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Représentation (en didactique de la géographie)

Publié le 23/05/2022

Voir aussi >>> Représentation (définition générale)

Le concept de représentation est présent dans différents champs de pensée et de savoir (psychologie, sociologie, sciences cognitives, histoire, géographie…), champs dans lesquels il peut recouvrir des significations changeantes. De ce fait il est polysémique, et bien que toujours affublé d’un adjectif : culturelle, spatiale, mentale, cognitive… il a une double signification. Il peut faire référence à un processus, l'action de représenter ou de se représenter quelque chose mais aussi au résultat de cette opération, à sa fixation sous diverses formes.

Les fluctuations d’usage du concept de représentation sont révélatrices de la difficulté à appréhender à la fois un phénomène dynamique en perpétuelle formation ou transformation et la trace plus ou moins bien fixée de cette activité. Cette ambivalence intrinsèque est soulignée dans les définitions des représentations sociales employées en psychologie sociale :

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La représentation est « le produit et le processus d'une activité mentale par laquelle un individu ou un groupe reconstitue le réel auquel il est confronté et lui attribue une signification spécifique » (Abric, 1987).

« La représentation est donc un ensemble organisé d'opinions, d'attitudes, de croyances et d'informations se référant à un objet ou une situation. Elle est déterminée à la fois par le sujet lui-même (son histoire, son vécu), par le système social dans lequel il est inséré, et par la nature des liens que le sujet entretient avec ce système social » (Abric, 1989).

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Le processus de représentation est au cœur de la construction des savoirs en général et il est essentiel pour la géographie scolaire en particulier. Pour comprendre le fonctionnement d’un territoire et pour penser l’espace, il est utile que l’enseignant tienne compte des conceptions des élèves, ce déjà-là au moment de l’enseignement d’une notion (Astolfi et al., 1997). Car l’appréhension de la complexité passe par une prise de conscience de ces représentations individuelles et/ou collectives en vue de les ré-agencer autour de nouvelles connaissances, capacités et compétences. Les curricula privilégient en effet les explications de type systémique et les approches multiscalaires afin de développer la pensée complexe des élèves (Hertig, 2018). Dans ce contexte, la prise en compte des représentations permet de mettre en avant leurs acquis, des idées reçues, la charge émotionnelle investie sur certains objets de savoir. Les élèves sont alors mis dans une posture réflexive et active à partir de leur propre regard sur une situation géographique donnée. Par exemple, concernant l’enseignement de la vulnérabilité et de la résilience d’une société face aux risques, la prise en compte des représentations semble un point de départ utile pour élaborer une compréhension de la multiplicité des facteurs et des liaisons, en vue d’une acceptation raisonnée de l’imprévisibilité et de l’instabilité des systèmes étudiés.

David Bédouret pour l’équipe de recherche Géodusocle, mai 2022


Références citées
  • Abric, Jean-Claude, 1987. Coopération, compétition et représentations sociales. Fribourg-Cousset : Delval, 229 p.
  • Abric Jean-Claude, 1989. « L’étude expérimentale des représentations sociales ». In : Denise Jodelet (dir.) Les représentations sociales. Paris : Presses Universitaires de France, p. 203-223.
  • Astolfi Jean-Pierre, Darot Éliane, Ginsburger-Vogel Yvette et Toussaint Jacques, 1997. Mots-clés de la didactique des sciences. Repères, définitions, bibliographies. Bruxelles : De Boeck, 193 p.
  • Hertig Philippe, 2018. « Géographie scolaire et pensée de la complexité », L'Information géographique, vol. 82, n° 3, p. 99-114.
Pour compléter avec Géoconfluences

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