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Image à la une : Le cas de Monastir en Tunisie, comparaison diachronique de l’aménagement du littoral

Publié le 24/06/2019
Auteur(s) : Andréa Poiret, Étudiante, master Géographie et master Patrimoine et musées - Paris I Panthéon-Sorbonne
La comparaison du littoral urbain de Monastir à un siècle d'écart permet d'illustrer l'essor d'une station balnéaire méditerranéenne. La mise en tourisme s'observe par la construction du front de mer, le remplacement de l'architecture locale par des hôtels de style international, et les aménagements du littoral destinés à retenir les sédiments sur la plage. Des questions se posent aujourd'hui sur la durabilité de ce modèle.

Bibliographie | citer cet article

avant apres
  • Auteurs des images : à gauche, photographie de la société L.L. de cartes postales d’Abraham-Lucien et Gaspard-Ernest (source). À droite, photographie Andréa Poiret, 2018.
  • Date des prises de vue : à gauche, entre 1901 et 1932. À droite, en 2018.
  • Localisation : Monastir, Tunisie, la baie vue depuis le ribat en direction du sud-est.
  • Légende : la baie de Monastir, avant et après mise en tourisme du front de mer.
Monastir en Tunisie : carte de localisation

Le regard de la géographe

Monastir en Tunisie a fait l’objet d’un développement accéléré dans les années 1960-70 et l’urbanisation s’est concentrée sur le littoral afin d’en faire une station balnéaire. Dès les années 1980, 200 mètres d’épis et 625 mètres de brise-lame ont été mis en place pour protéger deux kilomètres de côtes dans cette région pour faire face à l’érosion littorale et aux courants marins, afin de répondre à la demande touristique.

La comparaison diachronique du paysage littoral de Monastir permet de revenir sur un pan de l’histoire tunisienne, depuis la période coloniale (avant l’indépendance de 1956) jusqu’à l’ouverture du pays au tourisme international de masse (Pattieu, 2007 ; El Bekri, 2013 ; Samir, 2019). Il faut d’abord souligner le titre de la carte postale « MONASTIER – Panorama pris de la Casbah ». Le regard posé sur ces monuments au début du XXème siècle ne s’attarde pas à employer le vocabulaire adéquat dans ses descriptions. Il ne s’agit pas d’une casbah mais d’un ribat, c'est-à-dire d'une forteresse (Driss, 2009). Ces bâtiments n’ont ni la même fonction, ni la même datation, et encore moins la même symbolique.

Nous remarquons que les murs de la forteresse ont largement été détruits entre le début des années 1900 et 2018 au profit d’immeubles et hôtels touristiques (Samir, 2016). La photographie actuelle illustre la verticalisation du front de mer qui a commencé dans les années 1950, on retrouve notamment une avenue de front de mer avec de nombreux hôtels et résidences, une promenade piétonnisée séparée de la plage par des murets avec des escaliers et encadrée par des palmier (Dahou et al., 2011 ; El Gaied, Meyer, 2014). Elle montre l’accentuation de l’aspect touristique de cette ville balnéaire et la reproduction d’un modèle international d’urbanisme de station. Cette évolution s’est poursuivie dans la période récente. Monastir fait ainsi l’objet d’un développement des aménagements touristiques « parmi les plus importants du pays » et était en 2009 à la quatrième place des régions touristiques de Tunisie. (Driss, 2009 ; Dahou et al., 2011 ; El Bekri, 2013).

La photographie montre aussi des aménagements typiques des littoraux balnéaires où l’enjeu est de contrôler la circulation naturelle des sédiments en les retenant sur les plages. On voit bien l’épi qui relie la petite île au front de mer et qui a permis l’engraissement de la plage. Les nombreux aménagements dont cette portion de littoral a été l’objet invitent à s’interroger sur l’avenir du littoral tunisien. La nécessité d’une « gestion intégrée de la zone côtière » (Billé, 2006 ) de Monastir, fruit d’une coopération entre les différents acteurs du territoire, a été régulièrement soulignée de même que celle de la mise en place d’un « tourisme durable » ou d’un « tourisme lent » laissant plus de place à un respect de l’environnement, ou à une patrimonialisation de ce littoral et du bâti (Froger, 2012 ; El Bekri, 2013 ; Muller, 2015).

 


Bibliographie

 

 

Andréa POIRET
Étudiante, master Géographie et master Patrimoine et musées, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

 

Mise en web : Jean-Benoît Bouron

Pour citer cet article :

Andréa Poiret, « Le cas de Monastir en Tunisie, comparaison diachronique de l’aménagement du littoral », image à la une de Géoconfluences, juin 2019.
URL : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/image-a-la-une/monastir

 

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