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Tourisme

Publié le 08/07/2021

Le tourisme (de l'anglais tourism, 1811 ; francisé en tourisme, 1841) est défini en géographie comme un système d’acteurs, de lieux et de pratiques permettant aux individus la recréation par le déplacement et l’habiter temporaire hors des lieux du quotidien (Knafou et Stock, 2003). La définition du tourisme, selon les normes internationales retenues par la commission statistique de l’ONU, englobe tout voyage hors du domicile habituel pour au moins une nuit et au plus un an, et pour tout motif : affaires, vacances, santé, etc. Le tourisme se distingue des loisirs par sa temporalité, celle des loisirs prenant place dans le quotidien, par exemple à l’échelle d’une journée ou d’une soirée, sans nuitée hors du domicile. On parle d'excursionnisme pour une sortie à la journée.

Le système touristique met en relation des entreprises proposant différents services (de l’agence de voyage aux restaurateurs et hôteliers, en passant par les transporteurs et les tours opérateurs), des marchés plus ou moins segmentés, des normes et des valeurs (pour certains, le tourisme est positif, pour d’autres, il est négatif), des lois (sur les mobilités, les congés payés, la fiscalité etc.), des touristes (qui se distinguent par leur pratiques), et des lieux touristiques de qualités différentes et pouvant être de différents types (station touristiquesite touristique, lieu de villégiature, ville touristifiée, métropole touristique, etc.). Le système du tourisme met aussi en jeu des relations non-marchandes (prêter ou échanger un logement, regarder un paysage, etc.), d'autres institutions sociales (la famille comme lieu d’apprentissage des pratiques touristiques, le mariage et son voyage de noces, ou encore, historiquement, le tour d’Europe comme parcours initiatique de la jeunesse bourgeoise, qui est à l’origine du mot tourisme), de l'imaginaire et des images (véhiculées par les catalogues, la télévision, les photos et les diapositives des autres touristes, internet, etc.), et des discours (les guides, les scientifiques, les émissions radiophoniques ou télévisées etc.).

Le tourisme de masse individualisé est le système touristique le plus récent, fondé à la fois sur l’accès du plus grand nombre au tourisme et sur l’individualisation des pratiques, standardisées ou personnalisées, répétitives ou innovantes. Le tourisme de masse individualisé caractérise une société au sein de laquelle la majeure partie des individus peut choisir d’être touriste ; dès lors, c’est le mode d’être touriste qui les distingue.

Forme particulière de mobilitéle tourisme s'analyse classiquement en termes de flux d'échanges et de personnes et en termes de zones d'émission et de réception. Les déplacements qui lui sont associées sont essentielles au fonctionnement des systèmes touristiques : durées et distances, modalités des transits. Les mobilités touristiques et de loisirs peuvent aussi être à la source de processus de diffusion de pratiques culturelles, de modes de vie ainsi que de transferts de technologie et de capitaux par exemple.

Par les déplacements qu'il met en jeu, le touriste exprime un certain rapport au territoire, celui d'où il vient autant que celui où il va. Les pratiques de déplacement touristique des populations urbaines favorisées ne sont pas les mêmes que celles des catégories populaires. Le tourisme des populations d'Asie est différent du tourisme pratiqué par les Européens.
Les pratiques de mobilité des touristes évoluent au cours du temps :

  • par leur durée, avec un raccourcissement moyen des séjours même lointains en raison de la baisse des coûts du transport aérien ;
  • par leur distance, qui s’allonge pour la raison évoquée ci-dessus, bien que le tourisme domestique reste largement supérieur au tourisme international, à l’échelle mondiale ;
  • par leur mode, on relève par exemple la vogue des paquebots de croisière qui a fait la fortune des Chantiers de l'Atlantique au cours des années 1990 et 2000.

Le tourisme de masse fait aujourd’hui face à de nombreuses critiques liées notamment à ses effets environnementaux et culturels sur les populations locales des pays de destination, qui sont à l’origine du développement de formes de tourisme qui se veulent alternatives, à l’image du tourisme durable.

>>> Voir aussi : tourisme et loisirs en France

 
L’exemple du tourisme méditerranéen

Le bassin méditerranéen est, de loin, la première région touristique du monde. Le tourisme d'hiver des origines, réservé aux élites européennes, a évolué vers un tourisme estival de masse. Occasion de contact entre les populations des différents rivages de la Méditerranée, le fait touristique est aussi une manifestation du différentiel Nord/Sud lorsque le « système touristique » fait appel aux capitaux, à l'impulsion et aux mobilités saisonnières du Nord investissant le Sud.

Les chiffres montrent l’importance économique majeure du tourisme pour la Méditerranée, devenu, dans de nombreuses régions, une force motrice du développement. Les données de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) montrent cependant que le tourisme international est essentiellement concentré dans les trois pays du nord-ouest du bassin : la France, l'Espagne et l'Italie qui accueillent respectivement 11 %, 7,4 % et 5,7 % du total mondial des touristes, ce qui représente un total cumulé de 168,5 millions d'arrivées de touristes internationaux. Par comparaison, l'Afrique du Nord et le Moyen Orient, considérés dans leur ensemble (donc y compris les lieux saints du Proche et Moyen Orient), ont respectivement 1,5 % et 3,9 % du total mondial des arrivées de touristes internationaux, soit 37,9 millions. Les pays du Sud et de l'Est méditerranéens, confrontés à de fortes croissances démographiques, bénéficient donc relativement peu des retombées du tourisme international qui pourrait contribuer à leur développement.

Le tourisme en Méditerranée reste essentiellement concentré sur les bandes côtières et pénètre assez peu en profondeur. Il contribue donc largement à alimenter la pression sur les littoraux et à provoquer leur artificialisation. Par exemple, on compte environ un port de plaisance tous les 3 km sur la Côte d’Azur et leur création s’accompagne bien souvent d’opérations immobilières (marinas par exemple). Les communes d'accueil touristique doivent aussi faire face à des problèmes de gestion environnementale spécifiques : gestion des déchets, approvisionnements en eau concentrés en pleine période de sécheresse estivale par exemple.

(ST) 2011.


Pour compléter
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(ST), 2011. Dernière modification (LF et JBB) en mars 2021.


Sources
  • Knafou Rémy et Stock Mathis « Tourisme » in Jacques Lévy et Michel Lussault (dir.), Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés. Belin, 2003 (rééd. 2013), p. 931.
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