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Les nouvelles dynamiques du tourisme à travers le monde - Glossaire

Publié le 10/01/2013

 

 

 Les nouvelles dynamiques du tourisme dans le monde
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Exprimer, questionner, rechercher, définir

Un glossaire pour : questionner, problématiser ; identifier et comprendre des mots-clefs ; faire des recherches en ligne. Il tient compte des intitulés des programmes de l'enseignement secondaire. En complément du glossaire des notions générales proposé sur le site. Pour les références bibliographiques et les ressources évoquées, voir aussi la page des ressources
  
Ce glossaire tient compte des approches retenues pour traiter ce dossier, à consulter en page d'accueil.

A à B D à E F à L M à R S à Z

Acteurs et opérateurs (économiques) du tourisme ; Agence de voyages VS Voyagiste (/ Tour-opérateur) ; Altérité ; Approche géographique du tourisme ; Attraction, Attractivité ; Capacité de charge ; Capacité d'hébergement ; Comptoir touristique ; Conurbation touristique ; Crises (Gestion des _, Gestion des risques) ; Croisières, Croisiéristes  ; Destination ; District touristique ; Diversion, Subversion touristique ; Durable (Tourisme _) ; Écotourisme ; Écoumène touristique ; E-tourisme, Cybertourisme ; Excursionnisme ; Flux touristiques ; Géographie du tourisme ; Guide de voyages ; Haut-lieu touristique ; Hébergements touristiques ; Hors-sol (Tourisme _) ; Impacts (économiques, sociétaux) ; Industrie touristique ; Ingéniérie touristique / International (Tourisme _) ; Lieu touristique ; Loisir(s) ; Médical (Tourisme - ou tourisme de santé) ; Mise en tourisme ; Mobilités touristiques et économie présentielle ; Moment de lieu : Muséification ; Organisation mondiale du tourisme (OMT) ; Patrimoine ; Pratiques touristiques ; Produit touristique ; Recréation ; Réseau touristique ; Séjour ; Site touristique ; Station touristique ; Statistiques du tourisme ; Système touristique ; Taux, de fonction touristique, d'occupation ; Thermalisme ; Tourisme ; Tourisme de masse individualisé ; Touriste ; Vacances ; Ville touristique ; Voyageur.

Acteurs et opérateurs (économiques) du tourisme

En dehors des touristes eux-mêmes, agents qui sont les principaux maîtres d'œuvre de l'activité touristique, trois catégories d'acteurs concourent à la satisfaction des besoins des touristes : les entreprises commerciales ; les associations et les organismes à vocation sociale ; les pouvoirs publics. Ces différents acteurs peuvent être animés de stratégies collectives par le biais, par exemple, d'institutions comme les offices du tourisme, les collectivités.

Les entreprises du secteur du tourisme et celles qui leur sont associées (transport) sont caractérisées par la coexistence d'une multitude d'entreprises artisanales à petits effectifs et de quelques grandes sociétés.
On observe une tendance croissante à la spécialisation des entreprises touristiques, tant à l'égard du produit, de l'offre, que de son environnement : hébergement, transport, loisirs et organisation de voyages et séjours, distribution. Plusieurs formes de regroupements permettent aux entreprises touristiques ou de transport de mieux assurer leur gestion et leur promotion : les chaînes volontaires, regroupements d'entreprises indépendantes mettant des moyens en commun et/ou une labellisation (par ex. en France la Fédération internationale des logis qui distribue le label "logis de France") ; la franchise avec ses variantes, très présente dans l'hôtellerie ; les alliances technico-commerciales avec des formules variées de coopération dans le domaine de la réservation par exemple (système Amadeus).
Mais le secteur du tourisme fait aussi l'objet de concentrations, horizontales, verticales ou en conglomérats. Ainsi observe-t-on des chaînes hôtelières intégrées (groupe Accor pour la France, Marriott, Hilton, Best Western, Global Hyatt aux États-Unis, etc.). Les agences de voyages connaissent une concentration particulièrement accentuée dans certains pays, notamment en Allemagne où trois groupes, World of TUI, Thomas Cook et Rewe Touristik contrôlaient 65,1% des parts du marché des agences en 2006.

La concentration est également verticale. Ainsi, par exemple, le groupe TUI AG (TUI Aktiengesellschaft) s'est développé dans différents secteurs ainsi distribués en 2009 : celui du voyage (TUI Travel) avec 3 500 agences de voyage et voyagistes et une flotte de 140 avions (Hapagfly, Hapag-Lloyd Express, Corsairfly, etc.), le groupe opérait, sous 200 marques différentes ; le secteur de l'hôtellerie (TUI Hotels & Resorts) qui comprend 243 hôtels offrant 154 000 lits dans 28 pays dans le monde sous les marques Riu, Grecotel, Grupotel, Iberotel, Dorfhotel, Robinson and Magic Life, etc. ; le secteur des croisières (TUI Cruises) avec Hapag-Lloyd Cruises (Hapag-Lloyd Kreuzfahrten) dont la flotte comprend une gamme diversifiée, du 3 au 5 étoiles, de dix navires. Ainsi structuré, le groupe emploie 65 000 salariés dans le monde au service d'environ 30 millions de clients. Il investit également dans le transport par conteneurs (Hapag-Lloyd AG) : avec 115 porte-containers sa capacité de transport est de 470 000 Equivalent vingt pieds (EVP).
En France, le Club Méditerranée, Havas voyage sont également entrés dans la voie de l'intégration verticale de même que les transporteurs comme Air France ou la Sncf qui s'engagent dans les secteurs des voyages ou de l'hôtellerie par exemple. De grands groupes industriels ou de la distribution diversifient aussi leurs activités dans le secteur du tourisme : ainsi, entre autre, Fnac Voyages et E. Leclerc Voyages.

Les diverses professions du tourisme se sont regroupées au sein d'associations interprofessionnelles, nationales ou internationales, qui les défendent, font du lobbying en leur nom et leur fournissent des services, des études, une assistance. Ainsi par exemple les associations nationales d'agents de voyages ont créé la Fédération universelle des associations d'agences de voyages (Fuaav) en 1966. À l'échelle européenne, le Groupement des unions nationales des agences et organisateurs de voyages (ECTAA), fondé en 1961, compte aujourd'hui des membres des 27 États membres ainsi que de Suisse et de Norvège.

Dans certains pays l'offre de tourisme est également caractérisée par le rôle d'un important secteur associatif et d'organismes sociaux. En France par exemple, associations à but non lucratif selon la loi de 1901, comités d'entreprise et caisses d'allocations familiales animent le secteur. Les premières associations de ce type sont apparues durant la seconde moitié du XIXe siècle : le British Alpine Club en 1857 ; les premières colonies de vacances en 1875 ; les premières maisons familiales et le Touring club de France en 1890 ; les premières auberges de jeunesse en Allemagne en 1909. Mais c'est avec la généralisation des congés payés et au lendemain de la Seconde guerre mondiale que le mouvement associatif a pris son essor.
Parmi les associations de tourisme familial françaises, le groupe Villages Vacances Familles (VVF) vient largement en tête : en 2006, 500 000 personnes ont été accueillies dans 59 villages, hôtels-clubs ou résidences locatives en France ou ailleurs dans le monde. Mais, au début du XXIe siècle, le secteur associatif du tourisme traverse une crise profonde et, un peu abandonné par les pouvoirs publics, il n'est pas toujours en phase avec les aspirations et pratiques des consommateurs de produits touristiques.

Enfin, les impacts et les enjeux territoriaux, économiques et sociaux du tourisme nécessitent l'implication des pouvoirs publics. En France, un Code du tourisme rassemble, depuis 2006, des textes dispersés : urbanisme, collectivités territoriales, travail, impôts, etc. L'État, les régions, les départements et les communes ont vocation à intervenir en faveur du développement du tourisme. Le tourisme est, pour certains pays, une priorité nationale et il vient souvent compléter des ressources nationales insuffisantes. L'encadrement de l'activité touristique par les autorités peut parfois être sourcilleux lorsqu'il s'agit de pouvoirs forts et centralisés.

Pour compléter, pour prolonger

- Le Code du tourisme en France : www.legifrance.gouv.fr/.../dateTexte=20090819

Mise à jour : janvier 2011
Agence de voyages VS Voyagiste (/ Tour-opérateur)

Une agence de voyages est un distributeur, entreprise qui commercialise des prestations de services et des produits de voyages, de séjours, de croisières et de loisirs. Elle joue le rôle d'intermédiaire et/ou d'agrégateur de services entre les clients et les différents prestataires sur le marché du tourisme : compagnies aériennes, hôteliers, loueurs de voiture, compagnies d'assurances, etc. À la différence du voyagiste (tour opérateur), l'agence ne fait que revendre les produits des prestataires. Elle fait office d'intermédiaire entre le tour-opérateur et le touriste en vendant des circuits et des séjours, percevant au passage une commission. De fait, elle n'est donc pas rétribuée par le client mais directement par ses fournisseurs. Les agences de voyage proposent des séjours soit à destination de l'étranger, soit dans le pays où elles sont implantées (agences réceptives).

La profession de voyagiste est ancienne, elle a été inaugurée par Thomas Cook en 1841. Un voyagiste (terme recommandé en France et au Canada) ou tour-opérateur (de l'anglais Tour Operator) est un assembleur, entreprise chargée d'organiser des séjours touristiques en réunissant plusieurs prestations de différents fournisseurs (compagnies aériennes, hôteliers, autocaristes, restaurateurs, guides etc.) à des prix négociés et en les vendant à un prix tout compris sous forme de "forfait" ou de "package". Il affrète les avions et les places charters ou négocie les tarifs auprès des compagnies régulières, à la différence de l'agence de voyages qui fait de la revente.

La frontière entre distributeur et assembleur tend à s'estomper, du fait notamment des pratiques nées du e-tourisme, de l'Internet, du "forfait ou package dynamique" permettant à un client de composer, sur le site du prestataire, un voyage sur-mesure, à la carte, comme pourrait le proposer un agent de voyage.

Mise à jour : janvier 2011
Altérité

Selon l'Équipe MIT, le concept d'altérité appliqué au champ du tourisme permet "l'exploitation dynamique d'un différentiel d'identité géographique ou social à travers la mise en relation d'un individu avec des lieux ou des individus qui lui sont autres, dans un processus de mobilité. L'altérité est relative à un capital spatial accumulé au cours des déplacements. Elle exprime toutes les facettes de ce qui est autre : divers, disparate, dissemblable, différent, hétéroclite, hétérogène et étranger, voire autrui. Elle s'applique tant aux lieux qu'aux êtres humains. Constitutive des pratiques touristiques, elle implique une rencontre avec un autre soi-même, d'autres lieux, d'autres personnes, d'autres temps, un ailleurs, à la faveur du déplacement. L'altérité des lieux est un élément de définition de l'identité des lieux, laquelle est relative et évolutive (l'altérité des lieux évolue, selon l'accessibilité et les pratiques). Dans le domaine du tourisme, l'ailleurs comme dimension géographique de l'altérité joue un rôle essentiel dans l'imaginaire et la pulsion d'aller dans des lieux autres."

Mise à jour : janvier 2011
Approche géographique du tourisme

L'approche géographique du tourisme s'attache à mettre en évidence la dimension spatiale du tourisme, c'est-à-dire à décrire et à expliquer les éléments et les interrelations du système "tourisme". La qualité des lieux touristiques, le développement des lieux touristiques, la géographicité des acteurs du tourisme (touristes, guides, entreprises, etc.) sont du ressort de l'approche géographique du tourisme. Dans ses ambitions scientifiques comme dans sa mise en œuvre, elle comprend deux volets liés : 1) application des concepts géographiques à l'étude du tourisme (distance, espace, lieu, place centrale, etc.), 2) la fécondation de la géographie par le transfert de nouveaux concepts et savoirs issus du champ du tourisme.

