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Périurbain

Publié le 13/12/2012

La définition de périurbain pose problème car elle met en jeu la nature même du phénomène que l’on entend mesurer.

D’un point de vue morphologique, le périurbain désigne une forme urbaine caractérisée par l’éloignement et la discontinuité du bâti vis-à-vis de l'agglomération : il  correspond à la partie non-agglomérée des aires urbaines. L’étalement urbain s’y effectue non pas en nappe mais en nébuleuse avec des pleins et des vides.
Du point de vue fonctionnel, le périurbain entretient un lien fort avec le pôle urbain. Une commune périurbaine au sens de l'INSEE voit au moins 40 % de sa population résidente ayant un emploi travailler dans le pôle urbain ou dans les communes attirées par celui-ci. Certaines communes périurbaines sont dites communes multipolarisées quand au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans plusieurs aires urbaines. L’espace périurbain fonctionne avec une intense mobilité pendulaire domicile-travail, reposant en large partie sur l'automobile. Ce seul  critère fonctionnel ne suffit pourtant pas pour appréhender les interdépendances entre le périurbain et la ville.
Les formes d'habitat y sont diversifiées : collectifs populaires, voire affectés à des populations délaissées ; lotissements pavillonnaires pour des catégories sociales de condition variée ; espaces résidentiels des populations aisées, jusqu'au cas limite des quartiers ou îlots clôturés (gated communities). Le périurbain accueille aussi bon nombre d'activités, résultat du desserrement urbain ou d'implantations ex-nihilo : surfaces commerciales, centres de recherche, zones d'activités diverses. Les espaces "vides" y sont bien présents.

Le périurbain comme phénomène émerge en France dans les années 1960, la notion de périurbanisation s'impose dans les années 1980 et le périurbain devient une catégorie statistique officielle de l’Insee en 1996.
On comptait plus de 14 millions de périurbains lors du recensement de 2008, soit 23.8 % de la population de la France métropolitaine. L’accroissement de la population périurbaine a été forte du milieu des années 1970 au début des années 1990 mais la croissance des pôles urbains et des couronnes périurbaines tend depuis à sa rapprocher.

Le périurbain correspond, selon Jacques Lévy, à un gradient d’urbanité ou gradient d’intensité urbaine intermédiaire entre le centre, le suburbain à la densité et à la diversité plus fortes d’une part et l’hypo-urbain et l’infra-urbain à la densité et à la diversité plus faibles d’autre part.
D’autres estiment qu’il pourrait être considéré comme un « tiers-espace » sui generis, ni urbain, ni rural.

Plusieurs critiques sont faites du périurbain : critiques socio-politiques (déficit en espaces publics, choix de l’entre-soi), esthétique (uniformité de la construction pavillonnaire), économique (coût de la dépendance automobile pour les particuliers et de la desserte en réseaux pour la collectivité) ou encore environnemental (consommation d’espaces agricoles).
Les études récentes insistent sur la profonde diversité des pratiques habitantes qui produisent ces nouveaux territoires.

 

Pour compléter :

- les publications de l’INSEE
> « Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010. Poursuite de la périurbanisation et croissance des grandes aires urbaines », Insee Première n°1375 - octobre 2011
> « La croissance périurbaine depuis 45 ans. Extension et densification, Insee Première n°1240 - juin 2009
> La carte des aires urbaines avec leurs couronnes périurbaines », 2010

- une vidéo du CNRS : « Le périurbain, de ville compacte à ville diffuse » , un épisode de la série "Urbanisme Habitat Société" avec l’intervention de Sandrine Berroir (Université Paris Diderot), CNRS Images, 2013, 6 min.

- Jean-Albert Guieysse et Thierry Rebour – « Le dynamisme démographique rural et la péri-urbanisation », colloque ASRDLF (Association de Science Régionale De Langue Française) 2012.
- Éric Charmes, Lydie Launay et Stéphanie Vermeersch, « Le périurbain, France du repli ? », La Vie des idées, 28 mai 2013.
- Jacques Lévy, « Liens faibles, choix forts : les urbains et l’urbanité », La Vie des idées, 29 mai 2013


> Dans Géoconfluences : à Villeneuve-Loubet (Alpes maritimes), un exemple d'enclave résidentielle clôturée en territoire périurbain.
 

Sur le même thème, voir le glossaire du dossier De villes en métropoles

Mise à jour : octobre 2013