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Sécurité alimentaire, insécurité et vulnérabilité alimentaire

Publié le 28/06/2022

Selon la F.A.O., d’après la définition adoptée lors du Sommet mondial de l’alimentation en 1996, « la sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive, leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie une vie saine et active ».

La part de la population mondiale n’ayant pas cet accès se trouve donc en insécurité alimentaire. La sécurité alimentaire ne se limite pas à une question de faim, mais également de qualité. Le terme ne doit pas être confondu avec celui de vulnérabilité alimentaire, qui est, selon la FAO, l’existence de facteurs qui exposent l’individu à l’insécurité alimentaire ou à la sous-alimentation. Pour l’OCDE, c’est également le fait de ne parvenir que difficilement à se nourrir en temps normal et de se retrouver face à d’importantes difficultés quand la conjoncture devient moins favorable.

Alors que la part de la population mondiale se trouvant en insécurité alimentaire a reculé pendant plusieurs décennies (représentant un nombre de personnes relativement stable, dans un contexte de croissance de la population totale), cette part est en augmentation légère mais continue depuis 2014, principalement du fait des variations des prix des denrées alimentaires, et ce malgré l’émergence économique d’un grand nombre de pays qui voient se constituer une classe moyenne. C’est que, d’après un rapport sur les inégalités mondiales (2021), les inégalités à l’intérieur des pays l’emportent de façon croissante sur les inégalités entre pays. Or, toujours d’après la F.A.O. (2015), « nous pouvons mettre un terme à la faim et à l’insécurité alimentaire en une génération ».

Le problème de la sécurité alimentaire fait pourtant partie de ces problèmes complexes et globaux ne pouvant être traité que de façon multiscalaire, de l’échelle mondiale à celle des individus. À l’échelle mondiale, la dérégulation économique et la marchandisation des terres agricoles aboutissent à la volatilité des prix agricoles et à l’accaparement des terres qui obèrent la capacité des populations rurales et des paysanneries à assurer leur sécurité alimentaire : c’est la sécurité alimentaire collective, celle des États, qui s’inscrit aussi dans une géopolitique (de l’eau, de la faim…). À l’échelle régionale (infranationale mais aussi transfrontalière), l’existence de poches de sous-développement, de zones grises et de zones de conflits peut encore accentuer l’insécurité alimentaire.

Aux échelles plus fines allant du local à l’individu, l’insécurité alimentaire peut aussi concerner des quartiers pauvres des villes riches ou des populations marginalisées des pays riches. La marchabilité d’un quartier dans les villes pensées pour l’automobile, la disponibilité (proximité et prix) de produits de qualité quand les aliments industriels transformés sont souvent les moins chers, l'exposition à la publicité pour ces mêmes produits, relèvent de l’environnement alimentaire des individus (Pech, 2021). Seules des politiques publiques volontaristes peuvent améliorer cet environnement, résorber les déserts alimentaires et garantir à chacun une nourriture non seulement « suffisante » mais aussi « saine et nutritive », pour reprendre les mots de la F.A.O.

(JBB), janvier 2022.


Références citées
Pour compléter avec Géoconfluences

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