fréquents, des transports
trop coûteux sont autant de restrictions.
Et les frontières qui rendent le
lien entre deux lieux impraticable pour
un acteur peuvent être avant tout
mentales : barrières linguistiques,
culturelles par exemple.
La réflexion en termes d'accessibilité
se pose tout particulièrement pour
le cas des personnes dites à "mobilité
réduite". |
Aérien
(transport), aéroport
Un aéroport est une infrastructure
réservée à l'atterrissage
et au décollage des avions qui peuvent
transporter du fret (avions-cargos) ou des
passagers. L'emprise au sol d'un aéroport
est importante : pistes, aérogare,
tour de contrôle, hangars divers,
mais aussi, bien souvent des " zones
d'activité liées à
un aéroport" (ZALA).
Un aéroport génère
également un certain nombre de contraintes
et de nuisances :
- réservation d'un cône plus
ou moins vaste de l'espace aérien
destiné aux mouvements des appareils
en phases d'approche et de décollage
;
- nuisances sonores importantes qui obligent,
en France, à l'adoption d'un " Plan
d'exposition au bruit" (PEB)
ou d'un Plan de gêne sonore
(PGS) pour les six principaux
aéroports ;
- organisation des transports terrestres
associés à son fonctionnement.
"Lieux qui concentrent de l'étendue"
selon J.-C. Gray (1992), les aéroports
desservent des lignes à différentes
échelles, nationales et internationales.
Leur activité dépend de ces
liaisons : internationale, domestique, de
fret (aéroport-cargo, par exemple,
Vatry-en-Champagne), etc. Certains aéroports
servent de pivot, d'éclatement pour
le trafic des compagnies qui s'y sont implantées
: il s'agit alors de hubs,
plates-formes de correspondance
entre lignes internationales et/ou lignes
intérieures.
Les aéroports internationaux sont
désormais (et davantage que les ports
auxquels ils se sont en large partie substitués)
les véritables portes d'accès
et de sortie des territoires, et ils jouent
un rôle majeur dans les mobilités.
Ils constituent des "points frontière"
à l'intérieur des territoires
soumis à une surveillance et à
un contrôle s'exerçant sur
les flux humains (police de l'air et des
frontières en France) afin de détecter
les entrées irrégulières,
sur les trafics illicites pouvant les accompagner,
mais aussi destinés à prévenir
la diffusion de risques sanitaires (SRAS
ou autres).
L' Organisation de l'aviation civile
internationale (OACI -
ICAO www.icao.int),
est la seule organisation intergouvernementale
spécialisée dans le domaine
aérien. Issue de la Convention
de Chicago (1944 à 1947, révisée
en 1983), elle en est l'organe de contrôle
et de réglementation. Mais, dans
ce cadre, la sécurité aérienne
est du ressort de chaque État maître
de son espace aérien. L'exploitation
des liaisons aériennes internationales
est fixée, quant à leurs modalités
pratiques et commerciales, par des accords
bilatéraux entre États ou,
parfois, par des arrangements régionaux
et ce, dans le cadre de la Convention de
Chicago.
Les compagnies aériennes constituent
de plus en plus des alliances qui leur permettent
de rationaliser leurs offres (mutualisation
des clientèles, élargissement
des offres, réduction de la concurrence
sur les grandes lignes), par exemple Star
Alliance, Sky Team (dont Air France
fait partie), etc.
Dans une perspective de tendance au renchérissement
de la facture énergétique
(kérosène), le secteur
du transport aérien est plus particulièrement
vulnérable.
Pour compléter, voir le corpus
documentaire |
| Aires
Aires de chalandise, aires de services,
plus généralement, aires d'influence
: tous ces espaces sont placés sous
le signe des mobilités.
Les aires d'influence sont polarisées
par un centre, pour un ensemble de relations
(aire d'influence d'une ville, mobilités
de travail et de loisir) ou une catégorie
de relations (aire d'influence culturelle
ou commerciale, aire de chalandise). La
notion d'influence se mesure à partir
des fréquences (ou des probabilités)
de déplacement des résidents,
de la périphérie vers le centre,
à l'occasion de leur recours aux
services ou de l'accessibilité
au lieu de travail. Les aires font apparaître
des gradients
d'intensité de l'influence, dont
peuvent rendre compte certains modèles
gravitaires.
L'accroissement de la vitesse
des transports et la multiplication des
relations à longue distance, en diminuant
l'importance relative des relations de proximité,
de contiguïté, ont affaibli
la pertinence du concept d'aire d'influence.
|
|
Aménagement
des territoires
Les grands programmes d'aménagement
des territoires sont fréquemment
tournés vers la réalisation
de nouvelles infrastructures
de transports (highways aux États-Unis,
autoroutes en Europe, lignes à grande
vitesse en France). Ils ont généralement
pour objectif de réduire l'enclavement
des territoires et de renforcer leur accessibilité,
avec le projet plus ou moins affirmé
d'une forme "d'égalisation territoriale"
tendant vers l'isotropie.
Paradoxalement, si l'achèvement d'un
réseau déjà établi
(chemin de fer, autoroutes) permet de tendre
vers cet objectif, tout nouveau réseau
(TGV, téléphone mobile, internet
haut débit, wifi) recrée de
la différenciation territoriale au
profit des pôles et des axes desservis.
|
| Anisotropie
/ Isotropie
L'anisotropie caractérise un espace
orienté, qui s'ordonne selon des
axes, qui obéit à des polarisations.
Les mobilités contemporaines
contribuent à produire de l'anisotropie
: elles reposent sur les différenciations
entre espaces attractifs ou, au contraire,
répulsifs ; elles empruntent des
axes privilégiés ; elles ont
diverses formes de concentration (nœuds
de réseaux).
À l'inverse, l'isotropie correspond
à un espace indifférencié,
homogène, dans lequel les déplacements
pourraient prendre n'importe quelle direction.
De telles situations n'ont pas de traduction
dans la réalité des déplacements
physiques. Quant aux échanges virtuels
basés sur les télécommunications,
si leur mode de propagation peut paraître
isotrope, leurs applications supposent des
capitaux, des équipements et des
compétences qui sont concentrés
dans l'espace. |
|
Arrière-pays
et avant-pays (hinterland,
foreland)
L'avant-pays (foreland)
désigne l'ensemble des pays desservis
par les lignes ou dessertes régulières
qui touchent un port ou un aéroport.
L'arrière-pays (hinterland)
est l'aire d'attraction et de desserte continentale
d'un port. Son extension est fonction de
l'avant-pays du port, des qualités
et de la densité des réseaux
de dessertes terrestres, de la qualité
de ses services portuaires ou aéroportuaires.
Ainsi, les arrière-pays de Rotterdam
et d'Anvers s'étendent à l'Europe
médiane et en France, le long du
Sillon rhodanien, où ils concurrencent
directement le port de Marseille. L'extension
continentale d'un arrière-pays, sa
profondeur, déterminent directement
l'étude des façades
maritimes.
La qualité d'un avant-pays ou d'un
arrière-pays est déterminée
par les relations fonctionnelles existant
entre le point considéré (port,
aéroport) et ces zones de desserte.
Leurs limites ne sont ni rigides ni intangibles.
En général, plus l'avant-pays
d'un port ou d'un aéroport est vaste,
plus son arrière-pays l'est aussi. |
| Attractivité,
attraction
Capacité à
attirer dans une direction, vers un lieu
ou vers une aire, l'attractivité
est centripète et cumulative. Elle
est à la source des concentrations,
des polarisations et de
divers phénomènes intéressant
le géographe : la métropolisation,
les migrations par exemple.
La répulsion, à l'opposé
de l'attraction, est centrifuge. Attraction
et répulsion sont sources de mobilités
et peuvent obéir à des logiques
gravitaires. |
Conflits
et jeux d'acteurs
L'aménagement du territoire relatif
à l'organisation des transports,
des déplacements, est une source
fréquente de conflit spatial. Les
cas d'affrontements entre "décideurs"
d'aménagement d'infrastructures et
riverains réellement
lésés ou touchés par
le syndrome Nimby
( Not in my backyard), sont fréquents.
Souvent juridiques, dans les sociétés
d'États de droit du moins, les conflits
peuvent parfois devenir physiques et plus
ou moins violents.
Les intérêts de l'individu
usager et de l'individu riverain peuvent
diverger sensiblement. Les exemples abondent
de mobilisation contre tel ou tel projet
d'aéroport, de rocade, d'autoroute,
de voie TGV, de canal, etc. Les arguments
avancés portent sur divers points
: les problèmes de santé,
de bruit, d'environnement ; les dialectiques
de l'intérêt collectif face
à l'intérêt individuel.
Il arrive, qu'une fois réalisé,
tout le monde se réconcilie grâce
aux avantages bien partagés du nouvel
équipement : l'histoire récente
du VAL (Véhicule automatique léger,
transport en commun en
site propre - TCSP) de la ville
de Rennes en est un exemple.
Voir la rubrique " Géographie
vivante" du dossier. |
Connectivité,
connexité
Dans un réseau,
la connectivité permet d'évaluer
les possibilités de mise en relation
entre différents nœuds (les
pôles du réseau). Plus l'indice
de connectivité est fort, plus le
nombre de chemins possibles pour aller d'un
noeud à un autre est élevé.
