Issyk-Koul, un lac chaud des montagnes kirghizes
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L’un des plus grands lacs endoréiques du monde
Le lac Issyk-Koul, également appelé Issygh Koul ou Ysyk-Köl (Ысык-Көл, « lac chaud » en kirghize), est un grand lac endoréique salé situé en Asie centrale, au nord‑est du Kirghizistan, dans les montagnes du Tian Shan. Son nom signifie littéralement « lac chaud » en kirghize (Wikipédia). Malgré son altitude supérieure à 1 600 mètres et un climat continental froid, le lac gèle rarement. Ce phénomène s’explique par la légère salinité de ses eaux (0,6 %) et par son volume important, ce qui limite la formation de glace en surface (Wikipédia).
Avec une profondeur maximale de 668 mètres, Issyk‑Koul est l’un des lacs les plus profonds du monde. Il couvre une superficie d’environ 6 280 km2, ce qui en fait le deuxième des plus grands lacs de montagne de la planète (Universalis). Le lac est très ancien : il s’est formé il y a environ 25 millions d’années à la suite d’un affaissement tectonique dans une région montagneuse active, et a ensuite été modifié par le mouvement des glaciers (Leroy et al., 2021).
Les 118 rivières qui alimentent le lac proviennent en grande partie de la fonte des glaciers du Tian Shan, notamment du massif de l’Inylchek. Malgré l’absence d’exutoire, sa salinité et son volume permettent de maintenir une température de surface d’environ 2–3 °C en hiver et près de 20 °C en été (Wikipédia).

Le lac Issyk-Koul en 2019. Cliché d'Anastasiia Kuleshova, avec l'aimable autorisation de l'autrice.
Un espace touristique à forte biodiversité
Une réserve naturelle a été créée sur les rives du lac dès 1948 (Universalis). Issyk‑Koul est aussi protégé depuis 1976 comme site Ramsar en raison de sa grande biodiversité. Il fait également partie d’une réserve de biosphère de l’UNESCO depuis 2001. Ses rives constituent un habitat essentiel pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, où ils nichent et s’arrêtent pendant les migrations (UNESCO, 2013). Cependant, l’introduction d’espèces exotiques durant la période soviétique, combinée à la pression touristique, à l’urbanisation des rives et à la pollution industrielle, a entraîné une dégradation partielle de l’écosystème du lac (Mikkola, 2012).
Depuis les années 2000, le tourisme connaît une croissance, notamment balnéaire et de montagne, attirant des visiteurs d’Asie centrale, de Russie et d’Europe. La rive sud, moins urbanisée, est plus sauvage et particulièrement prisée pour la randonnée et l’écotourisme (Kyrgyzstan Tourism, 2025).
Une région historiquement au cœur des échanges eurasiatiques, commerciaux et... microbiens
Situé sur une branche septentrionale de la Route de la soie, le bassin de l’Issyk‑Koul a longtemps constitué un espace de contacts culturels, commerciaux et religieux entre la Chine, l’Asie centrale, le Moyen‑Orient et l’Europe (Wikipédia).
Par ailleurs, des recherches récentes en paléogénétique ont identifié la région comme un probable foyer initial de la pandémie de peste noire du XIVᵉ siècle, avant sa diffusion vers l’Europe et le Moyen‑Orient par les réseaux commerciaux eurasiens (Spyrou et al., 2022).
Auteur : Stanislav, élève de troisième, en stage à Géoconfluences, janvier 2026.
Références citées:
- Leroy S.A.G., Ricketts R.D. & Rasmussen K.A. (2021), “Climatic and limnological changes 12,750 to 3600 years ago in the Issyk-Kul catchment, Tien Shan, based on palynology and stable isotopes”, Quaternary Science Reviews, volume 259, 2021, 106 897, ISSN 0277-3791.
- Mikkola Heimo (2012) “Implication of Alien Species Introduction to Loss of Fish Biodiversity and Livelihoods on Issyk-Kul Lake in Kyrgyzstan” in: Akeem Lameed Gbolagade (ed.) Biodiversity Enrichment in a Diverse World, IntechOpen, 2012.
- Spyrou Maria A., Musralina Lyazzat, Gnecchi Ruscone, Guido A. et al. (2022) “The source of the Black Death in fourteenth-century central Eurasia”. Nature 606, 718–724 (2022).
- UNESCO (2013), “The Issyk-kul State Nature Reserve with the Issyk-kul Lake”, 2013
Pour compléter avec Géoconfluences
- Irène Mestre, « Image à la une : les pâturages du Kirghizistan, entre marges et réseaux », Géoconfluences, avril 2014.
- Marie Hiliquin, « Les Nouvelles routes de la soie en Asie centrale dans la stratégie géoéconomique chinoise », Géoconfluences, décembre 2024.
Mots-clés
Retrouvez les mots-clés de cet article dans le glossaire : convention de Ramsar | lac | Routes de la soie | tourisme.
Édition et mise en web : Stanislav, élève de troisième, en stage à Géoconfluences, janvier 2026.
Pour citer cette brève :
« Issik-Koul, un lac chaud des montagnes kirghizes », Géoconfluences, janvier 2026.
URL : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/breves/issik-koul-un-lac-chaud-des-montagnes-kirghizes-nature-et-geographie



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