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Mer Méditerranée

Publié le 18/02/2013

La Méditerranée a une superficie de 2,5 millions de km2. Étirée sur environ 4 000 km d'Est en Ouest depuis Tanger jusqu'à Beyrouth, elle est divisée en deux bassins par le seuil sicilo-tunisien, un seuil de 138 km entre le cap Bon et Marsala avec des profondeurs n'excédant pas 400 m. Ce cloisonnement entre l’est et l’ouest est accentué par les avances des plates-formes de Malte et de la Tunisie orientale. Le plus grand écart entre les deux rives de la Méditerranée n'est que de 800 km entre les ports de Gênes et de Bizerte.

Le trait le plus marquant de la géomorphologie de la mer Méditerranée est la brusque plongée des côtes vers les grands fonds de 2 500 à 5 000 mètres, disposés sous forme de plaines abyssales au centre des principaux bassins. En conséquence, les plateaux continentaux sont rares et exigüs  : parmi eux, celui du golfe du Lion, celui des Baléares entre cet archipel et la côte espagnole, celui de Tunisie-Sicile entre l’Italie et la Tunisie, celui des Cyclades, très accidenté, qui porte l’archipel du même nom et s’étend des côtes helléniques aux côtes turques.

Du point de vue hydrologique, la Méditerranée est une mer presque fermée : le détroit de Gibraltar qui la met en communication avec l'océan Atlantique a une largeur variant entre 13 et 39 km ; le Bosphore qui établit la communication avec la Mer Noire est un passage de 30 km de longueur par seulement 1 km de largeur à son point le plus étroit ; quant au canal de Suez, qui permet l'accès à la Mer Rouge, il mesure approximativement 163 km de long, la largeur minimale de son lit est de 60 m et les navires de 16 m de tirant d’eau peuvent l'emprunter. Elle est soumise à une forte évaporation très supérieure aux précipitations et aux apports fluviaux. La différence est donc compensée par les entrées d’eau atlantique par le détroit de Gibraltar (70 000 m3/s), et d’eau de la mer Noire, par la mer de Marmara (6 500 m3/s au Bosphore). On estime que 36 400 km3 d'eaux sont renouvelés annuellement, soit un renouvellement complet en 90 ans, ce qui est très lent et très long d'où la rémanence de la pollution.
La température des eaux de surface est très élevée en été du fait du fort ensoleillement. Mais les contrastes thermiques annuels sont importants : la température de l'eau en surface est variable suivant la saison (entre 21 et 30° l'été et entre 10 et 15° l'hiver) et elle augmente d'ouest en est. Enfin la teneur en sels y est élevée : de 38 à 39 g/l contre 35 g/l en moyenne pour les mers et océans du globe.


L'exigüité du plateau continental, l'absence de grands marnages donc de brassage des eaux, explique, en partie, que la biomasse produite soit relativement faible : les eaux méditerranéennes ont une productivité très inférieure à celle des eaux océaniques, ce qui a des répercussions sur le potentiel halieutique. On y pêche surtout des espèces pélagiques mais certains stocks ont fortement tendance à s'épuiser. Le recours à l'aquaculture tend à se développer, avec les problèmes d'écologie et de pression sur l'occupation de l'espace afférents.

Par extension, une Méditerranée est une mer qui, par référence à la mer éponyme, est isolée de l'océan voisin par un seuil moins profond que la mer elle-même, à l'exemple du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes, de la mer du Japon. La situation enserrée au milieu des terres et la taille réduite en font un espace maritime tôt et intensément parcouru qui peut avoir servi à la fondation d'une thalassocratie, d'une Mare nostrum.

Pour compléter, approfondir :
- les articles de Vincent Clément : La Méditerranée, un modèle spatial de référence ? et Unité ou fracture en Méditerranée : d'un mythe à l'autre
- les entrées flottes et flux maritimes et interface, frontières, limites
- le Plan Bleu : www.planbleu.org

Mise à jour : septembre 2014