Un réseau dans lequel il existe une
liaison directe entre tous les nœuds
bénéficie d'une connectivité
maximum.
La connexité désigne, dans
la théorie des graphes,
l'intensité de la mise en relation
des nœuds par les arêtes d'un
réseau. Plus généralement,
elle évalue son degré de connection
interne, elle indique s'il est possible,
à partir de n'importe quel noeud,
de rejoindre les autres. Par opposition
aux relations de simple proximité
(dites en continuité ou en contigüité),
les relations de connexité sont celles
qui utilisent le support d'un réseau
pour joindre deux lieux qui peuvent être
très éloignés.
Voir en rubrique "savoir
faire" du dossier |
Conteneur,
conteneurisation
Les conteneurs sont des boîtes de
dimensions normalisées, dont l'utilisation
pour le groupage de marchandises a été
imaginée par l'américain Mac
Lean en 1956. Leur usage s'est étendu
à tous les modes de transport et
il en existe aujourd'hui plus de 400 types,
en fonction de leur utilisation. Leurs normes
techniques répondent à des
conventions douanières internationales
pour faciliter les manutentions lors des
ruptures de charge et pour
permettre leur adaptation à des modes
de transport diversifiés (intermodalisme).
Les grands ports, mais
aussi les zones de fret
des aéroports, les
plates-formes multimodales
ont dû s'adapter aux normes imposées
par la conteneurisation : systèmes
de manutention, aires de stockage suffisantes.
La tendance est à la conteneurisation
croissante du transport des marchandises,
y compris certaines marchandises traditionnellement
transportées en vrac.
Voir aussi :
- l'article de Marie-Annick Lamy-Giner :
Port-Louis et Port Réunion, ports majeurs du sud-ouest de l’océan Indien
-
en rubrique "savoir
faire" du dossier
|
| Continuité
et équité territoriale
L'accessibilité
d'un territoire est essentielle à
son développement. Elle assure aussi
la continuité spatiale d'une entité
: UE, État, Région ... Les
pouvoirs publics, les collectivités
territoriales, peuvent être amenés
à adopter des mesures spécifiques
afin de garantir l'accessibilité
de tel ou tel lieu enclavé
ou isolé lorsque l'initiative privée
se montre défaillante : bien que
socialement utile, le déploiement
des réseaux n'y
serait pas rentable. Ainsi, des îles
(Corse, îles atlantiques), des territoires
périphériques (DOM), mais
aussi des régions plus ou moins enclavées
(Auvergne), peuvent bénéficier
de mesures particulières afin d'améliorer
leurs systèmes
de transport : organisation et subventionnement
de dessertes ; financement d'aménagements
particuliers non "rentables" (autoroutes,
voies rapides par exemple) ; aides pour
l'accès à l'Internet haut
débit ; dispositifs d'accessibilité
aux services publics. |
Corridor, couloir
Un corridor, au sens général,
est un espace géographique dans
lequel les régions sont parfaitement
interconnectées par des liaisons
terrestres ou maritimes plurimodales.
Un corridor est aussi une voie de transit
au régime administratif particulier
facilitant le passage des marchandises
lorsque les conditions géopolitiques
sont défavorables, lorsque les
territoires sont enclavés. Les
corridors de transport sont des outils
indispensables à l’ouverture
des économies de certains pays
enclavés, en développement
(Moyen-Orient, Afrique, CEI, Amérique
Latine).
Un corridor
de fret (freightway
ou freeway) est une infrastructure
exploitée en commun par plusieurs
gestionnaires pour permettre la circulation
sur un même itinéraire.
L'UE a mis
en place des corridors ferroviaires
réservés au fret
transeuropéen. Ils sont destinés
à renforcer, en commun, le recours
au transport ferroviaire des marchandises
par l'attribution de sillons
– périodes
durant laquelle une infrastructure donnée
est affectée à la circulation
d’un train entre deux points du
réseau ferré – sur
le mode du guichet unique (une agence
européenne interlocutrice). Ces
corridors sont totalement ouverts à
la concurrence et les sillons peuvent
être attribués à n'importe
quel opérateur agréé.
En milieu maritime, les rails
sont des couloirs de navigation mis en
place au sein d'espaces maritimes très
fréquentés afin de limiter
les risques de collision et de pollution
accidentelle. Leur officialisation par
l'Organisation maritime internationale
(OMI) date de 1979. De tels rails reposent
sur l'organisation de dispositifs
de séparation du trafic (DST).
|
| Délocalisation,
relocalisation
Transfert, déplacement, abandon d'une
localisation, au profit d'une autre, plus
ou moins lointaine, par une entreprise,
pour une activité. La mobilité
des entreprises vise à mettre à
profit les avantages comparatifs de ces
nouvelles destinations : coût de main
d'oeuvre, législations et fiscalités,
nouveaux marchés.
Après avoir avant tout concerné
certaines fabrications de biens et d'équipements
dans des secteurs tels que l'habillement,
l'électro-ménager, l'électronique,
etc., les délocalisations touchent
aujourd'hui également des activités
de services à distance : télé-opérateurs,
conseils et assistances téléphoniques,
centres d'appels, par exemple. |
|
Déréglementation,
dérégulation
La déréglementation correspond
à la notion anglaise de deregulation,
c'est-à-dire le fait de laisser jouer
les mécanismes du marché en
supprimant ou en réduisant les règles,
limitations et interventions publiques.
La déréglementation vise à
éliminer les entraves considérées
comme un frein au développement de
certains trafics, à stimuler la concurrence
et à encourager les innovations.
En français, le terme dérégulation
est surtout employé pour désigner
la suppression de certains règlements
dans un domaine d'activité précis,
par exemple dans les transports aériens.
Apparue aux États-Unis à la
fin des années 1970 dans le transport
aérien (Air cargo act de
1977 et Airline deregulation act de
1978), stimulée par le GATT puis
l'OMC, par l'ONU et le FMI, la déréglementation
se généralise à tous
les modes de transport (physiques ou virtuels)
et au monde entier au cours des décennies
suivantes. Elle s'est souvent accompagnée
de privatisations et elle a suscité,
dans un premier temps, l'apparition de nouveaux
opérateurs, de nouvelles synergies
et de nouvelles dynamiques. Pour l'usager
des transports, ses effets à moyen
et long terme sont inégaux en fonction
des modes de transport et des territoires
considérés. |
| Déterritorialisation
Le terme de déterritorialisation
peut être interprété
de différentes façons :
- L'une d'elles cherche à rendre
compte de l'effacement de l'État
territorial traversé par des flux
transnationaux. Cette acception politique
signifie qu'il y a un affaiblissement des
contrôles d'accessibilité
(frontières internationales)
et donc des contraintes spatiales imposées
par les États (B. Badie, 1995). Elle
rejoint l'approche des chercheurs qui voient
dans les réseaux
un opposé du territoire.
- Une autre approche voit la déterritorialisation,
conséquence de la globalisation,
comme l'annonce de non-lieux (M. Augé,
1992), conséquence de la globalisation.
Les moblités généralisées
signeraient la mort, à plus ou moins
long terme, des identités enracinées
dans le local, le régional, le national.
Cette dernière lecture est relative
à la grande mobilité des hommes
et des biens matériels ou immatériels.
Mais, si les facteurs migrent, c'est pour
s'installer dans d'autres lieux. La grande
mobilité contemporaine n'est pas
une déterritorialisation car se mouvoir
dans l'espace ne signifie pas ne pas être
dans l'espace. (Milton Santos, Les nouveaux
mondes de la géographie, in Encyclopédie
de géographie, Economica, 1992).
De fait, la déterritorialisation
signale un affaiblissement des contraintes,
en particulier physiques, de localisation
et se manifeste dans les dynamiques de délocalisation/relocalisation
des entreprises qui s'affranchissent de
leur implantation locale initiale ou dans
les dynamiques propres du cyberespace et
des transactions immatérielles (voir
l'entrée télécommunications
et TIC). |
Détroits
et isthmes
Un détroit est un passage mettant
en communication deux étendues maritimes.
Certains constituent, au début du
XXIe siècle, des enjeux stratégiques
majeurs (détroits d'Ormuz, de Malacca
par exemple) et ils concentrent des flux
maritimes à la fois longitudinaux
et transversaux : Pas de Calais, Gibraltar.
Les isthmes, passages plus ou moins étroits
réunissant deux terres, sont des
liaisons pour les transports terrestres,
mais des obstacles pour les transports maritimes.
Les plus stratégiques ont été
aménagés par l'homme pour
permettre le franchissement d'une mer à
l'autre : canal de Suez, canal de Panama.
Voir les articles de Nathalie Fau :
Le
détroit de Malacca :
porte océane, axe maritime, enjeux
stratégiques ; des
flux maritimes à la structuration
d'une mer intérieure
|
Diffusion
La notion de diffusion s'intéresse
aux processus qui mettent en jeu des déplacements
de ressources, de productions, d'informations,
de pratiques culturelles, de valeurs, par
exemple, dans un milieu, sur un espace,
sur un territoire. La notion de diffusion
est souvent associée à celle
de changement, d'innovation. Dans le cadre
d'études sur les mobilités,
la notion de diffusion spatiale recouvre
l'ensemble des processus qui concourent
au déplacement, à la migration
et leurs effets.
