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Intégration

Publié le 27/02/2013

Au sens général, l’intégration est un processus d’incorporation d’un élément dans un autre, accompagné d’une transformation réciproque de ces éléments tendant vers l’unité. Le latin integrare, rendre complet, rappelle ainsi que l’intégration opère un geste vers l’achèvement. Un élément extérieur, autre, fait partie intégrante de la structure qui l’accueille par la modification dissymétrique des deux parties conduisant à l’émergence d’une nouvelle réalité. L’intégration est ainsi travaillée par les notions d’altérité et d’identité.
En géographie, le terme d’intégration s’applique à différents objets et à différentes échelles. Généralement, on parle d’intégration territoriale. L’intégration d’un territoire dans un autre (comme une périphérie intégrée à un centre) entend la production d’un nouveau territoire qui est plus que la somme des deux parties. Le processus d’intégration se traduit par le tissage d’un réseau et l’établissement de relations entre les points du territoire.


L’intégration européenne | L'intégration régionale et mondiale des pays riverains de la Méditerranée | L'intégration régionale et mondiale de la Russie | L'intégration régionale et mondiale de la Chine
 

L’intégration européenne


L’intégration européenne revêt ainsi plusieurs sens. Elle désigne le processus d’adhésion politique des nouveaux États membres à l’Union existante mais aussi le renforcement des flux et des réseaux au sein de l’Union. Elle est ainsi composée de différentes formes d’intégrations : géographique (mise en réseau des territoires), économique (convergence des économies selon les critères de Maastricht), juridique (incorporation des lois européennes au corpus législatif), social (libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen), etc. L’intégration européenne est ainsi un processus lent, ne se résumant pas à l’adhésion, qui tend à dépasser la diversité européenne pour en construire l’unité.

Sur le même thème, voir le glossaire Territoires européens : régions, États, Union

Mise à jour : décembre 2010

 

L'intégration régionale et mondiale des pays riverains de la Méditerranée


Les pays riverains de la Méditerranée appartiennent en général à une ou plusieurs organisations régionales, mais aucune n'est spécifiquement méditerranéenne. Le manque d'intégration régionale peut aussi être constaté en considérant la nature des échanges économiques et financiers.

D'une manière générale, les investissements régionaux croisés sont réduits. Les Pays du Sud et de l'Est méditerranéen (PSEM*) sont des parents pauvres de l'investissement international : non seulement leur intégration économique est très faible par rapport aux autres zones, mais elle a plutôt tendance à stagner. En moyenne, ils n’attirent que 2% de l'investissement direct à l'étranger (IDE) européen. Si l’Union européenne a mobilisé 730 milliards de USD pour la réunification allemande, si elle a consacré, directement ou indirectement, 60 milliards de USD aux PECO, les pays de la zone Moyen-Orient / Afrique du Nord (dont la population est presque le double de celle de la zone PECO) n’ont bénéficié de concours européens qu’à hauteur de 15 milliards de USD. Toutes origines confondues, l'IDE n'assure qu'une faible part du PIB des PSEM (données 2000) : 0,01% du PIB de l’Algérie, 0,21% de celui de la Jordanie, 0,84% au Maroc, 0,94% en Égypte, 1,64% en Tunisie.

L'intégration régionale Sud-Sud est également très limitée : moins de 5% des échanges des pays de la zone Moyen-Orient / Afrique du Nord (Middle East and North Africa - MENA*) se font sur une base régionale, contre plus de 50% pour l’UE (données 2002). Or, il apparaît que, dans un contexte général de mondialisation, l’intégration régionale constitue un atout pour chacun des pays qui y participent.

Cette question de l'intégration régionale doit également tenir compte des projets initiés par l'UE à travers le processus de Barcelone ou par les États-Unis dans le cadre d'une initiative globale pour le "Grand Moyen-Orient".

Inventaire des principales organisations régionales agissant dans les domaines diplomatiques, militaires et/ou économiques et concernant les États du pourtour méditerranéen.
L'insertion régionale des pays impliqués dans la zone méditerranéenne (une sélection)

Sur le même thème, voir le glossaire Méditerranée, une géographie paradoxale

 

L'intégration régionale et mondiale de la Russie


Le niveau d'intégration de la Russie dans son environnement géopolitique peut s'analyser à deux échelles : celle des territoires issus de l'ex-URSS d'une part (l'"étranger proche"), à l'échelle mondiale d'autre part.

