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Périurbain

Publié le 06/05/2022

>>> Voir : Périurbanisation

Au sens strict, les espaces périurbains sont les espaces polarisés par une agglomération urbaine (notamment par les mobilités domicile-travail), mais dont le bâti n’est pas en continuité avec celle-ci. Étymologiquement, le mot désigne les espaces situés autour de la ville, mais d’autres mots désignent déjà des espaces situés hors du noyau de peuplement initial : les faubourgs et les banlieues. Mais contrairement au périurbain, ces espaces sont caractérisés par un bâti continu, sans espaces ouverts, avec l’agglomération. L’étalement urbain s’y effectue non pas en nappe continue mais en mosaïque avec une alternance d’espaces bâtis et d’espaces non-bâtis.

Par extension, dans un sens affaibli mais commode, on appelle parfois aussi espaces périurbains la dernière couronne d’urbanisation, la moins dense, même s’il y a continuité du bâti, parce que les paysages y sont les mêmes que dans le périurbain au sens strict.

Deux formes urbaines dominent le périurbain : la zone d’activité et le lotissement pavillonnaire, même si d’autres formes existent : petit habitat collectif, quartier résidentiel fermé, noyaux villageois anciens, centralités secondaires. Le périurbain accueille aussi bon nombre d'activités, résultat du desserrement urbain (exurbanisation) ou d'implantations ex-nihilo : surfaces commerciales, centres de recherche, zones d'activités diverses. Les espaces non bâtis représentent une part importante des surfaces.

Dans les pays développés, le périurbain comme phénomène émerge dans les années 1950-1960. Les premiers mouvements s’observent avec le développement d’un réseau de train et de tramways ruraux très dense entre 1880 et 1930, permettant l’essor de nouveaux noyaux de peuplement autour des petites stations périphériques à l’écart des agglomérations. Mais c’est la massification de l’usage de l’automobile qui entraîne la croissance démographique rapide et continue des espaces périurbains pendant plusieurs décennies (1945-1975). Alors que l’exode rural s’arrête dans la plupart des pays après 1975, la périurbanisation se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

En France, le périurbain devient une catégorie statistique officielle de l’Insee en 1996. La statistique nationale a toujours des difficultés à caractériser l’espace périurbain, ce qui se traduit par plusieurs définitions successives sur un pas de temps très court par rapport au rythme décennal des recensements : ZPIU, zonage en aire urbaine de 1996 et de 2010, zonage en aire d’attraction des villes de 2020. Ce dernier ne parvient par réellement à saisir le fait périurbain : il est défini par l’aire d’attraction d’une ville, mais celle-ci s’étend très loin dans l’espace rural et de fait, la presque totalité des espaces ruraux sont compris dans l’aire d’attraction des villes définie par l’INSEE : 51% de la population vivrait dans un pôle urbain, 43 % dans les « couronnes », définies de façon très extensive, et 6 % hors de toute attraction urbaine. Selon un autre zonage adopté en 2021, celui de la grille de densité, les communes de « densité intermédiaire » représenteraient 30 % de la population, ce qui inclue des espaces périurbains mais pas uniquement puisque certaines banlieues ou petites villes peuvent relever de cette définition, et que certains espaces périurbains peuvent être classés dans la catégorie des communes peu denses (30 % de la population française en 2021).

Entre urbain et rural, certains auteurs estiment que l’espace périurbain pourrait être considéré comme un « tiers-espace » sui generis, ni urbain, ni rural, ou à la fois urbain et rural.

Plusieurs critiques sont faites au périurbain comme modalité de la croissance urbaine : critiques socio-politiques (déficit en espaces publics, choix de l’entre-soi), esthétique (uniformité de la construction pavillonnaire voire laideur des zones commerciales), économique (coût de la dépendance automobile pour les particuliers et de la desserte en réseaux pour la collectivité) ou encore environnemental (consommation d’espaces agricoles). Lorsqu’elles émanent des citadins et non des périurbains eux-mêmes, ces critiques peuvent relever d’une assignation spatiale voire d’une forme de mépris de classe, dans lequel l’espace de résidence, qu’il soit subi ou choisi, remplacerait la classe sociale. Les auteurs qui étudient le vote périurbain insistent sur la nécessaire prudence au sujet d’une corrélation entre espaces périurbains et vote d’extrême droite (Girard, 2017). S’il y a bien surreprésentation du vote Rassemblement National dans les espaces périurbains à toutes les élections récentes, d’autres facteurs entrent en jeu : le périurbain de Nantes ne vote pas comme celui de Toulon ni comme celui de Nancy, et l’explication du vote par le lieu de résidence peut relever d’un raisonnement spatialiste.

Les études récentes insistent sur la profonde diversité des pratiques habitantes qui produisent ces nouveaux territoires.

(collectif), dernière modification : mai 2022.


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