Les processus de diffusion procédant
largement par contagion et par proximité,
on comprend que les mobilités vont
pouvoir les faciliter en agissant sur les
probabilités de contact. Elles engendrent
des phénomènes de diffusion
dans l'espace géographique : diffusions
de peuplement, de modes de vie, de technologies,
de pratiques culturelles, de maladie.
A cet égard, les diasporas
jouent un rôle important en participant
aux transferts de technologie, aux évolutions
des pratiques culturelles par exemple. On
pourra ainsi se reporter à l'exemple
de la diaspora chinoise dans le dossier
consacré à :
" La
Chine entre espaces domestiques et espace
mondial"
|
Distance
Intervalle à franchir pour se rendre
d'un lieu à un autre, la distance
a la signification d'une séparation,
son parcours nécessite un effort,
une dépense d'énergie.
Jusqu'au début du XXe siècle,
l'espace était rugueux et opaque
: les distances étaient franchies
difficilement, protégeant ainsi les
producteurs de leurs concurrents. Au cours
du XXe siècle, la mobilité
des individus, des marchandises, des informations,
tant en termes de coût que de temps,
a fortement contribué à la
mondialisation. Il ne faut
pas pour autant en déduire l'abolition
programmée de tout facteur temps,
distance et coût dans les processus
de localisation : les lieux où l'on
peut accéder rapidement aux biens
et aux informations restent gagnants.
Il y a plusieurs types de distances. La
plus classique, la distance géométrique
euclidienne, a un intérêt partiel
pour l'étude des mobilités.
D'autant que la ligne droite n'est pas forcément
la plus adaptée pour rejoindre un
point à un autre.
Aussi, les entreprises, comme les particuliers,
tendent à mesurer les distances en
temps (distance temps)
: "nous sommes à 20 mn de l'aéroport".
Et aussi en coût (distance
coût). Distances-temps
et distances-coûts peuvent être
représentées dans l'espace
par des lignes de temps ou de coût
égal pour accéder à
un lieu donné : il s'agit respectivement
d'isochrones ou
d'isodapanes.
L'espace géographique n'étant
pas isotrope, les distance-coût
et distance-temps ne sont pas égales,
en général, à la distance
géométrique.
Les dimensions des aires
de chalandise d'un commerce
ou des aires d'influence d'un service dépendent
de sa portée-limite.
Pour optimiser leurs déplacements,
les clients tiennent compte des coûts,
des temps, et ne vont guère au-delà
de cette portée-limite.
On remarque aussi que la distance est révélée
par les comportements plutôt qu'établie
a priori selon une échelle identique
pour tous les individus (distance
perçue). La distance
perçue fait partie des distances
cognitives (ou mentales), qui sont des représentations
psychologiques, individuelles ou collectives.
Dans les études de mobilité
ou de diffusion, la proximité
se mesure moins en terme de distance physique
que par les possibilités de contact,
d'information ou de familiarité avec
les lieux.
Pour prolonger, un article de Manuel Appert :
Les mobilités quotidiennes à Londres, aspects, impacts et régulations
|
| Durabilité
Les modes de fonctionnement territoriaux
nés de la mobilité ont des
coûts et des effets induits qui invitent
à s'interroger sur leur "soutenabilité"
ou durabilité à long terme.
Coûts en terme de consommation brute
d'espace pour la réalisation d'infrastructures
de transports, ou liés à la
périurbanisation et l'exurbanisation
(extension des habitats pavillonnaires,
déplacements terrestres quotididiens
en large partie assurés en automobiles
individuelles).
Coûts énergétiques
et coûts environnementaux,
pour des transports faisant largement appel
aux énergies fossiles et aux dérivés
du pétrole.
Qualitativement, la possibilité de
recours à d'autres énergies
est inégale selon les modes de transports
: les chemins de fer passés du charbon
ou du fuel à l'électricité
sont exemplaires ; l'automobile est en phase
de recherche (bio-carburants, électricité,
systèmes mixtes) ; le transport aérien
est pour l'heure exclusivement lié
au kérozène. Quantitativement,
la projection à quelques décennies
de la demande énergétique
globale pose question quant à la
capacité de la planète à
répondre à toutes les sollicitations.
La dématérialisation
des échanges d'informations permise
par les TIC, peut économiser
une consommation d'énergie auparavant
consacrée aux déplacements
physiques, mais elle a ses limites.
|
|
Effets
structurants
Au début des années 1970,
le ministère de l'Équipement
s'est intéressé aux "effets
structurants" des autoroutes. La question
des effets structurants a d'abord été
posée dans une logique d'aménagement
du territoire : au delà
des seules conséquences sur le trafic,
la réalisation de nouvelles infrastructures
de transport est-elle à même
de susciter ou d'accélérer
le développement économique
dans les régions concernées
?
De fait, les nouvelles facilités
de transport n'apportent pas nécessairement
aux régions traversées richesse
et prospérité, et l'apparition
d'une nouvelle infrastructure de transport
n'entraîne pas d'effets automatiques.
Il s'agit d'une relation complexe qui articule
l'ensemble du système de transport
(et non la seule infrastructure) au territoire
desservi, c'est-à-dire à l'espace
dans lequel les hommes vivent et agissent,
à l'espace qu'ils s'approprient et
dans lequel ils construisent leur mode de
vie. Se poser la question des "effets
structurants" des infrastructures de
transport revient, en définitive,
à s'interroger sur les transformations
qui ne manqueront pas d'apparaître
dans un territoire lorsque les conditions
de transport qui le caractérisent
sont modifiées. Le transport apparaît
alors comme un des éléments
qui, tout à la fois, accompagne et
permet les grandes mutations de notre société.
Compte tenu d'études récentes,
aux échelles européennes et
françaises, on peut dire que les
réseaux n'ont pas d'effets automatiques
et que chaque infrastructure est un cas
spécifique. Les nouvelles infrastructures
amplifient souvent les tendances existantes.
Elles peuvent donner naissance à
de nouvelles stratégies spatiales. |
| Effet
tunnel
Par souci de raccourcir toujours plus les
"distances temps"
entre les grands centres urbains, entre
les métropoles, la densité
des nœuds des grands réseaux
contemporains tendent à se dilater
dans l'espace : raréfaction des gares
régulièrement desservies (système
des Lignes à grande vitesse
- LGV), espacement des échangeurs
de certaines autoroutes. Enfin, par nature
même, les transports aériens
sont créateurs d'effet tunnel.
Aussi, des portions importantes des territoires
sont mal desservies par les réseaux
de transport rapide, les réseaux
qui les traversent ne les irriguent pas
et apparaissent comme des corps étrangers. |
Énergie
et environnement
Le secteur des transports de biens physiques
et des personnes est particulièrement
gourmand en énergie, donc source
de rejets et pollutions (CO2, aérosols,
etc), de nuisances (emprises spatiales,
bruits). La dépendance de certains
modes de transport (aérien, maritime),
à l'égard des sources d'approvisionnement
en hydrocarbures est particulièrement
forte et sans alternative disponible à
court terme. Un renchérissement
prolongé des prix mondiaux d'hydrocarbures
pourrait fragiliser leur activité
et ralentir, de manière assez durable,
la progression de la démocratisation
de certaines formes de mobilité.
Pour tenter de réguler ces tensions,
pour répondre à ces contraintes,
États et collectivités s'efforcent
d'adopter des dispositifs de planification.
En France, pour les villes
par exemple, il s'agit des Plans
de déplacement urbains (PDU).
Pour compléter :
- un article de Manuel Appert : Les mobilités quotidiennes à Londres, aspects, impacts et régulations
- un autre dossier (nouvelle fenêtre) : Le
développement durable, approches
géographiques
|
Enclavement
/ Désenclavement
L'enclavement caractérise un territoire
isolé, pour des raisons géopolitiques
(enclave de Kaliningrad, Corée
du Nord, Lesotho, Gambie par exemple)
et/ou du fait de sa position en angle
mort, privé de façade
maritime et de voies de communication
praticables avec son environnement régional
et mondial.
Le désenclavement consiste à
construire des infrastructures
de transport afin d'insérer de
tels territoires dans les réseaux
existants pour les sortir de leur isolement
et les intégrer dans le système
monde. Cela peut passer par l'organisation
de corridors d'échange.
Mais la construction de voies de communication
ne suffit pas toujours. Il arrive même
qu'elle soit contre productive et aboutisse
à l'effet inverse : les nouveaux
équipements sont alors autant d'incitations
au départ.
Pour compléter, l'article de Laetitia
Perrier Bruslé : La
Bolivie à la conquête de
l'Est.
Flux migratoires et intégration
territoriale des marges orientales.
|
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Façade
maritime
Une façade
maritime est un espace géographique
d'intenses relations qui inclut :
- l'espace littoral lui-même comportant
de grands organismes urbains et portuaires
;
- l'avant-pays (foreland)
maritime des synapses portuaires ;
- leur arrière-pays
(hinterland) continental.
Cet espace est avant tout fonctionnel et
ne peut se réduire à des limites
arbitrairement fixées.
