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Risque(s)

Publié le 11/04/2013

Il ne faut pas confondre aléa, risque et vulnérabilité. L'aléa est un phénomène (naturel, technologique) plus ou moins probable sur un espace donné. La vulnérabilité exprime le niveau d'effet prévisible de ce phénomène sur des enjeux (l'homme et ses activités). Le risque (risk en anglais) peut être défini comme la probabilité d’occurrence de dommage compte tenu des interactions entre facteurs d’endommagement (aléas) et facteurs de vulnérabilité (peuplement, répartition des biens). Certains résument ainsi ces définitions par une formule : "risque = aléa x vulnérabilité". La notion de risque recouvre à la fois le danger potentiel de catastrophe et la perception qu'en a la société, l’endommagement potentiel, comme celle de l’endommagement effectif. Un risque peut être d'origine naturelle ou peut avoir des causes purement anthropiques (risques technologiques, risques géopolitiques par exemple).

Les risques "naturels" se rapportent à des aléas qui font intervenir des processus naturels variés : atmosphériques, hydrologiques, géologiques ou géomorphologiques. Le risque naturel se situe à la croisée entre, d'une part, un ou plusieurs aléas, et, d'autre part, la vulnérabilité d'une société et/ou d'un territoire qu'elle occupe. L'aléa ne devient un risque qu'en présence d'enjeux humains, économiques et environnementaux. Par exemple : un typhon sur un atoll désert de l'océan Pacifique n'est pas un risque, mais un cyclone sur les îles densément habitées des Caraïbes devient un risque majeur et provoque des dommages considérables. La question des risques naturels permet ainsi de revisiter un vieux paradigme de la géographie, celui des rapports entre la société et la nature.

Le risque, d'origine naturelle ou technologique, est dit majeur lorsqu'il peut faire de très nombreuses victimes et occasionner des dommages considérables, dépassant les capacités de réaction des instances concernées (États, sociétés civiles), à l'échelle de la zone touchée. Le risque majeur est caractérisé conjointement par une faible probabilité d’occurrence (faible fréquence) et d'énormes impacts, il peut alors devenir une catastrophe perturbant durablement les équilibres naturels et sociaux à divers niveaux d'échelle. Les conséquences, pour la population, sont dans tous les cas tragiques en raison du déséquilibre brutal entre besoins et moyens de secours disponibles.

Le risque s'entend également au sens de la prise de risque. Il est au cœur des problématiques du principe de précaution et de la gestion de l'incertitude. On peut distinguer le risque – situation pour laquelle une liste de toutes les éventualités et de leur probabilité de réalisation peut être établie – de l'incertitude, situation pour laquelle l'une ou l'autre de ces deux conditions n'est pas vérifiée.

L'incertitude exprime le degré avec lequel une valeur (l’état futur du système climatique, par exemple) est inconnue. L’incertitude peut être due à un manque d’informations ou à un désaccord sur ce qui est connu, voire sur ce qui peut être connu. Elle peut avoir des origines diverses : erreurs quantifiables au niveau des données ; concepts ou terminologie aux définitions ambiguës ; prévisions/projections du comportement humain difficiles à anticiper. L’incertitude peut donc être représentée par des mesures quantitatives (une fourchette de valeurs calculées par divers modèles, par exemple) ou par des énoncés qualitatifs (reflétant l’opinion d’un groupe d’experts).

Le niveau des risques "naturels" pourrait se voir amplifié par les impacts des évolutions climatiques, aggravées par la croissance démographique mondiale et par la pression sur les ressources. Des communautés entières sont d’ores et déjà chassées, provisoirement ou définitivement, de leur habitat par différentes crises environnementales parfois meurtrières : sécheresses, inondations, séismes, etc. Or, dans le droit juridique international, aucune protection ne s’applique aux victimes de catastrophes naturelles qui ne peuvent prétendre au statut de réfugié et qui, le plus souvent, sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Voir :
- Elsa Peinturier, Risques littoraux et aménagement en Louisiane : les défis d’un territoire insoutenable ?,  2015
- Christopher Gomez, Franck Lavigne, Raphaël Paris et Sylviane Tabarly, Séisme et tsunami à Sumatra, 2004 - 2010 : de la catastrophe environnementale et humaine à la reconstruction
- Christopher Gomez, Les grands barrages au Japon, enjeux sociétaux et environnementaux
- Vincent Clément et Emmanuel Jaurand, Risques "naturels" et territoires en France

- Les assureurs et les ré-assureurs (assureurs pour les assureurs) sont des professionnels spécialisés de la gestion du risque : Assureurs et réassureurs confrontés aux risques et incertitudes

- L'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) se propose d'étudier les stratégies des acteurs dans les différentes négociations (Biosécurité, POPs, Codex Alimentarius, Biodiversité, etc.) et d'anticiper les lieux où les pressions internationales vont se révéler fortes. Voir, en particulier, les publications (notes, synthèses, séminaires et divers accessibles en ligne) : www.iddri.org/iddri

Pour prolonger, le glossaire du dossier Risques et sociétés


Mise à jour : novembre 2015
 

Risques "naturels" en Méditerranée

Risques "naturels" en Méditerranée

La Méditerranée concentre un certain nombre de risques d'origine naturelle. On y trouve les types de risques suivants :
1 - Les risques sismiques et volcaniques engendrés par la convergence entre les plaques africaine et eurasienne. La plaque Africaine se déplace en effet actuellement de 2,3 cm par an vers le Nord-Ouest et plonge sous l'Europe.
2 - Les risques liés aux conditions climatiques, à la forte variabilité annuelle et inter-annuelle des précipitations :
- les inondations d'automne ou d'hiver peuvent y prendre des proportions catastrophiques pour les biens, voire pour les hommes.
- les sécheresses conjoncturelles ont, en région méditerranéenne, des conséquences particulièrement sévères. Des sécheresses assez sévères ont une fréquence au moins décennale et des années de sécheresse consécutives ne sont pas rares en Méditerranée. En voici quelques exemples récents : 1980 – 85 au Maroc ; 1982-83 en Grèce, Espagne, Italie du Sud, Tunisie ; 1985-1989 en Tunisie ; 1990-95 en Espagne, au Maroc.

Voir
Vincent Clément, Méditerranée, rivages à risques - Le risque sismique et volcanique

 


Corrélats :

Anthropisé / Développement durable / Géosystème /