Pour compléter, pour prolonger

- Le tourisme, indicateur et outil de transformation du Monde (Rémy Knafou)

Mise à jour : janvier 2011

Attraction / Attractivité

Il est courant de qualifier les lieux touristiques d'attractifs du fait notamment de leurs ressources naturelles. C'est là passer sous silence tout le travail de construction sociale de la nature, de la ressource et finalement de l'attractivité. Considérer un lieu touristique comme attractif peut en effet servir un discours déterministe expliquant la fréquentation des lieux touristiques par leur seul "génie des lieux" et minimisant de fait le rôle de la mise en tourisme et plus profondément de la construction du regard. L'historien A. Corbin a montré combien le rivage n'a pas été de tout temps attractif en Europe : jusqu'au XIXe, il est même plutôt considéré comme laid, vide et inutile. Le regard porté par les peintres d'alors, associé notamment à un discours hygiéniste et médical valorisant l'air du large et les bains de mer contre les miasmes de la ville, ont joué un rôle fondamental dans la construction finalement tardive du bord de mer comme destination touristique.
Les éléments attractifs des lieux mis en tourisme sont de natures variées : ressources "naturelles" (plage, faune et flore, paysages remarquables, etc.) ; socioculturelles et patrimoniales (monuments et musées, manifestations et événements, etc.) ; autres (réalisations technologiques, parcs, etc.). Souvent, à l'origine, l'attractivité d'un lieu repose sur un élément principal, une seule attraction. Dans un premier temps, pour en faire une véritable destination, des services supports se greffent autour de l'attraction, puis ils vont se diversifier et se complexifier, de nouvelles attractions vont pouvoir alors s'implanter. On pourra distinguer l'attraction primaire, celle qui motive principalement le voyage, des attractions secondaires, tertiaires qui justifient la durée du séjour, les dépenses effectuées et qui varient d'un individu, d'un groupe à l'autre.
À une époque où la demande mondiale de pratiques touristiques est en forte expansion par le fait principalement de la croissance économique des pays émergents, les offres attractives se multiplient, de nouveaux lieux sont mis en tourisme mais ils entrent aussi en concurrence.

Mise à jour : janvier 2011
Capacité de charge touristique / Capacité d'accueil

La capacité de charge touristique est le nombre de touristes qu'un lieu (/ un système touristique) peut recevoir sans en être durablement modifié. Les multiples définitions de ce terme reposent toutes sur la volonté de trouver quantitativement le nombre idéal de touristes pouvant fréquenter un lieu sans le transformer de manière préjudiciable, ce qui est évidemment une illusion. Ce terme a été forgé à partir des sciences physiques, le lieu mis en tourisme étant conçu comme un matériau solide sur lequel s'exerce une pression l'étirant et pouvant provoquer à terme sa modification irrémédiable.
Cette définition pose problème, pour plusieurs raisons :
a) parce qu'il n'existe pas d'activité humaine sans effet sur son environnement ;
b) parce qu'on ne sait pas calculer la contenance théorique d'un site à aménager ;
c) parce qu'on ne sait pas définir un optimum de "charge" d'un lieu existant ;
d) parce qu'on est fondé à se demander pourquoi il faudrait considérer les lieux touristiques à travers cette notion et pourquoi ne le ferait-on alors pas pour une ville.
On se trouve donc en présence d'une notion d'allure scientifique mais de contenu totalement soumis aux représentations de ceux qui la produisent et/ou l'utilisent.
Il n'en reste pas moins que des professionnels du tourisme utilisent encore cette notion, notamment pour servir de caution à des produits estampillés tourisme durable, vert, équitable ou solidaire. Sans l'afficher ouvertement, la capacité de charge devient alors un prétexte justifiant, sous des allures rationnelles, la fermeture d'un site à certaines populations jugées trop pauvres et/ou trop incultes pour l'apprécier vraiment (mise en place de péages au prix prohibitif, accessibilité filtrée par des autorisations, etc.).
Certains opérateurs touristiques plus avisés lui préfèrent la notion plus vague de "capacité d'accueil". Si la quantification d'une capacité de charge repose sur une illusion scientifique, il n'en demeure pas moins que les gestionnaires des lieux touristiques peuvent être fondés à limiter le nombre des touristes dans un lieu, en fonction de la prise en compte de la qualité de la visite touristique comme du souci d'atténuer l'impact d'une fréquentation sur un milieu jugé fragile.

Pour compléter, pour prolonger

- On peut évoquer l'exemple de l'île de Pâques (Rapa Nui en polynésien), dont le patrimoine, notamment les statues moai, attire chaque année environ 65 000 visiteurs. Sous la pression des 5 000 habitants de l'île, les autorités chiliennes avaient rendu obligatoire une "Carte spéciale visiteurs" (TEV) à obtenir à l'aéroport de Santiago du Chili, le seul à desservir Rapa Nui. Cette carte a été jugée illégale par la cour suprême chilienne en octobre 2009.
> Parc national de Rapa Nui : http://whc.unesco.org/fr/list/715

Mise à jour : janvier 2011
Capacité d'hébergement

La capacité d'hébergement désigne le nombre de lits qu'offre l'ensemble des hébergements d'une destination touristique. On distingue généralement les hébergements relevant du secteur marchand (camping, hôtels, résidences de tourisme, locations mises sur le marché) du secteur non marchand (chez des parents et amis).

Mise à jour : janvier 2011
Comptoir touristique

Type de lieu touristique créé par et pour le tourisme, maîtrisé par un acteur unique, promoteur ou concessionnaire de l'exploitation du lieu. Lieu fermé où s'applique une réglementation spécifique et au sein duquel la fonction d'hébergement est essentielle. Aucune population permanente n'y réside.

Mise à jour : janvier 2011
Conurbation touristique

Ensemble urbain de grande taille marqué par le tourisme, de forme linéaire, composé d'unités distinctes de tailles différentes, unies par des développements résidentiels et touristiques. Exemples : Côte d'Azur, Gold Coast, Sud-Est de la Floride, Sud de l'Angleterre, côte belge éventuellement Los Angeles (de Long Beach à Santa Barbara).

Mise à jour : janvier 2011
Crises (Gestion des _ & des risques)

En dehors des crises de nature strictement économiques (situations de récession, désaffection brutale pour une destination) dont il ne sera pas question ici, les autres crises, de nature diverse, géopolitiques et sociopolitiques, sanitaires, environnementales, ... qui se succèdent dans le monde peuvent avoir des impacts conséquents sur l'activité touristique. Le tourisme n'est pas en soi une activité à risques et peu de crises ont pour origine l'activité touristique en elle-même. Mais les destinations et les activités touristiques sont vulnérables, elles sont réactives à toute perturbation de leur système et de leur cadre de fonctionnement. Elles sont particulièrement vulnérables aux risques et aux situations de crise liés aux transports : crash aérien, naufrage, accident de transport routier, ou tout simplement événements environnementaux, climatiques ou autres (cendres volcaniques du volcan islandais Eyjafjöll en avril 2010). Elles sont par ailleurs sensibles aux environnements géopolitiques et sociopolitiques dont les impacts sur leurs conditions d'exercice sont forts. Or, les lieux touristiques sont des cibles privilégiées pour le terrorisme qui en espère un large retentissement mondial.

La gestion des crises constitue donc un savoir-faire stratégique nécessaire pour les entreprises et les autres organisations engagées dans le secteur du voyage et du tourisme. Elles se trouvent confrontées à la nécessaire maîtrise des territoires, des déplacements, dans des délais très courts et avec des contraintes fortes. Les professionnels s'engagent par contrat à la bonne exécution du voyage de leurs clients (en France, loi du 13 juillet 1992, ordonnance du 20 décembre 2004 dans le Code du tourisme) et, si l'objectif du "tout sécurité" fait débat, en règle générale les touristes n'aiment guère, même lorsqu'ils revendiquent une part d'aventure, les imprévus, les aléas. Si chaque crise est sans doute unique, il y a cependant des anticipations nécessaires, des procédures à appliquer, des savoirs à diffuser. La gestion de crise ne se limite pas à la gestion "pendant" mais aussi à son anticipation, à sa prévention et, ensuite, à la gestion de ses conséquences et de ses enseignements. Ces derniers peuvent être bénéfiques et conduire à l'adoption de mesures positives pour l'organisation.

Pour compléter, pour prolonger

- en rubrique "géographie vivante" : Les entreprises du voyage et du tourisme confrontées à la gestion des crises et des risques (Sylviane Tabarly)

Mise à jour : janvier 2011
Croisières & Croisiéristes

Le paquebot avait été un vecteur important du voyage international jusque dans les années 1950 où la concurrence de l'aviation de ligne lui a été rapidement fatale. Le transport de passager par voie maritime a cependant résisté, il s'est même développé, sur des zones de navigation telles que les mers intérieures (Baltique, Méditerranée) et les archipels.
Mais on a surtout assisté, depuis les années 1980 et 1990, à un essor rapide des croisières, produit touristique complet, intégré et dont l'offre s'est diversifiée par les tarifs et les clientèles visées, par les destinations, par les thématiques. Dans le monde, le nombre de croisiéristes est ainsi passé de 500 000 dans les années 1970 à plus de 15 millions en 2009. Sur les douze dernières années, de 1998 à 2009, le nombre de passagers mondiaux a plus que doublé, passant de 7,8 à 17,5 millions de croisiéristes (hors croisières fluviales).

Les principaux groupes de croisières dominant le marché mondial sont américains : Carnival (100 navires sillonnant le monde pour une capacité de plus de 200 000 passagers en 2009), Royal Caribbean (42 navires pour une capacité de presque 100 000 passagers) par exemple. Toutefois, la part des passagers américains (la demande en matière de croisières étant historiquement le fait de populations âgées en provenance d'Amérique du Nord) tend à décliner, passant de 69% à 61% entre 1998 et 2009, celle des européens augmentant désormais plus rapidement, de 22% à 28,6% sur la même période. Durant les douze dernières années, si le marché mondial de la croisière a doublé, celui du marché européen a triplé : le nombre de passagers européens est passé de 1,7 millions en 1998 à 5 millions en 2009. On relève également la forte croissance récente des passagers en provenance d'Asie, d'Australie et d'Amérique du Sud, ce qui reflète l'internationalisation croissante du marché de la croisière.

Le succès et le développement de l'activité de croisières dans une aire de navigation dépend de différents facteurs : attractivité du port de départ/ou d'arrivée de la croisière, ainsi que de celle de l'aire incluse dans l'itinéraire ; saisonnalité de l'espace concerné ; présence d'infrastructures (ports avec terminaux de passagers) ; pouvoir d'achat de la clientèle. Les croisiéristes privilégient actuellement trois espaces maritimes : l'espace caribéen (80% du marché mondial), la Méditerranée et ses mers annexes, la Baltique et le littoral norvégien. On voit ainsi que ces pratiques restent encore très concentrées.

