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Paysage

Publié le 12/03/2013

Le paysage est l'étendue d'un pays s'offrant à l'observateur. Derrière cette définition qui peut paraître simpliste se cache une notion qui a donné lieu à une abondante bibliographie et à de multiples approches. En France, les géographes ont d'abord étudié le paysage de façon segmentée (paysages urbains, ruraux, industriels, etc.). Trois écoles en ont renouvelé l'approche dans un sens systémique et historique : celle de Toulouse représentée par Georges Bertrand ; celle de Paris illustrée par les publications de Jean-Robert Pitte ; celle de Besançon autour de J.C. Wieber. Une synthèse de ces différents courants et leur mise en perspective internationale (recherches anglo-saxonnes, allemandes, russes) a été réalisée par G. Rougerie et N. Beroutchachvili.

 

 Jean-Baptiste Corot (1796–1875) Forêt de Fontainebleau 1834

L'école de Barbizon : Jean-Baptiste Corot (1796–1875), Forêt de Fontainebleau, 1834. 175,6 cm x 242,6 cm. National Gallery of Art, Washington. Œuvre libre de droit. Source : Wikimedia Commons.

 

Depuis sa création au XVIème siècle pour désigner l'arrière plan des tableaux, la signification du terme paysage a beaucoup évolué, jusqu'à devenir complexe. Aujourd'hui, la notion de paysage prend en compte à la fois des aspects objectifs (d'ordre fonctionnel, technique et scientifique) et des aspects subjectifs (qui relèvent de la sensibilité, de la perception de chacun). Il faut penser le paysage comme un système complexe de relations (approche systémique) articulant au moins trois composantes interdépendantes : le paysage espace-support qui est une portion d'espace soumis à la vue, remplie d'objets, appropriée par différents groupes sociaux ; le paysage espace-visible ; le paysage-représentation ou espace vécu (les individus perçoivent le paysage selon leur propre sensibilité). (d'après V. Clément)

Le paysage est constitué par l'ensemble des éléments observables à partir d'un lieu précis. Il ne se confond pas avec le milieu géographique, qui comprend des éléments invisibles. C'est l'aspect visible de l'espace géographique. Le paysage est un lieu privilégié d'intégrations, de synthèses des diverses « couches » de l'information géographique : héritages historiques (paysage « palimpseste »), aménagements et diverses formes d'exploitation anthropiques, nature géomorphologique et bio-pédologique, effets climatiques etc... C’est la superposition et l’intégration de ces multiples couches qui façonnent le paysage et en font un construit social. Il renvoie aux cinq usages de l'espace : approprier, exploiter, communiquer, habiter, gérer. (...) D'après J. Maréchal.

L'étude géographique du « paysage » porte ses propres limites (cf. Vincent Clément) : elle réduit l'analyse au visible ; elle restreint l'échelle des champs d'étude (inadéquate pour les grandes et petites échelles) ; elle recouvre à la fois des faits objectifs et subjectifs. L'évolution des paysages obéit à trois principaux types de dynamiques : la continuité, la rupture et la flexibilité.

On notera enfin que l'étude paysagère :
- ne doit pas être réservée aux espaces perçus comme « naturels » (montagne, littoraux, espaces ruraux ou espaces extrêmes à faible présence humaine, etc.) car les espaces industriels, urbains offrent aussi des paysages dont l'analyse mérite d'être faite.
- doit prendre en compte les dynamiques, les évolutions passées mais aussi à venir pour faire du paysage un objet d'étude vivant dont l'approche ne soit pas muséifiée, fossilisée à l'excès.

En complément, les définitions proposées par :
- Georges Bertrand : « Le plus simple et le plus banal des paysages est à la fois social et naturel, subjectif et objectif, spatial et temporel, production matérielle et culturelle, réel et symbolique. Le paysage est un système qui chevauche le naturel et le social. Il est une interprétation sociale de la nature. »
- Jean Robert Pitte : « Le paysage est l'expression observable par les sens à la surface de la Terre de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes . Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique, c'est-à-dire dans le cadre de l'Histoire qui lui restitue sa quatrième dimension. Le paysage est acte de liberté. »

Pour compléter :