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Métropolisation

Publié le 10/04/2013

La métropolisation désigne le mouvement de concentration de populations, d'activités, de valeur dans des ensembles urbains de grande taille. Il peut se faire au détriment de villes de niveau hiérarchique inférieur et on assiste bien souvent au renforcement des niveaux supérieurs de la hiérarchie urbaine.

Les facteurs de la métropolisation sont divers : économies d'échelle et d'agglomération, avantages comparatifs, besoins d'accessibilité aux réseaux (aux échelles nationales et mondiales), etc. Le phénomène de métropolisation ne se réduit pas à sa dimension démographique. Il doit son ampleur et son originalité à la concentration spatiale des fonctions stratégiques du nouveau système productif : appareils de commandement et de contrôle ; foyers de l'innovation ; accessibilités aux réseaux de communication virtuels ou physiques ; attractivité et poids culturels. La métropolisation peut se mesurer et s'apprécier à l'aide de toute une série de critères structurels, fonctionnels, ou encore dynamiques qui permettent d'établir hiérarchies, classifications, typologies. Mais l'approche du phénomène dépend des niveaux d'échelle considérés : une métropole de rang mondial, ne pourra être analysée avec les mêmes grilles qu'une métropole régionale. Au niveau supérieur de la hiérarchie, métropolisation rime avec mondialisation.

En l’inscrivant dans les réseaux de l’économie mondiale, la métropolisation modifie l’ancrage local, régional ou national d’une ville. Le processus est multiscalaire : à l’échelle mondiale, il tend à renforcer les hiérarchies urbaines en faveur des grandes villes ; à l’échelle métropolitaine, on assiste à des dynamiques sociales et spatiales différenciées de fragmentation et de ségrégation.

La métropolisation amplifie un certain nombre de problèmes d'aménagement liés à l’étalement urbain, aux mobilités croissantes, à l’augmentation de nuisances (pollution, engorgement) et surtout à l'injustice sociale, notamment par la gentrification des quartiers populaires centraux et péricentraux. L’ensemble réinterroge aussi les modes de gouvernance urbaine. Lorsque la spéculation financière oriente les choix décisionnels, on parle de ville néolibérale. Dans les pays à forte croissance économique, la métropolisation est l'un des ingrédients de l'émergence. Elle en accentue aussi les aspects négatifs en concentrant les inégalités sociales et les dégradations environnementales. La modernisation du paysage urbain peut également être le prétexte à une bruxellisation : la destruction du bâti ancien associée à l'éviction des classes populaires et des populations jugées indésirables comme à Shanghai.

La métropolisation est également un discours : elle est l'horizon désiré des politiques urbaines, y compris pour des villes de rang inférieur. Pour de nombreuses villes, le statut de métropole est envié. Pour l'obtenir, les autorités municipales cherchent à reproduire les caractéristiques des métropoles mondiales en attirant les flux touristiques et les investissements, ou en encourageant la tertiarisation économique. Le risque est alors une uniformisation des paysages et des pratiques, et des travaux pharaoniques coupés des besoins réels des habitants. La contestation, à l'échelle globale, de la mondialisation, passe aussi bien souvent, à l'échelle locale, par une contestation de la métropolisation. 

(Coll.) Mise à jour : décembre 2013, juin 2020.


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