Pour compléter, pour prolonger

- Le tourisme de croisières en Méditerranée (Carine Fournier)

- Conseil national du tourisme, L'essor prometteur des croisières en France, 2010
www.tourisme.gouv.fr/cnt/publications/essort-croisiere-france-2010.pdf
- European Cruise Council, 2010/2011 Report ; Contribution of Cruise Tourism to the Economies of Europe : www.europeancruisecouncil.com/default.asp?ID=4&PC=4

Mise à jour : janvier 2011

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Destination

Pour les professionnels du secteur touristique, la destination est un produit en soi, voire même une marque (brand). Le choix d'une destination par un touriste résulte des caractères d'attractivité du lieu mais aussi d'un ensemble de facteurs dépendant du touriste lui-même, de la nature de sa quête et de ses besoins : détente, repos et divertissement ; intérêt pour l'ailleurs et pour l'Autre ; instrument de différenciation sociale, privilège et distinction ; signe d'appartenance à une catégorie sociale et recherche de l'entre-soi. Les facteurs politiques pèsent aussi sur le choix ou le rejet de destinations touristiques : actions positives des autorités en faveur du tourisme ou à l'inverse, insécurité, risques sanitaires et autres.

La maîtrise des distances en termes de temps et de coût est un élément central du choix d'une destination. Au début, les temps et les coûts d'accès aux lieux touristiques étaient élevés. Si, à partir des années 1830, les premiers chemins de fer améliorèrent leur accessibilité, jusque dans les années 1930 les déplacements sont restés relativement coûteux et lents : sept jours entre les États-Unis et l'Europe par voie maritime, cinq jours entre Londres et Rome en train, trois semaines en bateau entre l'Europe et l'Asie. Aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, à la faveur du développement de l'aviation de ligne, les distances-temps diminuèrent rapidement. L'organisation des transports selon le principe des hubs, la gestion intégrée de l'ensemble du déplacement touristique permit de réduire les coûts et donc les tarifs.

Les destinations touristiques sont encore très concentrées dans l'espace : sur l'Europe et le continent américain à l'échelle internationale ; sur des espaces privilégiés aux échelles infra-régionales tels que les littoraux, certaines zones de montagne et certaines grandes métropoles. Une typologie des destinations touristiques, quoique assez formelle, peut s'avérer opératoire. On peut ainsi distinguer : les destinations par leur type de localisation, tourisme de montagne, tourisme littoral, tourisme "vert", tourisme urbain, etc. ; les destinations par les pratiques et par les prestations, tourisme culturel et patrimonial, religieux, balnéaire, de divertissement ou récréatif, sportif, d'affaires, médical et de santé, etc.

Pour compléter, pour prolonger

- en rubrique "géographie vivante", Les entreprises du voyage et du tourisme confrontées à la gestion des crises et des risques (Sylviane Tabarly)
- en rubrique "savoir faire",
Évaluer et comparer l'attractivité touristique

- Strategos, Stratégies de destinations touristiques : devenir une marque. Peut-on parler de "marque de destination touristique", www.strategos.fr/spip.php?page=article-numero&id_article=219

Mise à jour : janvier 2011
District touristique

Espace composé de sites et de lieux touristiques variés plus ou moins interdépendants les uns des autres du fait d'une certaine proximité, et parfois avec un lieu plus fédérateur. Par rapport à la conurbation qu est également un ensemble de lieux touristiques, le district touristique n'a ni la même densité, ni la même extension. Il peut ne pas comporter de ville véritable, comme le Luberon. Principaux caractères communs des districts : uniformisation des structures d'hébergement, types d'entreprises semblables échangeant information et main d'œuvre (exemples : Tarentaise, Périgord, châteaux de la Loire, Cornouaille, villages blancs d'Andalousie, etc.).

Mise à jour : janvier 2011
Diversion / Subversion touristique

Diversion et subversion touristiques sont les deux modalités du processus d'investissement par le tourisme de lieux qui au départ n'étaient pas touristiques.
Un lieu diverti est un lieu investi par le tourisme, mais où celui-ci n'est pas dominant. Le processus de diversion aboutit à un certain type de lieu, celui d'une ville à fonction touristique.
Un lieu subverti est au départ non touristique, puis investi par le tourisme au point d'en dépendre largement ou totalement.

Mise à jour : janvier 2011
Durable (Tourisme _)

Le "tourisme durable" regroupe les différentes formes de tourisme qui, inspirées par l'idéologie de la conservation, mettent en valeur en les respectant voire en les préservant, les ressources patrimoniales (naturelles, culturelles, sociales) d'un territoire à l'intention des touristes accueillis de manière à minimiser les impacts négatifs qu'ils génèrent immanquablement. La recherche de "durabilité" est donc une affaire : a) de prise de conscience ; b) de définition de principes à respecter en prenant soin de ne pas considérer la "ressource" touristique comme une ressource qui s'épuise lorsqu'elle fait l'objet d'une mise en valeur touristique ;  c) de mise en œuvre de ces principes de façon à entretenir le potentiel touristique du lieu en fonction de la succession des pratiques et des sensibilités dominantes.

Pour compléter, pour prolonger

- Tourisme et "développement durable" : de la lente émergence à la nécessaire et problématique mise en œuvre (Rémy Knafou, avec le concours de Sylvine. Pickel)
- Que nous apprennent les initiatives écotouristiques en Afrique australe ? Leçons d'expériences croisées en Afrique du Sud et au Mozambique (Fabrice Folio)
- Le Costa Rica, un modèle pour l'écotourisme ? (Rémy Knafou et Sylviane Tabarly)

Mise à jour : janvier 2011
Écotourisme

L'écotourisme constitue une des formes du "tourisme durable" : "forme de tourisme qui consiste à visiter des zones naturelles relativement intactes ou peu perturbées, dans le but d'étudier ou d'admirer le paysage, les plantes, les animaux sauvages ou manifestation culturelle (passée ou présente) dans ces zones" (Ceballos-Lascurain, 1987). Selon l'IUCN (The World Conservation Union), "L'écotourisme est une visite, responsable au plan de l'environnement, dans des milieux naturels relativement peu perturbés, avec le but d'apprécier la nature (et toute autre dimension culturelle du passé ou du présent), qui fait la promotion de la conservation, qui a un faible impact négatif et qui permet une implication socio-économique des populations locales".

Dans la pratique, l'écotourisme est de plus en plus un type de tourisme adapté à l'esprit du temps orienté vers une fréquentation de la nature par des populations urbaines animées d'une curiosité vis-à-vis d'un objet peu ou mal connu, dans le cadre d'initiatives individuelles comme de produits conçus par des entreprises ayant su s'emparer d'un nouveau segment de marché.

Pour compléter, pour prolonger

- Que nous apprennent les initiatives écotouristiques en Afrique australe ? Leçons d'expériences croisées en Afrique du Sud et au Mozambique (Fabrice Folio)
- Le Costa Rica, un modèle pour l'écotourisme ? (Rémy Knafou et Sylviane Tabarly)

Mise à jour : janvier 2011
Écoumène touristique

L'écoumène touristique peut être défini comme l'ensemble des lieux utilisés à des fins touristiques.
Le tourisme est né à un moment précis, le XVIIIe siècle, dans un lieu précis, l'Angleterre, Bath ou Brighton constituant les matrices à partir desquelles se sont élaborés les autres lieux touristiques. La société anglaise est l'acteur pionnier de cette innovation qui va ensuite se diffuser en suivant la communauté britannique à travers le monde selon les routes commerciales et celles de la colonisation. Mais à la fin du XVIIIe siècle, seule une partie de l'Europe de l'Ouest et le nord-est des États-Unis ont des lieux touristiques.
Dans la première moitié du XIXe siècle, ces deux premiers foyers s'élargissent : pour l'Europe vers les littoraux de l'Atlantique et de la mer Baltique surtout, en Europe centrale et en Russie, jusqu'au piémont du Caucase avec Kislovodsk ; en Amérique vers le sud-est des États-Unis et le Québec. La colonisation génère ses premiers lieux touristiques, en Afrique du Nord et aux Indes, mais également aux antipodes. En Asie du Sud-Est, les Britanniques cherchent la fraîcheur en altitude en construisant les premières hills stations dès les années 1820-1830.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle on cherche à dupliquer les lieux touristiques anglais et les "Brighton" se multiplient, près de Sydney, Melbourne, Adelaïde, Christchurch ou Dunedin. Cette période correspond à une spectaculaire accélération du processus de diffusion, par une multiplication des lieux touristiques et par l'extension de l'écoumène touristique, corrélative à l'installation d'Européens aux quatre coins du monde. L'apparition de nouvelles pratiques touristiques autour de l'apprentissage du ski ou de la natation par exemple favorise une diversification des lieux.
La première moitié du XXe siècle n'est que le prolongement de la période précédente. On assiste à une densification des lieux touristiques dans les domaines déjà concernés. Toutefois, ce demi-siècle est marqué par l'entrée dans l'écoumène touristique d'îles tropicales du Pacifique et de la Caraïbe, en raison de l'amélioration des moyens de transport, les bateaux embarquant des touristes commençant à sillonner la Mélanésie ou les Antilles. Depuis 1950, le transport aérien a permis une spectaculaire extension de l'espace touristique, qui a débordé les espaces habités, affectant les déserts chauds, les régions polaires ou les forêts équatoriales.
Aujourd'hui, peu de lieux sont totalement ignorés du tourisme et l'écoumène touristique déborde l'écoumène humain de l'"habiter" sédentaire car le tourisme est fondamentalement un déplacement et participe de ce fait pleinement à la mise en circulation du Monde à différentes échelles. De plus, il existe une catégorie de touristes qui entendent être présents partout dans le Monde où il se passe quelque chose, quels que soient les risques encourus. Il existe une clientèle pour aller visiter Pripyat, la ville fantôme de Tchernobyl, pour se rendre à Sarajevo en 1995, à Bagdad en 2002 ou à Kaboul aujourd'hui. Et d'autres recherchent les espaces de l'extrême (le chaud, le sec, le froid) en voyageant au cœur des déserts, des espaces polaires ou de la haute montagne, ce qui n'est pas sans poser des problèmes d'infrastructures et de gestion des impacts.
Ces types de curiosité et de produits touristiques permettent d'intégrer à l'espace touristique des lieux qui lui étaient étrangers et il n'y a plus guère de lieux qui résistent à la mise en tourisme du Monde. Au demeurant on peut constater que certains types de destination peuvent devenir difficiles d'accès, essentiellement pour des raisons de sécurité, compte tenu de leurs situations géopolitiques et sociopolitiques : c'est par exemple le cas d'une large partie de la zone saharo-sahélienne au début des années 2010.

Pour prolonger, pour compléter

- Quand le tourisme se diffuse à travers le monde (Jean-Christophe Gay, Luc Vacher et Laure Paradis)
- Touristes dans les bidonvilles : après la télé réalité, le "tourisme réalité" (Rémy Knafou)
- en rubrique "géographie vivante", Les entreprises du voyage et du tourisme confrontées à la gestion des crises et des risques (Sylviane Tabarly)

- Sylvie Brunel, archives du FIG de Saint-Dié-des-Vosges - Tourisme et mondialisation. Vers une disneylandisation universelle ?, 2006 :
http://archives-fig-st-die.cndp.fr/actes/actes_2006/brunel/article.htm

Mise à jour : janvier 2011
 
E-tourisme / Cybertourisme

Le marché du tourisme en ligne (e-tourisme) et des voyages est certainement l'un de ceux qui a le plus mis à profit les moyens de l'Internet, tant en amont, pour le choix et la préparation d'une destination, qu'en aval, pour l'acquisition du produit. Sa progression annuelle, sur le marché européen, approche les 10% en 2010. Il répond particulièrement bien aux pratiques d'instantanéité et de consommation de dernière minute du monde contemporain. L'e-touriste devient lui-même un expert de son voyage et la "zone de chalandise" du e-tourisme est mondiale, on s'y déplace par de simples clics.

