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Espace extra-atmosphérique

Publié le 27/01/2026
Auteur(s) : Laurent Carroué, inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche, directeur de Recherche à l’IFG - université Paris VIII
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Voir aussi : espace aérien

L’espace extra-atmosphérique est l’espace qui se situe par convention au-delà de 100 km de la surface de la terre. Cette ligne de Kármán, du nom de Theodore von Kármán, le physicien hongrois qui l’a définie, est un seuil physique : la densité de l’air devient si faible entre 84 et 100 km d’altitude que toute application aéronautique devient impossible, cédant le pas aux applications spatiales. Le satellite soviétique Spoutnik fut le premier engin à évoluer dans l’espace extra-atmosphérique, le 4 octobre 1957, étape majeure de l’extra-globalisation ou « conquête de l’espace ». Cet espace se caractérise par le nécessaire mouvement : un objet tournant autour de la Terre doit trouver une vitesse équilibrant la pesanteur, qui l’attire vers la terre, et la force centrifuge. La vitesse orbitale de la station spatiale internationale est ainsi de 27 000 km/h. De même, un satellite dit géostationnaire, qui apparait fixe à un observateur sur Terre, tourne à 10 800 km/h, soit 3 km/s. Cette mobilité permanente est d’une grande importance géopolitique, car elle explique que l’espace extra-atmosphérique n’est pas un territoire et ne peut pas faire l’objet d’une appropriation ou d’une revendication de souveraineté par un État.

L’espace extra-atmosphérique peut être décomposé, selon ses caractéristiques géographiques et physiques, en une succession d’espaces spécifiques emboîtés en fonction des distances à la terre. On peut ainsi distinguer en cosmologie l’espace interplanétaire qui se déploie entre les planètes du système solaire, l’espace interstellaire ou intersidéral entre les étoiles de notre galaxie, et enfin l’espace intergalactique situé entre les galaxies, avec à chaque fois un saut dans les ordres de grandeur. Ainsi, l’année-lumière est l’unité de mesure de longueur utilisée dans l’espace extra-atmosphérique à partir de la vitesse de la lumière (300 000 km/s). Une année-lumière correspond au parcours de 9 461 milliards de kilomètres en 365,25 jours (soit 31 557 600 secondes). Si Alpha du Centaure, le système planétaire le plus proche du système solaire, est à seulement 4,244 années-lumière, la galaxie d’Andromède se trouve à environ 2,5 millions d’années-lumière.

Pour revenir sur Terre, l’usage de l’espace extra-atmosphérique par les sociétés humaines est très polarisé : 84 % des satellites sont en orbites basses entre 300 et 2 000 km ; 4 % en orbites moyennes entre 2 000 et 35 000 km et, enfin, 12 % en orbites géosynchrones à 35 000 km. L’orbite basse est donc aujourd’hui une auréole de congestion du fait des dizaines de milliers de débris accumulés, qui constituent un risque, alors que de grandes constellations de milliers de satellites sont en train d’y être déployées. Cette extraordinaire extension de l’œkoumène et la multipolarisation du spatial depuis le traité de l’Espace de 1967 appellent une nouvelle gouvernance mondiale de l’espace.

Laurent Carroué, janvier 2026. Dernière modification (JBB), janvier 2026.


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