Antonomase (en géographie)
Vincent Capdepuy, docteur en géographie, professeur d'histoire-géographie - académie de La Réunion
L’antonomase est la figure de style par laquelle un nom propre devient un nom commun (un don juan, un frigidaire…). Certains termes géographiques sont des antonomases : ainsi le mot « méandre » vient-il du nom du fleuve Méandre, en Anatolie, et « delta » provient du nom donné à l’embouchure du Nil (lui-même forgé par antonomase à partir du nom de la lettre Δ, delta en grec). Quant au mot « archipel », il tient son origine du nom grec de la mer Égée (aigaion pélagos) ; il s’est ensuite appliqué à d’autres espaces maritimes parsemés d’îles et enfin à tout groupement d’îles. Les exemples ne manquent pas : une riviera est un littoral fréquenté par le tourisme international, et on parle de méditerranée pour désigner « d’autres mers fermées, caractérisées par des fonctions d’interface et des écarts de richesse : le système Caraïbe, l’Asie du Sud-Est » (Bouron et Le Lay, 2024). Dans l’autre sens, le nom commun finisterre, du latin finis terræ, a donné le nom du département Finistère.
La plupart des appellations d’origine sont aussi des antonomase forgées sur des toponymes (des noms d’espaces) : un livarot, un camembert, un champagne, un bourgogne, un laguiole… De même que certains noms de races animales (une salers, un labrador…). D’autres mots de la langue courante sont des antonomases formées sur des toponymes : le mot lycée vient du lieu où Aristote enseignait à Athènes (source), le Pactole était une rivière d’Asie mineure réputée contenir des paillettes d’or, et l’atoll de Bikini, dans le Pacifique, a été le lieu d’une explosion atomique le 1er juillet 1946, avant de donner son nom à un maillot de bain.
(JBB) et Vincent Capdepuy, janvier 2026.
Références citées
- Bouron Jean-Benoît et Le Lay Yves-François (2024), « La Méditerranée : introduction du dossier », Géoconfluences, juin 2024.