Par ailleurs, avec les GPS, les smartphones et autres outils du nomadisme, le cybertourisme va se généraliser. L'errance et le déracinement du voyage pourraient en être transformés, voire dénaturés et la pratique d'un tourisme de "vérification" se généraliserait. Avec la demande de sécurisation croissante d'une clientèle touristique souvent vieillissante, le touriste et les professionnels qui en ont la charge vont entrer dans l'ère du "tracking". Mais ces outils sont porteurs aussi de nouvelles pratiques en favorisant, à l'inverse, l'autonomie individuelle et les pratiques personnalisées.

Pour prolonger, pour compléter

- En France, le marché du tourisme en ligne en 2009 :
www.journaldunet.com/cc/10_tourisme/tourisme_marche_fr.shtml
- Stratégos, L'impact et les enjeux du tourisme en ligne en 2007
www.strategos.fr/spip.php?page=article-numero&id_article=54

Mise à jour : janvier 2011
Excursionnisme

Ensemble des pratiques de visite de moins de 24 heures en un lieu, selon l'OMT. Dans les faits, il s'agit de pratiques n'impliquant pas un hébergement. Il s'agit d'une source de recettes qui peuvent être très importantes pour certains lieux. Le mot "excursionniste" a été inventé en 1852 par Th.Gautier.

Mise à jour : janvier 2011

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Flux touristiques

Dans le domaine du tourisme comme dans d'autres, les flux résultent de la confrontation entre une demande et une offre, ils résultent d'un marché, que ce soit à l'échelle nationale ou à l'échelle régionale et mondiale.
Les flux majeurs sont actuellement de trois types : flux internes aux pays développés d'Europe et d'Amérique du Nord ; flux internationaux entre ces pays ; flux de moyenne distance entre ces pays et leur périphérie (Europe vers la zone méditerranéenne, Amérique du Nord vers les Caraïbes). D'autres flux sont en croissance rapide : flux internes de pays émergents (Chine), flux régionaux asiatiques par exemple.

Mise à jour : janvier 2011
Géographie du tourisme

Manière classique d'aborder le tourisme en géographie, s'intéressant à la "vocation" (sic) des lieux touristiques, aux "flux", et "nuitées" et aux "facteurs" ("physiques" et "humains") du tourisme. La géographie du tourisme fait comme si la géographie était la seule discipline compétente pour penser le tourisme et laisse de côté les autres dimensions. Elle se rapproche ainsi d'autres "branches" construites autour d'un thème : géographies de l'industrie, du loisir, des machines à laver, du sport, etc.

Mise à jour : janvier 2011
Guide de voyage

Héritiers pour partie des récits de voyage, les premiers guides touristiques sont nés au début du XIXe en Angleterre (Murray) et en Allemagne (Baedeker). En France, la première grande collection est celle des Guides Joanne, ancêtres des Guides Bleus. Ils sont encore aujourd'hui des succès éditoriaux, en témoignent la longévité du Guide Vert ou les ventes réalisées par le Routard pour le compte d'Hachette. Ils se déclinent de manière de plus en plus spécialisée : le Lonely Planet a ainsi une collection spécifique pour les villes, tandis que les guides Luxe ont été lancés récemment par la chaîne hôtelière haut de gamme The Luxury Collection, propriété du groupe Starwood.
L'apparition de guides sur l'Internet et/ou téléchargeables sur des appareils mobiles constitue une évolution intéressante dans la pratique touristique : personnalisables, participatifs et accessibles de manière ubiquiste, ils reflètent une autonomie avancée des touristes qui les utilisent. Le rôle des guides de voyages dans la diffusion du tourisme est multiple : construire une destination touristique en la faisant entrer dans une collection et, pour le touriste, apprivoiser l'altérité d'un nouveau lieu pour qu'elle devienne source de plaisirs bien avant le départ, construire son séjour en identifiant sites, activités et hébergements, concrétiser cette construction une fois sur place en s'y repérant à l'aide de plans et de carnets d'adresses mais aussi se remémorer le séjour une fois revenu.
Les guides touristiques peuvent véhiculer un discours très normatif, voire des clichés, à la fois des lieux à voir, des personnes rencontrées et de l'attitude avec laquelle un "bon" touriste doit se comporter. En cela, le guide de voyage constitue un genre littéraire bien connu, avec ses rubriques attendues (conseils pratiques aux voyageurs, présentation du pays, carnets d'adresses d'hébergements et de restaurants, descriptif des sites à visiter…) tant et si bien que des vrais guides de fausses destinations pourtant parfaitement crédibles se vendent également (guides de la Molvanie et de San Sombrèro).

Pour prolonger, pour compléter

- Quelques guides de voyage en version web,
> Le Guide du routard : www.routard.com
> Lonely Planet > www.lonelyplanet.fr/_htm/index.php
> Ulysse > www.guidesulysse.com

Mise à jour : janvier 2011
Haut-lieu touristique

Lieu condensant une forte charge imaginaire, incarnant des pratiques et fonctionnant comme modèle pour d'autres lieux touristiques et urbains. Le haut lieu touristique est rêvé et pratiqué par tous les touristes du Monde. Il s'agit donc d'un incontournable touristique et, de plus en plus souvent, d'un lieu inscrit par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité.

Pour prolonger, pour compléter

- Le portail général du Centre du patrimoine mondial de l'Unesco : http://whc.unesco.org/FR

Mise à jour : janvier 2011
Hébergements touristiques

Les hébergements touristiques sont d'une nature extrêmement variée, à l'image des pratiques touristiques. À partir des formes historiques d'hébergement des voyageurs, les modes utilisés par les touristes n'ont en effet cessé de se diversifier. Pendant des siècles, l'hébergement était assuré chez l'habitant, dans des monastères, des auberges ou des relais de poste. Les premiers touristes ont détourné ces moyens d'hébergement avant que des formes spécifiques n'apparaissent. L'afflux des touristes a rapidement incité à des créations d'établissements spécialisés. Quatre grands types d'hébergements marchands organisent aujourd'hui le secteur, sans qu'ils le résument : les hôtels, les hôtels-clubs, les résidences de tourisme et les campings.
Les hôtels peuvent correspondre à des entreprises autonomes, forme la plus ancienne de l'hébergement touristique, ou appartenir à des chaînes intégrées. Ces dernières sont apparues en 1901 aux États-Unis, mais c'est Conrad Hilton dans les années 1920 qui est à l'origine du véritable essor de cette formule. En 1964, J. Borel adapte cette formule de chaînes intégrées en France et fonde le groupe Accor, qui diversifie ses activités de l'hôtel de luxe (Sofitel) à l'hôtel très bon marché (Formule 1) et se positionne ainsi comme un des leader mondiaux de l'hôtellerie. Le succès de ces chaines intégrées tient à trois facteurs principaux : homogénéité du produit, qui peut rassurer au-delà de l'altérité ressentie des lieux, réservation centralisée optimisant les taux d'occupation et système de franchise peu risqué mais propice à la diffusion spatiale.
Les hôtels-club correspondent à une diversification qui s'est réalisée en filiation avec l'hôtel. La structure de l'établissement qui associe le repos au loisir permet au touriste de se couper d'un environnent dont l'altérité ressentie peut être mal-vécue. L'hôtel-club se situe à mi-chemin entre l'hôtel et le village de vacances, apparu à la fin des années 1930 en Angleterre. L'innovation principale des hôtels-club a été de marier les fonctions d'animation à celle d'hébergement. Le Club Med en est la formule archétypale.
Le terme de resort relève d'un anglicisme en français. Il ne désigne pas comme en anglais une station (a seaside resort = une station balnéaire) mais un complexe hôtelier souvent de luxe aménagé par un même promoteur et  proposant en plus de l'hébergement des services comme des activités sportives ou de bien-être. Fonctionnant comme une enclave, il s'étend en général sur plusieurs hectares, ce qui permet l'aménagement de jardins voire d'un golf. Ils se situent souvent en bord de mer.
Les résidences de tourisme s'inscrivent dans la double filiation de l'hôtel et des villages de vacances. La formule est originale à la fois par ses équipements, conférant davantage d'autonomie au touriste (coin cuisine…) et dans l'innovation du temps partagé ou time sharing. La formule de résidences de tourisme convient particulièrement aux touristes cherchant surtout à être autonomes. Elles séduisent de plus en plus de touristes en ville, avec le développement de certaines chaînes comme les Citadines en France.
Le camping est né du scoutisme, né en réponse à des problèmes d'hébergement rencontrés lors de l'organisation d'événements sportifs au début du XXe siècle. Après des débuts comme forme d'hébergement touristique pratiquée par une élite sportive, le camping devient une forme d'hébergement bon marché recherchée pour l'autonomie qu'elle procure. L'évolution actuelle est marquée par l'élargissement du spectre social : la tente cohabite désormais avec des hébergements plus confortables, comme la caravane, le mobil home ou le bungalow. Les campings peuvent posséder jusqu'à 4 étoiles et se rapprochent alors des hôtels-clubs. Malgré l'apparition récente de chaînes, le camping demeure largement un secteur peu structuré dominé par la petite entreprise.
À ces quatre grands types d'hébergements marchands, s'en ajoutent kyrielles d'autres, plus ou moins marqués par un souci de distinction sociale : chambres d'hôte, cabanes dans les arbres, yourtes, roulottes, igloos… L'altérité que peuvent véhiculer ces hébergements constitue des éléments à part entière du voyage. Il convient cependant de bien garder en tête que la majorité des touristes, en particulier domestiques, ont recours à l'hébergement non-marchand, soit chez la famille, chez des amis ou dans une résidence secondaire, phénomène particulièrement développé en France (elles seraient plus de 3 millions). Par son caractère informel, ce type d'hébergements est pourtant le plus mal connu des statistiques.

Mise à jour : janvier 2011
Hors-sol (Tourisme _)

Par analogie avec la notion d'"agriculture hors-sol", exprime un sous-système du tourisme de masse diversifié, qui se fonde sur l'affranchissement des contraintes du site par la création de conditions propres en termes de bâti et d'accessibilité. Par exemple, les complexes touristiques constitués d'une piscine sous bulle accompagnée de services communs et de logements en locations temporaires. Certaines formes de croisières à bord de paquebots spécialisés peuvent aussi avoir de telles caractéristiques.

Pour prolonger, pour compléter

- Le tourisme de croisières en Méditerranée (Carine Fournier)

Mise à jour : mars 2011
Impacts (économiques, sociétaux)

Le tourisme est un secteur composé de différentes branches (transport, hébergement, restauration, activités culturelles et sportives, etc.) qui concernent également des non-touristes. Il occupe une place croissante dans les activités de service et il a un impact considérable sur les économies, les sociétés, les cultures des pays, des territoires, concernés.

Selon les données du World Travel and Tourism Council (WTTC), en 2010, les activités liées au tourisme et au voyage auraient contribué à 9,2% du PIB mondial et les revenus tirés des dépenses des visiteurs internationaux représentant 6,1% du total des exportations mondiales. Ce secteur serait à l'origine de plus de 235 millions d'emplois dans le monde, soit 8,1% de l'emploi total. L'économie de certains États dépend du tourisme à plus de 50% du PIB et il peut représenter des entrées de devises vitales. Le tourisme est donc porteur de développement mais aussi de contacts entre les peuples de cultures et de modes de vie différents. Il peut contribuer à la transformation des sociétés, à leur évolution et leur modernisation.