Les ports, notamment les main
ports (Anvers, Rotterdam,
Singapour, etc.) jouent un rôle clef
dans l'interface terre - mer des façades
et constituent des points nodaux incontournables
des échanges internationaux et domestiques.
Leurs infrastructures ont dû s'adapter,
au fil du temps, aux évolutions économiques
et technologiques. Leurs performances dépendent
de la qualité et de l'étendue
de leurs avant-port et arrière-port.
On peut identifier quelques grandes façades
maritimes dans le monde.
Dans l'Atlantique :
- La Northern Range, façade
maritime de la mer du Nord de Dunkerque
à Hambourg à laquelle on englobe
parfois Le Havre. L’Europe rhénane,
qui inclut différents États
(Suisse, Allemagne, France, Benelux), cœur
économique de l’Union européenne,
constitue l'essentiel de son arrière-pays.
Mais cette façade est distancée
aujourd'hui par la façade de l'Asie
de l'Est et du Sud-Est.
- La façade orientale de l’Amérique
du Nord, du Saint-Laurent au golfe du Mexique,
est une autre interface importante.
Dans le Pacifique :
- La façade occidentale de l'Amérique
du Nord, du Puget sound à la Californie,
- La façade d'Asie de l'Est et du
Sud-Est qui développe à un
rythme élevé son potentiel,
sa puissance. De Singapour à la Corée,
en passant par les grands ports chinois,
taiwanais, japonais, son avant-pays est
d'échelle mondiale et son arrière-pays
gagne peu à peu la Chine continentale
en profondeur. |
Ferroviaire
et ferroutage
Du chemin de fer du XIXe siècle au
train à grande vitesse contemporain,
le principe est le même, mais les
technologies et les usages ont évolué.
En Europe, le transport des voyageurs l'a
emporté sur celui des marchandises,
à la différence de ce qui
peut être observé dans d'autres
contextes spatiaux, en Amérique du
Nord par exemple. Et, sur des courtes et
moyennes distances, la grande vitesse ferroviaire
concurrence même l'avion.
Si, en Europe, le transport des marchandises
est devenu le parent pauvre du transport
ferroviaire, les réalités
énergétiques et environnementales
pourraient, devraient même, produire
un infléchissement de cette tendance.
Ainsi, le ferroutage désigne le transport
bi- ou multimodal rail - route utilisant
des remorques routières spéciales
ou des caisses mobiles acheminées
sur des wagons plats. En Europe, le ferroutage
concerne particulièrement le transit
alpin. Il débuta au début
de la décennie 1960 - 1970 à
travers le Lötschberg. Par l'accord
sur le transit de 1989, la Suisse s'est
engagée envers l'UE à transformer
les lignes transalpines existantes du St-Gothard
et de Lötschberg-Simplon en couloirs
ferroviaires, à titre transitoire,
en attendant la réalisation de nouvelles
transversales alpines. Les populations suisses
alpines ont adopté en 1994 l'initiative
"pour la protection des régions
alpines contre le transit", arrêté
par lequel le transfert du trafic de marchandises
de la route au rail doit être achevé
pour 2004.
Un autre projet mobilise capitaux et énergie
: il s'agit de la Transalpine, liaison ferroviaire
Lyon - Turin décidée par un
accord international franco-italien en janvier
2001. Elle devrait permettre d’acheminer,
entre Lyon et Turin, 50 millions de tonnes
de marchandises par an et 7 millions de
voyageurs. Répondant au développement
impératif de l’ intermodalité
à l'échelle européenne,
la mise en service complète de cette
nouvelle voie transalpine pourrait intervenir
en 2012 - 2015.
Voir le site officiel du projet Lyon - Turin
: www.transalpine.com
|
|
Flux
On appelle flux
l’écoulement, le transfert,
d’une certaine quantité de
personnes, de véhicules, d’informations,
de marchandises, transportés par
un moyen de communication, par le biais
d'un réseau. La
différenciation spatiale engendre
nécessairement des flux entre des
espaces complémentaires. Mais, si
les flux sont révélateurs
de différenciations spatiales, ils
sont aussi facteurs de leur apparition ou
de leur maintien.
Pour mesurer les flux, il faut tenir compte
de la quantité transportée
et de la distance franchie
: passagers/km ou tonnes/km. Lorsque l'on
rapporte cette quantité à
une unité de temps on obtient un
débit : megabits/seconde ou bauds
/ seconde pour les télécommunications
informatiques, Unité Véhicule
Particulier (UVP) / heure pour le trafic
routier.
La géographie des flux peut être
expliquée et représentée
par des modèles gravitaires,
plus particulièrement pertinents
pour les flux de personnes.
Plus le réseau est performant (transport
rapide et bon marché), plus les flux
sont importants : le trafic
induit est alors généré
directement par les infrastructures. Ainsi,
des flux d'hommes d'affaires sont générés
par les gares TGV ou les aéroports.
Par ailleurs, la concentration et l'interconnexion
des infrastructures sur un axe ou dans un
lieu donné a des effets cumulatifs
sur les flux : plus on perfectionne un réseau,
plus le trafic y est dense. Aussi, en milieu
urbain, une nouvelle infrastructure risque
de ne fluidifier la circulation que pour
une durée limitée, car elle
sera victime de son succès ("effet
siphon").
L'organisation post-fordiste de la production
repose, en partie, sur la pratique des flux
tendus permettant de livrer
le produit en juste-à-temps
(JAT ou Just-in-time - JIT). Le
JAT consiste à s'approvisionner au
jour près, la demande une fois connue,
puis à produire et à livrer
dans les délais les plus brefs possibles.
Ainsi les stocks sont réduits. De
telles organisations logistiques
reposent aussi sur une grande flexibilité
dans l'organisation du travail.
La mobilité et l'instantanéité
sont, de nos jours, tout particulièrement
l'apanage de biens immatériels :
flux financiers, flux d'information par
exemple. Longtemps, la circulation des flux
d'information supposait le déplacement
d'un bien ou d'une personne. Les révolutions
technologiques dans les domaines des télécommunications
et de l'informatique ont largement dématérialisé
cette circulation : des "autoroutes
de l'information" assurent la transmission
immédiate de grandes quantités
de données de toute nature d'un point
à l'autre de la planète. Et,
si la vitesse et l'instantanéité
sont les qualités recherchés
de ces réseaux, le "haut
débit" l'est également.
|
Fret
Le fret est :
- d'une part le prix de l'affrètement
ou du loyer d'un navire, d'un avion, d'un
véhicule,
- d'autre part la cargaison elle-même,
- enfin le prix du transport de la marchandise
par le mode choisi.
Ces distinctions sont prises en compte par
la comptabilité nationale pour déterminer
la valeur des échanges extérieurs
de marchandises : FAB (franco à bord)
prenant en compte la seule valeur marchandise,
ou CAF (coût assurance fret) ajoutant
coût du transport et de l'assurance.
Le monde des mobilités
contemporaines, exigeant davantage de vitesse
dans les acheminements, a fait la fortune
des activités de fret
express, par exemple celle
de transporteurs comme UPS, FedEx, DHL.
Aéroports et autres plates-formes
multimodales ont dû aussi s'adapter
à la gestion du fret en flux
tendus. |
Frontières
et fronts
Les frontières fermées ont
longtemps été aménagées
comme des territoires terminus : les normes
techniques changeaient brutalement, les
voies ferrées s'y arrêtaient
de part et d'autre, ainsi que bien d'autres
réseaux techniques (électricité
par exemple). Les processus d'ouverture
frontalière, en Europe tout particulièrement,
ont changé la donne, en augmentant
la perméabilité des frontières.
Celles-ci deviennent alors des espaces-pivots
où se concentrent des plates-formes
logistiques bien différentes des
zones de transit en douane
antérieures. L'effet fermeture se
transforme en effet de réseaux (J.
Ollivro, 2000). Les territoires doivent
s'adapter.
Les mobilités spatiales
sont, par ailleurs, au cœur des dynamiques
migratoires et de peuplement
des fronts pionniers, qu'ils soient frontaliers
ou intérieurs.
Pour compléter,
l'article de Laetitia Perrier Bruslé
: La
Bolivie à la conquête de l'Est.
Flux migratoires et intégration
territoriale des marges orientales. |
Gravitaire
(modèle)
La modélisation gravitaire permet
de déterminer l'intensité
d'une relation entre unités géographiques
en tenant compte de leur potentiel (poids
démographique, PIB, par exemple)
et de leur distance. Plus
généralement, ils permettent
d'évaluer les interactions spatiales,
les phénomènes d'attractivité,
de diffusion. La répartition
des interactions dans un ensemble de lieux
dépend de leur configuration, c'est-à-dire
de la force d'attraction de chacun et de
la difficulté des communications
entre eux.
Le modèle a été formulé
d'abord par William.J. Reilly
(1931), par analogie avec la loi de la gravitation
universelle de Newton : deux corps s'attirent
en raison directe de leur masse et en raison
inverse de la distance qui les sépare.
De même, dans un espace de circulation
relativement homogène, les échanges
entre deux régions ou deux villes
seront d'autant plus importants que le poids
des villes ou des régions est grand
et d'autant plus faibles qu'elles seront
éloignées. Selon ce modèle,
l'intensité de l'attraction, et donc
des interactions géographiques, décroit
en fonction de la distance,
très fréquemment sous la forme
d'un gradient.
