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Capitale

Publié le 13/12/2017

Une capitale est la ville où siège les institutions gouvernant un État ou un territoire. Il est courant que plusieurs villes soient en concurrence pour ce statut. Le cas, comme celui de la France, où Paris est à la fois le siège des institutions politiques, la capitale historique de longue date, l'agglomération la plus peuplée, et la principale métropole économique, est finalement assez rare.

Il est en effet courant, dans un même État, qu'une capitale de fait s'oppose à une capitale de droit (Pays-Bas), qu'une ancienne capitale impériale s'oppose à une petite capitale centrale (Turquie, Brésil), ou encore qu'une capitale coloniale s'oppose à une capitale post-coloniale (Côte d'Ivoire, Birmanie). Dans certains cas, trois villes ou plus se partagent des fonctions de commandement (Afrique du Sud, Union Européenne). Le terme de capitale peut aussi s'appliquer aux villes placées à la tête d'un territoire autonome (Nuuk au Groenland, Nouméa en Nouvelle-Calédonie) ou d'un territoire d'échelon infra-étatique comme un Land en Allemagne ou une région française.

Dans une synthèse très claire recueillie par Camille Renard sur France Culture, Antoine Laporte, géographe spécialiste de Berlin, propose un tour d’horizon mondial des capitales permettant d’en dresser quelques caractéristiques, dont s'inspire en partie l'inventaire suivant :

Par le statut juridique :

La capitale de fait n'est pas désignée comme telle dans la loi, mais regroupe tout ou partie des institutions et la majorité des ambassades. C'est le cas de Tel Aviv où sont regroupées les ambassades de la majorité d'État ne reconnaissant pas Jérusalem comme capitale d'Israël, ou de La Haye qui regroupe les institutions néerlandaises même si la capitale historique et officielle est Amsterdam)

La capitale de droit ou constitutionnelle est désignée par le vote du parlement et inscrite dans la constitution. C'est le cas de Rome, de Berlin par vote du Bundestag après la réunification de l'Allemagne, ou de Jérusalem par vote de la Knesset en 1980, qui est également la capitale des territoires palestiniens occupés.)

Parmi les capitales de droit se distingue la catégorie des petites capitales fédérales, désignées en fonction de critères variés (relative centralité, dimension symbolique), comme Pretoria, Ottawa, Canberra, Berne, Brasilia, ou Washington. Ces deux dernières offrent des exemples de capitales fondées ex nihilo.

Aux États-Unis, on observe le même phénomène à l'échelle des États fédérés, nombre d'entre eux ayant choisi une petite capitale même s'ils possèdent une très grande ville, comme l'Illinois (Springfield), la Floride (Tallahassee) ou l'État de New York (Albany). 

>>> Voir l'illustration ci-contre, extraite de : Christian Montès, « Les petites capitales des États-Unis, quel pouvoir ? », Géoconfluences, juillet 2015.

Par la population ou l'économie :

Certaines capitales politiques sont aussi la ville la plus peuplée de leur pays, comme Moscou, Londres, Paris, Tunis, Lima, ou Buenos Aires. Lorsque la primatie, l'écart entre population de ces villes et la seconde ville du pays est important, on parle de macrocéphalie. D'après Antoine Laporte, c'est le cas d'environ 60 % des capitales du monde.

La capitale littorale ou portuaire est souvent aussi une métropole, et peut correspondre aux capitales impériales ou coloniales (voir ci-dessous). C'est un cas très fréquent ; on peut penser à Londres, Lisbonne, Istanbul, Accra, Dar-es-Salam, La Havane...

Par l'histoire :

La capitale dite « westphalienne » correspond à celle qui apparait à l'époque moderne avec la sédentarisation des cours royales et la naissance des administrations d'État. L'idée qu'une seule ville fixe les institutions d'un État-nation se précise à cette époque. En ce sens, Versailles a été une capitale westphalienne, comme Berlin pour le Brandebourg puis la Prusse, ou Saint-Pétersbourg pour la Russie. 

La capitale impériale a régné sur des territoires très vastes (Pékin, Delhi (capitale de plusieurs empires historiques, notamment celui des Moghols), dans certains cas ultramarins (Londres, Lisbonne), même si leur empire peut avoir disparu aujourd'hui (Rome, Vienne). L'héritage impérial se traduit souvent par un patrimoine historique monumental. Ces capitales peuvent aussi avoir été destituées, notamment à la faveur d'un conflit ou d'un changement de régime : Saint-Pétersbourg (1918), Istanbul (1923), Nankin (la « capitale du Sud », remplacée par l'autre capitale historique, Pékin la « capitale du nord », en 1949), Rio de Janeiro (1960).

La capitale coloniale peut correspondre à un port d'entrée, comme Port-au-PrinceBuenos Aires, et de nombreuses autres villes nées de la colonisation, ou au contraire reprendre une ancienne capitale historique comme pour mieux affirmer la domination des vainqueurs (Hanoï, Mexico bâtie sur les ruines de Tenochtitlan, ou New Delhi, capitale du Raj britannique après 1931 en remplacement de Calcutta, conservée après l'indépendance de l'Inde en 1947). Dans certains cas, cette capitale coloniale a été destituée après les indépendances et remplacée par une plus petite ville : Abidjan par Yamoussoukro, Rangoon par Naypyidaw, Lagos par Abuja.

Lorsque la capitale et l'État ne font qu'un, ou qu'il n'y a pas d'autre agglomération dans l'État que la capitale, on parle d'une cité-État. C'est le cas de la cité du Vatican, de Singapour, et de la plupart des petits États du golfe Persique. Doubaï est la capitale de l'émirat de Doubaï, qui fait partie des Émirats arabes unis dont la capitale fédérale est Abou Dabi

Source principale : 
Pour compléter : 

 

(JBB) décembre 2017