Mais ces effets ont leurs contreparties : les influences allogènes sont parfois brutales et mal supportées par les sociétés d'accueil ou d'implantation des activités touristiques, les perturbations introduites dans leur mode de vie et leur système de valeurs peuvent être déstructurantes.
Les retombées économiques des activités touristiques sont parfois mal redistribuées ou captées par des intérêts lointains, liés aux pays émetteurs plutôt qu'aux pays récepteurs. Il faut aussi nuancer les intérêts économiques du tourisme pour les États récepteurs car :
- une partie des devises obtenues par le secteur sont affectées au financement des importations nécessaires à l'activité touristique, de manière variable selon le degré de dépendance des économies concernées,
- la mobilisation de ressources (en eau par exemple) nécessaire au fonctionnement des activités touristiques peut se faire aux dépens d'autres activités, comme l'agriculture par exemple, qui répondraient davantage aux besoins fondamentaux des populations,
- les impacts environnementaux peuvent engendrer des coûts, directs ou indirects, plus ou moins conséquents.

Selon la Cnuced (2007) les "fuites" (processus par lequel une partie des revenus issus de devises étrangères est retenue par les pays de départ ou rapatriée vers eux) dans le secteur du tourisme seraient de l'ordre de 85% pour les pays moins avancés d'Afrique, de 80% pour les Caraïbes, de 70% en Thaïlande, de 40% en Inde. Certains de ces pays sont dans une situation de dépendance touristique en raison des rapports de force inégaux entre leurs capacités économiques endogènes et les groupes internationaux exogènes qui investissent sur leurs territoires.

Pour prolonger, pour compléter

- Tourisme et "développement durable" : de la lente émergence à la nécessaire et problématique mise en œuvre (Rémy Knafou, avec le concours de Sylvine Pickel)

- World Travel & Tourism Council (WTTC), forum destiné à l'industrie du voyage et du tourisme,
www.wttc.org
> www.wttc.org/eng/Tourism_Research/Policy_Research/Annual_Reports,_Progress_and_Priorities
- Les impacts du tourisme selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (United Nations Environment Programme / UNEP) : www.unep.fr/scp/tourism/sustain/impacts

Mise à jour : janvier 2011

 

Industrie touristique

L'existence d'un besoin et d'une demande touristiques entraînent l'organisation d'un ensemble de productions et de services qui, d'amont en aval, s'efforcent d'y répondre. Ainsi, l'industrie touristique est une combinaison de biens et de services destinés à répondre aux attentes du touriste : voyagistes, grossistes, voyagistes réceptifs, accompagnateurs et agents de voyages. Ils mettent en valeur les ressources initiales, facteurs d'attractivité du lieu mis en tourisme et comportent un ensemble d'éléments d'accompagnement : transport, hébergement, restauration, équipements culturels et sportifs, etc.
On parle de l'industrie touristique d'une manière souvent péjorative, implicitement du moins, renvoyant alors à des images de "tourisme de masse".

Mise à jour : janvier 2011
Ingéniérie touristique

Ensemble des activités dont l'objet est de (re)mettre en valeur le patrimoine touristique d'un territoire. Le développement considérable des activités des loisirs, de la culture et du tourisme durant ces dernières années a rendu indispensables les entreprises spécialisées dans le conseil et l'assistance technique aux collectivités locales ou au secteur privé. En effet, ces entreprises, hormis leur savoir-faire technique en valorisation touristique (y compris dans sa dimension culturelle), possèdent une bonne connaissance des publics visés, de l'environnement socio-économique qui influe sur la viabilité du projet, et des diverses compétences qui doivent être réunies pour la mise en œuvre du projet.

Mise à jour : janvier 2011
International (Tourisme _)

Si le tourisme international reste très inférieur au tourisme national (le tourisme intérieur serait, selon l'OMT, environ dix fois supérieur au tourisme international par le nombre), le déplacement touristique n'en est pas moins un puissant opérateur du fonctionnement de l'espace-Monde, notamment depuis les années 1950 lorsque les congés payés se sont imposés dans l'ensemble des pays occidentaux et qu'ils ont été inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. C'est cependant une activité très sensible à la conjoncture économique et aux périodes de crises internationales (sanitaires entre autre) : des périodes de forte croissance (1995-96, 2000) alternent avec des phases de ralentissement (2001-2003, 2008-2009).

Le tourisme international a connu, depuis la Seconde guerre mondiale, un développement rapide qui en fait un des principaux secteurs exportateurs et une des principales sources de transfert de devises. Selon l'OMT, le nombre d'arrivées de touristes internationaux s'élevait à 25 millions en 1950, 112,8 millions en 1965 et il a atteint 935 millions en 2010 ce qui correspond à une croissance moyenne de plus de 15 millions de touristes par an sur l'ensemble de la période. Mais ces chiffres officiels doivent être nuancés : s'il est certain que les mobilités touristiques ont explosé, on sait aussi que l'OMT comptabilise comme touriste tout individu qui passe une nuit hors de son domicile pour différentes raisons plus ou moins extérieures au tourisme stricto sensu (affaires, santé ou autres) ce qui "gonfle" sensiblement les données statistiques.

Sur cette période, le développement du tourisme a été particulièrement prononcé pour la zone Asie-Pacifique (13% de croissance moyenne annuelle) et le Moyen-Orient (10%), les Amériques et l'Europe croissant respectivement de 5 et 6%. Depuis 1950 la part de marché de l'Europe a diminué de 10 points, celle des Amériques de 13 points. Mais l'Europe et le continent américain restent les principales régions réceptrices de touristes internationaux : de 95% en 1950 elles en recevaient encore 76% en 2000. Nous sommes désormais en face d'un phénomène de masse à l'échelle planétaire qui est amené à se développer encore dans les années à venir. L'OMT estime à 1,6 milliard le nombre d'arrivées de touristes internationaux d'ici 2020.

En 2009 le classement du tourisme international selon les arrivées d'une part et les recettes d'autre part montre que huit des dix grandes destinations figurent dans les deux listes. Dans les deux cas, les trois premières places sont prises par les États-Unis, l'Espagne et la France. La France est en tête pour les arrivées (74 millions de touristes) mais arrive en troisième position pour les recettes, les États-Unis étant alors en tête (94 milliards de dollars US).

Au classement des dépenses des nationaux à l'étranger pour 2009, aux trois premiers rangs se trouvent l'Allemagne (81 milliards de dollar US), les États-Unis et le Royaume-Uni. Un changement est survenu pour la quatrième place : la Chine a dépassé la France avec 44 milliards de dollars dépensés et le pays affiche les plus forts taux de croissance des dépenses du tourisme international.

Les voyages de détente, de loisir et de vacances représentent, en 2009, un peu plus de la moitié des arrivées de touristes internationaux (51%, 446 millions d'arrivées). Quelques 15% des touristes internationaux ont voyagé pour affaires ou pour des raisons professionnelles, 27% pour d'autres motifs : visite à des parents et amis, religion ou pèlerinage, traitement médical, etc. Pour les 7% restants l'objet de la visite n'est pas précisé. Un peu plus de la moitié des voyageurs (53%) sont arrivés à destination en avion et les autres par voie terrestre : 39% par la route, 3% par le train, 5% par voie d'eau.

Pour compléter, pour prolonger

- Quand le tourisme se diffuse à travers le monde (Jean-Christophe Gay, Luc Vacher et Laure Paradis)

- OMT, facts and figures : www.unwto.org/facts/eng/overview.htm

Mise à jour : janvier 2011

 

Lieu touristique

Concept permettant d'identifier un ensemble localisé et localisant de tourisme. C'est le résultat provisoire de la transformation d'un endroit en lieu par le tourisme (processus d'invention), ainsi que celle d'un lieu déjà constitué en un lieu d'une nouvelle qualité (processus de subversion et de diversion). Ainsi on distingue le site, le comptoir, la station, la ville, les deux derniers pouvant être affinés en station-ville, ville touristifiée.

Pour compléter, pour prolonger

- Tôkyô Disney Resort et Disneyland Resort Paris : deux modèles originaux d'aménagement touristique au Japon et en France (Raphaël Languillon-Aussel)
- Quand le tourisme se diffuse à travers le monde (Jean-Christophe Gay, Luc Vacher et Laure Paradis)

- Ville internationale, image internationale : le cas de Montréal (Charles-Edouard Houllier-Guibert), autre dossier, nouvel onglet.

Mise à jour : janvier 2011
Loisir/s

À la différence du tourisme qui s'inscrit dans le hors-quotidien, les loisirs s'effectuent dans le temps et dans l'espace du quotidien.
Le loisir est une catégorie plus floue et plus subtile que le tourisme. Cette subtilité tient à ce que le terme change de sens en fonction de son nombre. Au singulier, le loisir renvoie au temps affranchi des exigences du temps contraint, en particulier du temps travaillé. Au pluriel, les loisirs se réfèrent à l'ensemble des activités récréatives s'exerçant autant dans l'espace local et le temps du quotidien que dans l'espace-temps du tourisme. Ainsi, non seulement les loisirs constituent une catégorie spécifique du loisir (par distinction du sommeil, du repas, des discussions...) mais les loisirs ne se posent pas en rupture avec le quotidien, ni avec le travail, ni avec le tourisme. Les loisirs participent des trois et peuvent se déployer dans ces trois sphères, sans en être constitutifs.

Mise à jour : janvier 2011

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Marketing touristique

Le marketing touristique est un processus de management des entreprises et des organisations touristiques destiné à identifier leurs clientèles, actuelles et potentielles, à communiquer avec elles pour évaluer leurs besoins et influencer leurs désirs et motivations, afin de formuler et d'adapter leurs produits pour maximiser leurs objectifs organisationnels (c'est-à-dire principalement leur profit) et, secondairement, optimiser la satisfaction touristique.
Selon J. Krippendorf, "adaptation systématique et coordonnée de la politique de l'entreprise touristique, ainsi que la politique touristique privée et de l'État, sur le plan local, régional, national, et international, à une satisfaction optimale des besoins de certains groupes déterminés de consommateurs, tout en obtenant un profit approprié".

Mise à jour : janvier 2011
Médical (Tourisme - ou tourisme de santé)

Le tourisme médical, ou tourisme de santé ou encore tourisme hospitalier se réfère au déplacement dans un pays autre que le pays de résidence, dans le but de bénéficier d'un acte médical non disponible ou difficilement accessible dans son propre pays, soit pour des raisons de législation soit pour des raisons relatives à l'offre de soins (compétences, coût).
S'agissant de pratiques thérapeutiques déterminées par l'opportunité de soins en général et le coût en particulier, ce déplacement ne relève aucunement du tourisme, mais la confusion est entretenue par la conjonction de plusieurs éléments de nature différente : a) la rapide popularisation de l'expression par les médias ; b) l'absence d'expression de substitution ; c) la propension de nos sociétés à qualifier de touristes tous ceux qui se déplacent, sans vouloir faire la part des  raisons pour lesquelles on se déplace ; d) le choix de l'Organisation mondiale du tourisme de comptabiliser comme touristes presque tous les types de déplacements, à la fois pour gonfler encore davantage les résultats obtenus et par difficulté pratique de distinguer entre ces différents types de déplacements.

L'objectif de cette mobilité est avant tout d'améliorer sa santé et non pas de se distraire. D'ailleurs, quand les soins reçus sont lourds et que la période postopératoire est délicate, les patients sont dans l'incapacité de faire du tourisme. On pourra mettre l'accent sur le ressort de cette mobilité, qui est d'exploiter un différentiel international de coût de soins et de se situer aux antipodes d'un déplacement tourné vers la recherche du plaisir, même si l'amélioration de la santé a en partage avec le tourisme la recréation qui est l'objectif fondamental du déplacement touristique (Knafou, Stock, 2003). Et c'est dans cette faille conceptuelle de la "recréation" que s'insinue dans un secteur touristique rompu à toutes les complaisances le "tourisme médical" aussi mal que durablement nommé.