Au temps de la guerre froide, le rôle de l'URSS dans l'espace mondial était fondé sur un réseau de pays et de partis "frères" coordonnés par Moscou, centre de l'Internationale communiste : "Démocraties populaires" d'Europe et Yougoslavie, Cuba, Vietnam, divers pays du "Sud" au gré des évolutions stratégiques et des jeux d'alliance. Le rôle international de l'URSS s'exerçait aussi à travers sa place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et les capacités de son arsenal militaire. Économiquement, la sphère de l'Internationale communiste vivait selon ses logiques propres, avec des échanges limités avec le reste du monde. La fin du système a conduit la Russie à redéfinir sa place dans le monde.
Sur les plans diplomatique et militaire, la Russie, "héritière unique de l'URSS", hérite donc de la place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Et, en 1997, le G7 a accueilli officiellement la Russie, se transformant en G8, sauf pour les questions économiques et financières.
Dans le domaine économique, la Russie est encore engagée par d'étroites relations avec son "étranger proche" et son économie est encore relativement peu mondialisée, si ce n'est, principalement, par les flux d'exportation de matières premières. Les flux d'IDE de grands groupes multinationaux commencent à modifier la donne. La Russie frappe à son tour à la porte de l'OMC : un accord, conclu avec l'UE en 2004, devrait permettre son adhésion lorsque les négociations qu'elle mène également avec les États-Unis et la Chine auront abouti. Elle est aussi candidate à l'entrée dans l'OCDE. Enfin, elle a rejoint, en 2004, les pays signataires du protocole de Kyoto.
La situation bi-continentale de la Russie l'amène à participer à des organisations régionales européennes et atlantiques d'une part, asiatiques d'autre part.
Du côté européen et atlantique, les relations avec l'OTAN se sont trouvées redéfinies par l'"Acte fondateur" signé le 27 mai 1997. Il définit les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l'OTAN et la Fédération de Russie et il établit un cadre unique de consultation et de coopération entre l'une et l'autre par la création du Conseil conjoint permanent.
La Russie est membre de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), fondée en 1994 dans les perspectives ouvertes par la conférence d'Helsinki de 1975 et destinée à promouvoir les droits de l'homme. Mais, si elle a longtemps accepté les observateurs de l'OSCE sur le théâtre de ses opérations en Tchétchénie, à ses frontières ou dans certains pays de la CEI, elle s'y oppose de plus en plus souvent.
La Russie fait aussi partie du Conseil de l'Europe (défense de la démocratie et des droits de l'Homme) ainsi que de la Coopération économique de la mer Noire (CEMN).

Du côté asiatique et pacifique, la Russie est membre :
- de la Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC),
- du forum régional de l'ANSEA (sur les questions de sécurité dans la zone Asie-Pacifique),
- de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS dont le siège est à Pékin) qui a pris, en 2001, la relève du Groupe de Shanghai, structure informelle créée en 1996 pour régler des problèmes frontaliers et de sécurité, plus particulièrement pour coordonner les actions contre les "menaces islamistes" et pour favoriser les relations économiques entre ses membres.

Sources et compléments :
- Sur le site du Sénat : www.senat.fr/rap/r03-317/r03-317_mono.html
- L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE - Organization for Security and Co-operation in Europe) : www.osce.org/index.php

Sur le même thème, voir le glossaire Russie : des territoires en recomposition

Mise à jour : février 2005

 

L'intégration régionale et mondiale de la Chine


L'entrée de la Chine à l'ONU, en 1971, et par-là même l'obtention d'un des cinq sièges de membre permanent au Conseil de Sécurité, a donné le coup d'envoi à un processus d'intégration croissante à l'échelle mondiale.
L'intégration de la Chine dans les flux mondiaux d'échanges est parallèle à son rôle régional croissant au sein de l'espace Asie-Pacifique. Au demeurant, l'intégration géopolitique de la Chine a encore ses limites, du fait des craintes que ses ambitions régionales peuvent susciter.
Elle est simple partenaire de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ANSEA / ASEAN) sans en être membre (alors que la Corée du Sud y dispose d'un statut spécial), mais elle est membre du groupe communément appelé "ANSEA + 3" incluant aussi le Japon et la Corée du Sud mais excluant Hongkong et Taiwan. Cet ensemble envisage la création, en 2010, d'une vaste "Communauté de l'Asie orientale", zone de libre échange qui regrouperait 1,8 milliard de personnes : www.aseansec.org
L'Organisation de coopération de Shanghai (OCS / OSC) a pris la relève du Groupe de Shanghai créé en 1996. C'est un forum régional qui siège à Pékin depuis 2002, s'est doté d'une charte, et regroupe six États de l'Asie centrale (Chine, Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizstan). Aux yeux de la Chine, son premier objectif est de sécuriser les corridors terrestres reliant la mer Caspienne à la Chine occidentale : ils acheminent de précieuses ressources en matières premières, surtout énergétiques, indispensables à la croissance chinoise ... une "route de la soie" contemporaine en quelque sorte, que la Chine cherche à mieux utiliser pour contourner les risques que présentent ses approvisionnements par la voie maritime. À côté du réglement des problèmes frontaliers, des actions contre les "menaces islamistes", elle cherche à favoriser les relations économiques entre ses membres, sur les questions énergétiques tout particulièrement.
Enfin, la Chine est membre de l'APEC (Coopération économique en Asie-Pacifique), forum transpacifique dont le siège est à Singapour : http://www.apec.org/

Pour prolonger, compléter :
- l'article de F. Gipouloux, l'intégration régionale au sein d'une "Méditerranée d'Asie orientale" (décembre 2003)

Sur le même thème, voir le glossaire La Chine entre espaces domestiques et espace mondial

Mise à jour :  mars 2004