La portée respective de ces interactions
correspond à la polarisation
qu'exerce une agglomération sur son
aire d'influence. Elle est limitée
par l'extension maximum de l'influence d'une
autre agglomération. Le modèle
gravitaire de Reilly a
d'abord été appliqué
au commerce de détail. L'utilisation
de modèles gravitaires s'est généralisée
à partir des années 1950 par
leur emploi dans le processus de planification
du système de transport urbain (Amérique
du Nord, Europe). Depuis, leurs applications
se sont diversifiées. Ils
sont très employés pour analyser
les flux de migration et pour délimiter
les aires de chalandise
en marketing. Ils rendent
bien compte, en général, de
l'essentiel des mouvements qui se produisent
dans un milieu où la mobilité
et l'accessibilité
sont relativement homogènes : ampleur
des flux de déplacements domicile-travail
dans un bassin d'emploi urbain, à
partir de la répartition des zones
de résidence et des zones d'emploi
; simulation des migrations interrégionales
ou interurbaines de population à
moyen terme dans un pays donné ;
prévision des besoins en infrastructures
de transport ; etc..
Pour prolonger, un article de Manuel Appert (schéma de synthèse : espaces et gradients de la mobilité quotidienne) : Les mobilités quotidiennes à Londres, aspects, impacts et régulations
|
Hub
Terme emprunté à la mécanique
motocycliste (Hub and Spoke, c'est
à dire moyeu et rayons), un hub est
une plate-forme, le noyau
pivot d'un système de transport.
Il a d'abord servi à désigner
les installations destinées au transfert
et aux manutentions de marchandises dans
le monde maritime. Il y qualifie également
les grands ports qui servent de centre d'éclatement
pour le transport des marchandises, en général
conteneurisées,
à destination de ports secondaires
: par exemple, en France, Le Havre.
Aujourd'hui, le terme de hub s'applique
beaucoup aux aéroports et il désigne
la plate-forme de correspondance ou de regroupement
des compagnies aériennes. Un hub
aérien peut être de taille
modeste : Clermont-Ferrand par exemple pour
les lignes intérieures transversales
en France. Où il peut avoir des dimensions
considérables, internationales et
domestiques : Atlanta en Amérique
du Nord par exemple.
Voir aussi l'article de Marie-Annick Lamy-Giner :
Port-Louis et Port Réunion, ports majeurs du sud-ouest de l’océan Indien |
Infrastructures
Ensemble des voies de communication et de
transport, matériels ou immatériels,
et des installations terminales telles que
les aérogares, les ports, les gares.
Elles organisent, structurent et irriguent
l'espace. Mais leurs effets structurants
sont inégaux : gazoduc et oléoduc
en ont peu par exemple. Les axes seuls,
sans les pôles (ou
nœuds) des réseaux,
peuvent également être sans
effets sur les territoires qu'ils traversent
(TGV en zone rurale par exemple) : on parle,
dans ce cas, d' effet - tunnel.
Les grands projets d'infrastructures supposent
des phases d'étude et de concertation
parfois longues et délicates.
Pour compléter :
- un article de Manuel Appert (schéma de synthèse : espaces et gradients de la mobilité quotidienne) : Les mobilités quotidiennes à Londres, aspects, impacts et régulations
-
les rubriques
" corpus
documentaire", " géographie
vivante" du dossier. |
Intermodalité,
interconnexion
Ensemble de mesures ou de techniques (interconnexions)
facilitant le passage d'un mode de transport
à un autre, l'intermodalité
exige une coordination entre les différents
modes de transport (multimodalité).
La valeur d'un carrefour, d'un pôle
tient à la qualité, à
la diversité et au nombre de ses
connexions entre différents types
de réseaux. Un aéroport
sera un bon hub s'il est
aussi desservi par l'autoroute, par une
ligne TGV, par un transport en site propre.
La pénibilité et la durée
des ruptures de charge
doivent être limitées au mieux.
Les plates-formes multimodales,
de leur côté, assurent la fluidité
et la flexibilité recherchées
dans le transport des marchandises.
Voir l'exemple de la plate-forme Delta
3 à Dourges (Pas-de-Calais).
|
Itinéraire
Tout transport emprunte un itinéraire,
il suit une trace dans l'espace. Cet itinéraire
relève d'un arbitrage entre différentes
données, principalement vitesse et
coût, mais aussi éventuellement
confort, phobie. Il relève d'un choix
entre différentes possibilités.
Ce peut être la ligne droite, mais
les contraintes et les logiques spatiales
de la mobilité, les logiques d'acteur
en décident souvent autrement. L'homme
d'affaires pressé ne parcourera pas
la ville de la même manière
que le touriste. Ainsi,
les services en ligne de sélection
d'itinéraires pour se rendre d'un
lieu à un autre donnent le choix
entre "le plus court", "le
plus rapide", "le plus économique"
!
Voir en
rubrique "savoir
faire" du dossier
|
Lieux
et localisations
Les mobilités consistent
à mettre en relation des lieux distants
par des procédés physiques
ou virtuels. Mais aussi, de plus en plus,
elles s'accompagnent d'un souci constant
de localisation, ce qui passe par des opérations
de traçabilité
: suivi de mobiles, d'objets ou de passagers
; localisations par des systèmes
tels que le GPS ou le futur système
européen, Galileo.
- Présentation du projet Galileo
sur le site de la Commission européenne
:
http://europa.eu.int/comm/dgs/energy_transport/galileo/index_fr.htm
- Activités de suivi d'itinéraires
et de déplacements en rubrique "savoir-faire" |
Logistique
et supply chain
La logistique désigne l'ensemble
des opérations nécessaires
aux flux d'échanges, de la conception
et de la préparation des biens sur
les lieux de production jusqu'à leur
livraison sur les lieux de consommation.
Les opérations logistiques peuvent
être de nature et d'objectifs diversifiés
: humanitaire, militaire, export-import.
Pour l'entreprise, la logistique consiste
à gérer le mouvement des produits
et des informations, dans un souci de gain
de temps et de réduction des coûts,
de stockage notamment (logiques du "zéro
stock", des flux tendus).
La chaîne logistique
(ou "supply chain)
intègre plusieurs types d'opérations
(planification des opérations, approvisionnement,
fabrication, commande et livraison). À
chaque étape, il s'agit de piloter
des flux physiques, financiers
ou d'information entre une entreprise, ses
fournisseurs et ses clients.
L'information relative aux biens transportés
(qualités, quantités, destinations)
n'est plus véhiculée en même
temps que le bien lui même : elle
suit un autre rythme, un autre itinéraire.
L'informatique et les télécommunications
sont alors essentiels afin d'optimiser la
gestion d'un parc de véhicules, de
navires porte-conteneurs.
Les activités de
transport jouent un rôle essentiel.
Une chaîne de transport
logistique assure le transport
de marchandises sur longue distance. Le
transport y est souvent segmenté
par le recours à plusieurs modes
de transport successifs. De plus en plus
s'y ajoutent le stockage et la distribution.
Pour assurer la responsabilité de
cette chaîne, les expéditeurs
font appel à des professionnels tels
que des commissionnaires, des transitaires,
des transporteurs, des armateurs.
Voir l'exemple des chaînes logistiques
impliquées dans la construction
de l'Airbus A380 |
Maritime
(transport) et ports
Les transports par voie maritime ont été
les premiers à jouer un rôle
essentiel dans les processus de mondialisation
des économies et des sociétés
de la planète.
L'organisation spatiale des réseaux
maritimes repose sur des lignes (ou routes)
maritimes et sur des ports (nœuds ou
pôles des réseaux). L'exploitation
et l'équipement sont entre les mains
des armateurs et des armements.
Objectifs et fonctionnements des armements
sont très diversifiés, leur
degré d'intégration dans les
filières logistiques
variés. Ils peuvent exploiter des
lignes maritimes, liaisons régulières
entre un ensemble de ports souvent répartis
sur des façades maritimes
différentes. Plus le nombre de lignes
qui desservent un port est élevé,
plus l' avant-pays du port
est universel, plus son arrière-pays
est développé également.
Aussi les autorités portuaires s'efforcent-elles
d'attirer et de fidéliser les armements.
Les navires desservant une ligne régulière
appartiennent souvent à des conférences
ou des alliances maritimes.
Les conférences maritimes, sorte
de cartels ou d'ententes, visaient, à
l'origine, à organiser la concurrence
sur certaines grandes lignes fortement concurrentielles
( Trans-atlantic conference agreement
par exemple). À partir de 1995,
des alliances maritimes apparaissent, agissant
à l'échelle globale sur la
planète : entreprises et opérateurs
du transport maritime y
partagent investissements, terminaux et
transports. Aujourd'hui, de telles alliances
contrôlent plus de la moitié
de la flotte du transport maritime. Par
exemple, l'alliance Sea-Land-Maersk est
devenue, après fusion, le premier
armement du monde de lignes régulières
conteneurisées.
Une telle évolution vers la concentration
et vers les stratégies d'alliance
est comparable à celle qui est à
l'oeuvre dans le transport aérien.
À la différence des lignes
régulières, le tramping
(errance, vagabondage) est réalisé
par des navires qui transportent à
la demande des marchandises de toute nature,
sans assurer de desserte régulière.