Pour compléter, pour prolonger

- Se déplacer pour se faire soigner : une mobilité en expansion, généralement appelée "tourisme médical" (Virginie Chasles)

Mise à jour : janvier 2011
Mise en tourisme

Processus de création d'un lieu touristique ou de subversion d'un lieu ancien par le tourisme qui aboutit à un état : le lieu touristique. L'expression "mise en tourisme" est préférée à "touristification" parce que dans la confusion qui entoure le processus et la convocation fréquente d'interventions naturelles, "mise en tourisme" présente l'avantage de souligner le caractère dynamique et humain de l'action.

Pour compléter, pour prolonger

- Tôkyô Disney Resort et Disneyland Resort Paris : deux modèles originaux d'aménagement touristique au Japon et en France (Raphaël Languillon-Aussel)
- Quand le tourisme se diffuse à travers le monde (Jean-Christophe Gay, Luc Vacher et Laure Paradis)

Mise à jour : janvier 2011
Mobilités touristiques et économie présentielle

Les mobilités touristiques impliquent des variations importantes des populations présentes dans un territoire à un moment donné (résidents et séjournants) et une dissociation des temps et des lieux de production et des temps et des lieux de consommation. La consommation en un point du territoire varie en fonction de la population réellement présente à une date donnée. Aussi, la prise en compte des déplacements touristiques, aussi bien des Français que des étrangers, a conduit à une autre approche de l'économie territoriale, l'économie "présentielle", formule proposée par Laurent Davezies et Christophe Terrier. Elle permet d'évaluer les consommations induites par la présence de personnes sur un territoire à un moment donné en mesurant et en cumulant les absences et les présences un même jour.
L'Insee a repris ce mode de calcul pour mesurer l'emploi touristique. Les estimations de population présente ouvrent la voie à un autre regard sur les problématiques de gestion et d'aménagement des territoires. Pour les collectivités locales, l'enjeu n'est pas négligeable, certains équipements doivent être calibrés en fonction de la population maximale pouvant être présente à un moment donné : usines de traitement des déchets, stations d'épuration des eaux, équipements culturels et sportifs. Les entreprises aussi peuvent utiliser ces estimations de population présente pour optimiser l'implantation de leurs réseaux (transports publics, bureaux de poste, téléphonie mobile, etc.).
En France, la saisonnalité de la fréquentation touristique est très variable d'un département à l'autre : si à Paris la fréquentation des touristes français ou étrangers est régulière, les départements de montagne montrent deux pics de fréquentation tandis que les départements littoraux atteignent leur maximum seulement pendant l'été.

Pour compléter, pour prolonger

- Insee Première, En haute saison touristique la population présente double dans certains départements, n° 1050, nov. 2005 : www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP1050.pdf
- Christophe Terrier - Mobilité touristique et population présente. Les bases de l'économie présentielle des départements
> accès à des cartes par anamorphose : www.christophe-terrier.com/presence/index.html
> Mobilité touristique et population présente, de très nombreuses cartes disponibles (touristes étrangers, soldes mensuels, présences maxi et mini des touristes, etc.) :
www.christophe-terrier.com/presence/Dynamique/poptourisme3.swf

Mise à jour : janvier 2011
Moment de lieu

Durée plus ou moins précise où un lieu donné (mais aussi une aire  ou un réseau de lieux) incarne une situation de portée générale dépassant l'enjeu du lieu lui-même ; donc le moment où le lieu, en raison de l'invention ou de la consolidation d'une pratique ou, plus généralement d'une innovation sociale à dimension spatiale affirmée, a constitué une référence, voire un modèle pour d'autres lieux.

Pour prolonger, pour compléter

- Quand le tourisme se diffuse à travers le monde (Jean-Christophe Gay, Luc Vacher et Laure Paradis)

Mise à jour : janvier 2011
Muséification

La muséification est un processus visant à donner un caractère de musée à un lieu, généralement urbain. Autrement dit, à faire d'un lieu vivant un lieu seulement visité temporairement. Le risque de muséification est fréquemment évoqué dans des métropoles touristiques et des villes touristifiées par des élus, des journalistes et des chercheurs. En fait, les cas de muséification véritable sont rares et ne concernent que des quartiers de taille limitée (certains secteurs de Venise, en particulier). La "gentrification" est un processus plus actif dans l'espace urbain, mais moins souvent mis en avant par ceux-là même qui y voient de la muséification. Cela dit, le tourisme a une responsabilité nette dans la transformation de certains quartiers historiques centraux, dans un contexte général d'embourgeoisement d'espaces urbains à valeur foncière élevée. Mais, jusqu'à présent, la capacité du tourisme à supprimer la vie de lieux urbains est moins avérée que dans les centres de métropoles investis par les bureaux et, de ce fait, désertés la nuit (phénomène de city à Londres et dans de nombreuses grandes villes américaines).

Mise à jour : janvier 2011
Organisation mondiale du tourisme (OMT)

L'Organisation mondiale du tourisme est une organisation internationale connexe des Nations Unies destinée à promouvoir et à développer le tourisme.
À l'origine, se trouvait l'International Congress of Official Tourist Traffic Associations (ICOTT), fondée à La Haye en 1925, devenue l'Union internationale des organismes officiels de propagande touristique (UIOOPT) en 1934. En 1974, cette union devint l'Organisation mondiale du tourisme et elle fixa son siège à Madrid. Initialement agence technique non gouvernementale, elle est devenue une organisation intergouvernementale, pourvue dès 1948 d'un un statut de consultant auprès de l'ONU, l'OMT est officiellement devenue en 2003 l'une des institutions du système des Nations Unies.
Émanation des intérêts touristiques des États et des grandes entreprises, l'OMT produit des statistiques discutables, d'innombrables études et diffuse la bonne parole et les bonnes pratiques dans le champ touristique, avec deux axes politiques majeurs : insérer le tourisme dans les stratégies de développement durable et favoriser, via le développement touristique, le recul de la pauvreté dans le Monde.

Parmi les publications de l'OMT, le baromètre du tourisme mondial est un service qui a pour objet de suivre l'évolution du tourisme à court terme et de fournir au secteur touristique des informations actualisées. Cette publication paraît trois fois par an (janvier, juin et octobre). Elle renferme trois éléments permanents : un aperçu des données sur le tourisme à court terme fournies par les pays de destination et les transporteurs aériens ; une évaluation rétrospective et prospective des résultats du secteur touristique effectuée par le Groupe d'experts en tourisme de l'OMT ; des données économiques choisies qui intéressent le tourisme. Si ces données ont des caractères discutables, elles n'en servent pas moins de référence à de nombreuses publications sur le tourisme dans le monde.

Pour prolonger, pour compléter

- Le baromètre (Facts & Figures) de l'Organisation mondiale du tourisme :
www.unwto.org/facts/eng/barometer.htm

Mise à jour : janvier 2011
Patrimoine

Étymologiquement, ces termes désignent ce qui est hérité du père (patrimonium). Il faut attendre les années 1970 pour voir apparaître l'idée que des biens communs à tous doivent être transmis aux générations futures du fait de leur valeur. Le rôle de l'Unesco, avec la rédaction en 1972 de sa Convention du patrimoine mondial, est patent. Aujourd'hui, le "patrimoine mondial de l'humanité" se divise en deux catégories, dont la dualité est d'ailleurs discutable, culturel ou naturel, et dont le contenu a connu une réelle inflation ces dernières années. Il regroupe en effet tout à la fois du patrimoine désigné comme matériel (mobilier, monuments, ruines…) ou immatériel (arts du spectacle, rituels, par exemple, récemment, le "repas gastronomique à la française") mais aussi des paysages ou des formations géologiques.
Le changement d'échelle, d'un patrimoine privé domestique à un patrimoine public mondial, dénote d'un rapport complexe à un temps vécu comme linéaire et menaçant, car associé à la mort et à la destruction de ressources. Cette conception commande des mesures spécifiques de protection, faisant du même coup de l'ancienneté un gage d'"authenticité", en témoignent les multiples contraintes pesant sur d'éventuels travaux résultant d'un classement patrimonial.
En cela, la protection du patrimoine s'inscrit dans les grands principes édictés par le développement durable, où l'empreinte humaine est redoutée tant sur la "nature" que sur la "culture". C'est sûrement là qu'il faut chercher le lien entre tourisme et patrimoine : un goût thanatocratique pour ce qui n'est plus, une altérité procurée par un voyage dans le temps, qu'il s'agisse d'un passé glorieux mais révolu dont témoignent quelques vestiges anciens, ou d'un état de nature précédant l'action humaine plus ou moins idéalisé.

La dimension idéologique du patrimoine est évidente, la sélection et la désignation relevant forcément d'un regard situé dont l'universalité en matière d'esthétisme et d'exception sera toujours discutable. Être reconnu comme patrimoine procède forcément d'un désir de reconnaissance voire d'intégration à la communauté internationale. La protection revêt de ce fait nécessairement une dimension politique et économique, servant tout autant des revendications identitaires de populations minorées dans leur propre pays, la constitution de labels touristiquement rentables (entrant alors en conflit avec les objectifs initialement affichés de protection) ou l'appui à des opérations immobilières de gentrification (cas du Marais à Paris).

L'inscription sur la liste du patrimoine mondial est un enjeu fort pour les territoires, en termes de notoriété, de marketing territorial. Certaines études font état d'une progression sensible de la fréquentation touristique à la suite de cette labellisation.

Pour prolonger, pour compléter

- Le programme "culture" de l'Unesco : http://portal.unesco.org/culture/fr
- Des opérateurs touristiques créent des parcours Unesco, par exemple, Jet Tours :
www.jettours.com/guide-des-circuits/circuit-unesco.html
- Anne Bodescot - "Le ''label'' Unesco apporterait 20% de visiteurs supplémentaires", Le Figaro, 14/10/2007, www.lefigaro.fr/voyage/.../_label_unesco_apporterait_de_visiteurs_supplementaires.php

Mise à jour : janvier 2011
Pratiques touristiques

Selon l'Équipe MIT, à la différence des pratiques comportementales et d'action, le concept de pratiques touristiques prend en compte les intentionnalités, les compétences et l'intervention des normes par les acteurs ainsi que les ruses dont ils sont capables. Les pratiques ne sont alors pas seulement routinières, récursives et se déroulant dans le quotidien, mais peuvent aussi constituer des ruptures avec les normes (déviance) et avec le quotidien (recréation) et les lieux habituels et familiers. On peut ainsi distinguer différents types de pratiques de recréation, selon d'une part leur rapport avec les lieux du quotidien et du hors-quotidien et, d'autre part, les modalités : jouer, se reposer, découvrir. Ces pratiques de recréation changent au cours du temps et se recomposent selon des rapports différents au corps, à la nature, aux autres, à l'espace privé/public, à la valeur et à l'imaginaire des lieux, etc.

Mise à jour : janvier 2011
Produit touristique

Au sens strict, assemblage de prestations et de services (hébergement, restauration, animation, transport, excursion, visite) autour d'un site ou d'une activité particulière. Par extension, on qualifie de produit touristique une attraction touristique, un lieu équipé pour le tourisme, un type d'hébergement ou d'activité touristique, sans qu'ils fassent pour autant l'objet d'une élaboration commerciale cohérente.

