Bouquet énergétique, bouquet électrique
Le bouquet énergétique est la part relative des différentes sources d'énergie dans la consommation d'un espace donné. On trouve beaucoup plus fréquemment l'expression « mix énergétique », qui est une mauvaise traduction de l’anglais, aussi les autorités recommandent-elles, en France, l’expression « bouquet énergétique » (Journal officiel du 25/04/2009), qui reste toutefois peu utilisée. On distingue principalement deux bouquets : le bouquet global (ou mix global) qui prend en compte toutes les énergies (y compris celles utilisées pour le transport, notamment le pétrole utilisé pour la consommation automobile) et le bouquet électrique (ou mix électrique) qui ne prend en compte que les énergies utilisées pour la production d'électricité.
Le principe d'une transition énergétique serait de passer d'un bouquet fondé principalement sur des énergies sales à un bouquet fondé sur des énergies propres, l'appréciation de « sale » et « propre » étant très variable. S'il est aujourd'hui admis de manière incontestable que les énergies fossiles sont en grande partie à l’origine de bouleversements climatiques d’échelle planétaire, les retombées indirectes des autres sources d'énergie font débat : le nucléaire produit des déchets radioactifs qui restent dangereux pendant des centaines de milliers d’années, l'hydroélectricité a des conséquences environnementales localement très lourdes, l'éolien et le solaire consomment aussi des ressources (telles que les terres rares) pour construire les centrales.
Le bouquet énergétique d’un État est d’abord un choix politique, souvent à long terme. La France a longtemps misé sur le nucléaire, l’Allemagne sur le charbon. Décarboner l’économie était pour Margaret Thatcher un moyen de saper l’influence politique du secteur charbonnier. La Chine mise sur une transition rapide vers les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance au pétrole, tandis que les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole, envisagent de forer toujours plus.
(ST) dernières modifications (JBB) octobre 2020, mars 2023, janvier 2026.
Pour compléter avec Géoconfluences
- Dossier : Géographie critique des ressources : énergies, matières, foncier
- Sinan Efendioglu, « Le charbon, une consommation toujours en hausse en dépit du changement climatique », Géoconfluences, novembre 2024.
- Laurent Carroué, « Le boom des hydrocarbures non conventionnels dans le Bassin permien (Texas et Nouveau-Mexique, États-Unis) », Géoconfluences, juin 2022.
- Laurent Carroué, « La révolution du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis : enjeux technologiques, territoriaux et géostratégiques », Géoconfluences, juin 2022.
- Teva Meyer, « Quelle transition énergétique en Polynésie française ? », Géoconfluences, septembre 2021.
- Emmanuelle Santoire, « Edmonton, Alberta (Canada). Un réveil non-conventionnel », image à la une de Géoconfluences, octobre 2020.
- Bernadette Mérenne-Schoumaker, « La Scandinavie, un modèle de transition énergétique ? », Géoconfluences, mars 2019.







