Vous êtes ici : Accueil Vocabulaire et notions générales Technopôle

Technopôle

Publié le 31/03/2015

La notion de technopôle (nom masculin) est apparue vers 1970, à l'initiative de la DATAR, comme application des théories de François Perroux sur les pôles de croissance.
Un technopôle réunit, sur un site le plus souvent suburbain, des activités qui ont en commun de recourir à des technologies innovantes sur des thématiques communes (génie génétique et biotechnologies, informatique, sciences de la matière par ex.). S'y trouvent rassemblés des centres universitaires ou de recherche, des entreprises (souvent petites ou moyennes, formant "pépinières"). L'objectif est de faciliter les transferts de technologie, la "fertilisation croisée" entre tous ces acteurs. Animation et mise en réseau des compétences, création d’entreprises innovantes, promotion du territoire : telles sont les différentes composantes de la dynamique technopolitaine. L'environnement urbain et architectural est de qualité.

Le modèle existait déjà aux Etats-Unis : route 128, près de Boston, Silicon Valley dans le sud de San Francisco, près de l'université de Stanford. Il existait aussi en URSS et au Japon sous la forme de villes nouvelles scientifiques : Akademgorodok en Sibérie, et Tsukuba au nord de Tokyo.

Le technopôle se distingue du district industriel qui peut concerner des activités traditionnelles et pas seulement innovantes. Le district industriel s'applique à un territoire alors que le technopôle se situe dans une agglomération urbaine.
Les technopoles (nom féminin) sont à la fois des pôles d'innovation et des pôles urbains capables d'entraîner un développement régional, voire national. Elles s'identifient aux grandes métropoles. Le terme, après avoir été beaucoup employé dans les années 1990, est quelque peu passé de mode.

En France, les premiers exemples en ont été le Parc international d'activités de Valbonne Sophia-Antipolis (arrière-pays de Nice - Cannes - Antibes), dont le plan d'aménagement avait été approuvé en 1974, la Zone d'innovation et de recherche scientifique et technique (ZIRST) de Meylan, près de Grenoble, mais beaucoup d'autres ont suivi, constituant un temps l’arc des technopôles de la "sun belt" française. La nature et le degré de réussite de ces technopôles sont variés. Ils peuvent être restés de simples pôles sans innervation réelle dans le tissu régional, leur objectif de diffusion de l'innovation n'a donc pas toujours été atteint. Certains relèvent davantage d'un souci d'image de modernité, de marketing urbain sans rapport avec les réalités.
En 2015, on dénombre 47 technopôles réunis au sein du réseau RETIS. Sophia-Antipolis, le pionnier, regroupait, en 2008, sur 2 300 ha : 4 000 chercheurs du secteur public, 5 000 étudiants, 1 414 entreprises (dont 40 % ont une activité de R&D) générant 30 000 emplois. Les entreprises à capitaux étrangers sont au nombre de 140, représentant 25 % des emplois. Les technologies de l'information y représentent 45 % des emplois. Mais on y observe une croissance plus modérée ces dernières années, selon une enquête du Symisa, syndicat rassemblant les acteurs institutionnels du parc.

Parallèlement, les Centres européens d'entreprises et d'innovation (CEEI) se sont développés, à l'initiative de la Direction des politiques régionales de l'UE (DG XVI), depuis 1984. Depuis trente ans, les CEEI jouent un rôle d'appui à la création d'entreprises innovantes. En France, 25 BIC (European Union Business and Innovation Centers) sont labellisés par l’UE. Ils sont reconnus par la Commission européenne sur la base d’une certification de qualité qui permet l’obtention du label européen « EU BIC ».


Pour aller plus loin :

- l'exemple du technopôle de Whitefield à Bangalore : Hortense Rouanet, Aurélie Varrel, « De Bangalore à Whitefield : trajectoire et paysages d’une région urbaine en Inde », 2015.

- Retis, le réseau français composé des acteurs et territoires de l'innovation
- le site officiel de Sophia Antipolis

Mise à jour : mars 2015