Mise à jour : janvier 2011
Recréation

La notion de recréation désigne l'ensemble de pratiques, de normes, d'institutions et de représentations qui se caractérise par un "relâchement des contraintes" (Elias, 1994) et des pratiques "déroutinisantes", bref une libération contrôlée du self-control quotidien. Elle est en rupture avec la sphère du quotidien, marquée par un fort auto-contrôle des émotions et un caractère récursif des pratiques.

Mise à jour : janvier 2011
Réseau touristique

L'idée de réseau touristique exprime la mise en réseau des lieux par des itinéraires, reflétant des pratiques itinérantes plus ou moins influencées par des actions volontaires ("routes de / du … "). Le pays dogon, les innombrables route des vins, les "chemins de Saint-Jacques", les réserves au Kenya, etc., en constituent des exemples.

Pour compléter, pour prolonger

- La reconnaissance de la culture du vin par l'œnotourisme espagnol (Sophie Lignon-Darmaillac), autre dossier, nouvel onglet

Mise à jour : janvier 2011

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Séjour

Durée pendant laquelle un touriste habite une destination touristique. Selon l'Insee, les voyages se décomposent en "séjours" définis par le fait d'avoir passé au moins une nuit en un lieu fixe. La durée des séjours est comptabilisée en nuitées. Les courts séjours d'agrément correspondent à deux ou trois nuitées maximum.

Mise à jour : janvier 2011
Site touristique

Un site touristique est un lieu de passage, mais non de séjour, car il est sans fonction d'hébergement, ou à capacité d'hébergement sans commune mesure avec sa fréquentation. Il s'agit d'un type de lieu touristique créé par invention, c'est-à-dire par le regard et l'usage des touristes.

Mise à jour : janvier 2011
Station touristique

La station touristique se définit par l'omniprésence de l'activité touristique, qui est créatrice du lieu et y conserve une place prépondérante : elles sont en effet créées par et pour les touristes. À la différence du comptoir, la station est un lieu ouvert, habitée par une population permanente, dont l'activité n'est pas forcément liée au tourisme et qui peut évoluer vers une ville à part entière (cas de la Baule).
De montagne ou balnéaire, les stations sont organisées spatialement selon deux grands principes. D'une part, la valorisation de la vue, devenant paysage, peut être admirée, peinte ou photographiée grâce à des aménagements particuliers : fronts de mer ou de neige construits sous forme de promenades, belvédères, sentiers, grenouillères… D'autre part, la structuration du lieu vers un point central focalise la vie sociale. Historiquement, il s'agissait d'un établissement thermal, d'un grand hôtel ou d'un casino qui remplit ce rôle en tant qu'infrastructure de prestige. De là partent les principaux axes structurants de la station. C'est ce qui forme le plan radioconcentrique caractéristique encore de certaines de ces stations, comme Cabourg. En bord de mer, ces stations se sont parfois implantées sous la forme du dédoublement spatial, le village "traditionnel" se situant en retrait des terres pour des raisons principalement de sécurité (maladies, inondations, attaques…). De nombreux exemples sont fournis en Languedoc-Roussillon : Adge et Cap d'Adge, St Cyprien et St Cyprien Plage…
À cette définition géographique, il convient d'ajouter celle juridique. Le statut de station n'est en effet accordé qu'au compte-goutte en France par l'État car il va de pair avec des privilèges définis initialement par la loi de 1919 : taxes de séjour, établissements de jeux, dotations particulières, comme la dotation touristique, proportionnelle à la fréquentation touristique et destinée à aider la commune à faire face aux dépenses supplémentaires induites par les touristes. De ce fait, ce statut est très demandé mais aussi coûteux pour l'État. Il existe également un statut moins contraignant mais qui reconnaît la fonction touristique d'une commune : celui de commune touristique.

Pour compléter, pour prolonger

- Communes touristiques et stations classées en France,
> la législation : www.tourisme.gouv.fr/territoires/station-classee/commune-touristique.php
> L'Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques (ANMSCCT) :
www.communes-touristiques.net

Mise à jour : janvier 2011
Statistiques du tourisme

La statistique du tourisme et des vacances a connu un développement relativement récent par rapport aux statistiques portant sur la population, l'emploi ou d'autres activités économiques.

Dès l'entre-deux-guerres les premiers outils de comptage des touristes sont mis en place. Mais, en France, ce n'est qu'au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans le cadre d'un système national de la statistique, que les premières enquêtes vont apparaître. En 1949 l'Insee publie les résultats d'une "enquête par sondage sur le tourisme en France" qui s'intéresse en fait aux vacances des Français et les frontières entre "tourisme" et "vacances" paraissent longtemps fluctuantes et floues. Le dispositif statistique sur le voyage et le tourisme reste éclaté entre plusieurs administrations et acteurs des secteurs de la santé et du social, de l'agriculture, etc.
Des enquêtes régulières, par questionnaires, sur les vacances ont été réalisées de 1972 à 1994. L'enquête "vacances" de l'Insee, a débuté en 1965 dans le cadre des enquêtes permanentes sur les conditions de vie (EPCV) des ménages. En 1995, l'administration du tourisme (* document ci-dessous) et l'Insee relancent une enquête structurelle sur les vacances des Français, intégrée aux enquêtes permanentes sur les conditions de vie des ménages cette fois menée tous les cinq ans. Cette enquête EPCV-Vacances exclut les motifs professionnels, d'études et de santé des séjours et elle décrit de manière détaillée les séjours d'au moins quatre nuits hors du domicile. Ces enquêtes ont cessé en 2006.
Au début des années 1990 l'administration du tourisme produit des analyses conjoncturelles et diffuse des enquêtes commanditées à la Sofres : enquête annuelle "Suivi de la demande touristique" (SDT) à partir de 1994 et "Baromètre mensuel" depuis 2007. Les études cherchent alors à mesurer des déplacements, des éléments de satisfaction des "touristes" et prennent une forme proche de celle des études de marketing en direction des acteurs économiques mais elles apportent moins d'informations que les enquêtes Insee sur les vacances des Français.
Au total, à l'heure actuelle, en France, les lacunes demeurent importantes dans l'analyse des hébergements en dehors des hôtels homologués et des hébergements de plein air. Les données sur les dépenses des touristes étrangers sont parcellaires et les enquêtes de comportements et de motivations sont limitées.

À l'échelle internationale, les critères définissant le "touriste" ont été l'objet récurrent de conflits entre les organismes nationaux et internationaux. L'hétérogénéité des statistiques est patente au plan international, y compris au plan européen. Certains pays par exemple relèvent les arrivées de touristes étrangers aux frontières alors que d'autres ne les dénombrent qu'au niveau des hébergements. La connaissance approfondie du phénomène touristique supposerait l'exsitence d'une observation statistique complète, fiable et homogène partout dans le monde. Mais les statistiques disponibles sont souvent partielles, leur fiabilité est relative et leur homogénéité limitée, les différentes fluctuations des définitions et des dispositifs d'enquête rendent difficile la constitution de séries statistiques sur une longue période et limitent les possibilités d'une comparaison dans le temps et entre les pays.

Les conditions de réalisation des statistiques touristiques inspirent souvent la prudence. En mode direct, la collecte des données est réalisée par recensements ou par enquêtes dont la validité dépendra de l'échantillonnage, souvent trop réduit, et de la méthode (par sondage aléatoire ou par méthode des quotas, etc.). En mode indirect, les données proviennent d'autres données en appliquant, par exemple, des coefficients multiplicateurs (nombre de séjours x dépense journalière moyenne).

La communauté scientifique spécialisée dans l'étude du tourisme (géographes, Équipe MIT notamment, sociologues, anthropologues et économistes) s'accordent pour dire que les statistiques du tourisme rendent difficilement compte de la réalité des pratiques et des motivations touristiques. Au demeurant, des progrès récents sont notables et les efforts de l'OMT, de l'OCDE ou de l'UE peuvent peu à peu mettre à disposition des données homogènes exploitables.

Pour compléter, pour prolonger

* Tourisme et rattachement ministériel : la construction d'une administration du tourisme (document réalisé par Emmanuelle Peyvel, en .pdf)

- En rubrique "savoir faire", réaliser des cartes thématiques (cartographie interactive)

- Site gouvernemental français, édité par la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services (Dgcis) : www.tourisme.gouv.fr 
> le point sur les enquêtes statistiques officielles menées en France sur le tourisme :
www.tourisme.gouv.fr/stat_etudes/definitions.php
- Veille Info Tourisme, espace de travail collaboratif proposé par la sous-direction du Tourisme www.veilleinfotourisme.fr
- Organisation mondiale du tourisme (OMT / WTO) : http://unwto.org/fr
> Facts & Figures (Baromètre) : www.unwto.org/facts/eng/barometer.htm

Mise à jour : janvier 2011
Système touristique

Un système touristique synthétise un ensemble spécifique et historiquement daté de pratiques, d'acteurs et de lieux touristiques. Le système touristique est doté d'une certaine autonomie informant ainsi les lieux touristiques et les pratiques selon les règles en vigueur. On peut mettre en évidence trois systèmes successifs : le tourisme artisanal (XVIII/XIXe siècle), le tourisme industriel (XIXe siècle), le tourisme de masse diversifié (XXe siècle).

Pour compléter, pour prolonger

- Le tourisme, indicateur et outil de transformation du Monde (Rémy Knafou)

Mise à jour : janvier 2011

Taux / de fonction touristique / d'occupation

Le taux de fonction touristique désigne le rapport entre le nombre de touristes pouvant être accueillis et le nombre d'habitants permanents.
Le taux d'occupation désigne le nombre de lits occupés pendant une période donnée sur le total du type d'hébergement touristique considéré.

Mise à jour : janvier 2011
Thermalisme

Lorsque la mobilité de santé prend de l'ampleur, à partir du XVIIIe siècle, et plus encore à partir du XIXe siècle, le thermalisme en est l'élément majeur. De manière générale, le développement important que connurent les stations thermales à partir de cette époque est à mettre en relation avec l'idéologie anti-urbaine qui était alors véhiculée. Plus précisément, l'environnement urbain était alors présenté comme un espace pollué, voire même englué dans ses miasmes, concentrant des masses démographiques importantes et réunissant des classes sociales très hétérogènes. Les citadins des classes sociales favorisées étaient alors demandeurs de lieux qui puissent constituer une sorte d'échappatoire à ce mal-être urbain. Ces stations thermales répondaient à la fois à un besoin de régénération mais aussi à une recherche de neutralité sociale, à un besoin de prise de distance vis-à-vis de la mixité sociale qui caractérise l'espace urbain (recherche de l'entre-soi). Ces lieux de cure permettaient donc à de petits groupes de privilégiés de parvenir à un mieux-être physique, psychologique et aussi social, car c'était là également des lieux de socialisation et de mise en scène de sa position sociale (Gesler, 1998). Il était donc de bon ton, pour les classes sociales favorisées, d'aller "prendre les eaux" dans les stations thermales, comme celle de Baden-Baden par exemple. Mais le succès de ces lieux et leur passage au statut de lieux touristiques tint à l'afflux des bien portants et au développement d'une vie mondaine dégagée des impératifs médicaux (Équipe MIT, 2005).

Au tournant des années 1980, le thermalisme a beaucoup souffert de la concurrence d'autres lieux de détente et de ressourcement fondés sur l'élément aquatique : thalassotérapie, SPA ou tourisme balnéaire tout simplement. Le thermalisme comme cure de santé a pâti également des désengagements des systèmes de prise en charge (sécurité sociale, mutuelles). De nombreuses stations ont disparu ou sont en léthargie. Ainsi, par exemple, dans certaines vallées des Pyrénées, spécialisées dans le thermalisme, certaines stations sont sinistrées,véritables friches du thermalisme.