Le cabotage, qui
n'est pas spécifique des transports
maritimes (il y a aussi du cabotage routier,
fluvial, aérien), désigne
ou bien un transport de fret réalisé
entre deux ports (ou aéroports, etc.)
d'un même pays par un bateau étranger,
ou bien le transport de fret sur une courte
distance, souvent limitée à
un seul pays.
La généralisation du conteneur
a entraîné une évolution
en profondeur de la gestion des ports. Les
navires porte-conteneurs exigent une gestion
informatique rigoureuse des stocks, des
flux, des interconnexions
(passage vers d'autres modes :
route, rail, fluvial). Leur immobilisation
est extrêmement coûteuse d'où
la nécessité de limiter au
minimum leurs arrêts à quai.
En 1984, l'armement taiwanais Evergreen
inaugurait les premières lignes régulières
de porte-conteneurs en "tour du monde"
dans les deux sens. D'autres lui ont emboîté
le pas. Les nouveaux porte-conteneurs du
début du XXIe siècle privilégient
les logiques suivantes : celle du volume
avec des navires transportant 8 000 voire
15 000 EVP ; ou celle de la vitesse, en
approchant les 50 km/h sur des unités
plus petites.
La réglementation internationale
de la navigation maritime est issue de l'Organisation
maritime internationale (OMI),
née en 1948 sous le nom d'OMCI. Elle
est compétente dans les domaines
de la sécurité, de la gestion
des risques, mais aussi
de la pollution marine et de la préservation
du milieu marin, tant pour la navigation
marchande que pour la pêche. Elle
siège à Londres.
Voir aussi :
- l'article de Marie-Annick Lamy-Giner :
Port-Louis et Port Réunion, ports majeurs du sud-ouest de l’océan Indien
-
Activités et ressources autour du
transport maritime en rubrique "Géographie vivante " du dossier |
Migrations
Les flux migratoires s'inscrivent plus ou
moins durablement dans le temps et l'espace
: des migrations définitives et sur
de longues distances des populations aux
circulations pendulaires par exemple. La
migration s'accompagne le plus souvent d'une
augmentation de toutes les autres formes
de mobilité et de
circulation. On peut distinguer différents
types de mobilités migratoires, caractérisées
par leurs distances et leurs durées
: différentes formes de déplacement
touristique ou de loisir, migrations résidentielles,
circulations pendulaires, voyages d'affaire,
pélerinages, chalandises.
"Le déplacement n'est donc pas
l'état inférieur de la sédentarité
: le nomade-migrant a la connaissance des
grands chemins qui, menant d'un centre à
l'autre, sont eux-mêmes condition
de concentration et de diffusion
de richesses matérielles, symboliques
et immatérielles" (Tarrius A.,
Marotel G., Peraldi M. - Migration et
citadinité. L'approche de la ville
par la mobilité - Les Annales
de la recherche urbaine, n° 64 - 1994).
À cet égard, les diasporas
jouent un rôle important. On pourra
ainsi se reporter à l'exemple de
la diaspora chinoise dans le dossier consacré
à :
"La
Chine entre espaces domestiques et espace
mondial"
|
Mobilité
Dans son acception la plus générale,
la mobilité désigne un changement
de lieu. Les individus et les groupes
humains sont confrontés à
l'exigence de maîtrise de la distance
par la mobilité (Lévy, Lussault,
2003). Celle-ci ne se limite pas au déplacement
physique effectif et aux techniques de
transport, à l' accessibilité,
mais elle embrasse les idéologies
et les technologies du mouvement en cours
dans une société. Elle rassemble
donc à la fois : un ensemble de
valeurs sociales ; une série de
conditions géographiques ; un dispositif
technologique et son arsenal de techniques
et d'acteurs. Chaque acteur (individu,
groupe social) dispose, du fait de ses
compétences et de son insertion
spatiale, d'un capital de mobilité,
il structure et régule son propre
"système de mobilité".
La circulation des biens, des personnes,
est à la source de processus d'échange,
de diffusion (valeurs,
idées, technologies, etc.), moteur
essentiel du développement de l'humanité.
Toute création d'une nouvelle offre
de transport transforme les mobilités.
Tout d'abord par des effets de détournement
: le chemin de fer détourna à
son profit une part du trafic fluvial,
le trafic routier une part du ferroviaire,
le TGV une part de l'avion, etc. Mais
aussi en générant un
trafic induit révélant
des déplacements latents qui ne
pouvaient se faire (temps ou durée
excessifs) : grâce aux innovations
techniques, il devient possible de faire
des déplacements qui n'étaient
pas envisageables auparavant.
Depuis 1850 environ, les sociétés
industrielles, entrées dans un
processus continu d'accroissement des
mobilités, ont pu modifier radicalement
les conditions de vitesse de leurs déplacements.
Plus récemment (avènement
des télécommunications),
nous sommes passés à l'ère
généralisée de l'instantanéité,
de l'immédiateté, pour les
biens immatériels : capitaux, informations,
images, sons. Mais les réseaux
qui assurent ces mobilités, la
localisation de leurs nœuds
(sites d'hébergement, services
en ligne, bases de données, etc.)
sont inscrits dans l'espace géographique.
L'espace des sociétés contemporaines
hypermobiles est relatif, relationnel,
marqué par la cospatialité.
Les micro-échelles, où se
déploient les pratiques télécommunicationnelles,
méritent l'intérêt.
La course à la vitesse
des déplacements n'est pas terminée.
Ces évolutions, loin de produire
des conditions généralisées
d' isotropie, produisent
des organisations de l'espace, des spatialités
et des interactions spatiales inédites.
Pour les géographes, la mobilité
se décline de différentes
façons : mobilité sociale,
mobilité professionnelle, mobilité
de travail, s'inscrivant ainsi clairement
dans le champ de la géographie
sociale.
Pour approfondir, voir l'article d'Emmanuelle
Bonerandi : De
la mobilité en géographie
|
Mobilités
urbaines
Les structures territoriales qui se développent
aujourd'hui sont celles qui croisent pouvoir
et accessibilité.
Ainsi, les grandes villes profitent de
l'essor de la rapidité différenciée
(J. Ollivro, 2000) pour s'imposer : via
leurs plates-formes multimodales,
elles offrent aux fonctions stratégiques
une accessibilité généralisée
aux autres villes importantes et s'imposent
comme des carrefours planétaires.
Les autres territoires ne parviennent
pas à relever le défi.
Stade avancé du processus d'urbanisation,
la métropolisation repose, pour
partie, sur la proximité de liens
multimodaux de communication, sur la participation
à des réseaux
internationaux.
Mais, tension et contradictions sont réelles
entre, d'une part, la liberté des
déplacements que seules les grandes
villes et les métropoles semblent
permettre et, d'autre part, les contraintes
urbaines de localisation.
Les grandes villes et les métropoles
ont des problèmes de mobilité
qui leur sont spécifiques. Le transport
en site propre (TSP) exige
des infrastructures spécifiques
(métro, tramway par exemple). Elles
sont confrontées aux problèmes
suivants :
- les engorgements, les saturations, sources
de déséconomies d'échelle
et de dégradations environnementales,
- les conflits d'usage générés
par la densité des populations
et des activités,
- les conséquences de la péri-urbanité,
de la polycentralité, les besoins
spécifiques des navetteurs,
etc.
Les pouvoirs publics, les collectivités
territoriales, ont un rôle essentiel
à jouer dans la définition
des politiques d'aménagement des
transports urbains. Institué par
la Loi d'orientation des transports
intérieurs (LOTI, décembre
1982) et rendu obligatoire par la Loi
sur l'air de 1996 dans les
agglomérations de plus de 100 000
habitants, le Plan de déplacement
urbain (PDU) a été
redéfini par le titre III de la
Loi Solidarité et Renouvellement
Urbains (SRU, décembre
2000). Les objectifs du PDU doivent figurer
dans le Plan local d'urbanisme
(PLU). Il doit être
en adéquation totale avec le Schéma
de cohérence territoriale (SCOT).
Le PDU est un outil de planification et
de coordination. Il définit les
principes de l'organisation des transports
de personnes et de marchandises, de la
circulation et du stationnement, afin
d'assurer un équilibre durable
entre les besoins en matière de
mobilité et de facilité
d'accès, d'une part, la protection
de l'environnement et la santé
d'autre part.
Par ailleurs, dans le cadre des PDU ou
d'autres politiques incitatives, les entreprises
privées, publiques, et les administrations
sont encouragées à adopter
des Plans de déplacement
d'entreprise (PDE) et des Plans de mobilité.
De telles pratiques ont cours depuis longtemps
dans d'autres pays d'Europe septentrionale.
Pour prolonger :
- l'exemple de la métropole londonienne, un article de Manuel Appert : Les mobilités quotidiennes à Londres, aspects, impacts et régulations
- le dossier
"De
villes en métropoles" et, tout particulièrement, l'article de Natacha Aveline, Tôkyô, métropole japonaise en mouvement perpétuel qui montre comment la métropole est façonnée par les modes d'expansion de ses réseaux de transport urbain.
