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Mobilité

Publié le 11/03/2013

Dans son acception la plus générale, la mobilité désigne un changement de lieu accompli par une ou des personnes. Les individus et les groupes humains sont confrontés à l'exigence de maîtrise de la distance par la mobilité (Lévy, Lussault, 2003). Celle-ci ne se limite pas au déplacement physique effectif et aux techniques de transport, à l'accessibilité, mais elle embrasse les idéologies et les technologies du mouvement en cours dans une société. Elle rassemble donc à la fois : un ensemble de valeurs sociales ; une série de conditions géographiques ; un dispositif technologique et son arsenal de techniques et d'acteurs. Chaque acteur (individu, groupe social) dispose, du fait de ses compétences et de son insertion spatiale, d'un capital de mobilité, il structure et régule son propre « système de mobilité ». La circulation des biens, des personnes, est à la source de processus d'échange, de diffusion (valeurs, idées, technologies, etc.), moteur essentiel du développement de l'humanité.

Toute création d'une nouvelle offre de transport transforme les mobilités. Tout d'abord par des effets de détournement : le chemin de fer détourna à son profit une part du trafic fluvial, le trafic routier une part du ferroviaire, le TGV une part de l'avion, etc. Mais aussi en générant un trafic induit révélant des déplacements latents qui ne pouvaient se faire (temps ou durée excessifs) : grâce aux innovations techniques, il devient possible de faire des déplacements qui n'étaient pas envisageables auparavant.

Depuis 1850 environ, les sociétés industrielles, entrées dans un processus continu d'accroissement des mobilités, ont pu modifier radicalement les conditions de vitesse de leurs déplacements. Plus récemment (avènement des télécommunications), nous sommes passés à l'ère généralisée de l'instantanéité, de l'immédiateté, pour les biens immatériels : capitaux, informations, images, sons. Mais les réseaux qui assurent ces mobilités, la localisation de leurs nœuds (sites d'hébergement, services en ligne, bases de données, etc.) sont inscrits dans l'espace géographique. L'espace des sociétés contemporaines hypermobiles est relatif, relationnel, marqué par la cospatialité. Les micro-échelles, où se déploient les pratiques télécommunicationnelles, méritent l'intérêt. La course à la vitesse des déplacements n'est pas terminée. Ces évolutions, loin de produire des conditions généralisées d'isotropie, produisent des organisations de l'espace, des spatialités et des interactions spatiales inédites.

La mobilité 'est l'expression d'un besoin et d'une nécessité, elle peut être choisie ou subie. Une mobilité élevée est caractéristique des sociétés développées. On observe depuis plusieurs années une stabilisation du temps consacré aux déplacements et de leur nombre dans ces sociétés. Par contre, la vitesse et donc les accessibilités ont considérablement augmenté. De nouvelles formes de mobilité se sont développées sur des modes virtuels, fondés sur les technologies des télécommunications et de l'informatique.

L'aménagement des territoires doit prendre en compte ces données en distinguant la mobilité choisie par les individus et les entreprises, qui est l'exercice de la liberté, et la mobilité subie du fait de l'organisation de l'espace et des activités.

L'accès à un plus juste niveau de développement de populations très nombreuses comme en Asie (Inde, Chine notamment) va provoquer, si elle se confirme, une croissance de la demande de mobilité sans précédent dans l'histoire. Pour le développement durable les défis sont essentiels. Comment satisfaire ces aspirations en termes d'approvisionnements énergétiques ? Comment assurer les approvisionnements en matières premières ? La pression sur les ressources terrestres ne peut qu'augmenter, l'humanité devra se mobiliser et s'organiser pour y faire face.

Pour les géographes, la mobilité se décline de différentes façons : mobilité sociale, mobilité professionnelle, mobilité de travail, s'inscrivant ainsi clairement dans le champ de la géographie sociale.

Pour approfondir

 


Mobilités au Brésil

La mobilité a été et reste un signe de dynamisme au Brésil. La mobilité des activités agricoles s'accompagnant de la mobilité des hommes, les migrations intérieures sont intenses et diversifiées. Ainsi, la principale région de culture du café s'est déplacée de 500 km, de São Paulo vers le Minas Gerais, celle de la canne à sucre de 2 000 km vers le sud, du Nordeste vers São Paulo, celle du soja d'à peu près la même distance vers le nord, du Parana vers le Mato Grosso. Près de 2 500 km séparent la commune de Sorriso (Mato Grosso) qui occupait le premier rang national pour la production de soja en 2002 de Santo Angelo (Rio Grande do Sul) qui avait le même rang en 1977 ! Les hommes, en famille mais aussi souvent seuls, se déplacent vers les fronts pionniers où le taux de masculinité est particulièrement fort. Inversement il y a, dans les campagnes du Sud, de São Paulo, du Minas Gerais et surtout du Nordeste des espaces de "sous-masculinité" du fait du départ des hommes.

Les femmes, de leur côté, se dirigent davantage vers les emplois urbains liés à la domesticité et aux services.