Mais d'autres lieux ont su s'adapter en diversifiant leur offre, comme Evian ou Vichy qui sont davantage que des stations thermales et sont devenues des villes. On assiste en effet aujourd'hui à un renouveau du thermalisme qui a su évoluer en conjuguant tourisme, santé et bien-être pour proposer, parallèlement à la classique rhumatologie, de la remise en forme médicalisée et de nouvelles cures en phase avec les problèmes des sociétés contemporaines : stress, obésité, divers troubles musculo- squelettiques, etc. En 2010, pour la première fois depuis quinze ans, les 104 stations thermales françaises ont connu une légère hausse de leur fréquentation (+ 3% par rapport à 2009) avec environ 500 000 curistes.

Pour prolonger, pour compléter

- Se déplacer pour se faire soigner : une mobilité en expansion, généralement appelée "tourisme médical" (Virginie Chasles)

Mise à jour : janvier 2011
Tourisme

Le tourisme (tourism, 1811 ; tourisme, 1841) est le système d'acteurs, de lieux et de pratiques permettant aux individus la recréation par le déplacement et l'habiter temporaire de lieux autres. Ce système est constitué d'entreprises proposant différents services (de l'agence de voyage aux restaurateurs et hôteliers, en passant par les transporteurs et les tours opérateurs), de normes et de valeurs (pour certains, le tourisme est positif, pour d'autres, il est négatif), de lois  (sur les mobilités), les congés payés, la fiscalité etc.), de touristes (qui se distinguent par leur pratiques), de lieux touristiques de qualités différentes et pouvant être de différents types (station touristique, site touristique, lieu de villégiature, ville touristifiée, métropole touristique, etc.), de marchés plus ou moins segmentés. Le système du tourisme met aussi en jeu des relations non-marchandes (prêter ou échanger un logement, regarder un paysage, etc.), d'autres institutions sociales (la famille comme lieu d'apprentissage des pratiques touristiques, le mariage et son voyage de noces, etc.), de l'imaginaire et des images (véhiculées par les catalogues, la télévision, les photos et les diapositives des autres touristes etc.), et des discours (les guides, les scientifiques, les émissions radiophoniques ou télévisées etc.).

Pour compléter, pour prolonger

- Le tourisme, indicateur et outil de transformation du Monde (Rémy Knafou)

Mise à jour : janvier 2011
Tourisme de masse individualisé

Le tourisme de masse individualisé est le système touristique le plus récent, fondé à la fois sur l'accès du plus grand nombre au tourisme et sur l'individualisation des pratiques, standardisées ou personnalisées, répétitives ou innovantes. Le tourisme de masse individualisé caractérise une société au sein de laquelle la majeure partie des individus peut choisir d'être touriste ; dès lors, c'est le mode d'être touriste qui les distingue.

Mise à jour : janvier 2011
Tourisme sexuel

La définition du "tourisme sexuel" reste floue et saturée de valeurs morales, alors même qu'elle est très utilisée. Il regroupe les touristes ayant, lors de leur séjour, des rapports sexuels négociés, ces derniers constituant un motif à part entière de leur déplacement. Ces premiers éléments de définition posent cependant plus de problèmes qu'ils n'en résolvent. Tout d'abord, ce terme sous-entend qu'il y aurait du tourisme avec et du tourisme sans sexe, différence aussi insensée qu'illusoire, ou encore du bon et du mauvais sexe, entendu tarifé, ce qui relève davantage du jugement de valeur que du discours scientifique. Le plus souvent, ce terme désigne autant qu'il dénonce le fait que des hommes blancs aient recours à des prostituées construites unilatéralement comme victimes dans des pays pauvres, pratique devenant alors honteuse non seulement parce qu'elle sexuelle mais aussi parce qu'elle constitue un symbole facile de l'exploitation néocoloniale et masculine.
Dans les faits pourtant, les hommes, les femmes et les couples peuvent être concernées par ces pratiques, comme le montrait notamment en 2005 le film de Laurent Cantet Vers le Sud. Des études issues des Gender Studies ou portant sur la prostitution ont démontré la complexité et la diversité de pratiques ne pouvant être raisonnablement rassemblées sous ce même vocable homogénéisant. En effet, du trafic illégal d'êtres humains parfois mineurs et toujours contraints à la prostituée tirant volontairement bénéfice de cette activité, l'éventail des acteurs, des pratiques, des motivations et des lieux concernés est très large.

Il est par ailleurs important de contextualiser l'apparition de ce terme pour mieux comprendre les enjeux qu'il cristallise. Apparue dans les années 1970 chez les féministes japonaises, l'expression sex tourism dénonce d'abord la pratique du Kisaeng chez les hommes japonais se rendant en groupe en Corée à des fins prostitutionnelles. Cependant, la mobilisation contre le tourisme sexuel ne débute à proprement parler que dans les années 1980, lorsque l'OMT organise son sommet à Manille. Des contre-manifestations parallèles, emmenées notamment par des féministes thaïlandaises et japonaises, dénoncent les pratiques d'hommes riches blancs à l'égard de jeunes femmes pauvres de la région. À partir de 1984, l'indignation dépasse le cadre régional avec la parution du livre de K. Barry, Female Sexual Slavery. À partir des années 1990 cependant, le regard sur le tourisme sexuel change avec la propagation du SIDA. Faisant systématiquement des prostituées des populations cibles, celles-ci sont alors davantage envisagées dans un cadre de santé publique, suspendant le jugement moral. Parallèlement, des affaires de pédophilie éclatent et on assiste à un déplacement progressif des acteurs ayant pris position pour les prostitués à partir des années 1970 vers les questions relatives à l'exploitation sexuelle des enfants, à l'instar de l'ONG ECPAT. Le système d'alerte orchestré par les associations a donc fonctionné : des ONG se sont institutionnalisées et des programmes pérennes de lutte contre le trafic d'être humains et la pédophilie ont été mis en place.

Pour compléter, pour prolonger

- Roux, S. - Patpong, entre sexe et commerce, ethnographie du tourisme sexuel en Thaïlande, 2010 :
www.espacestemps.net/document8075.html
- Roux, S. - "La menace touristique : la Thaïlande face à l' "importation" du sida", Civilisations, n° 57 (1-2), pp.155-170, 2009
- ECPAT International est un réseau mondial d'organisations et d'individus travaillant de concert en vue d'éliminer la prostitution enfantine, la pornographie mettant en scène des enfants et la traite d'enfants à des fins sexuelles. ECPAT posséde le statut consultatif Spécial auprés du Conseil économique et social des Nations Unies (Ecosoc). www.ecpat.net/ei/index.asp?action=set_language&language=fr

Mise à jour : janvier 2011
Touriste

Historiquement, le touriste (tourist, 1800 ; touriste, 1816) est un jeune homme quittant la Grande-Bretagne pour un long voyage initiatique sur le continent, dans le cadre du "Grand Tour". Par extension, c'est une personne qui se déplace pour son plaisir hors de son lieu de vie habituel.
Un touriste fréquente donc des lieux autres que les lieux de son quotidien, pour des pratiques de recréation. Cette identité est temporaire et non-exclusive. Il est important de noter que le mot "touriste" a précédé le mot "tourisme", établissant l'antériorité de la pratique par rapport à l'activité économique et à son exploitation.

Pour compléter, pour prolonger

- Le tourisme, indicateur et outil de transformation du Monde (Rémy Knafou)

Mise à jour : janvier 2011
Vacances

Le terme vacances, de vacant ("absent, oisif") désignait initialement la période où les tribunaux s'interrompent. Plus généralement, aujourd'hui, c'est la période durant laquelle cessent les activités ordinaires, le travail. Cette période peut varier de quelques jours à plusieurs semaines selon ce qu'autorisent les calendriers scolaires, la législation des congés payés ou, pour les retraités et les rentiers, le bon vouloir. Dans le temps des vacances, on peut rester chez soi ou voyager, c'est-à-dire développer des activités de loisirs ou faire du tourisme.

Mise à jour : janvier 2011
Ville touristique

La ville touristique est une appellation générique qui traduit plusieurs modalités de la mise en tourisme ou différents processus d'évolution des lieux touristiques : ville à fonction touristique, ville-étape, ville-station, ville "touristifiée".
La ville à fonction touristique est un lieu investi par le tourisme par insertion d'une fonction touristique dans l'espace. Ce qui aboutit à la territorialisation touristique de certains secteurs de la ville mais sans modifier la structure urbaine dans son ensemble. Toutes les grandes capitales et villes du Monde en relèvent peu ou prou (Paris, Londres, Rome, etc.).
La ville-étape constitue une variante du type. En général, il s'agit d'une ville de plus petite dimension qui présente une fonction d'hébergement hypertrophiée mais qui est peu ou pas visitée par les touristes. La ville-étape doit beaucoup à sa position relative au sein du système de circulation ou par rapport à une région touristique. Tours est ainsi située au centre de la région constituée par les pratiques itinérantes des touristes découvrant les châteaux de la Loire.
La ville-station est un lieu urbain investi et diverti par le tourisme à ses marges, qui aboutit à la juxtaposition d'un quartier touristique de type station (créé par et pour le tourisme) à un noyau ancien avec une agglomération déjà en place. On parle de ville touristifiée lorsque le lieu urbain préexistant est subverti par le tourisme, au point que le tourisme domine dans l'espace comme dans l'économie et qu'il ne subsiste guère de fonctions autres que banales, dévolues au service des habitants permanents (Venise, Saint-Tropez, etc.). La ville (exemple, Venise ou Saint-Tropez) ou le quartier généralement central (Bruges) se trouve alors dans un état de dépendance mono-fonctionnelle.

Pour compléter, pour prolonger

- Ville internationale, image internationale : le cas de Montréal (Charles-Edouard Houllier-Guibert), autre dossier, nouvel onglet.

Mise à jour : janvier 2011
Voyageur

Un voyageur est une personne qui parcourt un ensemble de lieux plus ou moins éloignés de son domicile habituel. Dans la littérature consacrée au tourisme, le voyageur est fréquemment opposé au touriste, le premier étant censé visiter les lieux de manière plus informée, plus intelligente, plus sensible que le second. Il s'agit évidemment d'une représentation. En fait, le voyageur présente un avantage objectif par rapport au touriste : c'est de l'avoir précédé dans le temps. De tout temps il y a eu des voyageurs, alors que les touristes sont d'apparition plus récente, liée à la révolution industrielle. Cette antériorité du voyageur par rapport au touriste alimente une nostalgie et justifie, chez certains membres des catégories dominantes de la société, la capacité à vouloir toujours se penser comme voyageurs.
Aujourd'hui, on ne trouve plus guère que des touristes et des voyageurs "pour affaires". Les voyageurs, qui partent pour découvrir le Monde, sans esprit et billet de retour, ne constituent que de très faibles effectifs et une part infime des déplacements touristiques, mais continuent de fournir une référence à tous ceux qui ne souhaitent pas être assimilés à de vulgaires touristes.

Mise à jour : janvier 2011
Principales sources :

- les articles du dossier,
- certaines définitions sont empruntées à l'Équipe MIT (2002 & 2005)
- différentes sources documentaires (ouvrages, dossiers de presse, sources Internet, etc.)
- d'autres glossaires :
> Le tourisme de A à Z sur Veille Info tourisme :
www.veilleinfotourisme.fr/44749680/0/fiche___pagelibre/&RH=SECU

 


Glossaire proposé par Rémy Knafou,
Emmanuelle Peyvel, Sylviane Tabarly

pour Géoconfluences le 4 février 2011

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Mise à jour partielle :  04-02-2011

 

 


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