- l'exemple de plans de déplacement
urbain en région Ile-de-France
: www.pduif.org/index.php
|
Mondialisation
La mondialisation est un processus continu
d'intensification et de fluidification
des échanges, porté par
l'essor des transports et des mobilités
(populations, entreprises, etc.).
|
Plates-formes,
centres et bases logistiques
Les plates-formes sont des zones réservées
à des activités de transport
et/ou de logistique. Il en existe différents
types : monomodale, intermodale, multimodale
ou liées à une activité
: fret, passager, etc.
Les centres logistiques
sont des points nodaux de transport combiné
auxquels s'ajoute un nombre plus ou moins
important de prestations logistiques ciblées.
Ces points génèrent une concentration
des flux de transport, notamment à
l'interface entre le trafic longue distance
et le trafic de proximité ou le trafic
régional.
Les bases logistiques sont des entrepôts
de surface, parfois considérables,
dans lequel une entreprise industrielle
stocke les pièces détachées
nécessaires à son activité,
la grande distribution stocke les approvisionnements
qu'elle redistribue ensuite. Ces bases peuvent
être isolées mais à
proximité des grands bassins de consommation
(grande distribution alimentaire). Elles
peuvent être regroupées sur
des plates-formes ou centres logistiques
dans un port maritime, dans un port intérieur
( port sec), à proximité
d'un aéroport (ZALA).
- Voir l'exemple de la plate-forme Delta
3 à Dourges (Pas-de-Calais).
|
Pôles
et polarisation
L'organisation spatiale des mobilités
repose sur l'organisation de nœuds
ou de pôles qui concentrent les moyens
logistiques, les flux
et qui sont fortement attractifs.
Les relations entre le pôle et l'espace
qui l'entoure peuvent être pensées
en termes de gravité, selon des modèles
gravitaires.
L'effet, à plus long terme, des télécommunications
et des TIC sur ces dynamiques de
polarisation est l'objet de débats.
|
| Port
sec (port avancé)
Il s'agit d'un terminal terrestre en liaison
commerciale et logistique directe avec un
port maritime. Site intermodal à
l’intérieur des terres, il
peut utiliser l'ensemble des modes de transport
terrestre (rail, route, fluvial) et il propose
les services d’un port : manutention,
entreposage. Un des avantages est de réduire
la circulation à vide des conteneurs
entre le port maritime et les zones de livraison.
C'est à la fin des années
1980 qu'apparaissent les "ports secs"
en Europe du Nord. En France, l'un des premiers
voit le jour en 1995 à Lille, en
relation avec le port du Havre. Par exemple,
le port du Havre a plusieurs ports secs
: neuf en France et un en Italie, à
Milan. D'autres sont à l'étude.
Le Port Autonome de Nantes Saint-Nazaire
envisage un port sec implanté en
Région Centre (Vierzon). Toulouse
pourrait devenir un port sec pour Barcelone.
Ainsi les "ports secs" participent
à la carte de l'intermodalité.
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Réseau
Les réseaux de transport de biens
matériels ou immatériels,
ou de personnes, construisent un espace
réticulé polarisé
par des points desservis (carrefours,
échangeurs, gares, téléports,
etc.) et reliés par des axes ou
des faisceaux (autoroutes, voies ferrées,
faisceaux hertziens, etc.).
Les réseaux peuvent être
classés selon leurs usages, leur
domaine spatial, leur mode, leur statut
juridique. On peut aussi les caractériser
par leur forme : réseaux maillés,
polaires ou en étoile, en arbre.
La représentation des réseaux
sous forme d'un graphe,
à l'aide de points ( pôles,
nœuds ou sommets) et d'arcs (ou arêtes),
permet d'en analyser différentes
propriétés ( topologie)
: indices de complexité
et de connexité, indicateurs
locaux de position permettent de mesurer
le degré de centralité
ou d' accessibilité,
par exemple. Voir la section "savoir-faire"
du dossier.
Les réseaux créent des contraintes
spatiales et sont producteurs d' anisotropie.
Les angles morts,
du fait de leur enclavement,
deviennent propices à l'établissement
de sites protégés et patrimoniaux
(parcs naturels, réserves), territoires,
parfois, de l'immobile et de l'immuable.
Il n'est pas possible de traiter des réseaux
de transport ou de communication indépendamment
des sociétés qui les font
naître : il faut y lire des systèmes
de valeurs producteurs d'un espace et
de ses représentations (exemple
de l'organisation centralisée du
chemin de fer français à
ses origines, la fameuse "étoile
de Legrand"). Si les réseaux
peuvent donner naissance à de nouvelles
stratégies spatiales, ils amplifient
aussi les tendances existantes. Tout à
la fois produit et support de l'activité
sociale, ils accélèrent
aussi bien le déclin que la croissance
d'une région. L'organisation spatiale
des réseaux est donc productrice
de discontinuités.
Certains réseaux physiques contemporains,
aux mailles de plus en plus vastes, aux
nœuds de plus en plus rares (voir
le réseau TGV), concentrent leurs
avantages sur quelques lieux privilégiés
où ont tendance à s'agglomérer
les hommes, les activités, les
richesses, réalisant ainsi d'importantes
économies d'échelle.
Ils contribuent aux phénomènes
contemporains de métropolisation,
laissant de côté
des territoires victimes de l' effet
- tunnel.
Voir en rubrique "savoir
faire" du dossier
|
Risques
et sécurité
L'augmentation de la mobilité des
hommes et des marchandises est vecteur de
risques : insécurité routière,
accidents divers (exemples récents
des tunnels du Mont-Blanc et du Saint-Gothard),
catastrophes maritimes (pétroliers
par exemple), risques spécifiques
liés aux marchandises transportées
(le transport des matières
dangereuses - TMD).
Le risque encouru par les employés
ou salariés au titre des mobilités
professionnelles, tout particulièrement
routières, est loin d'être
négligeable (en France, en 2000,
pour 47% des accidents routiers mortels
un impliqué au moins, victime ou
non, l'était dans le cadre d'une
mission ou d'un trajet domicile - travail.
Certains types de transports sont particulièrement
exposés au risque terroriste. Les
événements du 11 septembre
2001 ont conduit à une prise de conscience
de la vulnérabilité de certains
systèmes, aéroportuaires et
portuaires plus particulièrement,
mais aussi dans les transports terrestres.
Différents dispositifs, différentes
mesures ont été adoptés,
à une échelle soit nationale,
soit internationale, pour prévenir
d'éventuels attentats.
Pour prendre l'exemple du transport maritime,
depuis le 1er juillet 2004, en vertu d'une
décision de l'Organisation maritime
internationale (OMI), reprise et renforcée
par l'UE, tous les grands ports européens
seront tenus d'appliquer un code très
rigoureux ( International Ship and Port
Facility Security - ISPS) sur la sûreté
des navires et les installations portuaires.
Tout ceci constitue, bien entendu, une source
supplémentaire de renchérissement
des coûts du transport qui se rajoute
à celle des coûts de
l'énergie. Mais d'autres
conséquences sont perceptibles. La
multiplication des rugosités (contrôles
d'accès, contrôles des bagages
dans les aéroports
par exemple) ralentissent flux et vitesses.
Les arbitrages entre libertés individuelles
et politiques de contrôle deviennent
délicats.
- Un rapport de l'OCDE sur la sûreté
dans les transports maritimes :
www.oecd.org/LongAbstract/0,2546,fr_2649_34367_18469897_119666_1_1_1,00.html
- L' International Maritime Organization
(IMO) ou OMI (Organisation Maritime
Internationale) est issue d'une Convention
convoquée à l'initiative de
l'ONU (1948). C'est un organisme plus particulièrement
chargé d'élaborer des dispositions
relatives à la sécurité
en mer et qui se préoccupe des accidents
en milieu maritime et à leurs conséquences
sur l'environnement, à leur prévention
en coordonnant les actions internationales
: www.imo.org/home.asp
|
Rupture
de charge
Obligation, plus ou moins coûteuse
en temps et en argent, de décharger
et de recharger lors d'un changement de
mode de transport physique. Certaines solutions
facilitent l'interconnexion des réseaux
de nature différente. Ainsi, le
roll on / roll off (ro-ro)
est un procédé intermodal
par lequel les camions entrent directement
dans les navires à quai pour en effectuer
le chargement et le déchargement.
Le ferroutage
consiste à charger des camions, assurant
le "porte à porte", sur
des trains qui, eux, permettent le franchissement
de longues distances ou de passages particuliers
(tunnels).
Voir, en rubrique
"corpus documentaire", les
ruptures de charge dans le transport des
éléments de l'Airbus A380 |
Télécommunications
et technologies de l'information et de
communication (TIC)
Etymologiquement "communication
à distance", les télécommunications
recouvrent les situations de communication
immatérielle et distante, excluant
ainsi la communication présentielle.
À la différence des transports,
elles ne supposent pas de déplacement
matériel autre que celui
des ondes électro-magnétiques.
Les télécommunications
peuvent, de nos jours, être multisensorielles
(images, sons, textes), multimédias.
Le croisement des télécommunications
et de l'informatique, a permis l'essor
des "technologies de
l'information et de communication"
(TIC) dont les effets dans
l'organisation spatiale des sociétés
se font d'ores et déjà sentir
à travers : l'essor du télétravail
(travail à distance de l'ensemble
des acteurs d'une production) ; les délocalisations
d'activités de service (centres
d'appels) et les téléservices
; le processus de filialisation des sociétés
transnationales ; etc.. De nouvelles formes
de mobilités et
de localisations sont
ainsi produites.
Dans la sphère industrielle, l'Internet,
les réseaux d’entreprises
intranets et extranets, les réseaux
de télécommunication privatifs
(virtual private network), permettent
le travail collaboratif à distance,
la délocalisation d’activités
de type back office, l’externalisation
de tâches de gestion (infogérance)
et ils facilitent l’implantation
de filiales à l’échelle
internationale.
L'ère des TIC et du temps réel,
de l'immédiateté, est celle
de la ville globale ou du "village
global" (Mac Luhan), celle de la
mondialisation (ou globalisation).
La généralisation de la
diffusion des TIC peut-elle
amener à une ère d'indifférenciation
et de neutralité spatiales, d'isotropie
généralisée ? De
quelle manière conduit-elle le
géographe à revisiter des
notions telles que celles de distances,
de réseaux, de
territorialité, de mobilité
? Quel est l'impact des réseaux
de télécommunications sur
les phénomènes de concentration
des hommes et des activités, sur
leurs circulations, sur la localisation
des entreprises et de la main d'oeuvre
? Ces technologies ont créé
les conditions d'une plus grande mobilité
humaine, de formes différentes
d'interactivité et de nomadisme,
une flexibilité accrue des entreprises
et du travail. Il s'agit de moins en moins
de parcourir une distance mais de contrôler
et d'agir à distance. Les réseaux
générés par les TIC
peuvent-ils alors contribuer à
redistribuer les cartes entre villes et
campagnes, villes et banlieues, pays du
Nord et pays du Sud ?
Pour prolonger :
- Par
Olivier Jonas, Technologies
de l'information et de communication :
quels effets sur les territoires ?
- Internet, la fin de la géographie
? F. Lasserre pour Cybergéo :
http://193.55.107.45/RESEAUX/PTCHAUD/lasser.htm
|
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Tourisme et loisirs
Forme particulière
de migration, le tourisme
s'analyse classiquement en termes de flux
d'échanges et de personnes et en
termes de zones d'émission et de
réception. Les mobilités
qui lui sont associées sont essentielles
au fonctionnement des systèmes touristiques
: durées et distances,
modalités des transits. Les mobilités
touristiques et de loisir pourront aussi
être à la source de processus
de diffusion de pratiques
culturelles, de modes de vie ainsi que de
transferts de technologie et de capitaux
par exemple.
Par les déplacements qu'il met en
jeu, le touriste exprime un certain rapport
au territoire, celui d'où il vient
autant que celui où il va. Les pratiques
de déplacement touristique des populations
urbaines favorisées ne seront pas
les mêmes que celles de catégories
plus populaires. Le tourisme des populations
d'Asie est différent du tourisme
pratiqué par les Européens.
Les pratiques de mobilité des touristes
évoluent au cours du temps :
- par leur durée, des séjours
plus courts semblent en vogue de nos jours,
- par leur distance, les transports aériens
sur de longues distances étant devenus
plus abordables,
- par leur mode, on relève par exemple
la vogue des paquebots de croisière
qui a fait la fortune des Chantiers de l'Atlantique
au cours des années 1990 et 2000. |
Traçabilité
(tracing et tracking)
La mobilité croissante des biens
à une échelle planétaire
ou régionale (europe) a provoqué
le souci de rendre traçable l'itinéraire
suivi par les marchandises afin de pouvoir
en assurer l'origine, leur localisation
au cours du trajet jusqu'à leur destination.
Ce souci de traçabilité correspond
à des préoccupations sanitaires
(marché de la viande par exemple)
ou réglementaires (OGM par exemple),
mais aussi aux exigences de la vitesse
et des flux tendus.
Le tracing suggère à
la fois l'idée de suivi d'une piste
et de preuve d'une origine et d'une livraison.
Le tracking, défini par
la norme ISO 8402, est l' "aptitude
à retrouver l'historique, l'utilisation
ou la localisation d'une entité au
moyen d'identifications enregistrées".
Information du site e-logisticien.com :
www.e-logisticien.com/articles.php3?nom=tracing&part=1 |
Villes
et métropoles
Voir l'entrée "Mobilités
urbaines" |
Vitesse
et immédiateté
La course à la vitesse a été
une obsession majeure des XIXe et XXe siècles
et elle est toujours au cœur des aspirations
du monde contemporain. Le juste
à temps impose de nouveaux
rythmes, davantage de flexibilité.
Le "temps réel", celui
de l'immédiateté, règnent
dans le monde de l'information et de la
communication. Par ailleurs, le XXe siècle
a permis l'explosion des moyens de communication
individuels aboutissant à des modes
de plus en plus diversifiés de mobilité,
tant physique que virtuelle.
L'homme pratique aujourd'hui des vitesses
de déplacement de plus en plus différenciées
(marche, automobile, avion, télécommunications
...) et il peut se mouvoir dans un espace
à plusieurs vitesses et dimensions
simultanées : il peut, par exemple,
téléphoner depuis un TGV ou
un avion. Les différentiels de vitesse
ne sont pas sans paradoxes : c'est ainsi
qu'après un Lyon-Paris en TGV en
2h, on pourra mettre une ou deux heures
pour parcourir quelques kms à travers
la capitale. Il arrive aussi de se diriger
vers un lieu en commençant par prendre
une direction opposée : pour rejoindre
une bretelle d'autoroute par exemple (J.
Ollivro, 2000).
La "grande vitesse" est devenue
une caractéristique des transports
terrestres contemporains. Ses débuts
datent de 1964 avec la mise en service du
Tokaïdo-Shinkansen au Japon. D'autres
constructeurs lui ont emboîté
le pas : TGV français, ICE allemand
de Siemens. Plus récemment, on a
vu apparaître des "navires à
grande vitesse" (NGV).
Pour Paul Virilio (père de la "dromologie",
science de la vitesse), la perspective du
temps réel impose de repenser complètement
l'organisation spatiale de notre existence
basée sur la géométrie
: la proximité physique entrerait
en dissonance avec les télécommunications
; les anciens modèles fonctionnant
sur les concepts de centre et de périphérie
seraient en train de disparaître.
Il faudrait également repenser la
notion de mobilité
: "il y a une sorte de ville-monde
dont les villes locales sont les quartiers
et les habitants sont connectés,
avec, en contrepartie, le repli sur soi,
le problème des exclus et des nationalités
(...) D'une certaine façon, on assiste
à la fin du déplacement au
profit de l'inertie polaire et d'une contemplation
solitaire" (P. Virilio, Télérama,
octobre 1993, cité par Marie-Claude
Cassé - Réseaux de télécommunications
et construction territoriale in Encyclopédie
de Géographie, Economica, 1992).
|
Zones grises
Les mobilités
potentielles sont loin d'être
les mobilités réelles sur
Terre. De nombreuses difficultés,
autres que naturelles et technologiques,
peuvent interdire ou réduire la mobilité
sur tel ou tel espace et territoire enclavé.
Elles sont le plus souvent d'ordre géopolitique.
Tel pays sera à l'écart des
échanges ou de la circulation : la
Corée du Nord par exemple. L'insécurité,
les risques dans de vastes
régions est une entrave aux échanges.
Ainsi, les attaques de navire, de camions,
d'avions peuvent être des actes relevant
de la simple piraterie,
mais elles peuvent aussi s'inscrire dans
un contexte de conflit régional (voir
le Moyen-Orient).
Pour le transport maritime,
certains secteurs sont parmi les moins sûrs
de la planète : le détroit
de Malacca et l'environnement de l'Indonésie
et des Philippines, le golfe de Guinée
(proximité de Lagos), certains secteurs
des Caraïbes et les côtes du
Brésil.
Voir les articles de Nathalie Fau : Le
détroit de Malacca :
porte océane, axe maritime, enjeux
stratégiques ; des flux maritimes
à la structuration d'une mer intérieure.
|
Principales sources du glossaire : voir
la partie
"ressources" de ce dossier ainsi
que la page consacrée aux notions
générales .
- Bailly A., Ferras R., Pumain D. - Encyclopédie
de Géographie - Economica - 1992
- Damien M.-M. - Transport et logistique
- Aide-mémoire de l'ingénieur
- Dunod - 2001
- Géneau de Lamarlière I. et Staszak
J.-F. - Principes de géographie économique
- Collection Grand Amphi Géographie -
Bréal - 2000
- Lévy J. et Lussault M. (dir.) - Dictionnaire
de géographie et des sciences de l'espace
social - Belin - 2003
ainsi que :
- HyperGéo. Spatialités des sociétés,
une encyclopédie électronique
consacrée à l'épistémologie
de la géographie et proposée par
Cybergéo :
www.cybergeo.presse.fr/libergeo/hypergeo.htm
- le glossaire de l'AFT-IFTIM, une association
pour le développement de la formation
professionnelle dans le transport. www.aft-iftim.com
Glossaire
proposé par Sylviane Tabarly, avec la collaboration
de Jean-Louis Carnat, IA-IPR d'histoire et géographie

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| Mise
à jour partielle : 20-10-2006
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